La rentrée café-théâtre 2015/2016

SCENES | Deux festivals, de nouvelles pièces d'auteurs chéris, le retour d'un illustre représentant de la trop lointaine école anglo-saxonne... La saison café-théâtre démarre plutôt fort.

Benjamin Mialot | Mardi 8 septembre 2015

En temps normal, il est presque inconvenant de parler d'une "rentrée" en matière de café-théâtre, les lieux homonymes ne connaissant de pauses que celles qui précèdent les punchlines de leurs invités. Cette saison 2015/2016 n'a cependant rien d'habituel ; pour preuve, elle s'ouvrira, passée la traditionnelle Semaine de l'humour (10€ dans les lieux participants, du 16 au 27 septembre) sur deux festivals.

À gauche l'arlésienne Juste pour Lyon, émanation à crinière du célèbre raout canadien Juste pour rire qui, du 28 septembre au 7 octobre, investira en off la plupart des salles de musculation des zygomatiques de la ville. La programmation officielle sera elle délocalisée au casino Le Lyon Vert et verra se succéder les solitaires-en-scène les plus prometteurs du moment : la soundbank humaine Jibé (qui commence à faire son trou chez nos cousins d'Amérique), le chic type survitaminé Vérino (pour une édition spéciale de son inglorious comedy club, en présence notamment du couple star de Bref), la team Jocelyn Flipo (Alex Ramirès, Yann Guillarme, Gérémy Crédeville... pour moitié à l'affiche d'une "Nuit des Gônes" présentée par Raphaël Mezrahi), Antonia de Rendinger, Aymeric Lompret avec un nouveau spectacle prenant pour point de départ son fameux craquage chez Ruquier...

À droite l'Espace Gerson ne s'en laisse pas compter et présentera les 2 et 3 octobre à la Salle Rameau la troisième édition de son événement maison où se produiront, sous la houlette des désormais inséparables Victor Rossi et Antoine Demors, l'excellent Arnaud Cosson et, plus surprenant, Warren Zavatta (petit fils de et vulgarisateur de la chose circassienne devant l'éternel), tous deux précédés d'une sélection de jeunes qui n'en veulent – on mise une pièce sur Camille et Aurel, qui ont tenu la boutique cet été.

Pièces uniques et de série

Évidemment, tout ce petit monde sera à pied d'œuvre sur l'ensemble du trimestre. Ainsi des Flipo boys évoqués plus haut qui squatteront le Boui Boui (Guillarme et Crédeville jusqu'au 30 septembre, François Martinez du 15 au 30), exception faite de Karim Duval (aux Tontons Flingueurs jusqu'au 5 décembre puis au Complexe du rire), tandis que leur manager présentera au Rideau Rouge sa nouvelle comédie, Super (du 29 septembre au 30 décembre), variation sur le canon super-héroïque avec Yohan Genin et les adorables Thaïs Vauquières et Alexandra Bialy – la précédente, le huis clos meurtrier Couic!, étant à l'affiche de la Comédie Odéon jusqu'au 26 septembre.

En parlant de huis clos, ne pas manquer, au même endroit, jusqu'au 26 décembre, la reprise de Plein phare, mètre-étalon de l'attraction des contraires selon Jacques Chambon (avec Jonathan Chiche et Jordan Topenas) et Milady en sous-sol, cette fois au Boui Boui la relecture avec cambrioleur du conte de la Belle aux bois dormant qu'il a imaginée pour le couple Aurélien Portehaut-Chrystel Rochas (du 19 septembre au au 26 décembre). Chambon qui, résidence oblige, offrira cette saison encore la primeur de sa nouvelle pièce au Karavan de Chassieu (le 9 octobre), Calamity Job, comédie à trois voix sur les petites bassesses et grands coups de pute propres au monde de l'entreprise (visible ensuite à la Maison de Guignol du 15 novembre au 31 décembre).

Son complice Dominic Palandri (qu'il retrouvera à l'affiche de Carton Rouge au Complexe en janvier) fera lui aussi un tour à Chassieu le 17 février avec son pas de deux métaphysique New York Paradis, après un long run au Complexe du rire (30 septembre au 7 novembre).

Quant à Victor Rossi, en marge de son ménage à trois avec Demors et Jefferey Jordan (du 23 au 30 septembre à Gerson) il marchera sur leurs traces en écrivant et interprétant (Gerson encore, du 28 octobre au 7 novembre) Le Chant des baleines, duel crépusculaire opposant un comédien imbuvable et un auteur affable.

Seuls ou à plusieurs

Du côté des mecs qui parlent tout seuls, en marge de l'habituel troupeau d'éléphants plus ou moins lourdingues (Semoun, Bigard, Palmade, Bénureau, Foresti...) et d'une nouvelle tête a priori bien faite (Jean Rémi Chaize, au Complexe du 16 septembre au 17 octobre), on guettera plus particulièrement les retours de la grande gueule David Bosteli (aux Tontons du 17 septembre au 3 octobre), du faux pauvre type Julien Santini (Gerson, du 2 décembre au 2 janvier), d'Alex Lutz (au Radiant-Bellevue le 24 octobre), de Pierre-Emmanuel Barré (pareil, mais le 11 décembre) et, surtout, du so british et so queer Eddie Izzard avec son spectacle french-friendly (au Rideau Rouge le 5 octobre).

Tout comme on guettera leur potentielle relève dans les rangs des principales compagnies d'improvisation du cru : Amadeus Rocket, de retour à la Comédie-Odéon avec la biographie participative Life Time ; Et Compagnie, toujours bien installée à Gerson avec le cinématographique Story Board, Bazar et, nouveauté, Broadway sur mesure, une comédie musicale sans filet (son festival, Spontanéous, se tenant lui du 18 au 24 octobre) ; Les Improlocos, qui revisiteront les intrigues de pouvoir façon Game of Thrones au Complexe ; La Lily qui en sus de ses rendez-vous réguliers (Hors piste, Impro'minots) repart pour une saison de battles au Transbordeur ; et toutes celles qui animeront la deuxième saison de l'Improvidence, aussi remplie que la précédente.

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« La politique est une lessiveuse »

Le Prix de l'Ascension | Antoine Demor et Victor Rossi jouent Le prix de l'ascension tous les samedis à l'Odéon. Ils abordent avec beaucoup d'humour, de lucidité et de précision le parcours de deux politiciens, les coulisses du pouvoir et son ivresse.

Elliott Aubin | Jeudi 12 mars 2020

« La politique est une lessiveuse »

En quelques mots, comment résumer ce spectacle ? Antoine Demor & Victor Rossi : La volonté de montrer ce qui se passe, dans le monde politique, une fois la caméra éteinte. Tout ce qui se passe de l’autre côté du rideau : la réalité des échanges et des stratégies. Et surtout, la place de l’humain dans tout ça ! Quelles concessions sommes-nous prêts à faire pour accéder aux plus hautes marches du pouvoir ? Paradoxalement, on a voulu quelque part ré-humaniser l’Homme de pouvoir. Face caméra, il est impeccable. Derrière, il y a des moments de doute, d’excès de confiance. Il y a un peu de tout ça dans la pièce. On suit les personnages sur vingt ans, de l’école jusqu’aux lieux de pouvoir. Comment ce spectacle a-t-il été construit ? Quel a été votre travail de documentation ? Vos inspirations ? On a fait tout un travail d’entretiens avec des attachés parlementaires, des élus, des énarques, des conseillers … On a ensuite approfondi notre documentation. On a ressorti nos cours de droit et de sciences po. On a beaucoup relu le parcours de chacun des personnages pour s’assurer que cela puisse être vrais

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Guy Lutz : "Guy"

Documenteur | de et avec Alex Lutz (Fr, 1h41) avec également Tom Dingler, Pascale Arbillot…

Vincent Raymond | Lundi 20 août 2018

Guy Lutz :

Pour approcher Guy Jamet, vieille gloire de la musique depuis l’époque yéyé dont sa mère lui a révélé qu’il était son père, Gauthier a entrepris de tourner un documentaire dans l’intimité du chanteur. Mais plus il filme, plus il repousse le moment de révéler son secret à star déclinante… Pour sa deuxième réalisation, Alex Lutz s’est essayé au format toujours plaisant du documenteur, empruntant l’apparence du documentaire pour servir un propos totalement imaginaire. Filmé en caméra subjective (et à la manière de ces séries télé s’accrochant aux basques d’une célébrité pour en divulguer les jardins secrets), Guy est entrelardé de séquences “d’archives“ forcément bidons retraçant un demi-siècle de sa carrière fictive. C’est sur ce point que Lutz se montre le plus efficace — sans doute sa pratique de la pastille-pastiche n’y est-elle pas étrangère — : ses contrefaçons de tubes années 1960, 1970 et 1980 avec mises en images à l’appui s’avèrent crédibles et drôles au premier degré. Nul besoin d’en rajouter quand les costumes ou les play-backs sont à la base approximatifs.

