Peeping Tom : la danse des âmes fêlées

SCENES | Vader de l'étonnante compagnie Peeping Tom ouvre la nouvelle édition du Festival Sens Dessus Dessous, consacré aux formes chorégraphiques singulières et aux chorégraphes émergents.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 15 mars 2016

Photo : © DR


Quand l'âme humaine est malade ou fêlée, pour en faire le diagnostic comme pour tenter de la soigner, il est bon de la laisser s'exprimer à travers tous ses modes d'expression possibles, semble nous dire la compagnie franco-belge Peeping Tom. Concomitamment, ou successivement : par l'image (théâtrale, cinématographique ou encore surréaliste), par la parole dramatique, le chant et la musique, le mouvement et la danse.

Vader (premier volet d'une trilogie sur la famille : Père-Mère-Enfants) nous plonge dans la grande salle des pas perdus d'une maison de retraite. Un espace à priori peu glamour que Peeping Tom met en scène comme une sorte de purgatoire, de limbes Lynchiennes, entre la vie et la mort, la fête et le désespoir.
Un fils y traîne littéralement, en début de spectacle, son vieux père qui deviendra dans ces lieux une figure de "patriarche" : tour à tour mythique, moqué, divin, ridicule...

Entre rêve et réalité

Est-il un être d'exception ou un être délirant ? « La pièce joue sur ce fossé grandissant entre la perception et la réalité dans le corps en déclin et le cerveau sénile. Le temps semble ralentir, comme pour s'accorder à la lenteur des gestes ; la parole et la musique deviennent bruit, la vision se trouble, et le monde lui-même semble ne faire sens seulement dans la mesure où il incarne un souvenir ou une projection. Vader explore avec un humour poignant le moment où l'imagination ou la maladie d'un vieil homme menace de faire basculer les réalités du quotidien d'une maison de retraite dans le rêve. » écrivent Gabriela Carrizo et Franck Chartier, qui ont fondé Peeping Tom en 2000.

Découverte à la Maison de la Danse avec À louer, la compagnie scrute à nouveau dans Vader les états intérieurs de ses personnages avec une lucidité grinçante et humoristique. Et surprend toujours par son art de disjoindre la parole et les gestes, de rompre soudain un rythme ou une ambiance. JED

Vader
À la Maison de la Danse jusqu'au 17 mars ; dans le cadre du Festival Sens Dessus Dessous


Vader

Par Peeping Tom, avec 7 danseurs, comédiens et 10 intervenants amateurs, 1h30
Maison de la Danse 8 avenue Jean Mermoz Lyon 8e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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5 spectacles de danse à ne pas rater cette saison

Danse | Cinq rendez-vous chorégraphiques à ne pas rater ces prochains mois… De la rétrospective concoctée en images de et par Jérôme Bel au spectacle limite de Sciarroni, en passant par les fantasmagories de Peeping Tom.

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 28 septembre 2020

5 spectacles de danse à ne pas rater cette saison

Triptyque Kylián Élégance, virtuosité, néoclassocisme : ces trois mots clefs pourraient définir l’œuvre gigantesque du chorégraphe tchèque Jiří Kylián. Pas moins de dix-sept de ses pièces sont inscrites au répertoire du Ballet de l’Opéra. Trois d’entre elles constitueront le programme du Ballet en novembre : Bella Figura et ses images théâtrales explorant la représentation scénique, l’aérienne Wings og Wax autour du mythe d’Icare, et Gods and Dogs où huit danseurs oscillent entre des pôles contraires, entre folie et normalité, maladie et santé, humanité et animalité… Jiří Kylián À l’Opéra du jeudi 12 au dimanche 15 novembre Jérôme Bel, en images et en texte « Rétrospective met en scène mes principales obsessions comme le corps, la culture, le langage, le pouvoir, la vulnérabilité et l’émancipation » dit de sa dernière pièce l’enfant terrible de la danse française Jérôme Bel. Une pièce qui est en l'occu

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Papaioannou, dresseur d'émotions au festival Sens Dessus Dessous

Danse | Dédié à la jeune création et aux rencontres entre la danse et d'autres disciplines, le 7e festival Sens Dessus Dessous débute cette semaine avec un spectacle prometteur : The Great Tamer de Dimitris Papaioannou !

