Des barreaux de rire

Benjamin Mialot | Mardi 22 avril 2014

«En prison, pour pouvoir apprécier le bon côté de la vie, il faut parfois savoir fermer les yeux». La maxime est d'Antoine Schoumsky et elle résonne idéalement avec l'ambition avouée de cet habitué des formats courts – il a notamment fait quelques panouilles pour Groland et est membre du collectif web Golden Moustache : ouvrir les nôtres en grand sur ce pur espace de fiction et catalyseur de maux (racisme, solitude, domination) qu'est le milieu carcéral, le long d'Au parloir, un seul en scène aussi cru que vraisemblable.

En cela, c'est-à-dire dans cette capacité, par le biais d'une situation de départ astucieuse – il interprète un pauvre type qu'un irrépressible désir de célébrité a conduit à enfreindre la loi et qui espère obtenir un allègement de peine en suivant un stage de réinsertion par l'humour – et d'une écriture plus soutenue que la moyenne, à provoquer la réflexion autant que l'hilarité, il peut être rapproché de Cédric Chartier – qu'il a d'ailleurs précédé sur la scène de l'Espace Gerson en mars.

A une différence de taille près : Schoumsky a plus à voir avec le dévastateur Albert Dupontel qu'avec le distingué Pierre Desproges, et son spectacle, où ses qualités de comédien donnent vie à des personnages tous plus dérangés les uns et que les autres (voir en particulier ceux du débat sur la pornographie dans le quartier des délinquants sexuels) doit plus aux taulards ignominieux de Oz qu'aux croque-morts paumés de Six Feet Under. On reste en tous les cas dans le haut du panier (à salade).

Benjamin Mialot

Antoine Schoumsky
Au Rideau Rouge, du mardi 22 au samedi 26 avril


Daniel Camus

"Adopte"
Le Rideau rouge 1 place Bertone Lyon 4e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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L'humour extra large de Greg Romano

SCENES | Traditionnellement, le stand-up consiste à habiller d'oripeaux pas piqués des vers des situations tout ce qu'il y a de plus triviales : session (...)

Benjamin Mialot | Mardi 21 avril 2015

L'humour extra large de Greg Romano

Traditionnellement, le stand-up consiste à habiller d'oripeaux pas piqués des vers des situations tout ce qu'il y a de plus triviales : session shopping, rencard, trajet en métro, réunion de travail et tutti quanti. Greg Romano est un cas particulier : sa vie est si extraordinairement merdique (crise de tétanie au moment de son dépucelage, refus malgré lui d'un rôle clef dans Bref, carrière de DJ cantonnée aux clubs libertins...) qu'il n'a qu'à se pencher dessus pour trouver l'inspiration. Au risque de s'effondrer tel un frêne fraîchement tronçonné... Car Romano est un beau bébé zézayant d'1m93 pour 115 kilos, qui plus est atteint du syndrome de Marfan, une maladie génétique provoquant une élasticité excessive et potentiellement mortelle des tissus conjonctifs – «pour les fans de Street Fighter, c'est comme si j'avais les pouvoirs de Dhalsim, le corps de Honda et la tête de Zangief» résume-t-il avec cet à-propos geek caractéristique du webcollectif Golden Moustache, auquel il appartient. Des ennuis dont cet homme de radio niçois narre depuis quatre ans les implications intimes et sociales avec une résignation d'un

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