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Il leur manque des cases : "Les Aventures de Spirou et Fantasio"

BD BRADÉE | de Alexandre Coffre (Fr, 1h29) avec Thomas Solivérès, Alex Lutz, Ramzy Bedia…

Vincent Raymond | Mardi 20 février 2018

Il leur manque des cases :

Un rat d’hôtel roux déguisé en groom et un journaliste frustré en quête de scoop partent à la recherche d’un inventeur de génie enlevé par un atrabilaire maléfique, désireux de dominer le moooonde. Et voilà comment déboulent des bulles Spirou, Fantasio, Champignac et Zorglub… Réussir l’adaptation d’une bédé au cinéma tient de l’exploit, surtout lorsqu’il s’agit de l’école franco-belge : seul Alain Chabat s’en est tiré sans trop de dégâts (et encore, au risque de défriser la doxa, avec plus de réussite dans Le Marsupilami que dans Mission Cléopâtre). Les raisons expliquant qu’Alexandre Coffre achoppe sont obvies à la vision de ce film d’aventures bon marché. Par exemple, gratifier ses personnages principaux d’un air ahuri permanent et faire jouer à Alex Lutz — qui

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Pierre-Emmanuel Barré : le « sale con » est de retour !

Humour | Pierre-Emmanuel Barré, humoriste qui s’affuble lui-même de l’insulte qui nous a servi de titre (d’où les guillemets – on est plutôt polis sinon), revient sur scène avec un Nouveau spectacle tout aussi trash que lui. Très efficace.

Aurélien Martinez | Mardi 24 octobre 2017

Pierre-Emmanuel Barré : le « sale con » est de retour !

Dans le registre humour noir, la référence en France depuis quelques années est Gaspard Proust, sorte de Desproges des années 2000, véritable timide masquant ses failles sous une acidité redoutable. Un (involontaire) chef de meute qui n’empêche pas certains de ses confrères de se placer eux aussi sur ce créneau, avec plus ou moins de talent – l’humour noir raté, ne serait-ce pas ce qu’il y a de pire au monde avec les blagues sur les iPhone ? Et dans cette famille acide, Pierre-Emmanuel Barré a lui aussi son (bon) mot à dire. En rafale même, d’où des textes moins lettrés que ceux de son confrère, mais tout aussi trashs. Ce qui lui assure des salles souvent pleines et une horde de fans prêts à s’esclaffer à la moindre vanne, qu’importe sa pertinence – quand on a découvert son nouveau spectacle cet été à Avignon, c’était saisissant. « Allez voir Kev Adams » Avec le bondissant Pierre-Emmanuel Barré (rien à voir scéniquement avec le Droopy Proust), on est sur de l’humour misogyne, vulgaire, très pipi-caca, qui surtout se fait un malin plaisir à aller le plus loin possible – comme ce passage de baston avec un bébé. Et à taper s

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"L'Ascension" : plus dure sera la chute

Café-Théâtre | Avec L'Ascension, Antoine Demor et Victor Rossi proposent un spectacle loin des codes habituels du café-théâtre. Drôles et impitoyables, les deux comédiens nous offrent une plongée documentée dans le système politique de notre République. Idéal en période électorale.

Gabriel Cnudde | Mardi 21 mars 2017

À quelques semaines du premier tour de l'élection présidentielle, tous les Français ont les yeux rivés sur l'actualité politique. Certains la décortiquent, beaucoup la déplorent mais quelques-uns parviennent toujours à en rire. Parmi les multiples chroniqueurs, imitateurs et autres humoristes qui crèvent l'écran ou monopolisent les ondes, Antoine Demor et Victor Rossi font pourtant figure d'exception. Avec leur spectacle, L'Ascension, ils ne se contentent pas d'envoyer quelques vannes bien senties sur un François Fillon plus Tartuffe encore que s'il était sorti de la plume de Molière. C'est bien là qu'est le tour de force : les deux comédiens font rire avec un spectacle de fond, creusé et réfléchi, qui n'analyse pas simplement l'homme politique, mais le système dans sa globalité. Préparé en amont avec les témoignages d'élus locaux et des chiffres véritables sortis de rapports de la Cour des Comptes, L'Ascension s'inscrit dans une démarche quasiment documentaire sans jamais oublier de faire rire. Requin ou méduse ? Si le spectacle est bien écrit, il est aussi et surtout bien joué.

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Le spectacle d'Alex Lutz reporté

Humour | Alex Lutz étant tombé malade, le spectacle prévu ce jeudi 12 janvier au Radiant-Bellevue est reporté au vendredi 19 mai 2017 à 20h30. Encore quelques mois à (...)

Lisa Dumoulin | Mercredi 11 janvier 2017

Le spectacle d'Alex Lutz reporté

Alex Lutz étant tombé malade, le spectacle prévu ce jeudi 12 janvier au Radiant-Bellevue est reporté au vendredi 19 mai 2017 à 20h30. Encore quelques mois à attendre pour voir et écouter le blondinet juvénile qui se grime en secrétaire dans La revue de presse de Catherine et Liliane sur Canal +. Les billets du 12 janvier donneront directement accès au spectacle le 19 mai. En cas d'impossibilité, le Radiant propose un échange avec un autre spectacle de la saison 2016/2017. Pur tout renseignement complémentaire, contactez le 04 72 10 22 19.

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Réveillonnez en humour !

Café-Théâtre | Que vous soyez néophytes ou adeptes, le réveillon est une date idéale pour se ruer dans les café-théâtres. Le 31 décembre, il y en a pour tout le monde, les petits comme les grands, ceux qui ont envie de rire comme ceux qui veulent redécouvrir les classiques.

Gabriel Cnudde | Mardi 13 décembre 2016

Réveillonnez en humour !

Milady en sous-sol Alors qu'Alexandre Astier et Jean-Christophe Hembert viennent d'achever la tournée de l'Exo Conférence, d'autres acteurs de la série Kaamelott investiront le Boui Boui le soir du réveillon avec une pièce délirante. Avec Jacques Chambon (Merlin dans Kaamelott) aux commandes, Milady en sous-sol revisite La Belle au bois dormant. Sauf que cette fois-ci, le prince charmant se fait laminer par le dragon, laissant la princesse, jouée par Chrystel Rochas, seule dans son donjon. Jusqu'à l'arrivée d'Eddie, le prince de la lose, interprété par Aurélien Portehaut (Gauvin dans Kaamelott). S'en suit une myriade de dialogues absurdes entre deux personnages qui n'ont rien à faire ensemble. Portée par deux acteurs talentueux et un texte juste, Milady en sous-sol revisite un conte vieux comme le monde. Jouissif. Au Boui Boui à 17h15 Sois parfaite et t'es toi ! Si le café-théâtre permet avant tout de rire et de passer un bon moment, il est aussi un art qui permet de véhiculer un message. Avec Sois parfaite

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Paris-Willouby

ECRANS | De Quentin Reynaud & Arthur Delaire (Fr, 1h23) Avec Isabelle Carré, Stéphane De Groodt, Alex Lutz…

Vincent Raymond | Mardi 19 janvier 2016

Paris-Willouby

Collectionner des talents sur une affiche n’a jamais été gage de réussite artistique : si grandes soient leurs qualités, elles ne parviennent jamais à masquer ni compenser les défauts d’un film, et surtout pas ceux d’un scénario cacochyme. Constat à nouveau opéré avec ce poussif décalque de Little Miss Sunshine, qui oublie cependant de s’inspirer du rythme et de la transgression du modèle. Au lieu de singer des comédies “indépendantes” étasuniennes formatées, les jeunes auteurs français devraient lorgner du côté du vétéran Rappeneau et son Belles Familles : ils gagneraient en causticité, finesse et profondeur… VR

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Une Belle au bois dormant tout sauf assomante

SCENES | Ça commence un peu comme une perversion de Joël Pommerat. Si la Belle au bois dormant, Berthe de son petit nom, s'est piqué le doigt sur un fuseau, ce (...)

Benjamin Mialot | Mardi 13 octobre 2015

Une Belle au bois dormant tout sauf assomante

Ça commence un peu comme une perversion de Joël Pommerat. Si la Belle au bois dormant, Berthe de son petit nom, s'est piqué le doigt sur un fuseau, ce n'est pas sous l'emprise de la fascination, mais pour se soustraire à son ennuyeuse condition de princesse. Le souci, c'est que le preux chevalier censé la réveiller a vécu heureux et eu beaucoup d'enfants avec une autre – ou succombé aux embûches menant à sa ronflante promise. Du coup, c'est Eddie, un naze de la cambriole, qui va s'y coller 536 ans plus tard. À partir de là, Jacques Chambon, auteur de ce Milady en sous-sol, reprend ses droits – l'auguste et le clown blanc, la dichotomie freudienne, vous connaissez la chanson de geste. Car tout sépare Eddie et Berthe, y compris des siècles d'évolution des mœurs et des droits : elle est cash et pragmatique, lui est hypersensible et philosophe, et Chambon n'aurait pu leur trouver meilleurs interprètes que le couple Chrystel Rochas / Aurélien Portehaut. Non seulement parce que les bouilles polissonnes de la première et le timing de star du muet du second font tout le sel de quiproquos plus ou moins attendus – le cinéma ayant déjà pas mal exploré

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Eddie Izzard, en français dans le sous-texte

SCENES | Figure emblématique du stand-up à l'anglaise, Eddie Izzard est aussi un francophile averti. Au point d'avoir travaillé sur une VF de son dernier spectacle, "Force majeure", désopilante leçon d'histoire monty-pythonesque à (re)découvrir cette semaine au Rideau Rouge.

