Des paroles et des actes

SCENES | Ils sont jeunes, misent sur l’acteur et adaptent des textes peu théâtraux. Ils font pourtant bel et bien du théâtre, avec un engagement total, signant des spectacles remuants et intelligents. Balade dans une saison marquée du sceau de cette génération éprise de narration. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 9 septembre 2014

Raconter. Parfois de manière saccadée ou par le prisme de plusieurs personnages. Mais dire le monde avec force et rage. Voilà l'intention qui semble traverser la saison théâtrale 2014/2015, portée par une génération qui ne tutoie pas encore les quadragénaires, quand elle n'a tout simplement pas encore franchi la barre des trente ans.

Première pièce emblématique de ce constat : Les Particules élémentaires (aux Célestins en février). Houellebecq lui-même n'a pas quarante ans quand il écrit son deuxième roman, hybride à deux têtes où, à travers les vies de deux frères, l'une hippie, l'autre trop calibrée, se dessinent le désenchantement, l'annihilation du bonheur et l'avènement du clonage scientifique. Véritable gifle, sans concession avec son époque mais parcourue par un souffle romanesque évident, ce livre n'avait jamais été porté à la scène en France alors que nos voisins européens (et notamment les Allemands) s'en sont depuis longtemps délectés. Il a fallu attendre que Julien Gosselin sorte de l'école du Théâtre du Nord, à Lille, et que dès sa deuxième mise en scène, il prenne à bras le corps ce bouquin paru alors qu'il n'avait que onze ans. Avec ce spectacle créée l'an dernier dans le plus médiatique des festivals de théâtre, Avignon, en 3h40 et avec dix comédiens, Gosselin n'a pas fait les choses en catimini. Bonne idée. Car si des micros (outil bien partagé par cette génération) et quelques corps dénudés (mais comment peut-il en être autrement avec Houellebecq ?) émaillent la pièce, Gosselin, avec un usage malin de la vidéo, insuffle surtout de l'émotion à son adaptation, jusqu'aux larmes quand il se recentre sur un ou deux personnages. Et fait rejaillir la puissance de cette oeuvre qui contient toutes celles à venir de l'écrivain le plus cinématographique de la rentrée (voir page 14).

S'affranchir de la forme narrative théâtrale classique, voilà qui ne fait pas peur non plus à La Meute. Cette saison, ce collectif issu du Conservatoire de Lyon accède enfin à un grand plateau, là où il a pleinement sa place. Après avoir exploré Dostoïevski, le metteur en scène Thierry Jolivet et sa bande s'emparent du texte d'Angelica Liddell, Belgrade (aux Célestins en juin), auquel ils adjoignent des paroles de Cioran, Musset, Nietzsche, sans que l'on en décèle les coutures. Eux qui sont nés dans une Europe tout juste délestée du rideau de fer, donnent de la voix (via micro-HF) à un croque-mort, une journaliste, un apparatchik en autant de monologues indélébiles – et rythmés en live par Jean-Baptiste Cognet (la musique "in vivo" étant un autre dénominateur commun des artistes présentés ici).

 

Chuchoter

Emmanuel Meirieu, lui, a beau toujours être jeune, il n'est plus un débutant depuis longtemps. Pourtant, il file un théâtre qui, s'il est moins enragé qu'à ses débuts (Les Chimères amères, en 2000, déjà !), va au cœur de l'humanité de ses personnages déchirants. Lui aussi sonorise ses comédiens, les fait chanter, a capella, et continue à monter autre chose que du théâtre. Cette saison, il passera deux fois par Lyon, sa ville. Au théâtre de la Croix-Rousse d'abord, où justement il accéda à la grande scène à seulement vingt-quatre ans, il remonte Mon traître, passé furtivement au Radiant en janvier dernier. À l'issue d'un gros travail d'adaptation des romans jumeaux de Sorj Chalandon (Mon traître et Retour à Killybegs), Meirieu offre, comme La Meute, le point de vue de différents protagonistes sur un même événement politique : ici la guerre religieuse en Irlande, vue par le prisme du parcours tortueux et mensonger du leader charismatique de l'IRA, Denis Donaldson. Derrière un minimalisme apparent (espace de jeu restreint, peu d'action, beaucoup de récit…), se dévoile un travail d'orfèvre, tant sur la lumière et le son que sur la scénographie. Au centre du dispositif : la figure du comédien, pour que l'histoire soit au premier plan. C'est sans doute de cette trempe que sera Birdy (au Radiant le 7 avril), que Meirieu créera à Chateauvallon cet automne. Un spectacle une fois de plus totalement masculin, à la lisière du mélodrame (dans le bon sens du terme), et qui abordera les illusions perdues d'un homme abîmé : de retour de la guerre du Vietnam, Birdy rêve de pouvoir voler.

 

Affirmer

Le théâtre-récit sera aussi au cœur de Discours à la nation (à la Croix-Rousse en avril, et que nous n'avons pas encore pu voir). L'auteur, Ascanio Celestini, appartient même à un courant théâtral italien qui porte précisément ce nom, et s'inscrit dans les pas du prix Nobel Dario Fo. Très engagé politiquement (contre Berlusconi notamment) et fin observateur d'une société toujours plus stratifiée, Celestini a écrit ce texte spécialement pour le comédien belge David Murgia, vu l'an dernier dans Le Signal du promeneur, digression déglinguée mais pertinente sur l'Affaire Romand. Au milieu d'un décor volontairement cheap, fait de cagettes en bois, il sera question de s'adresser aux «camarades», d'évoquer la conscience de classe en constatant salutairement que les termes «dominant/dominé sont beaucoup plus jolis que bourreau/victime».

Moins directement orienté mais tout aussi inscrit dans une veine sociale, La Lune jaune (à la Mouche le 11 décembre) de l'Ecossais David Greig, mis en scène par Baptiste Guiton, assistant de Christian Schiaretti, déploie une forme plus onirique que les spectacles sus-cités, mais toujours très narrative, instaurant même une distance avec le spectateur par le biais d'une écriture à la troisième personne du singulier. Le propos sur ce XXIe siècle œuvrant pour un individualisme forcené n'en est pas moins acide, les personnages de Leila et Lee, deux ados que la vie a laissé sur le bas-côté, tentant de s'inventer un peu de douceur ensemble.

Autre spectacle qui promet de discuter sans tourner en rond : Du pain et des rolls, porté à la scène par la jeune Julie Duclos et qui rend là son titre original au film culte de Jean Eustache, La Maman et la putain, non sans se permettre de ré-écrire le texte avec le scénariste Guy-Patrick Sainderichin (crédité au générique du Père de mes enfants de Mia Hansen-Løve notamment).

 

Réitérer

Citons pour conclure deux jeunes qui pour leur part déboulonnent des écritures théâtrales classiques. C'est le cas du metteur en scène Laurent Brethome (impeccable directeur des jeunes du Conservatoire l'an dernier dans Massacre à Paris), qui s'attaque aux Fourberies de Scapin (à la Croix-Rousse en octobre, à Villefranche et au Toboggan en décembre) avec l'excellent Jérémy Lopez-de-la-Comédie-Française (et ancien du Conservatoire de Lyon et de l'ENSATT).

David Bobée, nonobstant une esthétique overgay et à des comédiens (et acrobates) survitaminés en costumes moulants et mouillés, a lui fait de Béatrice Dalle une Lucrèce Borgia plus vraie que nature cet été à Grignan (à voir à la Croix-Rousse en novembre). Il sera aussi en fin de saison aux Subsistances avec Mélo, une "Livraison d'été" (en juin) qui verra par ailleurs le jeune, talentueux et très bordeline collectif Les Chiens de Navarre faire avec Les Armoires normandes son retour en ce lieu qui l'a accompagné depuis le début de son aventure, bien avant qu'il ne triomphe l'an passé à Paris, au Théâtre du Rond Point.


Les Particules élémentaires

De Michel Houellebecq, ms Julien Gosselin, 3h40
Célestins, théâtre de Lyon 4 rue Charles Dullin Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Belgrade

D'Angélica Liddell, ms Thierry Jolivet, Cie La Meute, 1h50. Dans Belgrade, à l'heure des obsèques de Milošević, une reporter part à la rencontre des bourreaux et des victimes
Célestins, théâtre de Lyon 4 rue Charles Dullin Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Discours à la nation

D'Ascanio Celestini, ms David Murgia, 1h20. Manifeste politique
Théâtre de la Croix-Rousse Place Joannès Ambre Lyon 4e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Wauquiez et la culture : c'est compliqué (bis)

Covid-19 | Laurent Wauquiez est passé à deux doigts de se remettre l'ensemble du monde culturel à dos. Il est retombé lundi, à peu près, sur ses pattes. Mais comment a-t-il fait pour glisser ainsi sur une peau de banane, après des semaines de mesures concrètes et de com' massive pour s'instaurer en "sauveur" du milieu culturel post-Covid ? On vous raconte.

Sébastien Broquet | Mercredi 9 septembre 2020

Wauquiez et la culture : c'est compliqué (bis)

Dès le début du confinement, la vice-présidente à la Culture Florence Verney-Carron capte l'ampleur de la crise à venir dans son secteur et mobilise ses services. Son président joue le jeu et la com' se met en branle : étonnement dans les milieux culturels, mais c'est bel et bien la Région qui s'affirme comme moteur de l'aide au secteur — avec une communication au cordeau, comme tout au long de la crise. Début mai, Laurent Wauquiez annonce 32 M€ d’aides au secteur culturel. Une élue de gauche nous confie alors : « ça me fait mal de le dire, mais faut avouer qu'ils font le boulot. » C'est d'autant plus flagrant que l'État est alors à la ramasse sur le sujet. Tout n'est pas parfait, certains producteurs pointent la faiblesse du montant maximum de l'aide, mais d'autres lieux non subventionnés apprécient a contrario l'aide exceptionnelle. Sur

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Street art : cuvée d’automne

Street Art | Après les murs de la ville et ceux des galeries d'art, le street art s'invite cet automne sur les pavés, au centre commercial et au stade !