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 26 février 2019

Papaioannou, dresseur d'émotions au festival Sens Dessus Dessous

Ancien étudiant aux Beaux-Arts né en 1964, metteur en scène des cérémonies des JO d'Athènes de 2004, auteur de 25 spectacles, le chorégraphe Dimitris Papaioannou est loin d'être un inconnu. Mieux : sa pièce pour onze interprètes, The Great Tamer (mot à mot : le grand dresseur), a fait un tabac au Festival d'Avignon en 2017. Une scène incurvée et instable, recouverte de plusieurs strates de grandes plaques grises, y fait office tout à la fois de champ de fouille archéologique, de cimetière et de sol anthropologique. « The Great Tamer explore une thématique archéologique : il s’agit de creuser et d’enterrer, puis de révéler des actions métaphoriques pour parler de l’identité, du passé, de l’héritage et de l’intériorité subconsciente. » indique Dimitris Papaioannou dans le dossier de presse. Enfouir et déterrer, perdre et retrouver, disparaître et ressurgir sont les couples rythmiques et thématiques de cette pièce tout à la fois légère et tragique. Distortions Nourri d'histoire de l'art, de tragédie grecque, d’histoire de la danse et du cirque,

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Peeping Tom et Maguy Marin ouvrent la Biennale

Biennale de la Danse | La Biennale de la Danse débute, mardi prochain, avec deux chocs chorégraphiques : Maguy Marin et Peeping Tom.

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 3 septembre 2018

Peeping Tom et Maguy Marin ouvrent la Biennale

« La danse, et par conséquent le théâtre, n'ont pas encore commencé à exister » écrivait en 1948 Antonin Artaud dans le Théâtre de la cruauté. Cette phrase pourrait nous servir de grigri avant de se lancer dans une nouvelle Biennale de la Danse, avec l'espoir, à chaque édition, d'y être bouleversé, chamboulé dans ses repères artistiques, désorienté... Le cru 2018 s'annonce sous les meilleurs auspices, et, surtout, commence fortissimo avec une nouvelle création de Maguy Marin (Ligne de crête), et la venue à Lyon du collectif bruxellois Peeping Tom pour transmettre au Ballet de l'Opéra l'une de ses pièces phares, 32 rue Vanderbranken (rebaptisée 31 rue Vanderbranken pour l'occasion). On connaissait les affinités de Peeping Tom avec le cinéma en général, et celui de David Lynch en particulier, mais cette pièce-ci est inspirée de Kurosawa et de La Ballade de Narayama, où une vieille dame est contrainte de s'isoler dans une montagne. L'exploration de l'intime (par dix-neuf interp

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Une Biennale tonique avec Maguy Marin et Peeping Tom

Biennale de la Danse | La programmation de la prochaine Biennale de la Danse a été dévoilée cette semaine, et réunit, a priori, tous les ingrédients d'une édition réussie : risquée, créative, pluridisciplinaire.

Jean-Emmanuel Denave | Dimanche 10 juin 2018

Une Biennale tonique avec Maguy Marin et Peeping Tom

À deux exceptions japonaises près, la Biennale de la Danse 2018 est une Biennale européenne. Elle s'annonce donc moins exotique qu'à l'accoutumée, mais plus exigeante artistiquement, et plus aventureuse dans ses formes d'expression... L'un des fils rouges de cette édition est celui des liens entre la danse et les images, images issues des nouvelles technologies notamment. Ce fil rouge ira, par exemple, de l'utilisation par Merce Cunningham (1919-2009) du logiciel informatique DanceForms (mouvements et enchaînements générés par ordinateur) pour sa pièce Biped, à des créations s'étayant sur la réalité virtuelle par le chorégraphe suisse Gilles Jobin ou par le poète circassien Yoann Bourgeois (artiste très présent dans cette Biennale avec trois spectacles). 27 créations et premières Parmi les 42 spectacles programmés en salles, on compte 27 créations et premières françaises qui constituent le cœur de cette Biennale et, bien souvent, celui de nos attentes... Maguy Marin cré