Benjamin Mialot | Mercredi 30 septembre 2015

Eddie Izzard, en français dans le sous-texte

Cet été, le Rideau Rouge a eu droit à un quart d'heure de buzz inattendu : Pete Doherty y a été vu en train de boire de la sangria – autant dire du jus de fruit, connaissant ses constantes sanguines habituelles. Que faisait là l'ex-frontman des Libertines – à moins qu'il ne s'agisse de son sosie de Melun ? Peut-être y suivait-il les conseils de son compatriote Eddie Izzard qui, quelques mois plus tôt, présentait la version française de Force majeure, son dernier spectacle en date, sur la scène du café-théâtre de la place Bertone. Une scène pas vraiment à sa mesure. Car s'il est principalement "connu" en France pour ses seconds rôles hollywoodiens (dans la trilogie des Ocean's notamment ou, plus récemment, dans la série Hannibal), ce sweet tranvestite qui aurait passé trop de temps devant des rediffusions de Chapeau melon et bottes de cuir – il fut d'ailleurs au générique du film de 1998 – est avant tout l'un des humoristes les plus révérés de Grande-Bretagne. Qu'à cela ne tienne, voilà qu'il remet le couvert au même endroit, avec le même show – il le tourne depuis le printe

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Gerson fait son cirque

SCENES | Cette semaine au café-théâtre, on nous rejoue l'affrontement de David et Goliath – mais en match amical, d'après les intéressés. Dans le rôle du mastodonte, la (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 30 septembre 2015

Gerson fait son cirque

Cette semaine au café-théâtre, on nous rejoue l'affrontement de David et Goliath – mais en match amical, d'après les intéressés. Dans le rôle du mastodonte, la "succursale" lyonnaise de Juste pour Rire, dont nous vous détaillions ici-même le programme la semaine dernière. Dans celui du poids plume, l'Espace Gerson qui organise en frontal la troisième édition de son festival maison à la Salle Rameau. Pas sûr qu'il terrasse son "adversaire", d'autant que l'événement est cette année ramassé sur deux dates (vendredi 2 et samedi 3 octobre), mais peu importe, l'essentiel est qu'il demeure fidèle à sa vocation d'offrir de l'exposition aux humoristes en développement. Six d'entre eux prendront part au traditionnel tremplin ouvrant chaque soirée. Nos favoris : Bruce Fauveau et ses sketchs astucieusement minimalistes (un tour du monde bruité, un mime de la ponctuation d'une lettre de rupture) et Larry Benzaken, écrivain inaccompli au cynisme joliment verbeux, qui auront l'honneur d'ouvrir, respectivement, pour le procrastinateur au grand cœur Arnaud Cosson et Warren Zavatta, pet

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Au café-théâtre cet été

SCENES | Question : avoir le sens de l'humour est-il toujours un facteur de longévité lorsqu'on le met à l'épreuve dans le cadre asphyxiant d'un café-théâtre (...)

Benjamin Mialot | Mardi 7 juillet 2015

Au café-théâtre cet été

Question : avoir le sens de l'humour est-il toujours un facteur de longévité lorsqu'on le met à l'épreuve dans le cadre asphyxiant d'un café-théâtre empestant la canicule ? Vous avez tout l'été pour vous forger une opinion, à vos risques et périls, surtout si vous le faites à la Comédie-Odéon, où Jocelyn Flipo reprend Couic, un huis clos en trompe-l’œil aussi divertissant qu'anxiogène. Non, en vrai, la plupart des lieux sont équipés d'une climatisation, à l'instar de l'Espace Gerson, qui en fait l'un des principaux arguments en faveur du retour entre ses murs de Victor Rossi, alors que ses grinçantes chroniques de l'absurdité du monde se suffisent à elles-mêmes – et prépareront le terrain pour Camille et Aurel, qui réhabilitent avec une énergie communicative la forme trop délaissée du duo burlesque. Du côté des Tontons Flingueurs aussi, on prend le même et on recommence, à savoir le one-man-show follement chic et intimiste de Jefferey Jordan, tandis qu'on pourra (re)découvrir au Complexe du Rire le faux bellâtre et vrai performer Gérémy Crédeville et la décomplexée Naho. Pour des nouvelles têtes, à moins de vouloir essuyer

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Zack & Stan ne font pas illusion

SCENES | L'accès anticipé. C'est un modèle en vogue dans le secteur du jeu vidéo : vous pré-achetez un titre en chantier et contribuez à son amélioration, en espérant (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 1 juillet 2015

Zack & Stan ne font pas illusion

L'accès anticipé. C'est un modèle en vogue dans le secteur du jeu vidéo : vous pré-achetez un titre en chantier et contribuez à son amélioration, en espérant qu'il arrivera au terme de son développement et tiendra ses promesses. Le café-théâtre repose sur le même principe ultra-libéral (et, osons le dire, ultra-paresseux) du «ça va se roder avec le temps». Et du temps, il va en falloir dans le cas de Zack & Stan, deux frangins illusionnistes qui, avec l'appui de l'omniprésent Jocelyn Flipo, ont décidé de jouer la carte de l'humour. Car même avec la meilleure volonté du monde (et ces deux-là en ont, c'est certain), on ne s'improvise pas comédien du jour au lendemain. En l'état (i.e. après trois semaines de représentations au Rideau Rouge), le semblant de rivalité qui sert de fil conducteur à leurs tours paraît de fait bien superflu, dans son écriture comme dans son interprétation – et souffre de la comparaison avec les recherches plastiques de la compagnie 32 Novembre ou les préoccupations narratives de François Martine

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Julien Santini, bon perdant

SCENES | Quand Julien Santini a clamé sur Facebook que Patrick Sébastien assisterait, à l'Anagramme, à une représentation de son seul-en-scène dans l'idée de l'inviter dans (...)

Benjamin Mialot | Mardi 26 mai 2015

Julien Santini, bon perdant

Quand Julien Santini a clamé sur Facebook que Patrick Sébastien assisterait, à l'Anagramme, à une représentation de son seul-en-scène dans l'idée de l'inviter dans son émission, on y a cru. Pas tant par excès de confiance en son talent – dont on a justement pris la mesure dans l'intimité pierreuse du théâtre de la rue Royale – que parce que le bonhomme est à ce point maître de ses émotions qu'on ne sait jamais vraiment s'il est lui-même ou dans la peau mal rasée de son personnage de showman à la manque – peut-être aussi parce que les deux se confondent. On qualifie de "pince-sans-rire" cette façon de pratiquer l'humour et c'est idiot car, pour le coup, on rit beaucoup à l'écoute des bassesses et envies de grandeur de ce Corse (installé à Lyon) à l'apparence (mi-professorale mi-patraque) et à l'ego (surdimensionné mais pas dénué de tendresse) de cinéaste névrotique. On rit à l'évocation de ses souvenirs d'un kafkaïen passé de fonctionnaire, à sa découverte du milieu du théâtre subventionné, riche en incompréhensions et en piques ad hominem, et même pendant les impromptus qui viennent ajouter à l'heureuse irrégularité de son récit – en particulier la mise en esp

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David Bosteli a la guitare qui le démange

SCENES | Il n'est pas donné à tout le monde d'avoir plus d'une corde à son arc. David Bosteli, lui, en a deux, comme le nombre de «ficelles» encore valides de sa (...)

Benjamin Mialot | Mardi 28 avril 2015

David Bosteli a la guitare qui le démange

Il n'est pas donné à tout le monde d'avoir plus d'une corde à son arc. David Bosteli, lui, en a deux, comme le nombre de «ficelles» encore valides de sa guitare acoustique, une ruine ornée de stickers maison de laquelle il arrache d'amusantes imitations (dont un Christophe Maé plus fake que nature), des mashups improbables (Qu'est-ce qu'on attend pour foutre le feu ? sur les accords de Nevermind) et des compositions personnelles qui remettent à leur place (dans la corbeille) les chansons de rupture censément comiques de Cali. Mais ce natif de Strasbourg à la gueule grande comme ça – au sens propre comme au figuré – n'est pas qu'un chansonnier un peu destroy. Il est aussi et surtout une bête de scène, de celles qu'on imagine capables de susciter l'hilarité de Scots Guards – et qu'on sait désormais capable, plus dur, de faire de même avec le public d'un Boui Boui rempli à un cinquième de sa jauge – en leur récitant le bottin. En l'occurrence, donc, celui de la musique populaire, des Cranberries à Daft Punk. Le reste du temps, Bosteli enchaîne passages obligés du one-man-show (l'annonce de s

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Pierre-Emmanuel Barré : trop con, trop bon

SCENES | Pierre-Emmanuel Barré est un sale con. Il a même fait de cette autoproclamation une figure de style, sur scène comme sur France Inter et Canal (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 17 mars 2015