Lisa Dumoulin | Jeudi 6 décembre 2018

Street art : cuvée d’automne

Après la vague d’expositions de street art à la rentrée dont on vous parlait ici, l’automne regorge encore de projets artistiques dédiés à cet art urbain. Du côté du crew décidément superactif de Superposition, plusieurs projets d’envergure ont vu le jour. Comme la fresque peinte à même le sol de la rue Victor Hugo et de la place Ampère, un projet mené en partenariat avec la Taverne Gutenberg, Maison G et l’association My Presqu’île. Onze artistes ont mis la main à la pâte : Azed, Bambi, Alex Beretta, Laurent Claveau, Khwezi, Masta, Koey, Osru, Quetzilla, Sphinx et Yandy. Le résultat filmé en vidéo est bluffant. Autre projet ambitieux : la réunion d’une trentaine d’artistes lyonnais et internationaux sur les murs d’un magasin du centre commercial Confluence. Une “coque” vide dans le jargon, en attente avant l’emménagement prochain d’une nouvelle marque. La boutique est transformée en galerie ép

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L’œil de Moscou

Censure Politique en Russie | Le réalisateur Oleg Sentsov emprisonné, Tatiana Frolova qui circule mais à qui l'administration de Moscou dit : « c'est bien ce que vous (...)

Nadja Pobel | Mardi 27 novembre 2018

L’œil de Moscou

Le réalisateur Oleg Sentsov emprisonné, Tatiana Frolova qui circule mais à qui l'administration de Moscou dit : « c'est bien ce que vous faites », « façon, de lui signifier qu'on sait ce qu'elle fait » commente Patrick Penot qui l'a souvent programmée à Lyon. Ainsi va la surveillance plus ou moins accrue dans ce pays. Kirill Serebrennikov est lui en résidence surveillée sans accès à Internet et au téléphone depuis un an. Mais la création ne s’interrompt pas. Son film Leto, présenté à Cannes ce printemps, sortira le 5 décembre. À Zurich, sa version de Cosi fan tutte a été jouée ce mois-ci, avec des enregistrements vidéos des répétitions que son assistant lui faisait passer par son avocat sur clé USB. Le procès, à huis clos, a lieu en ce moment-même. Accusé d'avoir détourné environ 130 millions de roubles (1, 7M€) de subventions publiques destinées à son théâtre moscovite, il clame son innocence. Des artistes prennent le relais avec force comme David Bobée, co-pilote d'un comité de soutien très actif. Le metteur en scène (qui sera aux Subsistances fin novembre avec la repris

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Des naufragés sublimés par Emmanuel Meirieu

Nuits de Fourvière | Nouvelle agora et décor à couper le souffle : Emmanuel Meirieu adapte Les Naufragés de Patrick Declerck qui a écouté, soigné, pansé les clochards que la société efface. Spectacle hors normes.

Nadja Pobel | Mardi 5 juin 2018

Des naufragés sublimés par Emmanuel Meirieu

Il y a un mois, Nuits sonores rugissait dans le quartier Debourg. Plus accessible encore que ces anciennes usines Fagor, Julien Poncet, directeur de la Comédie Odéon de Lyon et initiateur-producteur du spectacle, a trouvé un autre local, sur la ligne de tram, à quelques encablures de la Halle Tony Garnier. C'est un ancien entrepôt de fret-triage dont l'histoire est encore un peu un mystère dans lequel Emmanuel Meirieu fait son retour en terres lyonnaises, les siennes, pour créer Les Naufragés d’après l’invraisemblable et déchirant témoignage qu’a publié l’ethnologue-psychanalyste Patrick Declerck. Depuis vingt ans, à quelques exceptions près (ses Chimères amères, Electre, Médée, De beaux lendemains

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Watching You à Fourvière : Merci Marie

Street Art | L’exposition Watching You au Musée d’Art Religieux de Fourvière invite le street art dans une ancienne chapelle du monument religieux le plus important de Lyon. Rencontre au sommet.

Lisa Dumoulin | Mardi 9 janvier 2018

Watching You à Fourvière : Merci Marie

Un grand chantier de réhabilitation du site de Fourvière va débuter cette année. La Basilique restera bien sûr ouverte, mais le Musée d’Art Religieux de Fourvière va fermer ses portes pour de grands travaux de restauration et d’agrandissement. Et la Fondation Fourvière a eu une idée de génie. À l’instar de la Tour Paris 13, de Rehab à la Cité Universitaire de Paris et de nombreux autres lieux qui, de plus en plus, confient leurs murs à des street artistes pour une exposition éphémère avant travaux ou démolition, le Musée d’Art Religieux de Fourvière à pris le parti d’inviter des artistes à repeindre ses murs avant le début des travaux - à priori début février, mais aucune date fixe n’a encore été précisée. Un contraste détonnant qui traduit l’ambition de la Fondation d’être en phase avec l’actualité culturelle et urbaine de Lyon, d’attirer des nouveaux publics, de moderniser son image… Et c’est réussi ! Vitraux coquins L’ancienne chapelle désacralisée est passée à la peinture fraîche, parfois sur des

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Les prédateurs de la nuit : "La Belle et la Meute"

ECRANS | de Kaouther Ben Hania (Tu-Fr-Sue-No-Lib-Qa-Sui, 1h40) avec Mariam Al Ferjani, Ghanem Zrelli, Noomane Hamda…

Vincent Raymond | Mardi 17 octobre 2017

Les prédateurs de la nuit :

Étudiante à Tunis, Mariam participe à une soirée de bienfaisance durant laquelle elle rencontre Youssef. Leur idylle naissante est dramatiquement interrompue par une patrouille de police et Mariam violée par ces prétendus “représentants de l’ordre”. Son enfer ne fait que débuter… Révélée par le documenteur incisif Le Challat de Tunis (2015), Kaouther Ben Hania poursuit dans la même veine tranchante, dénonçant encore et toujours le sort réservé aux femmes en Tunisie — un Printemps arabe, pas plus qu’un Prix Nobel de la Paix ne suffisent hélas à balayer des années de machisme ni de patriarcat. La cinéaste use ici d’une forme de narration radicale, mais appropriée : de longs plans-séquences montrent la victime en proie à une cascade de violences psychologiques, ajoutant à son traumatisme. Chacun figure l’une des insoutenables étapes de son interminable calvaire intime, aggravé par des mentalités étriquées et une barbarie administrative (à l’hôpital, au commissariat) rappelant par instants l’excellent I am not Madame Bovary de Feng Xiaogan

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Murgia sur orbite au Théâtre de la Croix-Rousse

Théâtre | David Murgia. Il est des comédiens comme celui-ci que l'on suivrait n'importe où. Pour leur talent bien sûr, mais aussi parce qu'ils ont toujours quelque chose à nous dire de ce monde malade. Laïka en est une nouvelle preuve.

Nadja Pobel | Mardi 17 octobre 2017

Murgia sur orbite au Théâtre de la Croix-Rousse

À peine étions-nous assis dans cette patinoire (lieu phare du off d'Avignon) qu'il s'est mis à parler, parler et parler encore. Comme une victime d'accident déviderait tout ce qui vient de se dérouler sous ses yeux ahuris. David Murgia n'a pas cet état de sidération, il est même étonnamment tranquille. Il est habité par cette nécessité de livrer, à toute allure (sans jamais faire riper sa diction) ses récits et faire ainsi exister ceux qu'on voit peu, que la société laisse dans un coin, au bord des rues ou dans l'isolement bien pratique de leur habitat lorsqu'ils en ont un. Voici que le comédien raconte à un ami ce qu'il vient de raconter à des copains éphémères de bistrot : la vie de travailleurs pauvres, de malades d’Alzheimer ou d'une prostituée. Il n'y a rien de cafardeux dans l'heure quinze passée avec eux : dans ce texte, Ascanio Celestini a la politesse d'aimer ses personnages sans les stigmatiser ni les "héroïser". Être en bas de l'échelle sociale (le principe de classes existe toujours, n'en déplaise à ceux qui se tiennent tout en haut de la pyramide) n'est pas qu'une longue plainte. L'aplomb de la prostituée est à cet égard é

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Emmanuel Meirieu : « Donner des émotions fortes c'est mon boulot »

Théâtre | Il trace un sillon de plus en plus fin dans le théâtre contemporain. Emmanuel Meirieu revient là où il y a presque vingt ans il dézinguait les contes avec Les Chimères amères. Des hommes en devenir lui ressemble. Les fêlures de ses personnages se sont accrues mais en émergent une humanité proportionnelle. Avec ce spectacle, il atteint l'acmé d'une émotion déjà largement contenue dans Mon traître qui repasse cette semaine aussi. Conversation

Nadja Pobel | Mardi 10 octobre 2017

Emmanuel Meirieu : « Donner des émotions fortes c'est mon boulot »

Vous souvenez-vous de la raison pour laquelle vous avez voulu faire du théâtre au lycée alors que depuis que vous êtes metteur en scène, vous ne montez quasiment pas de textes de théâtre (mais des contes, des romans) ? Vous vouliez casser le théâtre ? Je n'en ai pas eu l'intention. Même au tout début, je n'ai jamais eu la volonté d'être original, ou décalé, de casser les codes. Je n'ai pas poursuivi une recherche formelle ou de langage du théâtre. J'ai pas cherché ça. Quelle langue vous alors donné envie de faire du théâtre ? C'est le vivant et l'humain. C'est ma passion. Ce sont les voix humaines. Le théâtre n'est que ça. Il n'y a pas ça au cinéma. Pour autant, vos références sont souvent cinématographiques. Quand vous montez À tombeau ouvert, c'est parce que vous avez vu le film de Scorsese. Pas parce que vous avez lu le texte. Oui c'est vrai pour A tombeau ouvert,

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La Belle et la Meute

Avant-Première | Le souffle du Printemps arabe n’a pas débarrassé les Tunisiens des oppressions, ni purgé certaines mentalités de ses réflexes archaïques. Réalisatrice du (...)