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Dominique Hervieu : « tant mieux si la danse s’empare des sujets actuels »

Sens Dessus Dessous | La Maison de la Danse se la joue Sens Dessus Dessous comme chaque début de printemps et s’offre un pas de côté régénérant pour voir de la danse autrement. Dominique Hervieu (sa directrice et programmatrice) invite à la curiosité pour (re)découvrir des artistes, souvent radicaux et jusqu’au-boutistes, qui expérimentent autour du mouvement vers de nouveaux territoires artistiques.

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Dominique Hervieu : « tant mieux si la danse s’empare des sujets actuels »

Comment concevez-vous la programmation de Sens Dessus Dessous ? Dominique Hervieu : Ce qui m’importe ici, c’est de montrer d’autres aspects de la danse. Des œuvres moins fédératrices, à voir sur des jauges réduites (de 300 à 400 places). Ma programmation est bien sûr liée à l’actualité de la création. C’est aussi fonction des artistes que je souhaite accompagner. Je pense à Oona Doherty ou Jann Gallois (artistes associées dans le cadre du Pôle Européen de Création). S’ajoutent à cela les vrais coups de cœur. Comme Nacera Belaza. Elle viendra au Musée des Confluences faire vivre aux visiteurs une expérience assez unique. Il y a dans sa démarche un rapport vraiment contemporain associé à une dimension répétitive, spirituelle et même ethnographique. Les femmes, au cœur de votre programmation ? J’ai souhaité mettre en avant cette nouvelle génération de jeunes femmes chorégraphes (Jann Gallois, Oona Doherty) qui incarne un vrai renouveau féminin dans la création artistique internationale. Souvent issues du mouvement hip-hop, elles s’en éloignent et s’en émanci

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Les mères de Peeping Tom

Danse | « Moeder ne parle pas d’une mère, mais de plusieurs mères. On parle de la maternité, de l’absence, du manque. La pièce fouille dans la mémoire et (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 12 septembre 2017

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« Moeder ne parle pas d’une mère, mais de plusieurs mères. On parle de la maternité, de l’absence, du manque. La pièce fouille dans la mémoire et dans le subconscient pour mettre à jour ce que la mère porte comme désirs, peurs, souffrances ou violence » explique Gabriela Carrizo, dont ce sera la troisième visite à Lyon avec sa compagnie Peeping Tom, qu'elle a fondée à Bruxelles en 2000 avec son complice Franck Chartier, dans la foulée de Caravana, une première pièce commune créée l'année précédente. Dans le dossier de présentation de cette œuvre créée en 2016 et présentée à la Maison de la Danse, elle explique : « je voulais un décor qui puisse représenter plusieurs espaces, à l’image de la multiplicité des mères. L’action se déroule dans un musée, mais qui peut aussi être vu comme un lieu d’exposition privé, où seraient exposés des tableaux et des photos de famille. » Elle est née en 1970 en Argentine et, après une formation en danse contemporaine, a émigré en

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Les immanquables de la saison danse

Sélection | Cinq spectacles pour lesquels la réservation se fait sans hésitation.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 5 septembre 2017