Pierre-Emmanuel Barré : trop con, trop bon

Pierre-Emmanuel Barré est un sale con. Il a même fait de cette autoproclamation une figure de style, sur scène comme sur France Inter et Canal Plus. Quand le one-man-show pendule tranquillement entre stand-up, absurde absolu (Chris Esquerre) et sketches à l'ancienne (Alex Lutz), Barré a lui pris une position intenable aujourd'hui, celle du type qui dit tout ce qui lui passe par la tête, et aussi par la vôtre mais que vous n'osez pas dire, pour se soulager du pire et nous avec. Parce qu'en l'espèce, l'humour c'est quand c'est drôle et que le reste (la méchanceté, la grossièreté, l'indécence) n'a aucune espèce d'importance. Or Barré est drôlissime, quelles que soient les horreurs qu'il raconte et qui le renvoient forcément à Desproges. Pas tant d'ailleurs dans l'écriture, qui n'a que faire de préciosité littéraire – encore que, comme ce dernier, il soit un chroniqueur de premier ordre, y compris sur la politique, toujours anglée par derrière – que dans son usage salvateur du cynisme : «Le sale con dit-il, dit des saloperies en sachant qu'il les dit, tandis que le con tout court dit des saloperies mais ne le sait pas.» A not

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Sale Mentor, la nouvelle hybridation de Jocelyn Flipo

SCENES | Après la romance gay, le musical à caractère pornographique et le thriller, Jocelyn Flipo s'essaye avec Sale Mentor à une nouvelle hybridation entre comédie et cinéma de genre. Et ne déçoit pas, à quelques déséquilibres de rodage près. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 10 mars 2015

Sale Mentor, la nouvelle hybridation de Jocelyn Flipo

Ça commence comme Couic, la précédente pièce de Jocelyn Flipo. Dans une cave. Celle de Jean-Jacques Serzac, écrivain hypocondriaque qui, comme dans la chanson de Marcel & son orchestre, se retrouve le mental en vrac au premier petit couac. Un mal de tête ? Sans doute une rupture d'anévrisme. Un point de côté ? C'est une tumeur qui lui comprime le poumon. Une poussée de stress ? La crise cardiaque n'est pas loin. Pour ne pas courir de risques infectieux supplémentaires, il a choisi de vivre reclus, dans une panic room crasseuse et totalement déconnectée du monde où il tente tant bien que mal d'entretenir sa légende. Car Jean-Jacques (Yann Guillarme, dans un des numéros moliéresques dont il a le secret) est l'auteur des aventures de Tom Morgan, qui sont à la littérature érotique ce que sont, de l'autre côté du quatrième mur, celles d'Harry Potter au roman pour ado. Seulement Jean-Jacques a de l'arthrite, il lui faut un nègre. Ce sera Léo, un jeune éphèbe qui connaît par cœur la saga (Léo Tasserit, comme échappé d'une aventure super-héroïque en milieu lycéen, mettons le trop méconnu Kaboom de Jeph Loeb et Jeff Matsuda).

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Jacques Chambon dépasse les bornes

SCENES | De Jacques Chambon, on connaît surtout son talent pour renouveler les figures de l'auguste et du clown blanc dans des comédies de (...)

Benjamin Mialot | Mardi 3 février 2015

Jacques Chambon dépasse les bornes

De Jacques Chambon, on connaît surtout son talent pour renouveler les figures de l'auguste et du clown blanc dans des comédies de mœurs – au sens où elles disent en creux quelque chose des déséquilibres sociaux de l'époque – à la mécanique plus huilée que le corps d'un adepte du massage Nuru. Sa prochaine création (le 6 février au Karavan, puis les 27 et 28 à la MJC Monplaisir), mise en scène par Patricia Thévenet, sera l'occasion de le découvrir sous un jour plus grave – ou de le redécouvrir, pour qui s'était laissé imprégné par la mélancolie de Plein phare. Inspirée par les pires scissions communautaires du XXe siècle (mur de Berlin, guerres de Yougoslavie, barre de séparation israélienne...), Les Sentinelles se veut en effet «une tragédie burlesque sur l'incapacité des hommes à se reconnaître d

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Haut les masques

SCENES | Chaque soir sur Canal +, Alex Lutz est Catherine, quadra maniérée et accroc à la presse people. Sur scène, il est une ado en crise, Karl Lagerfeld ou un directeur de casting odieux. Des personnages plus vrais que nature qui peuplent le one-man-show le plus épatant de la rentrée. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 13 janvier 2015

Haut les masques

Où se situe la frontière entre le traitement en réanimation et l'acharnement thérapeutique ? Au même endroit que celle qui délimite les états dans lesquels se trouvent actuellement "l'esprit Charlie" et "l'esprit Canal", les jours de dérision controversable du premier ne semblant plus en danger tandis que le second végète dans l'entre-soi grégaire depuis une bonne quinzaine d'années. Deux hommes, toutefois, incarnent encore le fameux mélange de décalage et d'impertinence qui fit les grandes heures de la chaîne cryptée dans les années 80 et 90. Ou plutôt deux femmes : Catherine et Liliane, les deux secrétaires de rédaction qui, chaque soir au Petit journal, décortiquent l'actualité avec un bon sens involontaire mêlé d'idiotie pure. Derrière leurs maquillages absolutely fabulous se cachent Bruno Sanches, habitué des feuilletons policiers franchouillards, et Alex Lutz, qui n'a pas attendu le succès de sa vamp de l'open space pour mettre à profit ses prédispositions naturelles au transformisme et à l'observation d'énergumènes en milieu naturel. Une bande à lui tout seul Cela fait même plus de sept ans qu'il tourne, en parallèle de ses activités de mette

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Pas juste pour rire

SCENES | L'année café-théâtre 2014 s'est terminée sur une création hors-normes comiques de Dominic Palandri (New York Paradis). Amusant hasard : 2015 débutera sur une (...)

Benjamin Mialot | Mardi 6 janvier 2015

Pas juste pour rire

L'année café-théâtre 2014 s'est terminée sur une création hors-normes comiques de Dominic Palandri (New York Paradis). Amusant hasard : 2015 débutera sur une tentative similaire de son complice Jacques Chambon, Les Sentinelles (20 février au Karavan), une intrigante «tragédie burlesque sur l’incapacité des hommes à se reconnaître dans l’autre». Autre auteur et metteur en scène pas-que-drôle, Jocelyn Flipo présentera lui Sale mentor (à

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Rires de gala

SCENES | Baffrer et se bidonner entre potes devant un spectacle bien rôdé, il y a pire comme façon de fêter la Saint-Sylvestre – par exemple se goinfrer et ricaner tout seul devant un bêtisier à peine remonté. Sélection. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 16 décembre 2014

Rires de gala

Fabien Olicard L'humour, comme le rap hardcore, est une question de contexte – à votre prochain rendez-vous galant, claquez un petit «J'vais me tatouer LOVE sur les phalanges pour te frapper avec amour», vous verrez. Dans celui d'un réveillon, nous n'avons aucun doute sur l'efficacité du spectacle de ce one-man-mentalist, quand bien même nous l'avions un peu égratigné fin octobre, désappointé que nous étions qu'il mette le supercalculateur qui lui sert de cerveau au service d'un "simple" exercice de manipulation, aussi bluffant et écrit soit-il. Oui, il nous arrive de pratiquer le coït anal avec des mouches. A la salle Rameau à 19h30   Trash Puisqu'on parle de coït, saluons la reprise pour un soir de ce qui reste à ce jour la pièce la plus couillue de Jocelyn Flipo. Dans tous les sens du terme, puisque cette romcom musicale au casting en forme de who's who du rire à crinièr

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Ta gueule, pour de bon

SCENES | Un professeur d'histoire-géographie au bout du rouleau et un criminel sur les dents se retrouvent par le plus malheureux des hasards dans une même (...)

Benjamin Mialot | Mardi 4 novembre 2014

Ta gueule, pour de bon

Un professeur d'histoire-géographie au bout du rouleau et un criminel sur les dents se retrouvent par le plus malheureux des hasards dans une même clinique psychiatrique. Débute alors un huis clos verbal dont les deux protagonistes ne sortiront pas intacts. Tel est le pitch de Ta gueule !, pièce écrite, mise en scène et à moitié interprétée par Jacques Chambon en 2009 et reprise du 5 au 15 novembre à L'Espace Gerson. Une comédie des contraires comme lui seul sait en trousser, et qui a ceci de particulier qu'elle est sa plus aboutie, alors même qu'elle est totalement exempte des sous-textes mélancoliques et sociaux qui font par ailleurs la particularité de son écriture – et l'intérêt de Plein phare, son plus bel accomplissement en tant qu'auteur. Sans doute, justement, parce qu'

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Rires enregistrés

SCENES | Moins féconde que la précédente, la saison café-théâtre 2014/2015 n'en demeure pas moins réjouissante, entre reprises de spectacles qui gagnent à être connus et défilé de têtes qui le sont déjà. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 9 septembre 2014

Rires enregistrés

En cette rentrée, les cafés-théâtres lyonnais ont des airs de champs en jachère : à leur programme figurent  nombre de reprises d'une saison 2013/2014 exceptionnellement riche en créations. Côté one-man-show, on retrouvera ainsi avec plaisir Jefferey Jordan (aux Tontons Flingueurs, jusqu'au 2 octobre), Karim Duval (même endroit, en octobre), François Martinez (idem), Yann Guillarme (au Boui Boui, en janvier et février), Alex Ramirès (au Boui Boui également, jusqu'au 30 décembre), Gérémy Crédeville (au Complexe du Rire, en novembre et décembre) ou encore

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Le conte est con

SCENES | Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants. D'accord, mais quid des turpitudes qui jalonnent une vie ? Le prince a-t-il trompé la princesse avec (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 26 juin 2014

Le conte est con

Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants. D'accord, mais quid des turpitudes qui jalonnent une vie ? Le prince a-t-il trompé la princesse avec une ribaude ? Hypothéqué le château pour couvrir les frais médicaux de son beau-papa de suzerain ? Donné une leçon au gang de fils de palefreniers qui rackettait son petit dernier ? Le café-théâtreux à tout faire Jacques Chambon (Le Phare, Troubles de l'élection, Fin de race...) a sans doute les réponses à ces questions.

