Souriez, c'est l'été

Benjamin Mialot | Mardi 15 juillet 2014

Chaque été, c'est la même chose : tandis que les gens de théâtre se piquent la ruche à l'origan du Comtat entre deux huées dans la cour d'honneur du Palais des papes, les pauvres drilles du café-théâtre, eux, assurent le service minimum. Le service strict minimum, même, la quasi-totalité des humoristes de France et de Navarre étant eux-mêmes bien occupés à brader leur amour-propre aux abords dudit Palais.

Ce n'est pas le cas de Jefferey Jordan, qui passera toute la saison à affiner son déjà très solide one-man-show à triple malus – il est auvergnat, gay et violoniste – à l'Espace Gerson (jusqu'au 26 juillet) puis aux Tontons Flingueurs (du 13 au 31 août), ni celui de Mathieu Cohin qui, en attendant le retour du sémillant Alex Ramirès (à partir du 2 septembre) et que les corrosifs Antoine Demor et Victor Rossi récidivent au Repaire (du 1er au 29 août pour l'un, du 2 au 30 pour l'autre), présente au Boui-Boui (jusqu'au 26 juillet) un mignonnet seul-en-scène-avec-une-guitare-et-un-accordéon.

Côté boulevard, deux auteurs feront tourner la boutique. D'un côté l'expert en disputes Pierre Fontès, avec les peu originaux mais efficaces A table ! (à la Comédie-odéon jusqu'au 27 septembre) et Le Gros Cadeau (même période, mais au Boui-Boui). De l'autre Reda Cheraitia, avec le remarquable duo de contraires métaphysique Stand By (jusqu'au 30 août au Boui Boui) et son pendant  "à gros budget" (quatre comédiens, une histoire d'échange de corps entre une cadre aux dents longues et un intérimaire aux poils carpiens à l'avenant) Vice Versa (pareil, à la Comédie-Odéon). Sans oublier, bien sûr, notre cher Christophe Chabert qui, début de la consécration, reprendra dès le 5 août ses corrosives Ventes privées au Rideau Rouge.


Benjamin Mialot


Jefferey Jordan s'affole !


Espace Gerson 1 place Gerson Lyon 5e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Ventes privées

Écrit et ms par Christophe Chabert avec Alexandra Bialy et Thaïs Vauquières
Le Rideau rouge 1 place Bertone Lyon 4e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Thaïs, pépite d'humour

Café-Théâtre | Elle est jeune, drôle et l’une des humoristes les plus douées de sa génération. Cinq soirs par semaine, sur la mini-scène du Boui-Boui, Thaïs déclame son Hymne à la joie avec verve et légèreté.

Julie Hainaut | Mardi 18 octobre 2016

Thaïs, pépite d'humour

Elle porte toujours un jean, un t-shirt noir un peu ample et des baskets qu’elle « use jusqu’à la semelle ». Elle a une voix qui porte, un débit kalachnikov (mais ultra-limpide) et un charme qui opère très vite. Dès les premières minutes, les spectateurs ont les yeux braqués sur cette petite boule d’énergie de 24 ans qui enchaîne avec dérision des scènes de galères du quotidien. Le ton est vif, les répliques piquantes et l’humour décapant. Thaïs prend des cuites, s’essaie aux sites de rencontre – mais refuse de mettre une photo duckface –, s’extirpe du lit d’un mec (moche) rencontré la veille et dont elle ne se rappelle même plus le prénom, n’aime pas aller chez sa gynéco et a déjà affronté le regard moralisateur de la pharmacienne – et des jeunes mamans en pénurie de lait maternel – à 6 heures du matin lorsqu’elle demande discrètement la pilule du lendemain. Elle alterne avec une facilité déconcertante voix suave (dans le métro face au contrôleur) et criarde (quand elle campe Gisèle, une mère célibataire de sept enfants qui témoigne de son quotidien dans Confessions Intimes). Chaque geste est précis, chaque parole est maîtr

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New York : vice et versa

Théâtre | Le théâtre à Lyon vous a paru compassé, dépassé et trépassé, ces dernières semaines (à quelques notables exceptions près : Occident, En courant dormez) ? À (...)