Vincent Raymond | Mardi 3 octobre 2017

La Belle et la Meute

Le souffle du Printemps arabe n’a pas débarrassé les Tunisiens des oppressions, ni purgé certaines mentalités de ses réflexes archaïques. Réalisatrice du documenteur Challat de Tunis (2013), Kaouter Ben Hania signe avec La Belle et la Meute une glaçante fiction montrant le sort peu enviable d’une jeune femme violée par des policiers. Un film en quasi temps réel, à découvrir en avant-première. La Belle et la Meute Au Lumière Terreaux ​le lundi 9 octobre à 20h30

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Pec, un grand enfant

Portrait | Vous connaissez tous Pec : c’est le créateur des Birdy Kids. Ces oiseaux ronds et colorés, vous n’avez pas pu passer à côté. Mais ces gentils volatiles ne sont que la face émergée de l’iceberg.

Lisa Dumoulin | Mardi 29 août 2017

Pec, un grand enfant

Souriant, grand, svelte, jean et tee-shirt gris chiné assorti à sa barbe et perles en bois au poignet. Il s’est cassé la main, il n’en parle pas tout de suite, mais finira par lâcher qu’il bout intérieurement à cause de ce chômage technique. Un artiste lyonnais a priori lambda. Si ce n’est cette précision de son collègue et ami d’enfance Cart’1 : « Il faut savoir que Pec est l’un des plus anciens graffeurs lyonnais. C’est la deuxième génération, mais c’est l’un des plus anciens aujourd’hui. Et c’est celui, personne ne dira le contraire, qui a le plus défoncé le périph’ à Lyon. Les gens le respectent pour ça. » On ne sait pas trop pourquoi, on avait imaginé un mec aussi bariolé et insouciant que ses peintures. S’il y a une chose qui définit son œuvre, c’est bien la couleur. Un univers enfantin, rond, joyeux et coloré. « On venait de banlieue, d’un univers gris, et on avait juste envie de foutre de la couleur sur ces putains de murs gris » poursuit Cart’1. Pas de revendication politique, chose que Pec revendique : « Je pars du principe que tu es suffisamment matraqué avec toutes les p

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Du théâtre pour panser

L'essentiel de la saison | Au vu des programmations hétéroclites (trop) touffues et qui confèrent aux différents théâtres des identités de plus en plus floues, émerge une vague de trentenaires qui, au travers de faits historiques, ou simplement d’histoires d’aujourd’hui, livrent un travail précis, exigeant pour panser nos plaies intimes ou universelles.

Nadja Pobel | Mardi 5 septembre 2017

Du théâtre pour panser

Laïka. Avec l’évocation de cette petite chienne jamais revenue de l’espace et de la guerre froide spatiale russo-US, c’est tout un pan d’un monde bien amoché que déploie David Murgia, celui de maintenant, en relatant la vie d'un clochard, de vieilles dames ou d'une prostituée. Il retrouvera le Théâtre de la Croix-Rousse (du 17 au 21 octobre) où il est passé récemment seul (Discours à la nation) ou en collectif avec ses amis du Raoul (Le Signal du promeneur et Rumeurs et petit jour). À nouveau, il travaille en binôme avec Ascanio Celestini et donne à ce texte puissant une fulgurante densité, ajoutant à la pertinence du propos une véritable performance de comédien. Et pour s’intéresser aux gens de peu, que Macron, dans son propos le plus détestable depuis son élection, a qualifié de « ceux qui ne sont rien » en opposition

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Les films de la rentrée : comme une faim de 2017

14 pépites pour appétits cinéphiles | Bien sûr, on en oublie. Mais il y a fort à parier que ces quatorze films constituent des pierres de touche de la fin 2017. En attendant (entre autres), Joachim Trier, Depardon et Kathryn Bigelow, bon appétit !  

Vincent Raymond | Mercredi 30 août 2017

Les films de la rentrée : comme une faim de 2017

Mother! de Darren Aronofsky Initialement programmée pour novembre, la sortie du nouveau Aronofsky a été avancée pour cause de sélection vénitienne et c’est, à bien des égards, une excellente nouvelle. Déjà victorieux sur la Lagune avec The Wrestler en 2008, l’auteur de Requiem for a dream et de Black Swan convoque ici du lourd — Jennifer Lawrence, Javier Bardem, Michelle - toujours active - Pfeiffer, Ed Harris — pour ce qui s’annonce comme un bon vieux thriller des familles, mâtiné de fantastique dérangeant. La double affiche préventive, offrande de style sulpicien revisité grand-guignol, tient de la promesse merveilleuse ; il faudra cependant patienter jusqu’à la clôture d’une très alléchante Mostra — le festival qui, désormais, donne avec Toronto le tempo des Oscar — pour savoir si ce mystérieux flacon recèle l’ivresse escomptée. Le 13 septembre

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La Famille royale : les loups de Wall Street

Théâtre des Célestins | Il y a parfois des événements qui tiennent leurs promesses. La création de La Famille royale par La Meute est de ceux-ci. Un auteur vivant (!) et américain, les bas-fonds d'une société moisie — la nôtre —, du rock en live... sous les décombres, le metteur en scène Thierry Jolivet trouve même une once de lumière : celle du théâtre.

Nadja Pobel | Mardi 10 janvier 2017

La Famille royale : les loups de Wall Street

« Qui connaît la plus belle mort ? Le soldat qui tombe pour sa patrie ? Ou la mouche dans mon verre de whisky ? » Voix paisible, micro en main prononcé par une sorte de MC décati, c'est avec ces mots que commencent quatre heures d'une plongée dans les bas-fonds de San Francisco, l'envers d'une american way of life si fantasmée, si peu avérée. Et s'il manque à la distribution un métissage culturel (quoique cette remarque ne soit peut-être qu'un délit de faciès inversé et très en vogue dans le théâtre actuel... David Bobée, suivez mon regard) et au plateau un supplément de poussière (difficile de restituer le crad'), le reste est là. Viscéralement là. Tyler Brady, détective privé, renonce à suivre un énième mari infidèle, car à quoi sert de payer pour souffrir plus encore, dit-il à l'épouse inquiète et demandeuse. Non ! Il va répondre à la commande de son frère, un homme d'affaire sans limite, John Brady. Objectif : débusquer la Reine des putes pour ouvrir un bordel virtuel. Mais Tyler va s'enfoncer corps et âme dans les rues sombres et puantes, aimer cette Majestée retrouvée et tenter de pans

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Beaucoup de promesses sur les scènes

Théâtre & danse | Quelques grands noms du panthéon théâtral et de nombreux trentenaires au talent cru : voilà de quoi remplir la deuxième moitié de saison qui, espérons-le, sera plus nourrissante que la première.

Nadja Pobel | Mardi 3 janvier 2017

Beaucoup de promesses sur les scènes

Étrange début de saison où les seules vraies émotions ont émané du solo de Vincent Dedienne, de deux des trois Fugues par le Ballet de l'Opéra, de la petite forme Udo de La Cordonnerie, du best of des Subs ou de La Cuisine d'Elvis à la Comédie de Saint-Étienne ; justement, son directeur Arnaud Meunier viendra bientôt avec son spectacle pour enfants Truckstop au TNG puis Je crois en un seul Dieu aux Célestins, où il retrouvera Stefano Massini après Chapitres de la chute. La Meute est de retour L'attaque en trombe de 2017, confiée à La Meute, devrait faire mentir cet automne morose : avec La Famille royale dès le 4 janvier au Toboggan (dont la directrice Sandrine Mini est poussée vers la sortie par sa municipalité) déjà, et dans la foulée aux Célestins qui ont l'intelligence de leur faire de nouveau confiance. Après Belgrade, la jeune troupe adapte le roman sulfureux et vigoureusement

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L'Appel au peuple de David Murgia

SCENES | Prenez quelques cageots, un acteur exceptionnel et Belge (David Murgia) et un auteur engagé et Italien (Ascanio Celestini) et vous voilà face à un (...)

Nadja Pobel | Mercredi 2 mars 2016

L'Appel au peuple de David Murgia

Prenez quelques cageots, un acteur exceptionnel et Belge (David Murgia) et un auteur engagé et Italien (Ascanio Celestini) et vous voilà face à un spectacle sur l'économie capitaliste d'une drôlerie et d'une justesse hautement recommandables. Discours à la nation sera de nouveau dans l'agglo au Radiant, le samedi 5 mars. C'est l'une des dernières occasions de le voir : sa création remonte à 2013. Murgia, qui a façonné son travail main dans la main avec Célestini, porte comme un étendard cette verve des possédants s'imaginant détenir la planète quand ils n'entretiennent que leur ego surdimensionné. « Le monde ne change pas, seule la place de l'homme change » nous dit-il narquois et méprisant, mais par cette surprenante mise en avant des soi-disant puissants, le duo made in Europe dresse un portrait en force de ceux qui subissent et ne peuvent qu'un jour se réveiller. Sans tomber dans la démagogie, ce fidèle du déglingué Raoul collectif fait preuve de son fascinant talent à raconter des histoires dépourvues d'accessoires superflus, flirtant adroitement avec le cinéma. NP

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Birdy Nam Nam bat de l'aile mais ne tombe pas

MUSIQUES | S’il y a bien un reproche qu’on ne peut pas faire à Birdy Nam Nam, c’est de toujours creuser le même sillon. Après un premier album éponyme 100% (...)