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Le club des plus ou moins cinq

SCENES | Il y a, dans La Course en tête, le documentaire expérimental que consacra en 1974 Joël Santoni à Eddy Merckx (et qui fut projeté début mars en ouverture des (...)

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

Le club des plus ou moins cinq

Il y a, dans La Course en tête, le documentaire expérimental que consacra en 1974 Joël Santoni à Eddy Merckx (et qui fut projeté début mars en ouverture des rencontres Sport, cinéma et littérature de l'Institut Lumière), ces images bercées de cantilènes funèbres, invraisemblables et bouleversantes, de coureurs livides et épuisés qui chutent et ne se relèvent pas, ou alors pour s'effondrer en pleurs dans les bras de spectateurs. Une immersion dans le Off du Festival d'Avignon provoque le même genre de malaise mêlé d'admiration, notamment vis-à-vis des méthodes de promotion dont usent les protagonistes de cette foire d'empoigne où le comédien est un homme-sandwich comme les autres. Celle du magnat en devenir Jocelyn Flipo est pour le moins futée : il a cette année décidé de mettre ses poulains en scène dans un même spectacle, à la fois pot-pourri de leurs très bons one-man-shows respectifs – le décomplexé et néanmoins introspectif Alex Ramirès est un grand garçon (retitré Alex Ramirès fait sa crise), les hén

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A couteaux tirés

SCENES | A peine auréolé du succès de Trash, son spectacle AAA dans le milieu du XXX, Jocelyn Flipo retrouve le haut de l'affiche avec Couic, comédie noire confrontant un tueur en série débutant à sa première victime. Attention, ça va faire mal. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 8 avril 2014

A couteaux tirés

L'an passé, dans les recoins les plus interlopes du programme de Quais du Polar, figurait une pièce écrite et mise en scène par Christophe Chabert, notre irréductible critique cinéma – nous ne vous en avions jusqu'à présent dit mot par pur zèle déontologique. Intitulée Effraction, elle racontait sous la forme d'un huis clos aussi tendu que grinçant le cas de conscience de deux hommes de main découvrant au cours d'une banale collecte de dette une jeune femme prisonnière d'une cage, déblayant au passage un chemin de traverse théâtral assez inédit.   Cette saison, à la même période mais sans le soutien du fameux festival (dommage), c'est au tour du prolifique Jocelyn Flipo (promis, après, on ne vous parle plus de lui jusqu'à l'été) de s'aventurer dans ces eaux troubles sur lesquelles planent l'ombre de Bertrand Blier – en particulier celui de Buffet froid – avecCouic. Un registre où on l'attendait encore moins que celui, bariolé et hyper-sexué, qu'il explore dansTrash, mais où ses dialogues au cordeau et sa mise en scène cinégénique font à nouveau mouche. Tueur niais

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Le rêveur Duval

SCENES | «Gnangnan». C’est en ce terme que nous qualifiâmes le spectacle de Karim Duval à sa découverte l’an passé. L’heure est venue de faire notre mea culpa : bosseur comme pas deux, le seul humoriste sino-franco-marocain du monde est depuis devenu un formidable conteur à double tranchant. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 1 avril 2014

Le rêveur Duval

«Ma mère est chinoise, mon père est japonais. Et moi je suis mal foutu». Le spectacle de Karim Duval démarre peu ou prou sur le même ton que cette blague d’écolier. Encore un de ces stand-uppers communautaires tels que le Jamel Comedy Club en usine à la douzaine chaque semaine ? C'est ce que l'on se demande pendant cinq minutes. Pas plus. Le temps de se rendre compte que chez cet ex-ingénieur à l'arbre généalogique plus ramifié qu'un Dragonnier de Socotra la question des origines, bien qu'abordée dans le respect de la plupart des canons du genre - imitation d'accents, répertoriage de particularismes, sous-texte réconciliateur - ne se résout pas via un humour de repli (mal) camouflé en autocritique, mais avec un sens du récit, une rigueur d'écriture et un souci d'équilibre entre spontanéité et mordant tels qu'ils paraissent inscrits dans son ADN.  La guitare qui le démange Ils le sont peut-être en partie. Car Karim Duval est né au Maroc d'une mère sino-tahitienne et d'un père franco-berbère. Une publicité Benetton à lui tout seul, comme il l'affirme en préambule de Melting Pot', le one-man-show en question. Là

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Trash ? Yeah yeah !

SCENES | Un casting cinq étoiles et une mise en scène pluridisciplinaire au service de la quête amoureuse d'une superstar du porno : Jocelyn Flipo signe avec "Trash" sa comédie romantique la plus ambitieuse et la plus aboutie. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 1 avril 2014

Trash ? Yeah yeah !

Comme tout metteur en scène dont le talent est proportionnel à l'obsession avec laquelle il réinterroge œuvre après œuvre les thèmes qui lui sont chers, Jocelyn Flipo a son comédien fétiche. En l'occurrence Alex Ramirès, pour lequel il a imaginé, après le rêveur avenant de Dans ta bulle et le minet qui se découvre un don pour la peinture de Loving Out, un troisième rôle à la mesure de son élasticité et de son hypersensibilité : celui d'un pornographe amateur bien décidé à faire vaciller l'empire d'un magnat du cinéma pour adultes, personnage que le Serial lover devenu «grand garçon» interprète avec un aplomb écrasant. Ce qui, compte tenu du prestige et de l'harmonie du reste du casting, d'un Yann Guillarme irrésistible de bagou en producteur passif-agressif obnubilé par la rentabilité de ses films – au point d'ignorer le manque d'affection que cachent les provocations de sa fille, interprétée par la prometteuse Delphine Leputh – à une Ségolène Stock confondante de vraisemblance en hardeuse en bout de course, n'est pas peu dire. Il n'y a pas de rapport sexuel Ce n'est toutefois pas l'amour que Flipo porte à ses comédiens qui est au cœur de

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Un soupçon de magie

SCENES | La magie, comme l’ostéopathie, est affaire de doigté. François Martinez menait une vie confortable grâce à la seconde, il a tout plaqué pour assouvir sa passion (...)

Benjamin Mialot | Mardi 18 mars 2014

Un soupçon de magie

La magie, comme l’ostéopathie, est affaire de doigté. François Martinez menait une vie confortable grâce à la seconde, il a tout plaqué pour assouvir sa passion de la première, non sans se faire rétamer par sa femme sur le terrain de l'escamotage – tandis qu'il s’entraînait à faire disparaître des foulards, elle s'évanouissait avec son fils. C'est en tout cas ce qu'il raconte sous la plume de l'ubiquiste Jocelyn Flipo dans Copperfield, Harry Potter et Moi, one-man-show vaguement autobiographique où les tours de passe-passe sont autant linguistiques que manuels. Comme chez Éric Antoine ? Plus ou moins, mais sans la coupe "nid de chenilles processionnaires" caractéristique du géant du Val d'Oise. Et sans son assurance. Martinez est en effet encore jeune dans le métier, et cela se sent : bien qu'assez inédit dans le genre (certains appellent ça "l'humorillusionisme" et Maître Capello en fait des triple lutz dans son cercueil) de par sa construction narrative et techniquement bluffant – ingestion de lames de rasoir, mentalisme, recollage d'un canard déchiré, il sait à peu près tout faire –, son spectacle manque pour l'heure de punch, d'équilibre et de naturel, mais

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Il suffira d'un signe

SCENES | Avec ses prises de parole d'une insanité à faire passer le dératiseur obèse qui tenta d'assassiner Björk avant de filmer son suicide pour un parangon de (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 3 janvier 2014

Il suffira d'un signe

Avec ses prises de parole d'une insanité à faire passer le dératiseur obèse qui tenta d'assassiner Björk avant de filmer son suicide pour un parangon de mesure, Dieudonné a réussi son coup : ici comme ailleurs, on ne parle plus que de la possible interdiction de sa venue à l'Amphi 3000 (le 13 juin). Pas un mot, en revanche, sur la reprise de la survoltée mise à nu d'Alex Ramirès au Complexe du Rire en mai. Ni sur les autres étoiles montantes de la galaxie Jocelyn Flipo (qui mettra en scène la romance porno Trash en mars à la Comédie-Odéon et

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Alex Ramirès, un grand garçon dans le vent

SCENES | Révélé par un premier one-man-show prodigieusement schizophrène dans lequel il racontait son dépucelage sur un texte de Jocelyn Flipo, Alex Ramirès revient avec Alex Ramirès est un grand garçon, "spectacle de la maturité" aussi jubilatoire qu'émouvant dont la construction ne doit (presque) rien à personne. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 12 décembre 2013