Nadja Pobel | Mardi 19 avril 2016

New York : vice et versa

Le théâtre à Lyon vous a paru compassé, dépassé et trépassé, ces dernières semaines (à quelques notables exceptions près : Occident, En courant dormez) ? À nous aussi. Sans prétention, sans moyen, trois jeunes comédiens en sortie d’école (l’Acting studio) donnent vie à des personnages ressuscités et mis en scène par notre ancien collaborateur Christophe Chabert, évoquant là le cinéma américain des 80’s. Soit deux gamins qui, dans un New York aussi galvanisant que déprimant, s’emmerdent et s’inventent des problèmes là où il n’y en a pas (avec les filles, avec l’argent). Construit comme un film avec pré-générique, des actes (malgré un lieu unique : la piaule de l’un d’eux), des changements de rythme prégnants, une bande son (Franck Zappa), Deal with it file à toute allure, fustige la boboïsation qui ne dit pas encore son nom (ah, le concept du brunch !), tacle sévèrement la notion d’héritage et le libéralisme des années Reagan — l’insulte suprême étant de se traiter de Républicain ! Sous le discours de ces ados bien p

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¡Hola cine! Les Reflets du cinéma ibérique et latino-américain

ECRANS | Sous la houlette de leur directeur Laurent Hugues, les Reflets villeurbannais sont devenus une indispensable passerelle entre les cinémas latins et le public français. Et un passage obligé pour les cinéastes de référence.

Vincent Raymond | Mercredi 9 mars 2016

 ¡Hola cine!
Les Reflets du cinéma ibérique et latino-américain

Qu’est-ce qui a présidé au choix du film d’ouverture, Hablar de Joaquín Oristrell ? Laurent Hugues : On voulait à la fois commencer par la compétition et un film ibérique — puisque nous faisons cette année un focus sur l’Espagne. Hablar s’est imposé par son parti pris artistique : il s’agit d’un faux plan-séquence dans une rue historique de Madrid, sur 300 mètres, permettant de croiser une vingtaine de petites histoires. C’est un cri d’alarme militant que lance Oristrell, qui a tourné ce film avec des amis. Certains ont complètement improvisé sur la trame préétablie. Hablar dresse un portrait de l’Espagne d’aujourd’hui par la parole, l’échange, dans une rue où Podemos est bien implanté. Et il défend les couleurs espagnoles dans la compétition. Il n’y a qu’un seul film en lice par pays ? Pour éviter la surreprésentation, oui. Avec l’Espagne, cela aurait été facile de faire concourir trois films. Notre engagement étant que les films soumis au choix du public soient inédits, ou que leur distribution en France ne soit pas prévue pour l’instant. C’est une manière de porter un éclaira

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Rentrée café-théâtre 2016 : sur de bonnes bases

SCENES | «Succès ! Prolongations !» qu'ils disent sur les affiches dans le métro parisien. Même discours du côté du Boui Boui, où Aurélien Portehaut et Chrys (...)

Benjamin Mialot | Mardi 5 janvier 2016

Rentrée café-théâtre 2016 : sur de bonnes bases

«Succès ! Prolongations !» qu'ils disent sur les affiches dans le métro parisien. Même discours du côté du Boui Boui, où Aurélien Portehaut et Chrys Tel reprendront dès le 9 janvier Milady en sous-sol, leur relecture au vitriol de La Belle au bois dormant (sur un texte de Jacques Chambon, dont la comédie avec ballon rond Carton rouge reprend au Complexe du Rire le 20), et du côté du Rideau Rouge où, à partir de la même date, Jocelyn Flipo peaufinera encore un peu sa dernière comédie sous-culturelle Le Mariage de mon super pote. Tandis que le second ouvre sa programmation à l'effeuillage burlesque (dès la fin du mois), la cave du premier verra aussi les débuts du nouveau one-man-show phallo-centré de David Pagliaroli (9 janvier encore) et le retour de la boîte à sons humaine Jibé (dès le 23). Le non moins cartoonesque Max Bird sera lui à Gerson du 27 au 30. Nombre de valeurs sûres le suivront : Aymeric Lompret (10 au 13 février), l'énorme Greg Romano (17 au

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Au café-théâtre cet été

SCENES | Question : avoir le sens de l'humour est-il toujours un facteur de longévité lorsqu'on le met à l'épreuve dans le cadre asphyxiant d'un café-théâtre (...)