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Le lynchien : Moeder de Peeping Tom Après Vader ("le père"), la surprenante compagnie flamande Peeping Tom présente Moeder, deuxième volet de la trilogie Père-mère-enfant. Cette nouvelle pièce, toujours très inspirée par l'esthétique cinématographique et le vacillement entre rêve et réalité de David Lynch, nous entraînera dans des lieux aussi différents qu’un service de maternité, un salon funéraire, un musée ou un studio d’enregistrement ! À la Maison de la Danse les 13 et 14 septembre L'associé : East Shadow de Jiří Kylián Le grand chorégraphe tchèque, Jiří Kylián (artiste associé au Ballet de l'Opéra) présente aux Subsistances un duo récent, créé en hommage aux victimes japonaises du tremblement de terre de 2011. Autour d'une table, à l'aube de la vieillesse, deux interprètes tentent de parer au désastre (intime et extime) sur des airs de Schubert et un texte lu de Samuel Beckett (Neither)... Aux Subsistances ​du 27 au 29 septembre Le populaire :

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Ces corps politiques

Festival Sens Dessus Dessous | En dépit des apparences et des idées reçues, le corps et la danse ont des liens assez directs et forts avec le politique et la vie de la cité. Le 6e Festival Sens Dessus Dessous réunit plusieurs chorégraphes sensibles à ces questions.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 28 février 2017

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Si vous êtes un lecteur du philosophe Michel Foucault, de l'anthropologue Marcel Mauss, du géographe Michel Lussault, ou tout simplement du Petit Bulletin (notre récent entretien avec Boris Charmatz), les liens entre danse, corps et politique n'ont pour vous plus rien d'étonnant ni de paradoxal. Rappelons les mots très simples que le chorégraphe Boris Charmatz employait dans nos colonnes pour en donner un exemple à la fois emblématique et actuel : « La danse peut rassembler beaucoup de gens dans le but de se questionner, de se remettre en mouvement, d'essayer des choses et de changer des postures. À l'heure où notre société est figée par le terrorisme, le chômage, la sécurité, la privatisation, la danse donne des possibilités d'assouplissement. »

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Rentrée danse 2016 : on the beat

SCENES | Après un bel automne, la saison danse accélère encore le rythme en 2016 et s'ouvre avec le nouveau festival des Subsistances, Le Moi de la Danse, (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 5 janvier 2016

Rentrée danse 2016 : on the beat

Après un bel automne, la saison danse accélère encore le rythme en 2016 et s'ouvre avec le nouveau festival des Subsistances, Le Moi de la Danse, du 14 janvier au 7 février. L'événement questionnera la notion d'identité à travers les œuvres de jeunes chorégraphes : le Lyonnais Alexandre Roccoli, le Portugais Marco Da Silva Ferreira, les inclassables Cecilia Bengolea & François Chaignaud... Maguy Marin viendra aussi y donner une conférence avant de reprendre à Lyon plusieurs de ses pièces : son chef-d'oeuvre May B autour de l'univers de Beckett (du 29 février au 2 mars à la Maison de la Danse), Umwelt (du 3 au 6 février à Ramdam), l'intrigant Singspiele (au TNP du 16 au 24 mars) et sa dernière grande création Bit (au Toboggan les 4 et 5 mars). Du côté des festivals "habituels", on retrouvera Sens Dessus Dessous à la Maison de la Danse du 15 au 19 mars avec une multitude de chorégraphes émergents et une compagnie phare (les Franco-Belges de Peeping Tom qui, avec Vader, nous plongent dans l'ambiance mi-réelle mi-onirique d'une maison de retraite) ; Chaos Danse, consacré à la je

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La saison 2015/2016 de la Maison de la danse

ACTUS | De New York à Séoul, du conte philosophique à la relecture de ghetto movie, de la rumba au baroque : à la rentrée, la volonté de Dominique Hervieu de présenter la danse sous ses formes les plus variées ne faiblira pas. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Lundi 27 avril 2015