Damien Grimbert | Mardi 12 janvier 2016

Birdy Nam Nam bat de l'aile mais ne tombe pas

S’il y a bien un reproche qu’on ne peut pas faire à Birdy Nam Nam, c’est de toujours creuser le même sillon. Après un premier album éponyme 100% turntablism en 2005, suivi de deux disques ouvertement électroniques (Manual For Successful Rioting en 2008, produit par Yuksek et Justice, et Defiant Order en 2011, avec Para One), le groupe s’est lancé dans une longue tournée américaine en 2013, avant de reprendre enfin le chemin des studios l'année suivante. Fruit de ce travail, un nouvel album sortira en février prochain sur leur nouvelle structure Zipette Island. Il devrait à son tour témoigner d'une évolution conséquente : plus de DJ Pone, plus de producteur extérieur, plus de label pour superviser la sortie et une volonté affirmée de s’ouvrir à de nouveaux horizons. Si Can’t Do Me et Dance Or Die, les deux titres dévoilés pour l’instant, restent fidèles à l’énergique background électro-hip-hop sur lequel le groupe a bâti sa réputation, il promet en effet des titres plus solaires et décomplexés, construits notamment autour de structures pop via la présence de plusieurs featurings vocaux, c

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La rentrée musique côté électro

MUSIQUES | Pour faire un point complet sur l'actu des dancefloors, il nous aurait fallu bloquer un bon tiers de ce dossier de rentrée. À vous, donc, de le compléter via vos canaux habituels. De toute façon, c'est bien simple : il y aura cette saison encore plein de trucs bien, partout, tout le temps.

Benjamin Mialot | Mardi 22 septembre 2015

La rentrée musique côté électro

On prend quasiment les mêmes et on recommence. Avec la dissolution de Haste, une place s'est libérée au Transbordeur. Good news, ce sont les sapeurs techno de CLFT qui la récupèrent. Une fois par trimestre, ils présenteront deux artistes de leur très pointu et très offensif roster ; démarrage le 9 octobre avec les Britanniques Lee Holman et Biny, passage à la vitesse supérieure le 11 décembre avec deux autres British, Fundamental Interaction et l'ami de longue date Ben Gibson. Leurs âmes sœurs de Papa Maman, non contentes de renforcer leur présence à La Plateforme (voir page 19), continuent pour leur part d'essaimer dans la ville – après un premier essai au Petit Salon, leurs prochaines "MTR", le 2 octobre au Sucre et le 9 au Kao, permettront de constater que le genre est parfois plus spartiate et viscéral ailleurs qu'à Berlin et Londres avec l'Ukrainien Stanislav Tolkachev, le Finlandais Samuli Kemppi et l'Espagnol Oscar Mulero. Quant à leurs colocataires de l'Atelier Sumo (le QG

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Les reprises de 2015/2016

SCENES | Si vous les avez raté, un rattrapage s’impose. D'abord Bigre! (Croix-Rousse, 29 septembre au 3 octobre), hilarante comédie sans (...)

Nadja Pobel | Mardi 8 septembre 2015

Les reprises de 2015/2016

Si vous les avez raté, un rattrapage s’impose. D'abord Bigre! (Croix-Rousse, 29 septembre au 3 octobre), hilarante comédie sans paroles sur l’ultra moderne solitude. Au même endroit Jean Lacornerie reprend ce qui est (avec Roméo et Juliette) sa comédie musicale la plus aboutie, Mesdames de la Halle (11 au 28 décembre). De son côté, au milieu d’une saison presque entièrement dédiée au langage, le TNP fait place aux délicats balbutiements de En courant, dormez par Olivier Maurin (6 au 15 avril), alors que la Renaissance reprend la foutraque Visite de la vieille dame (23 au 2

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Une saison théâtrale sous le signe du politique

SCENES | Souvent taxé d’art vieillissant, le théâtre ne cesse pourtant, à l’instar des sociologues ou historiens, d’ausculter le monde contemporain. Cette saison, plusieurs auteurs décryptant la trivialité des rapports sociaux seront portés au plateau. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 8 septembre 2015

Une saison théâtrale sous le signe du politique

Christine Angot le déclarait fin août au Monde : «il n’y a pas de vérité hors de la littérature». Théâtre inclus. Le festival international Sens Interdits, en prise directe avec les maux du Rwanda, des réfugiés ou de la Russie, en sera une déflagrante preuve en octobre. Plus près de nous, avec la vivacité d’un jeune homme, Michel Vinaver (88 ans) a repris la plume pour signer Bettencourt boulevard ou une histoire de France, une pièce en trente épisodes mettant au jour les rouages de la fameuse affaire. Ne surtout pas chercher dans ce texte monté par Christian Schiaretti au TNP (du 19 novembre au 19 décembre) des règlements de comptes entre un chef d’État, une milliardaire et un photographe-abuseur, des comptes-rendus judicaires ou de grands discours. Vinaver fait de ses célèbres protagonistes les personnages d’une tragédie grecque contemporaine, remontant à leurs origines et évoquant leur rapport à la judéité, montrant ainsi, loin des polémiques, comment une vieille dame absolument sénile se laisse courtiser par un bellâtre peu scrupuleux. Ce simple jeu d’influence

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Foreztival, une drôle de ménagerie

MUSIQUES | Dans la forêt lointaine, on entend le hibou, d'accord. Mais dans le Forez lointain, qu'entend-on ? Cette année, principalement le Birdy Nam Nam, drôle (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 24 juin 2015

Foreztival, une drôle de ménagerie

Dans la forêt lointaine, on entend le hibou, d'accord. Mais dans le Forez lointain, qu'entend-on ? Cette année, principalement le Birdy Nam Nam, drôle d'oiseau à six pattes – depuis que DJ Pone est allé voir ailleurs si le ciel y était plus bleu – qui n'a de cesse d'emmener le hip-hop instrumental vers de nouveaux horizons, là où ses suiveurs, paresseuses poules aux œufs d'or, se contentent d'en picorer les racines black ad nauseam. Mais aussi le Fauve, inoffensive bestiole dont le cri, sorte de logorrhée de fan de Diabologum en pleine mue, a tendance à nous rendre fou de la gâchette (de fusil hypodermique, on n'est pas des bêtes). Et puis des punks en voie d'extinction (Les Sheriff), une chimère afro-funk (Vaudou Game), un ex-lion au régime strict de vers libres (Kacem Wapalek), des mélodies électroniques serpentines (charmées par Fakear) ou encore des animaux migrateurs se repérant par écholocalisation de basses fréquences (les pionniers du french dub High Tone, featuring le MC halluciné Oddateee)

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Le Paris de David Bobée

SCENES | J-5 de la première. David Bobée nous ouvre les portes de sa future création. D'emblée Paris séduit par sa scénographie, qui transforme en un tour de (...)

Nadja Pobel | Mardi 9 juin 2015

Le Paris de David Bobée

J-5 de la première. David Bobée nous ouvre les portes de sa future création. D'emblée Paris séduit par sa scénographie, qui transforme en un tour de passe-passe vidéo l'espace de jeu tantôt en studio tantôt en rue. Intérieur/extérieur. Un personnage se balade entre les deux. Son métier ? Éboueur. Ou plutôt, comme il le dit, «chauffeur » de camion poubelle – ses gars, eux, sont des «ripeurs», du nom de la société qui les emploie. Le reste du temps, dans le secret d'un 17 m² d'où il contemple les lueurs de la capitale, il s'invente une autre vie à grands renforts de fringues de marques. Car Parfait, c'est son nom – et celui d'un personnage du roman Mélo de Frédéric Ciriez, dont Bobée adapte ici une partie – est sapeur, ces dandys congolais pour qui l'élégance est affaire de couleurs éclatantes. Á l'heure des répétitions, ce ne sont pas ces scènes-là que l'on verra, mais la Ville Lumière. Peu reluisante, elle défile à toute allure, tandis que de l'autoradio s'échappent des bribes d'un quotidien en pilote automatique, des petites révoltes de Léa Salamé aux logorrhées de Jean-Marie Le Pen. Dans cet espèce de

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Le Conservatoire, tanière de la Meute

SCENES | Si La Meute existe, c'est grâce au Conservatoire régional de Lyon, où les membres du collectif se sont trouvés. Le responsable et initiateur de cette formation, Philippe Sire, revient pour nous sur ce projet pédagogique peu commun.

Nadja Pobel | Mardi 2 juin 2015

Le Conservatoire, tanière de la Meute

Auréolée de son prix du public au festival du théâtre émergent Impatience en 2014, voici donc La Meute lâchée sous les lambris dorés des Célestins (qui, nous murmure-t-on, n’en sont qu’au début de leur histoire avec elle). Avant cela elle a, à l'instar du collectif Bis – aujourd’hui intégré au théâtre permanent de Gwenael Morin – ou des comédiens Thomas Rortais, Antoine Besson et Charly Marty, fait ses armes au Conservatoire "à rayonnement régional" de Lyon selon un parcours bien particulier : le cycle d’orientation professionnelle. Situé à mi-chemin entre la pratique amateur et l’enseignement supérieur, ce COP a été initié il y a neuf ans par Philippe Sire après qu'il ait fait le constat que l’agglomération lyonnaise, et à plus forte raison la région Rhône-Alpes, recelait un fort potentiel de jeunes désireux de se former afin d’intégrer des écoles telles que l’ENSATT ou la Comédie de Saint-Étienne. Surtout, Philippe Sire a imaginé un projet pédagogique suffisamment complet pour que les élèves échouant à ces concours puissent devenir professionnels malgré tout, accordant une place importante à la dramaturgie et au fait de savoir «pourquoi on fait du théâtre, à que

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L'été selon les Subsistances : viande, pétanque et théâtre

CONNAITRE | Au moment de la sortie en salles du documentaire Steak (R)évolution, dont il est l'un des principaux protagonistes, le boucher Yves-Marie Le Bourdonnec (...)