Benjamin Mialot | Mardi 7 juillet 2015

Au café-théâtre cet été

Question : avoir le sens de l'humour est-il toujours un facteur de longévité lorsqu'on le met à l'épreuve dans le cadre asphyxiant d'un café-théâtre empestant la canicule ? Vous avez tout l'été pour vous forger une opinion, à vos risques et périls, surtout si vous le faites à la Comédie-Odéon, où Jocelyn Flipo reprend Couic, un huis clos en trompe-l’œil aussi divertissant qu'anxiogène. Non, en vrai, la plupart des lieux sont équipés d'une climatisation, à l'instar de l'Espace Gerson, qui en fait l'un des principaux arguments en faveur du retour entre ses murs de Victor Rossi, alors que ses grinçantes chroniques de l'absurdité du monde se suffisent à elles-mêmes – et prépareront le terrain pour Camille et Aurel, qui réhabilitent avec une énergie communicative la forme trop délaissée du duo burlesque. Du côté des Tontons Flingueurs aussi, on prend le même et on recommence, à savoir le one-man-show follement chic et intimiste de Jefferey Jordan, tandis qu'on pourra (re)découvrir au Complexe du Rire le faux bellâtre et vrai performer Gérémy Crédeville et la décomplexée Naho. Pour des nouvelles têtes, à moins de vouloir essuyer

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Pas juste pour rire

SCENES | L'année café-théâtre 2014 s'est terminée sur une création hors-normes comiques de Dominic Palandri (New York Paradis). Amusant hasard : 2015 débutera sur une (...)

Benjamin Mialot | Mardi 6 janvier 2015

Pas juste pour rire

L'année café-théâtre 2014 s'est terminée sur une création hors-normes comiques de Dominic Palandri (New York Paradis). Amusant hasard : 2015 débutera sur une tentative similaire de son complice Jacques Chambon, Les Sentinelles (20 février au Karavan), une intrigante «tragédie burlesque sur l’incapacité des hommes à se reconnaître dans l’autre». Autre auteur et metteur en scène pas-que-drôle, Jocelyn Flipo présentera lui Sale mentor (à

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Rires de gala

SCENES | Baffrer et se bidonner entre potes devant un spectacle bien rôdé, il y a pire comme façon de fêter la Saint-Sylvestre – par exemple se goinfrer et ricaner tout seul devant un bêtisier à peine remonté. Sélection. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 16 décembre 2014

Rires de gala

Fabien Olicard L'humour, comme le rap hardcore, est une question de contexte – à votre prochain rendez-vous galant, claquez un petit «J'vais me tatouer LOVE sur les phalanges pour te frapper avec amour», vous verrez. Dans celui d'un réveillon, nous n'avons aucun doute sur l'efficacité du spectacle de ce one-man-mentalist, quand bien même nous l'avions un peu égratigné fin octobre, désappointé que nous étions qu'il mette le supercalculateur qui lui sert de cerveau au service d'un "simple" exercice de manipulation, aussi bluffant et écrit soit-il. Oui, il nous arrive de pratiquer le coït anal avec des mouches. A la salle Rameau à 19h30   Trash Puisqu'on parle de coït, saluons la reprise pour un soir de ce qui reste à ce jour la pièce la plus couillue de Jocelyn Flipo. Dans tous les sens du terme, puisque cette romcom musicale au casting en forme de who's who du rire à crinièr

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Rires enregistrés

SCENES | Moins féconde que la précédente, la saison café-théâtre 2014/2015 n'en demeure pas moins réjouissante, entre reprises de spectacles qui gagnent à être connus et défilé de têtes qui le sont déjà. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 9 septembre 2014

Rires enregistrés

En cette rentrée, les cafés-théâtres lyonnais ont des airs de champs en jachère : à leur programme figurent  nombre de reprises d'une saison 2013/2014 exceptionnellement riche en créations. Côté one-man-show, on retrouvera ainsi avec plaisir Jefferey Jordan (aux Tontons Flingueurs, jusqu'au 2 octobre), Karim Duval (même endroit, en octobre), François Martinez (idem), Yann Guillarme (au Boui Boui, en janvier et février), Alex Ramirès (au Boui Boui également, jusqu'au 30 décembre), Gérémy Crédeville (au Complexe du Rire, en novembre et décembre) ou encore

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Le club des plus ou moins cinq

SCENES | Il y a, dans La Course en tête, le documentaire expérimental que consacra en 1974 Joël Santoni à Eddy Merckx (et qui fut projeté début mars en ouverture des (...)