La saison 2015/2016 de la Maison de la danse

Heureux soient ceux qui ont manqué l'arrivée de Maguy Marin à Ramdam, elle sera à l'honneur du prochain "Archipel" de la Maison de la danse. Succédant à Découflé, elle reprendra son chef-d’œuvre May B et Bit, sa création pour la Biennale 2014 (fin février début mars), ainsi que Singspiele, dernier spectacle co-écrit avec David Mambouch qu'elle présente justement à Ramdam cette semaine (mi-mars, au TNP). La saison 2015/2016 de la Maison de la danse sera marquée par trois autres temps forts. D'abord, un mois (novembre) de festivités autour de New York. Jean Lacornerie et les Percussions Claviers de Lyon y reprendront leur remarquable version de la comédie musicale téléphonique Bells Are Ringing, tandis que le CNDC Angers dansera, notamment, un Event (un patchwork de fragments de chorégraphies) du maître post-moderniste Merce Cunningham. Surtout, on y retrouvera Bill T. Jones le temps d'un pur exercice formel autour du Quatuor de Ravel et de La Jeune fille et la mort de Schubert, et le très en vue Kyle Abr

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Jean-Emmanuel Denave | Mardi 24 mars 2015

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C'est pour le moins un sacré début de printemps qui s'annonce à Lyon dans le domaine de la danse avec, notamment, la reprise de May B, chef-d’œuvre de Maguy Marin, au Ramdam (du 7 au 11 avril) et la transmission de Drumming Live, pièce majeure d'Anne Teresa de Keersmaeker, au Ballet de l'opéra (du 7 au 11 avril). Auparavant, deux festivals regroupés sous l'intitulé "Printemps de la création" permettront aux amateurs de découvrir une multitude de chorégraphes émergents ou d'artistes proches de la danse. Á la Maison de la danse et hors ses murs, Sens dessus dessous nous fera voyager de l’œuvre choc de Christian Rizzo inspirée du folklore turc à la mémoire de l'Afrique du Sud chorégraphiée par Gregory Maqoma en passant par le plus local mais toujours drôle et truculent Denis Plassard. Le Lyonnais reprend Chalet d'après un texte d'André Baillon, œuvre dépeignant avec humour le quotidien d'un hôpital. Aux confins de la danse, le duo Your Majesties met lui en mouvements le discours de Barack Obama pour la réception du Prix Nobel de la paix en 2009, tandis que le trublion Antoine Defoort se lancera dans une désopilante conférence

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Aux bords de la folie

SCENES | L'art, la danse et l'écriture qui aspirent à la transe, au mouvement des identités et des images, courent aussi le danger de l'informe, du trou noir d'un (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 25 mars 2014

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L'art, la danse et l'écriture qui aspirent à la transe, au mouvement des identités et des images, courent aussi le danger de l'informe, du trou noir d'un miroir sans reflet. Le fondateur des Ballets C. de la B. (entité trans-disciplinaire par excellence, entre danse et théâtre), Alain Platel, s'est souvent confronté aux bizarreries de l'hystérie et de la déraison. Vsprs par exemple, en 2006, en reprenait les gestes singuliers aux secousses spasmodiques. Platel se veut plus largement le défenseur d'une «danse bâtarde», demandant à ses danseurs de puiser leurs mouvements au moment où ils se «blottissent dans ce coin de cerveau encore préservé de toute civilisation». Sa nouvelle pièce, Tauberbach, part à nouveau sur les traces de la folie, avec l'histoire d'Estamira, schizophrène brésilienne ayant développé son propre mode de communication et survivant au milieu d'une décharge à Rio de Janeiro. «Tauberbach est l'histoire d'une femme qui est épluchée. Une femme qui mène sa vie à l'intérieur de sa tête mais qui, au fur et à mesure, découvre son corps» précise ainsi Koen Tachelet, dramaturge de la pièce. Si Alain Plate

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Douces transes

SCENES | Quand il n'est plus d'imitation, l'art de la danse met en mouvement et en transformation certitudes, représentations et identités. Sur le modèle de la transe, l'artiste multimédia Ulf Langheinrich, invité du festival Sens dessus dessous, et la chorégraphe Vânia Vaneau, programmée par Chaos danse, nous proposent, chacun à leur manière, un accès à la métamorphose. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 25 mars 2014