Benjamin Mialot | Mardi 2 juin 2015

L'été selon les Subsistances : viande, pétanque et théâtre

Au moment de la sortie en salles du documentaire Steak (R)évolution, dont il est l'un des principaux protagonistes, le boucher Yves-Marie Le Bourdonnec nous confiait son désarroi face à l'incapacité de la filière de la viande française à intégrer les enjeux sanitaires et environnementaux actuels dans ses modes de production. Une critique entendue du côté des Subsistances, où se tiendra dimanche 7 juin "Meat me", une opportune journée de réflexion (et de dégustation !) autour de notre rapport à la chair animale animée par nos camarades de Rue89Lyon. Elle donnera au passage le coup d'envoi du traditionnel temps fort estival des Sub', Livraisons d'été, qui courra cette année jusqu'au 27 juin. Entre une partie de pétanque autour d'un éphémère "Bar des sports", un concert du phénoménal beatboxer de rue Dub FX (le 18) et une carte blanche aux jeunes danseurs du CNSMD (25 et 26), on pourra notamment y découvrir le dernier spectacle d'un autre collectif aux dents longues (Les Chiens de Navarre, on vous en reparle le moment venu, soit du 10 au 13) et la tou

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Thierry Jolivet a faim de théâtre

SCENES | Avant d'être le metteur en scène de "Belgrade" et quelques autres pièces du collectif de La Meute, Thierry Jolivet, pas acquis au départ à la cause théâtrale, s'est formé à l'acteur. Portrait.

Nadja Pobel | Mardi 2 juin 2015

Thierry Jolivet a faim de théâtre

Thierry Jolivet voulait faire des films. Il a d’ailleurs suivi des études de lettres et de cinéma. Des désirs d'une jeunesse pas si lointaine (il est né en 1987) dont il ne s'est pas tant éloigné en devenant metteur en scène de théâtre. Parce qu’il ne «connaissait rien à l’acteur», il s’est confronté et collé lui-même au plateau en frappant à la porte du Conservatoire de Lyon. C’est là que se forme La Meute, collectif qui réfute ce terme employé à tout-va dans le théâtre contemporain, bien qu'il dise parfaitement l'envie de ses membres de travailler ensemble. Thierry Jolivet n’est ainsi pas le seul à diriger leurs spectacles, les rôles tournent. Quand il pilote (Les Foudroyés, Le grand Inquisiteur, Les Carnets du sous-sol, Italienne, Belgrade depuis 2010), il ne joue pas. Mais il fait le comédien dans leurs autres productions. Et exclusivement chez Laurent Brethome (qui enseigne l'art dramatique au dit Conservatoire), notamment dans sa version décapante et délocalisée dans des docks des Fourberies de Scapin

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Belgrade, entre chiens et loups

SCENES | Depuis la présentation, voilà deux ans, d'une maquette de "Belgrade" d’après Angelica Liddell, nous n’avons plus que le nom de La Meute en bouche. Son théâtre viscéral et férocement contemporain arrive enfin dans une grande salle, celle des Célestins. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 2 juin 2015

Belgrade, entre chiens et loups

Le 15 mars 2013, le Théâtre des Ateliers offre son plateau à un jeune collectif venu montrer son travail en cours aux professionnels de la profession. Il s’appelle La Meute. Ensemble, ses membres ont jusque là monté de brillantes mais parfois trop touffues adaptations de Dostoïevski, où l’incandescence du maître russe les guide, notamment dans le fascinant Les Carnets du sous-sol, mais aussi le plus nébuleux Le Grand Inquisiteur. En sortant de la représentation de Belgrade, il est indéniable qu’un moment fort a eu lieu. De ceux qui laissent sonnés et interdits. Á cette époque-là, Vincent Macaigne a déjà déposé un beau cadavre dans le cloître des Carmes à Avignon, Julien Gosselin (metteur en scène des Particules élémentaires) est encore inconnu au bataillon, sauf dans ce Nord qui l’a formé, et les collectifs ont eux le vente en

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Murgia et Celestini ravivent la lutte des classes

SCENES | Nous n’avons pas encore vu intégralement Discours à la nation, mais il nous apparaît nécessaire de se précipiter le voir au Théâtre de la Croix-Rousse du 8 (...)

Nadja Pobel | Mardi 7 avril 2015

Murgia et Celestini ravivent la lutte des classes

Nous n’avons pas encore vu intégralement Discours à la nation, mais il nous apparaît nécessaire de se précipiter le voir au Théâtre de la Croix-Rousse du 8 au 11 avril pour trois raisons. D'abord, son auteur (et metteur en scène), Ascanio Celestini, est un des plus passionnants du moment. Né en 1972, cet Italien est le chef de fil actuel du théâtre-récit initié par Dario Fo, cette façon de raconter le monde avec peu de décor et de faire du propos l’enjeu majeur d'une pièce via des acteurs transformés en porte-paroles. En l’occurrence c’est David Murgia, co-fondateur du Raoul collectif (responsable du très inventif et fort en thème Signal du promeneur) et figure récurrente du jeune cinéma belge (Bullhead) qui s’y colle. Il incarne ici des puissants qui se succèdent derrière un pupitre fait de cageots pour railler les «prolétaires de tous pays». Ce qu’interrogent en chœur Celestini et Murgia, c'est tout simplement la lutte des classes, dont tous deux soutiennent l'existence, le langage et son utilisation, sa manipulation surtout, devenant ici le nerf de ce qui est en vérité une guerre. «

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Emmanuel Meirieu fait voler Birdy

SCENES | Il rêvait de voler. Mais loin de lui donner des ailes, ce désir a mené Birdy dans un hôpital psychiatrique où son ami lui raconte leurs souvenirs d'enfance pour le ramener à lui. A partir du roman de William Wharton, Emmanuel Meirieu produit à nouveau un théâtre coupant. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 31 mars 2015

Emmanuel Meirieu fait voler Birdy

Comme dans De beaux lendemains et Mon traître, il fait sombre dans Birdy. Mais la pénombre est teintée d’un rouge qui distingue d’emblée ce spectacle des deux précédents. Et puis nous ne sommes pas dehors, par un froid glacial et en plein deuil, mais dans un hôpital psychiatrique dont la hauteur irréelle des murs dit à quel point il tient prisonniers ses patients. Dans ce décor inspiré de l’expressionnisme allemand et signé du sculpteur Victor Caniato, Al parle sans discontinuer à son ami Birdy, homme-oiseau recroquevillé sur un semblant de branche, une tige métallique qui lui sert de refuge. Il lui raconte leur enfance, pour lui redonner un peu de lueur et lui faire croire que la vie, fut-elle sur terre, sur cette basse terre, vaut la peine du moment qu'ils sont ensemble. Emmanuel Meirieu dit avoir voulu faire son «film américain», en hommage aux idoles qui ont agrandi le domaine de ses rêves (de Rob Reiner à Steven Spielberg). Il y a glissé quelques chansons a cappella et fait appel à des comédiens qu’il connait bien, avec lesquels il dessine depuis le début des années 2000 sa cartographie théâtrale : Thibaut Ro

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Dans la peau de Michel Houellebecq

SCENES | Alors que son dernier livre, en rien le scandale islamophobe annoncé, continue de diviser les médias, Julien Gosselin, 27 ans, donne à voir avec sa version théâtrale des "Particules élémentaires" à quel point Houellebecq creuse depuis vingt ans un même sillon désenchanté. Créée à Avignon en 2013, voilà enfin livrée à domicile cette adaptation fidèle, énamourée et passionnante de ce grand roman d’anticipation.

Nadja Pobel | Mardi 27 janvier 2015

Dans la peau de Michel Houellebecq

Quand en 1998 sort Les Particules élémentaires, Michel Houellebecq n’est pas encore une figure publique. Julien Gosselin, qui met en scène pour la première fois en France ce texte, a lui à peine dix ans. A l'époque, la lucidité (le cynisme diront les bénis oui-oui) qui irradie de ce roman est une anomalie parmi les écrivains hexagonaux contemporains. Il y en a certes de très grands (Carrère, Modiano, Le Clézio…), mais aucun n’embrasse la société dans son ensemble comme Houellebecq, capable d’insuffler un vrai souffle narratif à des propos sans concession sur son époque. Le mérite premier de Gosselin et son collectif Si vous pouviez lécher mon coeur est de faire éclater à nouveau la qualité et la profondeur de ces Particules hautement autobiographiques, revendiquant l'hommage au point que l'auteur est doublement présent dans la pièce : sous la forme du personnage de Michel et sous celle d’un narrateur, saisissant double physique de l’écrivain. En s’emparant du théâtre-récit, en acceptant donc sans rougir de ne pas entrer dans un genre plus classique de spectacle dialogué, la troupe enchaîne des séquences souvent monologuées, donna

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Joseph Drouet : «Houellebecq a une vision simple et lucide de ses contemporains»

SCENES | Parmi les nombreux comédiens venus grossir les rangs du collectif Si vous pouviez lécher mon cœur, Joseph Drouet interprète plusieurs personnages des "Particules". Il revient pour nous sur le travail d'adaptation. Propos recueillis par Florence Barnola

Florence Barnola | Mardi 27 janvier 2015

Joseph Drouet : «Houellebecq a une vision simple et lucide de ses contemporains»