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

Le club des plus ou moins cinq

Il y a, dans La Course en tête, le documentaire expérimental que consacra en 1974 Joël Santoni à Eddy Merckx (et qui fut projeté début mars en ouverture des rencontres Sport, cinéma et littérature de l'Institut Lumière), ces images bercées de cantilènes funèbres, invraisemblables et bouleversantes, de coureurs livides et épuisés qui chutent et ne se relèvent pas, ou alors pour s'effondrer en pleurs dans les bras de spectateurs. Une immersion dans le Off du Festival d'Avignon provoque le même genre de malaise mêlé d'admiration, notamment vis-à-vis des méthodes de promotion dont usent les protagonistes de cette foire d'empoigne où le comédien est un homme-sandwich comme les autres. Celle du magnat en devenir Jocelyn Flipo est pour le moins futée : il a cette année décidé de mettre ses poulains en scène dans un même spectacle, à la fois pot-pourri de leurs très bons one-man-shows respectifs – le décomplexé et néanmoins introspectif Alex Ramirès est un grand garçon (retitré Alex Ramirès fait sa crise), les hén

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Gays gone wild

SCENES | On peut rire de tout, du moment qu'on le fait en bonne compagnie, dit l'aphorisme desprogien – équivalent pour les blagueurs visés par des procès en (...)

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

Gays gone wild

On peut rire de tout, du moment qu'on le fait en bonne compagnie, dit l'aphorisme desprogien – équivalent pour les blagueurs visés par des procès en sorcellerie de la fameuse «défense Chewbacca» de South Park. On ne se prononcera pas sur la qualité du public qui se pressera du 2 au 4 juin au Comic Out, le festival aux couleurs du drapeau arc-en-ciel de la Comédie Odéon. Sur scène en tout cas, ne se succéderont que des jeunes gens fréquentables, à commencer par Jefferey Jordan, le temps d'une reprise du prometteur one-man-show dans lequel il raconte, indistinctement et avec autant de fantaisie que de sensibilité, son homosexualité et sa passion du violon. Il sera pour l'occasion bien entouré par la «fille noire, humoriste, rasta, homosexuelle» (et énergique stand-upper) Shirley Souagnon et l'ex-mannequin Sony Chan, sorte de Karim Duval transgenre dont les chroniques faussement superficielles prolongent considérablement l'espérance de vie des invités d'André Manoukian sur France Inter. Également au programme : la nouvelle pièce de Réda Chéraitia et une curiosi

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A cause des garçons

SCENES | Sous couvert d'une empoignade girly, notre collaborateur Christophe Chabert signe avec sa deuxième pièce, "Ventes privées", un cinglant examen du monde. Et offre à Alexandra Bialy et Thaïs Vauquières les rôles les plus décisifs de leur jeune carrière. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 13 mai 2014

A cause des garçons

«Un système de parenté est déjà une idéologie». L'affirmation est d'Emmanuel Todd et elle est une des deux clés de compréhension de cet impitoyable catfight rhétorique qu'est Ventes privées – à ce titre, on sait gré à son auteur et metteur en scène de conclure ses remerciements d'après représentation par un clin d’œil au plus iconoclaste des démographes français. L'autre est à chercher dans les écrits dont Christophe Chabert se fend chaque semaine pour Le Petit Bulletin depuis maintenant dix-sept ans, dans le souci de fluidité et de clarté dont il y charge la moindre tournure de phrase, le moindre choix de vocabulaire, la moindre référence. Ventes privées est chevillée par la même maniaquerie, tant dans ses dialogues (naturels, mordants et légèrement surannés) que dans sa narration (qui, au-delà de sa verve politique, réserve quelques twists pas piqués des hannetons) et sa scénographie (théâtrale au sens classique du terme). Il fallait bien cela pour rendre toute la noirceur et l'intensité de cette dispute au féminin, qui se vit comme on regarde une mèche d'explosif se consumer : avec autant d'appréhension

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Un rédacteur du PB au Boui Boui

SCENES | Les blondinettes à tablier ne sont pas les seules à savoir traverser les miroirs. C'est aussi le cas des rédacteurs du Petit Bulletin. Ainsi de Christophe (...)