Alex Ramirès, un grand garçon dans le vent

La, si, do, mi, fa, sol, fa, mi, do, si. Toute la personnalité d'Alex Ramirès est contenue dans ces dix notes, qui composent (en la majeur) la mélodie douce-amère du Kids de MGMT, et au son desquelles il salue le public au terme de son nouveau one-man-show, Alex Ramirès est un grand garçon. Un lucide et décoiffant autoportrait du comédien en "fuyard en avant" dont la genèse remonte justement à l'enfance. Nous sommes en 1998 à Roussillon, en Isère. Alex n'a que 9 ans, mais assez d'énergie et de volubilité pour que sa mère juge opportun de l'inscrire au cours d'improvisation théâtrale du centre social du coin. Il va y faire sa première rencontre déterminante : celle du conteur Olivier Ponsot, avec lequel il va apprendre à matérialiser une histoire en deux temps trois mouvements. Au sens propre, l'endroit disposant pour seul matériel de deux paravents, qui font office de coulisses. Galvanisé à l'idée de pouvoir être, au gré de ce qui le traverse le jour, qui il veut le soir à l'instar, d'une certaine façon, des super-héros masqués dont il goûte alors les exploits, il suivra cet atelier toute une décennie. Dix ans pendants lesquels ce tchatcheur né, qui con

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Minuit, l'heure du rire

SCENES | Nul besoin de s'exercer à la photographie en Patagonie ou de s'essayer à l'équitation en Laponie (entre autres "bons plans" formulés par les professionnels du tourisme) pour passer un réveillon insolite. Il suffit de franchir le seuil de l'un des nombreux café-théâtres de la ville. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 10 décembre 2013

Minuit, l'heure du rire

Une fois n'est pas coutume, le café-théâtre se taille la part du lion en matière de comptes à rebours festifs. Rien que dans le réseau dirigé par Stéphane Casez, ce sont pas moins de seize spectacles qui s’enchaîneront du milieu d'après-midi aux derniers coups de minuit. Dans le lot, pas mal de comédies un peu lourdingues, de celles qu'on promeut au Festival d'Avignon au volant d'une rosalie, mais aussi de belles occasions de (re)découvrir certains de nos coups de cœur. A la Comédie-Odéon par exemple, si vous n'avez toujours pas cédé à notre prosélytisme pro-Jocelyn Flippo, vous aurez la chance de le faire face à ce qui est pour l'instant son chef-d’œuvre, la désarmante romcom sur fond de crise d'identité sexuelle Loving Out. Le Rideau Rouge, lui, se lèvera notamment sur Les Loose Brothers, énergique et doux-amer "two-men-show" dans lequel Aurélien Portehaut et Yann Guillarme composent un savoureux duo d'artistes ratés jouant le tout pour le tout. Yann Guillarme qui

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Portier de nuit

SCENES | «La comédie des contraires, c'est du pur Jacques Chambon, et ça marche à tous les coups». Ainsi débutaient, dans notre agenda, les quelques lignes (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 29 novembre 2013

Portier de nuit

«La comédie des contraires, c'est du pur Jacques Chambon, et ça marche à tous les coups». Ainsi débutaient, dans notre agenda, les quelques lignes recommandant Plein phare. Ainsi pourraient débuter tous les papiers consacrés à une pièce basée sur un texte du stakhanoviste Jacques Chambon. Surtout quand il en assure lui-même la mise en scène et/ou l'interprétation, comme c'est le cas avec Troubles de l'élection, programmé à La Maison de Guignol jusqu'au 28 décembre. Soit la rencontre de Bertrand Ballandard (Chambon, qui use et abuse de son irrésistible air hébété), favori à l'élection présidentielle tout juste rescapé d'un attentat, et de Francis (Laurent Lacroix), réceptionniste d'un hôtel limousin miteux. 

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Baroque & Plus si affinités

MUSIQUES | Vous souvenez-vous de Monsieur Plus, ce guilleret moustachu qui s'évertuait, à coups de bousculades opportunes, à rendre plus appétissants et plus savoureux (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 13 novembre 2013

Baroque & Plus si affinités

Vous souvenez-vous de Monsieur Plus, ce guilleret moustachu qui s'évertuait, à coups de bousculades opportunes, à rendre plus appétissants et plus savoureux les biscuits Bahlsen ? Eh bien Franck-Emmanuel Conte est un peu le Monsieur Plus du baroque : avec Le Concert de l'Hostel Dieu, l'ensemble qu'il a fondé voilà deux décennies, il n'a de cesse de le sortir de sa zone de confort, soit en se penchant sur des répertoires méconnus, soit en le confrontant à d'autres disciplines – on ne lui souhaite toutefois pas de finir, comme le croqueur de tuiles, noyé dans la Seine dans l'indifférence générale. Une démarche qu'il pousse un cran plus loin cette saison avec la création de Baroque & Plus, un festival tout entier dédié au dépoussiérage de cette musique ornementale et contrastée.  Au programme de sa première édition : du théâtre avec l'immense Jacque

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L'île aux grands enfants

SCENES | Avec deux reprises et une nouvelle création (Smart Faune, que nous vous recommandons à l'aveuglette) au Complexe du Rire et une résidence au Karavan (pour (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 13 septembre 2013

L'île aux grands enfants

Avec deux reprises et une nouvelle création (Smart Faune, que nous vous recommandons à l'aveuglette) au Complexe du Rire et une résidence au Karavan (pour une comédie footballistique intitulée Carton rouge), le prolifique Jacques Chambon est l'un des hommes forts de la rentrée café-théâtrale. Nous vous le sous-entendions la semaine passée, nous vous le confirmons maintenant que nous l'avons vu à l’œuvre dans Fin de race, délirant huis clos post-apocalyptique que Gilles Graveleau met en scène et co-interprète avec lui à Gerson jusqu'à la fin du mois. Car Chambon y est, avec sa voix de doubleur de séries d'animation japonaises et son physique de gamin tombé dans une fontaine de sénescence, tout simplement désopilant en last man on Earth amnésique et régressif prêt à tout pour se taper avant le mythomane qui lui sert de compagnon d'infortune (Graveleau, impeccable mais plus timoré) une belle blonde chargée de perpétuer la race humaine (Alexandra Bialy, qui aurait pour le coup mérité un rôle un peu moins bateau). Sa performance n'empêche pas Fin de race d'être perfectible e

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Le café-théâtre veille au grain

SCENES | Une nouvelle salle l'an passé, un nouveau festival cette saison : bien que tous ses acteurs ne s'y retrouvent pas, le secteur du rire confirme sa vitalité. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Dimanche 8 septembre 2013

Le café-théâtre veille au grain

L'an passé, à cette période, le milieu du café-théâtre était en passe d'être bousculé par l'ouverture de la Comédie-Odéon. Cette rentrée, plus calme, est l'occasion d'en tirer un premier bilan. Il fait d'état d'une seule victime : le Complexe du Rire qui, à une poignée de lointaines reprises près (comme le solo sportif de Yoann Metay, du 19 mars au 5 avril), ne propose quasiment plus que de l'impro et des comédies mineures dont on doute que la Semaine de l'humour (du 5 au 20 octobre), ce dispositif visant, un peu comme Balises, à promouvoir et éclaircir les nombreuses programmations du secteur, suffira à nous les rendre amusantes. D'autant que l'Espace Gerson s'en est désolidarisé pour mieux «faire son festival» (du 26 au 28 septembre à la salle Rameau, où se produiront d'ailleurs le toujours frondeur Christophe Alevêque le 10 octobre et la pétillante Bérengère Krief le 21 décembre). On en reparlera le moment venu, pas seulement parce

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Et les sentiments bordel ?

SCENES | Un critique a (trop) souvent tendance à se comporter comme un explorateur : quand il foule une contrée nouvelle, il veut être le premier à en dessiner les (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 14 février 2013

Et les sentiments bordel ?

Un critique a (trop) souvent tendance à se comporter comme un explorateur : quand il foule une contrée nouvelle, il veut être le premier à en dessiner les contours, quitte à voir des courants, des mouvements et des scènes là où ne poussent que les fruits du hasard. Nous ne sommes pas exempt de ce défaut. Aussi, en découvrant Jocelyn Flipo et son romantisme, assez inédit dans le milieu très unidimensionnel de l'humour, nous sommes-nous empressés de nous demander s'il était le seul à faire vibrer d'un même élan fibres comiques et cordes sensibles. Mais plutôt que de lui prêter des affinités conjecturales, nous lui avons directement posé la question : «Je n'appartiens pas à une confrérie d'auteurs, mais j'ai effectivement l'impression que les gens travaillent de plus en plus à transmettre des émotions aux spectateurs, qui eux-mêmes sont de plus en plus demandeurs. On est en période de crise, on est forcément plus réceptif à tout ce qui met en avant l'humanité des gens. On a besoin de sentir que l'autre est meilleur que ce l'on croit». Sur Lyon, deux noms lui semblent valider cette théorie : celui de Jacques Chambon, le Merlin de Kaamelott, pour Plein phare

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Ça bulle pour lui

SCENES | Jocelyn Flipo a beau avoir une carrure de rugbyman, il n'y connaît rien en plaquages. Du moins ceux qui coupent l'élan. Ceux qui écrasent le cœur, en revanche, n'ont aucun secret pour ce quadra lyonnais qui, en l'espace de cinq ans, s'est imposé comme le golden boy du café-théâtre local. Son emploi du temps s'en ressent : avec trois projets à l'affiche et le double en cours de réalisation, le suivre ne va pas être une mince affaire. Il va pourtant bien falloir. De très près qui plus est. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 14 février 2013