Comment avez-vous travaillé cette adaptation ? Joseph Drouet : Les membres du collectif ont un rapport très fort au texte, ils travaillent beaucoup à la table, cherchent le rythme de chaque réplique... Ca a l’air très vivant et très naturel, pour autant c’est très précis. Les quatre personnages principaux étaient distribués dès le début, nous avons su assez vite quelle partie nous allions avoir pour pouvoir la creuser. Le premier jour des répétitions, Julien [Gosselin] est arrivé avec un très gros paquet de textes. Nous avons tout lu, puis nous avons essayé des choses sur scène. Un tiers n’a pas été gardé. Julien est un directeur d’acteurs. Il peut être dur sur les choses qu’il veut obtenir. Le placement et la mise en scène l’intéressent assez peu, ce qui est important pour lui c’est l’interprétation et comment on traite tel ou tel personnage. Il s’agit de restituer le texte simplement mais en étant engagé. C’est presque du chœur de tragédie. Etiez-vous familier de Michel Houellebecq avant cette création ? Oui, je connaissais quelques romans. J’aimais beaucoup. N

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Deuxième départ

SCENES | Après un premier tiers de saison assez calme, l’activité théâtrale s’intensifie nettement cette rentrée. Entre stars de la scène locale et internationale, créations maison et découvertes à foison, revue de détails. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 6 janvier 2015

Deuxième départ

Une Biennale de la danse enchaînée avec les vacances de la Toussaint auront bien grévé la dynamique théâtrale de ce début de saison, sauf à la Croix-Rousse qui a, en apnée, aligné Laurent Brethome, Emmanuel Meirieu, David Bobée et Pierre Guillois. Le rythme n'y faiblira pas en 2015 avec notamment les très attendus Elle brûle (mars) du duo féminin Mariette Navarro / Caroline Guiela Nguyen et Discours à la nation (avril), manifeste d'Ascanio Celestini dont s’est emparé David Murgia du Raoul Collectif. Claudia Stavisky se confrontera elle à nouveau à un texte britannique après le très réussi Blackbird, en montant pour la première fois en France En roue libre (j

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Pierre Cartonnet : le physique du contre-emploi

SCENES | Il y a dix ans, Pierre Cartonnet enfreignait les lois du cirque avec Aurélien Bory. En octobre, il mettait dans sa poche le jury pro du festival de L'Espace Gerson. Cette semaine, il donne la réplique à Béatrice Dalle dans l'éclaboussant "Lucrèce Borgia" de David Bobée. Portrait d'un comédien qui a tant de cordes à son arc qu'il pourrait en jouer comme d'une harpe. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 11 novembre 2014

Pierre Cartonnet : le physique du contre-emploi

Mâchoire carrée (limite cubique), musculature de modèle anatomique, pupilles qui paraissent insoumises aux facteurs de dilatation : Pierre Cartonnet dégage la même sévérité juvénile que les vicieuses petites frappes de Dog Pound. Reste qu'il ne survivrait sans doute pas plus de quelques jours dans un établissement pénitentiaire tel que celui dépeint par le film de Kim Chapiron. Car sous les signes extérieurs de virilité bat le cœur d'un grand sensible. Un cliché ? Certes, mais un cliché flou, le gaillard se mouvant à toute vitesse et dans nombre de directions à la fois. Délit de belle gueule Il fallait le voir, au sortir du tremplin du dernier festival de l'Espace Gerson, admiratif du talent de concurrents qu'il venait pourtant de mettre à l'amende – avec une variation joliment lunaire sur le sketch de l'humoriste foireux – et accueillant les compliments comme on reçoit des remontrances. Sans doute un vieux réflexe : «J'ai eu une adolescence difficile. J'étais en échec scolaire dès la fin du collège et je cherchais une échappatoire. Je pratiquais déjà le cirque en loisir. J'ai appris qu'il existait des formations professionnalisant

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Ressusciter le mort

SCENES | Emmanuel Meirieu revient dans le théâtre de ses débuts, la Croix-Rousse, présenter sa dernière création en date, "Mon traître". Un travail court, ciselé et percutant, adapté de deux livres de Sorj Chalandon. Critique et propos – émerveillés - de l’auteur.

Nadja Pobel | Mardi 14 octobre 2014

Ressusciter le mort

De la vie ordinaire des héros et anti-héros, Emmanuel Meirieu aime depuis longtemps faire des spectacles sans esbroufe, dans lesquels tout converge vers l’émotion. Mais c’est, paradoxalement, cette simplicité, ces plateaux dénudés, qui permettent de draper ses personnages d’une sorte d’éternité pas si banale. Il en avait déjà fait l’expérience avec De beaux lendemains, adapté de Russell Banks en 2011 ; il poursuit son travail dans ce sens avec Mon traître, créé au printemps 2013 à Vidy-Lausanne, non sans y adjoindre une entame de conte sur un mode inquiétant et noir, celui d’un château qui s’écroule au fur et à mesure de la naissance des enfants de ses princiers occupants. Car chez lui, même les histoires les plus enfantines déraillent. Qu’en est-il alors de celles des grands ? Ils se trahissent. En adaptant au cordeau les romans miroirs de Sorj Chalandon (Mon traître et Retour à Killybegs), Emmanuel Meirieu, associé à Loïc Varraut, plonge dans la guerre fratricide irlandaise qui culmina dans les années 80. A l'époque l’auteur, lui-même gr

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Geronimo

ECRANS | De Tony Gatlif (Fr, 1h44) avec Céline Salette, Rachid Yous, David Murgia…

Christophe Chabert | Mardi 14 octobre 2014

Geronimo

Le début "kusturickien" de Geronimo, où l’éducatrice incarnée par la toujours géniale Céline Salette vient faire la leçon à des jeunes de banlieue turbulents, témoigne d’une jolie vivacité de la part de Tony Gatlif. Cette fraîcheur est toutefois de brève durée : plus qu’un banlieue-film revisité par ce spécialiste de la culture gitane, c’est un West Side Story d’aujourd’hui que raconte Gatlif, où deux bandes rivales, l’une turque, l’autre manouche, s’écharpent suite au mariage entre Nil et Lucky. Cela donne quelques séquences où l’affrontement est autant musical et chorégraphique que physique, mais la mise en scène peine à suivre cette énergie dégagée par ses protagonistes. La rigueur, c’est ce qui manque cruellement à Geronimo pour transformer en instants de cinéma ses intentions ; celles-ci sont pourtant intéressantes, notamment le travail sur les décors, mélangeant friches industrielles transformées en tags géants, nature sauvage et cités urbaines. Mais les personnages les traversent sans vraiment s’y fondre, comme si les mythologies éternelles — familles rivales, amour impossible, cœur pur sacrifié — peinaient à s’incarner dans ces corps fu

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Ceux qu'il faut (re)découvrir

MUSIQUES | En tête d'affiche ou en première partie de Just Rock?, il fera bon humer le talent de ces quatre frenchies dans le vent. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 7 octobre 2014

Ceux qu'il faut (re)découvrir

Joseph & The Merricks Si sa prestation est annoncée sous le nom de Joseph & The Merricks, c'est que le dénommé Joseph Merrick, s'accompagne cette fois d'un solide groupe. Dans lequel on retrouvera le raffiné Stéphane Garry (Pockett) aux manettes du second album de l'Ardéchois, Fatalitas, et dont la production illumine plus que jamais sa polymorphie monstrueuse : je-m’en-foutisme appliqué, finesse absolue des reliefs imparfaits et gracieuse tension entre aspiration pop-folk et intimations punk. Jeudi 9 octobre au Transbordeur   Isaac Delusion Passé avant l'été par les Summer Sessions du Transbo, Isaac Delusion est la petite bête pop qui monte. Qui monte vers les proverbiales nuées, notamment, et très régulièrement portée ou porteuse, tout dépend comment on se place, d'une dream pop particulièrement volatile qui entendrait non seulement pénétre

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Laurent Brethome mène Scapin à bon port

SCENES | On l’avait laissé ce printemps avec un épatant travail avec les élèves du Conservatoire de Lyon ("Massacre à Paris"), revoici Laurent Brethome qui rend aux "Fourberies de Scapin" leur noirceur, nous entraînant dans les bas-fonds portuaires armé d’une solide équipe de comédiens. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 7 octobre 2014

Laurent Brethome mène Scapin à bon port

Mille fois joué, vu, lu, Molière est inaltérable. Sa langue et son sens de l’intrigue subjuguent encore, en particulier dans cette comédie entre fils de bonne famille. Laurent Brethome, qui n’en est pas à sa première adaptation d'un classique (Bérénice, On purge bébé), a su en saisir la noirceur sans pour autant condamner – bien au contraire – la farce. Nous voici donc au cœur des docks (à l'origine, l'action se déroule à Naples), entre des cubes métalliques, un brouillard comme émanant d’une mer proche qu’on imagine sans peine. Un décor aux abords duquel Calais et ses camps de migrants ne dépareilleraient pas. Octave voudrait épouser Hyacinthe, mais est promis par son père à une autre. Léandre, lui aussi est empêché par son paternel de se marier à la soi-disant gitane Zerbinette. Au milieu Scapin œuvre pour la paix des ménages en maniant la batte de baseball. Surgit de leurs dialogues non pas une pantalonnade, mais bien le côté obscur de ces pères tout puissants, fussent-ils habillés comme les bandits modernes de la finance (Argante) ou, plus négligemment, comme des dandys ratés (Géronte), leur avarice et leurs petits arrangements avec la justice, corr

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«Une démesure géniale !»

SCENES | Figure historique mythique, Lucrèce Borgia fut immortalisée en 1833 par Victor Hugo dans une pièce éponyme. Un incontournable du répertoire auquel se confronte tout l’été le metteur en scène David Bobée, non sans offrir à Béatrice Dalle son premier rôle sur les planches. Nous l’avons rencontré pour en savoir plus sur ce projet très attendu qui verra le jour en plein air, à Grignan, devant la magnifique façade du château. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Jeudi 26 juin 2014

«Une démesure géniale !»