Benjamin Mialot | Lundi 5 mai 2014

Un rédacteur du PB au Boui Boui

Les blondinettes à tablier ne sont pas les seules à savoir traverser les miroirs. C'est aussi le cas des rédacteurs du Petit Bulletin. Ainsi de Christophe Chabert qui, lorsqu'il ne dissèque pas l'actualité cinématographique dans les pages du journal, met en scène des pièces qui sentent bon le vitriol. La prochaine sera donnée au Boui Boui à partir de demain et jusqu'à la fin du mois et s’intitule Ventes privées, ou les petits brouilles et gros règlements de compte de deux copines de lycée (les délicieuses Alexandra Bialy et Thaïs Vauquières, récemment à l'affiche du "Trash" de Jocelyn Flipo) que le capitalisme a dressé l'une contre l'autre. Infos et réservations : http://www.billetreduc.com/110371/evt.htm https://www.facebook.com/pages/Ventes-Privées/619099941506352?ref=br_tf

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Des rotatives aux planches

SCENES | «La critique est aisée, mais l'art est difficile». Au Petit Bulletin, nous avons évidemment peu de sympathie pour ce dicton et son auteur, l'oubliable (et (...)

Benjamin Mialot | Mardi 29 avril 2014

Des rotatives aux planches

«La critique est aisée, mais l'art est difficile». Au Petit Bulletin, nous avons évidemment peu de sympathie pour ce dicton et son auteur, l'oubliable (et oublié) dramaturge Philippe "Destouches" Néricault. Deux membres du journal l'ont toutefois pris au pied de la lettre : Christophe Chabert et Christian Jeulin. Le premier, critique cinéma de son état, s'est essayé à la mise en scène l'an passé avec Effraction, drôle de huis clos criminel qui sous son atmosphère électrique planquait un discours acéré sur les rapports de domination. Il récidive du 6 au 31 mai au Boui Boui avec Ventes privées, ou les petites mésententes et grosses querelles de copines de lycée devenues antagonistes sociaux, incarnées par les charmantes et épatantes Alexandra Bialy et Thaïs Vauquières. Le second, head honcho de notre service commercial, mène de son côté une belle petite carrière de comédien sous la direction de Meissoune Majri-Pégeot. Après Variations sur M., qui revisitait sur un mode chic et décadent L'Homme à tête de chou de Gainsbourg, il sera cette saison à l'affiche de Canicule du 13

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Trash ? Yeah yeah !

SCENES | Un casting cinq étoiles et une mise en scène pluridisciplinaire au service de la quête amoureuse d'une superstar du porno : Jocelyn Flipo signe avec "Trash" sa comédie romantique la plus ambitieuse et la plus aboutie. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 1 avril 2014

Trash ? Yeah yeah !

Comme tout metteur en scène dont le talent est proportionnel à l'obsession avec laquelle il réinterroge œuvre après œuvre les thèmes qui lui sont chers, Jocelyn Flipo a son comédien fétiche. En l'occurrence Alex Ramirès, pour lequel il a imaginé, après le rêveur avenant de Dans ta bulle et le minet qui se découvre un don pour la peinture de Loving Out, un troisième rôle à la mesure de son élasticité et de son hypersensibilité : celui d'un pornographe amateur bien décidé à faire vaciller l'empire d'un magnat du cinéma pour adultes, personnage que le Serial lover devenu «grand garçon» interprète avec un aplomb écrasant. Ce qui, compte tenu du prestige et de l'harmonie du reste du casting, d'un Yann Guillarme irrésistible de bagou en producteur passif-agressif obnubilé par la rentabilité de ses films – au point d'ignorer le manque d'affection que cachent les provocations de sa fille, interprétée par la prometteuse Delphine Leputh – à une Ségolène Stock confondante de vraisemblance en hardeuse en bout de course, n'est pas peu dire. Il n'y a pas de rapport sexuel Ce n'est toutefois pas l'amour que Flipo porte à ses comédiens qui est au cœur de

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Il suffira d'un signe

SCENES | Avec ses prises de parole d'une insanité à faire passer le dératiseur obèse qui tenta d'assassiner Björk avant de filmer son suicide pour un parangon de (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 3 janvier 2014

Il suffira d'un signe

Avec ses prises de parole d'une insanité à faire passer le dératiseur obèse qui tenta d'assassiner Björk avant de filmer son suicide pour un parangon de mesure, Dieudonné a réussi son coup : ici comme ailleurs, on ne parle plus que de la possible interdiction de sa venue à l'Amphi 3000 (le 13 juin). Pas un mot, en revanche, sur la reprise de la survoltée mise à nu d'Alex Ramirès au Complexe du Rire en mai. Ni sur les autres étoiles montantes de la galaxie Jocelyn Flipo (qui mettra en scène la romance porno Trash en mars à la Comédie-Odéon et

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Alex Ramirès, un grand garçon dans le vent