Ça bulle pour lui

«Je suis quelqu'un qui travaille dans l'ombre. J'aime faire briller les autres». Ce sont, à quelques balbutiements près, les premiers mots qu'a prononcés Jocelyn Flipo lorsque nous lui avons fait part de notre volonté de lui consacrer la Une de ce numéro. Des mots d'excuse à peine déguisés, ceux d'un homme gêné à l'idée de tirer à lui une couverture dont ces «autres» lui paraissent plus dignes. Cet embarras ne l'a cependant pas empêché de se démener pour nous fournir un portrait photo digne d'une publicité Lacoste – ce doit être la première fois qu'un artiste organise un shooting rien que pour nous. L'anecdote peut sembler anodine. Elle en dit pourtant long sur la personnalité de ce jeune auteur et metteur en scène lyonnais, dont le travail injecte de la nuance au communément très criard milieu du café-théâtre. Un pro de l'impro La carrière de Jocelyn Flipo débute il y a cinq ans lorsque, en parallèle d'une vie salariale le voyant assumer successivement des postes d'éducateur sportif, de conseiller juridique et de responsable RH, il chope le virus de l'improvisation après s'être amusé de la prestation d'un ami : «Ce qui est génial

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Loving Out is all you need

SCENES | Le fleurissement d'affiches promouvant la prochaine date lyonnaise des Lascars Gays nous le rappelle depuis quelques jours encore plus sûrement que (...)

Benjamin Mialot | Dimanche 13 janvier 2013

Loving Out is all you need

Le fleurissement d'affiches promouvant la prochaine date lyonnaise des Lascars Gays nous le rappelle depuis quelques jours encore plus sûrement que les happenings des manifestants contre le mariage pour tous : lorsque l'homosexualité s'invite dans une mise en scène à vocation humoristique, elle le fait presque systématiquement avec balourdise et/ou paresse. Loving Out, la dernière création de Jocelyn Flipo et son complice Léon Vitale, qui avec Dans ta bulle nous avaient fait prendre conscience que le café-théâtre pouvait remuer les tripes autant que le diaphragme, est une très heureuse exception à cette règle. Principalement parce que l'homosexualité n'y est qu'un thème secondaire. Le vrai sujet de la pièce, c'est l'amour, en l'occurrence celui que se découvre Romain, galeriste hétéro dans la trentaine, tardivement dépucelé et depuis célibataire, pour Léo, adonis d'à peine vingt ans qui n'aime rien tant que faire la bringue en toge avec ses colocs. Un synopsis qui ne paye pas de mine dont les metteurs en scène tirent, par le truchement d'astucieux emprunts au cinéma, juste ce qu'il faut

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Les pitres et jeunes acteurs

SCENES | Les demi-saisons café-théâtrales se suivent et ne se ressemblent pas : là où le premier semestre de l'année 2012 se résumait à des prolongations et des big names, (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 4 janvier 2013

Les pitres et jeunes acteurs

Les demi-saisons café-théâtrales se suivent et ne se ressemblent pas : là où le premier semestre de l'année 2012 se résumait à des prolongations et des big names, celui qui débute ces jours fait la part belle aux concepts inédits et aux futurs grands. Au Comédie-Odéon par exemple, deux rendez-vous réguliers peuvent valoir le détour. D'un côté La Revue de presse, sorte de Petit rapporteur

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Un drôle de réveillon

SCENES | La nouvelle, datée du 29 novembre, est tombée comme un couperet : cette année, France 3 ne diffusera pas son traditionnel bêtisier. Il flotte depuis comme une odeur de fin de règne. Sauf chez ceux qui savent que, pour achever un cycle calendaire sur une bonne marrade, c’est au café-théâtre que ça se passe. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Samedi 15 décembre 2012

Un drôle de réveillon

On les aime bien, tous ces gens qui font tourner les cafés-théâtres du coin. Ne serait-ce que parce que leur travail contribue à améliorer les fonctions cognitives de ceux qui en bénéficient – pour nous qui passons la majeure partie de notre temps à nous écouter réfléchir, ce n’est pas négligeable. Mais s’ils pouvaient remettre leur agenda à zéro plus en douceur, ça nous arrangerait. Non parce que faire le tri dans une quarantaine de propositions artistiques, voilà un travail herculéen… Ca va que c’est peut-être la dernière fois que nous nous en acquittons, et qu’il nous donne l’occasion de vous redire tout le bien que l’on pense de Dans ta bulle, une pièce aussi drôle qu’émouvante et servie par trois acteurs parfaits, dont Léon Vitale, qui incarne tous les seconds rôles masculins de cette histoire – librement inspirée des BD de Domas – d’un garçon optimiste pensant que le sourire est une arme de séduction massive. Pour le meilleur et pour le rire Ce numéro se concluant par un portrait d’Alexandre Astier, poursuivons par une révérence aux

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La vie est bulle

SCENES | Drôle, émouvant, remarquablement interprété, ambitieux, Dans ta bulle, librement inspiré des BD du Marseillais Domas, confirme que Jocelyn Flipo est un metteur en scène passionnant. Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Jeudi 2 février 2012

La vie est bulle

Il y a longtemps, en Amérique, un romancier nommé Raymond Carver racontait, sous forme de nouvelles, des histoires a priori anecdotiques mais qui, mises bout à bout, parlaient de leur époque, des gens qui en formaient l’ordinaire, et savait les rendre extraordinaires et universelles. Aujourd’hui, en France, Domas, un dessinateur marseillais croque à son tour les anecdotes d’une vie et nous parle, sans identification forcée ou sociologie encombrante, de nous. Il s’est forgé un alter-ego, Max. Il vit en colocation avec Pierrot, lunaire et largué, ne pense qu’à faire le premier pas vers les autres et rêve de tomber amoureux. Domas découpe sa vie en planches, équivalents dessinés de la nouvelle, et les transforme en comédie humaine vibrante d’émotions où les petits riens se font grandes questions. De la planche aux planches Prolonger sur scène un tel matériau était ambitieux, surtout quand on a jusque-là fait ses armes dans le one-man-show comique et l’improvisation. Jocelyn Flipo, qui s’affirme ici comme un metteur en scène important, a donc bousculé les lignes, dans tous les sens du terme. D’abord en donnant à Max une incarnation fidèle : c’est

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Le Blues du businessman

SCENES | Avec "Un petit coup de blues", Jacques Chambon ressort son petit manuel de la comédie efficace, y ajoutant ce qu’il faut de nouveautés pour éviter la redite, et incorporant dans son univers deux comédiens hors norme : Nicolas Gabion et Damien Laquet. Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Vendredi 6 janvier 2012

Le Blues du businessman

Prémisse A : soit un énergumène généralement à l’ouest de son époque, gentiment benêt et donc profondément attachant. Exemple : un gardien de nuit qui occupe ses heures de travail à répéter un show musical où il (ré)incarne Elvis Presley. Prémisse B : soit un spécimen typiquement contemporain et du coup représentatif d’un siècle matérialiste, individualiste et gouverné par l’avoir et le pognon. Exemple : un cadre stressé marié à une femme dépensière et récemment viré par un supérieur encore plus beauf que lui. Axiome A : réunissez-les dans un lieu d’où ils ne peuvent sortir ni l’un, ni l’autre — au besoin, inventer tous les prétextes possibles pour les retenir à l’intérieur. Axiome B : débrouillez-vous pour qu’ils se mettent sur la gueule avec un maximum de dialogues percutants et de vannes grinçantes. Axiome C : révélez que l’idiot n’est pas forcément celui que l’on croit, que le bon sens n’est pas obligatoirement du côté de l’idéologie dominante, et que répéter quelques vérités essentielles (on n’a qu’une vie, autant ne pas la dépenser en essayant de la gagner) n’a jamais fait de mal à personne. En gros, vous obtenez une bonne comédie de Jacques Chambon, et c’est ce qu’est

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Série Sexy à Suivre

SCENES | L’heureux propriétaire d’un sex-shop, par ailleurs mari aimant et attentionné, a eu le malheur de partir en fumée avec son établissement après un terrible (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 25 novembre 2011

Série Sexy à Suivre

L’heureux propriétaire d’un sex-shop, par ailleurs mari aimant et attentionné, a eu le malheur de partir en fumée avec son établissement après un terrible incendie. C’est son frère aîné, plutôt coincé, et sa femme, plutôt pincée, qui doivent reprendre le lieu après travaux, tout en essayant de calmer les ardeurs pubères de leur grand ado. Pour cela, ils décident de l’envoyer dans le lycée catho de l’autre côté de la rue, tenu par un directeur rigide et manifestement névrosé. Ledit directeur refuse par ailleurs d’accorder une augmentation à une de ses enseignantes, ce qui conduit la pauvre à aller postuler comme strip-teaseuse dans le fameux sex-shop, où un geek survolté et impuissant fabrique en douce une machine énigmatique… Ce ne sont que quelques fils de S, la nouvelle série semi improvisée de La Scène Déménage, qui s’installe le premier mardi de chaque mois en bas du Complexe du rire. Manifestement inspiré par Six feet under, Jocelyn Flipo trouve ici un nouveau terrain de jeu après une saison de Plasma et trois saisons de Désordre(s), à travers lesquelles il avait forgé ce concept novateur. Chaque comédien incarne un personnage unique dont il conna