Pour interpréter Lucrèce Borgia, fille du cardinal espagnol et futur pape Rodrigo Borgia, vous avez fait appel à Béatrice Dalle. Ce choix a-t-il tout de suite été une évidence ?David Bobée : Pour monter Lucrèce Borgia, il me fallait une actrice qui ait le charisme, la séduction et la capacité à fasciner nécessaires au rôle ; et en même temps une part de dangerosité, de monstruosité... J’ai choisi la plus belle et la plus dangereuse. Béatrice, avec ses choix de carrière, de vie et sa personnalité entière, s’est tout de suite imposée. Elle s’essayera là au théâtre pour la première fois...Je choisis de travailler avec des personnes pour ce qu’elles sont, parce que je les aime et que j’ai envie d’offrir au public le regard que je porte sur elles. Je me moque de savoir si elles savent faire ci, si elles ont déjà fait ça... Il n’y a pas de différences pour moi entre donner le rôle de Lucrèce Borgia à Béatrice, qui est actrice de cinéma – donc actrice tout court– et travailler avec des personnes qui viennent de cultures différentes ou de disciplines différentes comme le cirque, la danse, la musique...

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Jeux d'enfants

ARTS | Invader a ses envahisseurs pixelisés, héritiers de faïence de ceux que massacra toute une génération d'early gamers au début des années 80. Thomas Vuille a M. (...)

Benjamin Mialot | Mardi 11 mars 2014

Jeux d'enfants

Invader a ses envahisseurs pixelisés, héritiers de faïence de ceux que massacra toute une génération d'early gamers au début des années 80. Thomas Vuille a M. CHAT, matou rigolard et ailé dont on s'étonnera toujours qu'il n'ait pas fait des petits dans le comté de Cheshire. Les Birdy Kids, eux, ont de tout aussi identifiables volatiles au plumage acidulé et atteints de strabisme divergent, dont ils recouvrent éléments de mobilier urbain (comme les bowls du skate park des berges du Rhône) et produits dérivés depuis vingt-cinq ans. Initiée dans la clandestinité et devenue au gré de son expression à travers l'Europe un gagne-pain légitime, cette démarche de réenchantement du béton est pour le moins salutaire.  Elle trouve toutefois sa limite dans la revendication de sa vacuité : là où Invader se présente comme un hacker et pense son art comme une contamination et où Vuille, avant de se rapprocher des collectivités territoriales, définissait sa mascotte autant comme un vecteur d'optimisme que comme un défi lancé à l'autorité, ce trio parisiano-lyonnais avoue n'avoir d'autre

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Enfants du siècle

SCENES | La Meute, à peine quatre ans, produit ce qui se fait de plus remuant, de plus séduisant et de plus pertinent en matière de théâtre sur nos scènes locales. Après avoir malaxé Dostoïevski, voilà que ses membres triturent "Belgrade" d’Angelica Liddell et y adjoignent leurs émotions, eux qui sont nés sur les cendres de la guerre des Balkans. Attention, déflagration ! Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 18 février 2014

Enfants du siècle

À l’heure du rendez-vous, ils arrivent… en meute ! Avant même d’entamer la conversation, voici la démonstration que les membres de cette compagnie ne travaillent pas en collectif par suivisme (en théâtre, ce terme s’emploie autant à tort qu’à travers) mais par nécessité. Parce que c’est ensemble qu’ils conçoivent leurs créations - metteur en scène, acteurs, musiciens travaillent à la même table - et que tout se mêle, disent-ils en chœur, leur vie comme leur travail, le privé et le public. Pourtant, de toute évidence, leurs pièces sont loin d'être de petits baratins nombrilistes entre amis. Il s’agit plutôt d’embrasser le monde avec une vigueur que bien des troupes peuvent leur envier. Ils disent avoir rêvé ensemble de ce qu’allaient être leurs vies et être nés au théâtre en même temps qu’ils s’attachaient les uns aux autres. Ils sont passés qui par l’ENSATT, qui par l’école de musique de Villeurbanne, et se sont liés au Conservatoire de Lyon où, déjà, dans leur travail de fin d’étude (Les Foudroyés en 2010, d’après La Divine Comédie de Dante), se croisaient Joyce, Aragon, Handke, Boulgakov, Céline ou Goethe et la musique originale de Jean-Baptiste Cog

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Jeunes confidences

SCENES | Et si on misait sur la relève en ce début d’année ? Les grands noms du théâtre auront beau être à Lyon tout au long des six mois à venir, c’est en effet du côté des jeunes que nos yeux se tourneront prioritairement. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 3 janvier 2014

Jeunes confidences

Enfin ! Enfin le théâtre des Ateliers est sorti de son état végétatif. Et la relève est tout un symbole, puisque c'est Joris Mathieu, adepte de la vidéo, qui en a été nommé directeur à la place du fondateur Gilles Chavassieux (lequel ne créera plus dans ce lieu). Autre désignation importante, celle de Sandrine Mini au Toboggan à Décines. D’autres directeurs tireront eux leur révérence : Roland Auzet à la Renaissance, par envie de reprendre son travail de compagnie, et Patrick Penot aux Célestins, pour cause de retraite. C’est d'ailleurs dans ce théâtre qu’il sera possible de découvrir le travail de Mathieu avec Cosmos de Witold Gombrowicz (février). D'une manière générale la jeune génération (disons les moins de quarante ans) fera l'actu de la rentrée avec Mon traître d’Emmanuel Meirieu (voir page 16) au Radiant, Dommage qu’elle soit une putain de John Ford par Marielle Hubert au Radiant encore (plus tard en janvier), qui s’annonce d’une curieuse violence mêlée de douceur, mais aussi l’exceptionnelle venue d’Howard Barker à Lyon, convaincu par la comédienne Aurélie Pitrat du collectif nÖjd de m

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La maîtrise du traître

SCENES | Il est des auteurs qui arrivent presque par enchantement dans l’univers d’un metteur en scène. C’est le cas de Sorj Chalandon, qui a croisé la route d’Emmanuel Meirieu avec "Mon traître" et "Retour à Killybegs", deux splendides romans devenus un puissant spectacle de théâtre. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Jeudi 2 janvier 2014

La maîtrise du traître

«Quand j’ai refermé Mon traître, j’ai tout de suite demandé les droits de traduction !» plaisante encore Emmanuel Meirieu. Il faut dire que jusqu'ici, le metteur en scène lyonnais n’avait adapté que des auteurs anglophones (Joe Connelly, Russell Banks, Jez Butterworth), non par anti-patriotisme primaire, plutôt parce que ces écrivains ont inventé des personnages simples et tendres comme il les affectionne. C’est Loïc Varraut, son complice, co-directeur de sa compagnie Bloc opératoire qui lui a mis les textes de Sorj Chalandon entre les mains. Chalandon, qui vient d’obtenir le Goncourt des lycéens avec un bonheur contagieux pour Le Quatrième mur, a publié en 2008 et 2011 deux romans remuants qui fonctionnent en diptyque : Mon traître, qui relate la vie d’un petit luthier parisien qui se prend d’amour pour l’Irlande du Nord, le combat des catholiques de l’IRA et de leur icône Tyron Meehan, et Retour à Killybegs, miroir du premier ouvrage dans lequel Tyrone Meehan prend la parole pour dire son histoire familiale, celle de son pays, pourquoi on combat, comment on trahit. Le tout est un grand décalque de la réalité : le luthier est

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Les moments forts de la saison théâtre 2013/2014

SCENES | Sélection réalisée par Nadja Pobel, Benjamin Mialot et Aurélien Martinez

Benjamin Mialot | Mardi 10 septembre 2013

Les moments forts de la saison théâtre 2013/2014

Regards Née avec une malformation au visage, Séverine Fontaine a dû composer avec pendant toute son enfance. La jeune femme devenue comédienne a décidé de se nourrir de cette expérience pour livrer ce solo présenté comme «un manifeste pour la différence». Dans une scénographie convoquant une série de lampes, elle joue habilement avec le regard du spectateur. Un spectacle sincère et fort.Au Centre Albert Camus, Bron, du 1er au 4 octobre Le Président C’est grinçant et marquant comme… du Thomas Bernhard. Michel Raskine a su adapter cet immense dramaturge autrichien avec le

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Le Radiant, nouveau radar

SCENES | C'est tel un Monsieur Loyal qui aurait emprunté sa chevelure à Krusty le Clown que le sémillant Victor Bosch a, en juin dernier,  lancé la saison 2013/2014 du (...)

Nadja Pobel | Mercredi 4 septembre 2013

Le Radiant, nouveau radar

C'est tel un Monsieur Loyal qui aurait emprunté sa chevelure à Krusty le Clown que le sémillant Victor Bosch a, en juin dernier,  lancé la saison 2013/2014 du Radiant-Bellevue, bousculant au passage la cartographie culturelle de l’agglomération - et les habitudes de communication, avec une plaquette originale, dédiée autant au public, en photo à chaque page, qu'aux artistes. Car non content d’être avant tout une salle de concerts éclectique (d’Axelle Red à Johnny Clegg en passant par SKA-P, Brigitte Fontaine ou du classique), le lieu, rouvert en janvier, autorise à son directeur tous les grands écarts théâtraux. Le public est là pour se divertir, nous dit-il, alors il aura droit à sa dose de comédie (Le Jeu de la vérité avec les "vus-à-la-télé" Vanessa Demouy et David Brécourt) et de grandes stars (Delon père et fille dans Une journée ordinaire). Ainsi considéré, le public (à 30% des habitants de Caluire) a toutes les raisons de faire confiance à ce grand manitou au carnet d’adresses conséquent, donc de répondre à ses invitations appuyées à applaudir «la nouvelle découverte que vous ne pouvez pas manquer», en l

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Avignon - Jour 3 - Ultra moderne solitude

SCENES | "Les Particules élémentaires" et "Exhibit B"