SCENES | Révélé par un premier one-man-show prodigieusement schizophrène dans lequel il racontait son dépucelage sur un texte de Jocelyn Flipo, Alex Ramirès revient avec Alex Ramirès est un grand garçon, "spectacle de la maturité" aussi jubilatoire qu'émouvant dont la construction ne doit (presque) rien à personne. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 12 décembre 2013

Alex Ramirès, un grand garçon dans le vent

La, si, do, mi, fa, sol, fa, mi, do, si. Toute la personnalité d'Alex Ramirès est contenue dans ces dix notes, qui composent (en la majeur) la mélodie douce-amère du Kids de MGMT, et au son desquelles il salue le public au terme de son nouveau one-man-show, Alex Ramirès est un grand garçon. Un lucide et décoiffant autoportrait du comédien en "fuyard en avant" dont la genèse remonte justement à l'enfance. Nous sommes en 1998 à Roussillon, en Isère. Alex n'a que 9 ans, mais assez d'énergie et de volubilité pour que sa mère juge opportun de l'inscrire au cours d'improvisation théâtrale du centre social du coin. Il va y faire sa première rencontre déterminante : celle du conteur Olivier Ponsot, avec lequel il va apprendre à matérialiser une histoire en deux temps trois mouvements. Au sens propre, l'endroit disposant pour seul matériel de deux paravents, qui font office de coulisses. Galvanisé à l'idée de pouvoir être, au gré de ce qui le traverse le jour, qui il veut le soir à l'instar, d'une certaine façon, des super-héros masqués dont il goûte alors les exploits, il suivra cet atelier toute une décennie. Dix ans pendants lesquels ce tchatcheur né, qui con

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Une classe folle

SCENES | Jeune, beau, drôle, Jefferey Jordan a tout pour plaire. Seulement voilà, il est violoniste. Et gay. Une double peine dont il a tiré un one-man-show assez ravageur. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Lundi 28 octobre 2013

Une classe folle

Samedi 28 septembre, sur la scène de la salle Rameau, en clôture du festival de l'Espace Gerson et du tremplin qui en a constitué le fil rouge, furent décernés trois prix. Un prix du public, un prix des professionnels, et un prix de la presse. Le premier est allé à Daniel Camus, grand gaillard qui compense un criant manque d'inspiration par une générosité scénique de tous les instants. Le deuxième aussi. Quant à celui de la presse, il a été attribué, à notre sens (et pour cause : Le Petit Bulletin a eu son mot à dire), à un comique beaucoup plus prometteur : Jefferey Jordan. Aucun rapport avec le fils d'un célèbre basketteur si ce n'est que, comme lui, ce jeune Lyonnais ne manque pas d'air. Il ne manque pas non plus d'esprit, d'affabilité et d'ambition, entre autres qualités sur lesquelles rassure Jefferey Jordan s'affole !, le spectacle qu'il présente en ce moment aux Tontons Flingueurs.   Plus d'une corde à son archet Rassure ? Oui, rassure. Nous n''avions en effet q

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Et les sentiments bordel ?

SCENES | Un critique a (trop) souvent tendance à se comporter comme un explorateur : quand il foule une contrée nouvelle, il veut être le premier à en dessiner les (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 14 février 2013

Et les sentiments bordel ?

Un critique a (trop) souvent tendance à se comporter comme un explorateur : quand il foule une contrée nouvelle, il veut être le premier à en dessiner les contours, quitte à voir des courants, des mouvements et des scènes là où ne poussent que les fruits du hasard. Nous ne sommes pas exempt de ce défaut. Aussi, en découvrant Jocelyn Flipo et son romantisme, assez inédit dans le milieu très unidimensionnel de l'humour, nous sommes-nous empressés de nous demander s'il était le seul à faire vibrer d'un même élan fibres comiques et cordes sensibles. Mais plutôt que de lui prêter des affinités conjecturales, nous lui avons directement posé la question : «Je n'appartiens pas à une confrérie d'auteurs, mais j'ai effectivement l'impression que les gens travaillent de plus en plus à transmettre des émotions aux spectateurs, qui eux-mêmes sont de plus en plus demandeurs. On est en période de crise, on est forcément plus réceptif à tout ce qui met en avant l'humanité des gens. On a besoin de sentir que l'autre est meilleur que ce l'on croit». Sur Lyon, deux noms lui semblent valider cette théorie : celui de Jacques Chambon, le Merlin de Kaamelott, pour Plein phare