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Chambon, et même très bon

SCENES | Théâtre / Il y a une méthode Jacques Chambon, une formule qui a fait ses preuves et qu’on retrouve pièce après pièce : prenez deux personnages qui n’ont rien en (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 21 octobre 2011

Chambon, et même très bon

Théâtre / Il y a une méthode Jacques Chambon, une formule qui a fait ses preuves et qu’on retrouve pièce après pièce : prenez deux personnages qui n’ont rien en commun, enfermez-les dans un lieu unique, agitez longuement et laissez monter la sauce comique. Ça s’appelle la comédie des contraires et Francis Veber, en son temps, l’avait déjà inscrite régulièrement à son menu. Chez Jacques Chambon, les différences se jouent sur le degré de mélancolie qui finit par infuser au milieu de l’humour, sur des notations sociales ou politiques qui s’immiscent dans les creux de l’intrigue… Mais avec Ta gueule !, il ne cherche qu’une seule chose : l’efficacité pure, le burlesque effréné, le gag qui tabasse. Et ça marche : difficile de trouver spectacle plus drôle actuellement à l’affiche. La partition, comme d’habitude, a été écrite sur mesure, et Chambon lui-même s’est emparé du personnage de Jean-Claude, prof dépressif et cocu, avec une manifeste jubilation. Maître de la rupture (guettez le «Bon, j’vais m’laver les dents»), ne reculant jamais face au ridicule des situations (la grandiose scène de l’entraînement téléphonique en est la meilleure illustration), il envoie du lourd sur scène. Si

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Victor victorieux

SCENES | Théâtre / Écrit et mis en scène en à peine quelques mois par un comédien qui, il y a un an, n’avait jamais fait de théâtre et s’épanouissait (plus ou moins) comme (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 30 septembre 2011

Victor victorieux

Théâtre / Écrit et mis en scène en à peine quelques mois par un comédien qui, il y a un an, n’avait jamais fait de théâtre et s’épanouissait (plus ou moins) comme animateur sur une radio commerciale, Victor Rossi n’est qu’amour est la première bonne surprise de la saison en matière de one man show. L’introduction, rodée au cours d’un tremplin d’humoriste dont Victor était sortie vainqueur, est parfaite : il y épingle son passé (son passif ?) avec un sens mordant de la caricature. Le spectacle le voit ensuite s’aventurer à intervalles réguliers vers une forme plus classique de sketch : c’est encore un peu frais, mais il y a déjà des qualités d’écriture et de jeu indéniables — manque le timing, qui viendra sans doute avec le temps. Là où Victor Rossi excelle, c’est lorsqu’il laisse libre cours à son sens de la vanne et sa réactivité face à des situations partiellement improvisées : c’est le commentaire amusé du règlement intérieur (hallucinant, il est vrai) du Parc de la tête d’or, où encore ce passage où il fait participer les spectateurs à un jeu (de dupe), rebondissant avec flegme et sarcasme sur les réponses proposées. C’est dans son ultime sketch que Victor Rossi emporte le m

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Victor Rossi / Antoine Demor

SCENES | Respectivement vainqueur et finaliste du dernier tremplin de l’humour organisé au Repaire, Victor Rossi et Antoine Demor reviennent y présenter leurs (...)

Dorotée Aznar | Lundi 26 septembre 2011

Victor Rossi / Antoine Demor

Respectivement vainqueur et finaliste du dernier tremplin de l’humour organisé au Repaire, Victor Rossi et Antoine Demor reviennent y présenter leurs premier one man shows dans le cadre de la semaine de l’humour. Victor Rossi, ancien animateur radio pour la matinale de Radio Scoop (passé sur lequel il jette un regard sans complaisance), en a gardé un flow comique impressionnant, un sens de la vanne qui fait mouche et un réel esprit de sniper (Victor Rossi n’est qu’amour, mercredi 28 septembre à 20h). Dans un registre radicalement différent, Antoine Demor a choisi d’égratigner avec verve et nonchalance l’actualité, terrain d’ordinaire peu prisé par les jeunes humoristes. La comparaison inévitable avec Stéphane Guillon ou, mieux encore, Gaspard Proust, ne tourne pas du tout en sa défaveur (L’Homme est un fou pour l’homme, samedi 1er octobre à 18h). À suivre de près… CC

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Réveillons le rire

SCENES | Comme chaque année pour le réveillon du 31, la programmation des cafés-théâtres se démultiplie dans de nombreuses salles de la ville en plus de leurs lieux habituels. Tour d'horizon des très nombreux spectacles qui dérident les zygomatiques avant le grand saut en 2010. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Jeudi 10 décembre 2009

Réveillons le rire

Les Français ont-ils besoin de rire pour boucler une année 2009 morose ? La réponse tient en quelques chiffres. Le soir du 31 décembre, vingt-neuf spectacles de café-théâtre (soit une dizaine de plus que l'an dernier) sont annoncés à Lyon pour pas moins de cinquante-cinq représentations. Le succès de ce type de divertissement ne se dément pas, bien au contraire. Les salles prennent donc leurs quartiers d'hiver dans des lieux aux jauges plus importantes loués pour l'occasion. C'est ainsi que les programmateurs du Boui-Boui investissent les espaces disponibles de la Cité Internationale avec la reprise de «Mon colocataire est une garce» à l'auditorium Pasteur, le diptyque «Homme / femme mode d'emploi» à l'auditorium Lumière et surtout les indétronables «Arrête de pleurer Pénélope» et «Monologues du pénis» dans l’Amphithéâtre (la salle 3000). La Salle Victor Hugo a quant à elle été réquisitionnée pour «Du plaisir et des médocs». Le Boui- Boui et le Rideau rouge accueillant aussi, comme quasiment chaque jour de l'année, des spectacles, ce sont donc plus de 7000 spectateurs qui sont attendus dans tous ces lieux ! Les organisateurs espèrent rencontrer logiquement encore cette année un lar

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Si c’était eux…

SCENES | Théâtre / Loin des mœurs du théâtre institutionnel, deux auteurs-acteurs ont créé Si c’était L., tragi-comédie romantique reprise actuellement à l’Acte 2 théâtre. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 12 février 2009

Si c’était eux…

Si Claude Allègre avait été ministre de la culture, il aurait sûrement traité le théâtre de «mammouth». Mais plutôt que de le dégraisser, il mériterait surtout d’être plus échevelé et hirsute. L’esprit qui a animé l’équipe de Si c’était L… pour créer leur comédie romantique n’a cependant rien d’un acte militant. Pas de théorie, mais plutôt du «faire», du culot et une culture qui n’est iconoclaste que pour les gardiens du temple théâtral. Emmanuel Pinto et Nicolas Musili ressemblent aux deux personnages qu’ils se sont écrits : de jeunes adultes qui ont gardé une part d’adolescence, élevés au cinéma américain, aux séries télé et aux jeux vidéos. On peut même voir le pitch de la pièce comme une métaphore de cet entre-deux : la fille dont ils étaient amoureux, morte dans un accident de voiture, «réapparaît» trois ans plus tard sous un nouveau nom, voisine du dessus au comportement franc du collier bousculant l’équilibre léthargique dans lequel les deux colocataires s’étaient lentement lovés. Éternel retour de l’aimée ou nostalgie d’un temps qu’on rêve d’arrêter dans une adulescence fragile ? Mais achtung ! Si c’était L… n’est pas un pensum, juste une comédie qui choisit de rire à coups

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Appelez-le Arthur...

CONNAITRE | Télévision / Découvert sur les planches lyonnaises avec Le Jour du Froment, Alexandre Astier donne une suite à son court-métrage Dies Irae en reprenant le créneau de Caméra Café sur M6. Kaamelott : 3 minutes 30 quotidiennes pour découvrir les dessous burlesques des Chevaliers de la Table Ronde. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 22 décembre 2004

Appelez-le Arthur...

En 2002, Alexandre Astier s'offre une année faste... Alors qu'il écrit et interprète sous la direction de Jean-Christophe Hembert le formidable Jour du Froment au Théâtre de la Croix-Rousse, il prépare en parallèle un court-métrage intitulé Dies Irae. On y découvre les Chevaliers de la Table Ronde aux prises avec une réalité très quotidienne, glosant dans un langage contemporain très fleuri sur les problèmes qu'ils rencontrent dans leur quête (poussive) du Graal. Une galerie de portraits croqués avec ce sens du dialogue percutant qui est déjà en train de faire la réputation d'Astier, redoublé par sa prestation en Arthur colérique, loin de la noblesse habituelle du premier Roi de Bretagne. Dies Irae confirme l'aptitude d'Astier à travailler un rythme imparable, mais aussi, plus inattendu, son œil de réalisateur, le film étant composé avec un soin inattendu pour du court métrage comique. Les ratés de la table ronde"Mon agent m'a dit que cette idée marcherait bien dans un format court, explique Astier. Je n'aurais pas couru après un truc télé parce que ce n'est pas mon monde, mais elle avait raison, ça s'y prêtait. C'est pour ça qu'on a enquillé sur des pilotes autoproduit

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