Nadja Pobel | Samedi 13 juillet 2013

Avignon - Jour 3 - Ultra moderne solitude

Le buzz du festival n'est pas dans la cour d'honneur mais à quelques encablures d'Avignon, à Vedène, avec une adaptation improbable et inespérée du deuxième roman de Michel Houellebecq, qui contient tous les autres, Les Particules élémentaires. Aux manettes, un gamin de 26 ans, Julien Gosselin, pêche parfois par excès de jeunisme, comme si un micro et une séquence de coït à poil étaient les ingrédients indispensables d'un spectacle moderne. Passées ces quelques réserves, force est de constater que ce travail ne manque pas d'énergie. C'est toutefois quand on oublie le collectif (onze au plateau) et que le jeu comme le texte se resserrent sur un ou deux personnages, dans la deuxième partie de la pièce (sur près de quatre heures au total),  que ce travail trouve son point culminant. Par exemple dans cette magistrale et déchirante scène où Michel s'aperçoit, à quarante ans, qu'il est passé à côté de l'amour de sa vie, sa triste et désenchantée amie de collège. Gosselin parvient, sur un plateau nu, sans coulisses, avec des acteurs-musiciens en permanence en scène et une utilisation enfin judicieuse de la vidéo, à rendre l'abyssal individualisme q

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Insomniaque - Semaine du 6 au 12 mars

MUSIQUES | 08.03 UK sur glace Le clubbing par-ci, le clubbing par là. Il n'y en a que pour le clubbing dans cette rubrique. Ce n'est pourtant pas le seul (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 27 février 2013

Insomniaque - Semaine du 6 au 12 mars

08.03 UK sur glace Le clubbing par-ci, le clubbing par là. Il n'y en a que pour le clubbing dans cette rubrique. Ce n'est pourtant pas le seul anglicisme en "ing" à même de distraire les noctambules. Mais c'est assurément le plus efficace, y compris lorsqu'il est moqué. Ce à quoi s'emploiera le vrai/faux all-star DJ band Birdy Naname vendredi 8 mars au Monkey Club, le désormais fameux bar à cocktails d'inspiration victorienne de la place Tolozan, le temps d'une soirée qui fera la part belle à la musique anglo-saxonne (ce qui ne constitue pas une raison valable pour préférer un Pink Gin à ce bon vieux Bourbon Smash).     08.03 Lyon Runing Club Party #1 Le clubbing par-ci, le clubbing par là. Il n'y en a que pour le clubbing dans cette rubrique. Ce n'est pourtant pas le seul anglicisme en "ing" à même de distraire les noctambules. Ainsi du running, activité dont

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Jeunesse dorée

SCENES | Ils sont à peine trentenaires et font du théâtre sans retenue. Certes, Johanny Bert et Thierry Jolivet n’en sont pas à leur coup d’essai. Mais ils livrent avec "Le Goret" et "Les Carnets du sous-sol" des spectacles aussi radicalement différents qu’aboutis. Presque un travail de vieux briscards du théâtre. Découverte. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 23 novembre 2012

Jeunesse dorée

La première image du Goret est un plateau incliné à presque 90° sur lequel un homme est tranquillement assis, comme si tout allait bien. Pourtant tout déraille, à commencer par lui, interné. Durant 1h30, Franck, surnommé P’tit Goret par les habitants de son village irlandais, discute, s’énerve, étreint son entourage - souvent aussi patraque que lui. Au plateau, Julien Bonnet incarne ce féroce désordre intérieur avec une dextérité peu commune. Le metteur en scène, Johanny Bert, qui avait réussi à susciter de l’émotion avec un spectacle à base de bouts de papier, Post-it, nourrit pour sa part son spectacle d’une inventivité et d’une tendresse folles. Et s’il y a ici moins de marionnettes que dans son Opéra du dragon, il offre à son acteur des têtes de mousse d’apparence humaine pour l’accompagner dans son monologue.  Tout est finement travaillé, répété avec un respect total pour le texte, l’équipe et les spectateurs. Un magnifique théâtre accidenté et réconfortant, qui transfigure les difficultés inhérentes à cette pièce écrite par Patrick McCabe à partir de son célèbre roman The Butcher Boy. Salir le sol

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Love story

SCENES | En 2010, il avait transposé Hamlet dans une morgue. Cette fois, le metteur en scène David Bobee s’attaque à Roméo & Juliette. Toujours la même volonté chez (...)

Dorotée Aznar | Lundi 10 septembre 2012

Love story

En 2010, il avait transposé Hamlet dans une morgue. Cette fois, le metteur en scène David Bobee s’attaque à Roméo & Juliette. Toujours la même volonté chez lui de transposer Shakespeare ici et maintenant. Pour ce faire, il ne considère pas le texte comme un objet sacré mais comme un matériau mouvant, qui prend sa forme par une écriture au plateau. Comme un miroir inversé d’Hamlet, Bobee a imaginé Roméo & Juliette dans une scénographie métallique, cuivrée, dorée, baignée de lumière. On peut faire confiance à sa capacité à travailler sur l’image et à faire se rencontrer sur un même plateau des acteurs, des danseurs et des acrobates. Roméo & JulietteAux SubsistancesDu jeudi 13 au samedi 22 septembre

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Une Biennale de la danse 2012 très ouverte

SCENES | 15e Biennale de la danse et première biennale sans Guy Darmet, son fondateur, mais sous la houlette de Dominique Hervieu. Pour son premier opus très attendu, la chorégraphe a mis l'accent sur la création (une vingtaine environ) et poursuit par ailleurs l'esprit d'ouverture défini par son prédécesseur. Jean-Emmanuel Denave

Christophe Chabert | Mardi 10 avril 2012

Une Biennale de la danse 2012 très ouverte

En septembre, sur une période plus resserrée, la 15e Biennale de la danse proposera un panel large de «toutes» les danses : du hip-hop de la Cie Käfig ou de Mortal Combat au néoclassicisme de Jiri Kylian (reprise de One of a kind par le Ballet de l'Opéra), en passant par le buto japonais (Ushio Amagatsu de la célèbre Cie Sankai Juku créera une nouvelle pièce à l'Opéra), les danses balinaises de la Troupe des artistes de Sebatu s'inspirant d'Antonin Artaud, les chorégraphies très plasticiennes de Rachid Ouramdane, la danse engagée et survitaminée de la sud-africaine Robyn Orlin, le flamenco puissant et radical du génial Israel Galvan, un spectacle du Ballet Preljocaj s'inspirant d'un écrit de Laurent Mauvignier, un solo concocté par le sulfureux Jan Fabre ou l'imagerie baroque de Philippe Decouflé... Comme à l'accoutumée et pour

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La Meute

ECRANS | De Franck Richard (Fr-Belg, 1h25) avec Émilie Dequenne, Benjamin Biolay, Yolande Moreau…

Christophe Chabert | Mardi 21 septembre 2010

La Meute

Les vingt premières minutes de "La Meute" sont encourageantes : ambiance trou du cul du monde réussie, dialogues percutants à la Bernie Bonvoisin, casting à contre-emploi efficace. On nage alors dans une comédie très noire, qui s’arrête net avec l’irruption de l’horreur et du fantastique. Le film n’a alors plus grand-chose à raconter, sinon les lieux communs du genre — des monstres dégueux, des humains obligés de se liguer pour lutter contre la menace comme dans certains Hawks. Étrange sensation d’une série B partie en trombe et qui tombe en panne sèche dès son premier tiers, se contentant alors de remplir pour remplir, sans espoir de retour. CC

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Comme l’oiseau…

MUSIQUES | Après un premier Écho sonore à la {Plateforme} en octobre dernier, {Birdy Nam Nam} a à nouveau droit aux faveurs d’{arty farty}, mais cette fois-ci pour un (...)

Christophe Chabert | Lundi 2 février 2009

Comme l’oiseau…

Après un premier Écho sonore à la {Plateforme} en octobre dernier, {Birdy Nam Nam} a à nouveau droit aux faveurs d’{arty farty}, mais cette fois-ci pour un {Transbordeur} (avec en première partie le clubbing bas de plafond de {Yuksek}) le samedi 7 février. Montée en puissance logique : ces musiciens du vinyle viennent de sortir un nouvel album (Manual for successful rioting) convaincant, plus rock et plus percutant que leurs précédentes livraisons.

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Birdy Miam miam

MUSIQUES | Electro / Birdy Nam Nam n'est pas que le groupe qui fait chanter les vinyles. C'est aussi et originellement la réunion de quatre Dj's français qui savent comment sauver une soirée du déluge. Antoine Allegre

Jerôme Dittmar | Vendredi 10 octobre 2008

Birdy Miam miam

On connaît Birdy Nam Nam, ce super groupe composé de quatre Dj’s émérites - Pone ex-Svinkels, Crazy B ex-Alliance Ethnik, Need et Little Mike. Quatre types capables de composer à partir des microsillons et de samples issus de leurs vinyles des morceaux entiers de bravoure sentant bon le rock, le hip-hop et le breakbeat. Un grand mezze bien énervé et visuellement immanquable. Ce beau travail de composition retourne depuis la sortie de leur premier album (Ready for War, Ready for Whut, sorti en 2006) des plâtrées de salles de concerts. À en oublier le travail initial du quatuor parigot, celui de pousse-disque hautement technique. C'est pour cela que le Birdy Nam Nam soundsystem vient remettre les pendules à l'heure. Dj Pone explique clairement le concept du soundsystem made in Birdy Nam Nam : "On mixe chacun notre tour, on ne fait pas une performance technique, on n'a pas de playlist préétablie, on ne joue dans des boîtes de nuit de cake et personne n'a intérêt à demander de passer du Alliance Ethnik à Crazy B". Le message a le mérite d'être frontal. Les BNN, pour les intimes, ne sont pas là pour tricoter lorsque ce petit monde s'enchaîne derrière les platines. "Pour notre premier al

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