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Un drôle de réveillon

SCENES | La nouvelle, datée du 29 novembre, est tombée comme un couperet : cette année, France 3 ne diffusera pas son traditionnel bêtisier. Il flotte depuis comme une odeur de fin de règne. Sauf chez ceux qui savent que, pour achever un cycle calendaire sur une bonne marrade, c’est au café-théâtre que ça se passe. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Samedi 15 décembre 2012

Un drôle de réveillon

On les aime bien, tous ces gens qui font tourner les cafés-théâtres du coin. Ne serait-ce que parce que leur travail contribue à améliorer les fonctions cognitives de ceux qui en bénéficient – pour nous qui passons la majeure partie de notre temps à nous écouter réfléchir, ce n’est pas négligeable. Mais s’ils pouvaient remettre leur agenda à zéro plus en douceur, ça nous arrangerait. Non parce que faire le tri dans une quarantaine de propositions artistiques, voilà un travail herculéen… Ca va que c’est peut-être la dernière fois que nous nous en acquittons, et qu’il nous donne l’occasion de vous redire tout le bien que l’on pense de Dans ta bulle, une pièce aussi drôle qu’émouvante et servie par trois acteurs parfaits, dont Léon Vitale, qui incarne tous les seconds rôles masculins de cette histoire – librement inspirée des BD de Domas – d’un garçon optimiste pensant que le sourire est une arme de séduction massive. Pour le meilleur et pour le rire Ce numéro se concluant par un portrait d’Alexandre Astier, poursuivons par une révérence aux

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La vie est bulle

SCENES | Drôle, émouvant, remarquablement interprété, ambitieux, Dans ta bulle, librement inspiré des BD du Marseillais Domas, confirme que Jocelyn Flipo est un metteur en scène passionnant. Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Jeudi 2 février 2012

La vie est bulle

Il y a longtemps, en Amérique, un romancier nommé Raymond Carver racontait, sous forme de nouvelles, des histoires a priori anecdotiques mais qui, mises bout à bout, parlaient de leur époque, des gens qui en formaient l’ordinaire, et savait les rendre extraordinaires et universelles. Aujourd’hui, en France, Domas, un dessinateur marseillais croque à son tour les anecdotes d’une vie et nous parle, sans identification forcée ou sociologie encombrante, de nous. Il s’est forgé un alter-ego, Max. Il vit en colocation avec Pierrot, lunaire et largué, ne pense qu’à faire le premier pas vers les autres et rêve de tomber amoureux. Domas découpe sa vie en planches, équivalents dessinés de la nouvelle, et les transforme en comédie humaine vibrante d’émotions où les petits riens se font grandes questions. De la planche aux planches Prolonger sur scène un tel matériau était ambitieux, surtout quand on a jusque-là fait ses armes dans le one-man-show comique et l’improvisation. Jocelyn Flipo, qui s’affirme ici comme un metteur en scène important, a donc bousculé les lignes, dans tous les sens du terme. D’abord en donnant à Max une incarnation fidèle : c’est

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Reda dans tous ses états

SCENES | Coincés dans l’antichambre du paradis (ou de l’enfer c’est selon), un homme et une femme évitent tout chabadabada. Mieux, elle, hétéro, lui, gay, ne vont même (...)

Nadja Pobel | Vendredi 16 décembre 2011

Reda dans tous ses états

Coincés dans l’antichambre du paradis (ou de l’enfer c’est selon), un homme et une femme évitent tout chabadabada. Mieux, elle, hétéro, lui, gay, ne vont même pas tomber dans les clichés qui parfois au café-théâtre frôlent une homophobie de circonstance "pour rire", mais jamais drôle. Dans Stand by, Reda Cheraitia et Gaelle Le Roy interprètent avec conviction et à bonne distance ces personnages qui, l’air de rien, suivent les pas d’un scénario très écrit, habile, plein d’imagination, toujours comique et souvent émouvant. La pièce se joue lle 31 décembre à la salle Victor Hugo puis de janvier à mars au Boui Boui. Reda Cheraitia est sur tous les fronts en cette fin d’année. Son one-man-show Deux ex Comica (à l’Âne rouge jusqu’au 14 janvier) lui permet de reprendre un exercice d’enchaînements de sketches dans lequel il ne se ménage pas. Enfin, avec son éternelle acolyte Gaelle Le Roy, il fait aussi sourire les enfants (dès 3 ans) avec Le Petit faiseur d’étoiles (au Repaire jusqu’au 30 décembre) dans lequel Balthazar cherche à décrocher les étoiles pour découvrir leur secret de fabrication et en faire à son tour.Nadja Pobel