Douces transes

L'époque, vous l'aurez noté, est au "trans" : transculturalité, transnationalité, transdisciplinarité, transgenre, transidentité... L'étymologie latine indique qu'il s'agit d'une attirance pour «l'autre côté», anciennement celui des dieux et du surnaturel avec le chamanisme et les rites de possession, aujourd'hui celui de l'autre culture (métissage), de l'autre sexe, de l'autre à l'intérieur de soi (le «Je est un autre» de Rimbaud), de l'autre du réel (le virtuel, le simulacre numérique cher à Jean Baudrillard). Quand, dans son livre fracassant Les Renards pâles (Gallimard, 2013), Yannick Haenel imagine une insurrection politique, celle-ci prend la figure d'une grande marche tribale et masquée, proche de la transe, dont l'un des buts est d'échapper à la réduction à l'identique, au "même côté" : « Nous nous mêlions ainsi les uns aux autres, dans une confusion tranquille, sans chercher aucune unité. La communauté, si elle existe, déjoue la clôture ; et c'est ce qui avait lieu : l'absence d'identité absorbait l'espace ».   Le philosophe Michel Fouc

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La danse s’éclate

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Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 16 mai 2013

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Après le passé (le Boom des années 80), la Maison de la danse se tourne vers l’avenir avec le festival Sens dessus dessous. Et invite cinq compagnies «qui questionnent les formes scéniques, qui s’interrogent sur la fonction de l’art aujourd’hui et jouent avec les frontières des disciplines». On passera ainsi allégrement du nouveau one woman show (chant, danse, humour) d’Eugénie Rebetez, toute en rondeurs et truculences, aux manipulations mentales du magicien Thierry Collet ou à la "nature morte" dansée par le Nigérian Qudus Onikeku… Pour mieux brouiller les frontières encore, la compagnie belge Fabuleus reprendra son spectacle We Dance to Forget, fête déjantée nourrie pêle-mêle d'électro dancefloor, de rock et des grands classiques de la danse ! Au-delà de la révolte des chorégraphes de la non-danse des années 1990 (Alain Buffard, Boris Charmatz…), éclot une nouvelle génération d’artistes ouverts à bien des influences, bourrés d’énergie et n’hésitant pas à renouer avec l’expressionnisme, la narration, la "danse qui danse". On sera particulièrement attentif à la venue du Québécois Frédéri

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La saison des grands écarts

SCENES | Pour sa première saison à la tête de la Maison de la danse, Dominique Hervieu inaugure deux événements originaux tout en exécutant une sorte de grand écart. Grand (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 4 janvier 2013

La saison des grands écarts

Pour sa première saison à la tête de la Maison de la danse, Dominique Hervieu inaugure deux événements originaux tout en exécutant une sorte de grand écart. Grand écart entre un festival (Le Boom des années 1980) consacré à des figures historiques de la danse, et un autre consacré à une poignée de chorégraphes émergents (Sens dessus dessous du 24 au 27 mai), dont une nouvelle vague rock’n’roll venue du Québec (Frédérick Gravel). Entre-temps, on attend beaucoup de Luc Petton et de son Lac des cygnes (Swan, du 7 au 10 février) exécuté avec de vrais volatiles, du retour de la toujours époustouflante troupe néerlandaise du NDT2, et du spectacle inclassable du collectif bruxellois Peeping Tom, A louer (du 19 au 22 février) : une pièce hantée d’âmes perdues et à l’onirisme cinématographique, croisant danse, théâtre et chant ! Même grand écart de programmation à l’Opéra qui passera allégrement d’un focus alléchant sur l’américaine Trisha Brown (avec des pièces interprétées par sa propre compagnie et d’autres par le Ballet de l’Opéra, du 9 au 17 févrie

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