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L’humour sur son 31

SCENES | Ce 31 décembre 2011 ne verra pas que péter les bouchons de champagne ; il pètera aussi les records du nombre de spectacles comiques programmés dans les salles. Dans cette orgie, pointons nos coups de cœur, sorte de caviar de l’humour lyonnais. Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Jeudi 8 décembre 2011

L’humour sur son 31

Près de quarante spectacles programmés, une cinquantaine de représentations au total : le 31 décembre à Lyon, c’est la fête de l’humour. Il est vrai qu’en matière de théâtre, on n’a pas encore trouvé un programmateur suffisamment suicidaire pour proposer au public un Shakespeare de 3 heures ou un Sarah Kane par Claude Régy. Donc place à la comédie, même si heureusement, les spectacles à l’affiche ne font pas que dans le gros comique qui tâche (le vin rouge s’en chargera bien assez ce soir-là) et la rigolade façon otarie bourrée (le champagne s’occupera pour sa part de cette mission peu périlleuse). C’est plutôt un best of de la saison qui envahit les salles, ce qui permet aussi de constater que celle-ci a été riche et variée, avec des découvertes et des confirmations, des one man shows originaux et des pièces de qualité. Best of 2011 Honneur à notre découverte maison : le trublion Alex Ramirès et son one dans l’univers des séries (aux Tontons flingueurs à 18h). Comédien à l’élasticité proche d’un Jim Carrey évoluant dans un monde fait de références geeks habilement digérées, Ramirès fait partie des jeunes acteurs lyonnais sur lesquels il faut désormais compter.

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De Saison

SCENES | Mardi 19 juillet

Dorotée Aznar | Mardi 12 juillet 2011

De Saison

Comédien attachant, physiquement virtuose, d'une énergie débordante, capable en un battement de cil de changer de peau et de personnage, Alex Ramirès a fait sensation, à seulement 21 ans, dans le paysage du café-théâtre lyonnais cette saison. De saison, il est question avec son premier spectacle, puisqu'il décrit comment un post-ado féru de culture télé raconte sa vie et son entourage à la manière des séries cultes, de Prison Break à Desperate housewives. C'est drôle, rythmé, intelligent, et c'est au Boui-Boui pendant tout le mois de juillet. CC

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Serial comédien

SCENES | À tout juste 21 ans, Alex Ramirès se lance dans un one man show en forme de série télé, où, derrière les références générationnelles, perce la personnalité d’un comédien physique et virtuose, promis à un bel avenir. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 21 janvier 2011

Serial comédien

Dans le laïus introductif au spectacle, le présentateur de la soirée nous avait prévenu : il «plait aux filles». Regard clair et sourire charmeur, avec cette légère cicatrice au-dessus de la pommette droite, Alex(andre) Ramirès est effectivement un "beau gosse". Mais quand il entre en scène, c’est en teenager ayant tout juste perdu son pucelage et proposant de le raconter à la manière d’une saison entière de série télé. Un personnage, bien sûr… Un fantasme de geek dont le canapé et la télécommande seraient comme des organes ayant poussé naturellement à l’adolescence. Sur un tel canevas, il y a un risque de dérapage dans le graveleux, la blague potache ou les références interdites aux plus de 25 ans ; Ramirès n’y tombera jamais, et on l’en remercie. À la place, c’est en pur comédien qu’il anime la scène, multipliant les personnages et les situations à une vitesse délirante, changeant de peau par une inflexion de voix, un simple raidissement ou un déhanché suggestif ; un véritable split screen humain. «Ne pas figer les choses» Flashback donc, mais sur Ramirès cette fois. À 9 ans, à Roussillon, pas loin de Vienne, celui que sa famille app

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Reda Chéraitia

SCENES | Comédien et auteur

Nadja Pobel | Jeudi 9 juillet 2009

Reda Chéraitia

Reda Chéraitia est un homme-caméléon. Il se glisse régulièrement dans les rôles mélancoliques et sensibles des créations du collectif MacGuffin et, cet été, il présente quelques sketches de son deuxième one-man-show, Deux ex comica (à l'espace Gerson en première partie de Cyrille Coton, du 15 au 18 juillet). Son précédent spectacle était, entre autres, passé par le Point Virgule à Paris. Fin juillet, au Parc de la Tête d'or, il joue également avec la Cie Zéotrope Barok, un cabaret de la fin du XVIIIe dans lequel sourdent les révoltes à venir.

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