La saison danse 2016-2017 en un clin d'oeil

La Saison de la Danse | Même si les jeunes chorégraphes ont encore du mal à se faire une place à l'ombre de leurs aînés, la saison danse 2016-2017 s'annonce ouverte, riche et diverse. La fraîcheur des idées n'y sera pas forcément fonction de l'âge du capitaine...

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 6 septembre 2016

Directrice de la Maison de la Danse et de la Biennale de la Danse, Dominique Hervieu répète à l'envi et avec courage en ces temps de budgets culturels en berne, sa volonté d'accompagner et de stimuler la création chorégraphique. Un nouveau lieu est en cours d'élaboration et de réfection dans l'enceinte de l'ancien Musée Guimet... Reste qu'en jetant un regard rapide sur sa programmation et sur celles de ses confrères, on ne peut s'empêcher d'avoir un sentiment de déjà vu, voire de réchauffé.

C'est par exemple "l'archipel" de la Maison de la Danse consacré à Angelin Preljocaj, qui depuis plusieurs années se consacre davantage à l'esthétisme clinquant qu'à l'innovation. C'est la compagnie japonaise Sankai Juku qui viendra fêter ses quarante d'ans d'existence à la Maison de la Danse, alors qu'elle n'est plus que l'ombre de l'ombre d'elle-même, et plombe ce genre fascinant qu'est le butô en le singeant en pathos décoratif.

C'est encore le Ballet de l'Opéra qui s'associe, pour trois ans, avec Jiri Kylian... Un génie de la fluidité du mouvement certes, mais aura-t-il l'énergie d'un Emmanuel Kant, capable à soixante-dix ans de remettre totalement en question sa propre pensée avec La Critique de la faculté de juger ? Au Radiant, les plus nostalgiques d'entre vous pourront aussi voir Marie-Claude Pietragalla... En novembre, les Subsistances feront trois pas en arrière pour un curieux best of de pièces de danse et de théâtre (Phia Ménard, Les Chiens de Navarre...) qu'elles ont accueillies par le passé.

Une autre génération

Une génération en-dessous, et même s'ils tournent régulièrement sur les scènes françaises, nous serons heureux de retrouver ces chorégraphes dont l'âme créative bouge toujours. Tel Jérôme Bel qui présentera à la Maison de la Danse sa dernière pièce, Gala, et une autre plus ancienne, Cédric Andrieux. Dans la lignée de The Show must go on, Bel poursuit dans Gala sa déconstruction joyeuse du "théâtre" et sa mise en avant des singularités individuelles, professionnelles ou amateurs.

La deuxième édition du festival des Subsistances, Le Moi de la Danse, sera lui aussi l'occasion de retrouver des chorégraphes qui nous passionnent : la fougueuse Maud Le Pladec, le Suisse Thomas Hauert et l'électron libre de la danse française, Boris Charmatz... Nouvelle édition aussi du festival Sens dessus dessous à la Maison de la Danse avec des figures déjà connues (le circassien-poète Yoann Bourgeois notamment) et de jeunes chorégraphes engagés comme l'Israélien Arkadi Zaides ou la Rwandaise Dorothée Munyaneza...

Un autre esprit

À la Maison de la Danse, on retiendra encore trois temps forts signés par des chorégraphes en pleine ascension. Creusant le sillon de la danse-théâtre inaugurée par Pina Bausch, la canadienne Crystal Pite présentera Bretoffenheit, pièces pour six danseurs entre cabaret clownesque et virtuosité technique à la William Forsythe.

Dans un registre beaucoup plus cérébral et retenu, l'israélien Emmanuel Gat reprendra sa version du Sacre du printemps (2004) et dévoilera un nouveau duo. Rigueur et minimalisme sont aussi la marque de fabrique du Tao Dance Theater, compagnie chinoise inédite à Lyon.

Enfin, afin de ne pas paraître trop gérontophobes, signalons avec enthousiasme la venue à Lyon de l'Américaine Lucinda Childs qui viendra créer pour le Ballet de l'Opéra une Grosse fugue sur la partition de Beethoven. « Ce n'est pas de l'art que de faire une fugue : j'en ai fait par douzaines, à l'époque de mes études. Mais l'imagination réclame aussi ses droits ; et aujourd'hui, il faut qu'un autre esprit, véritablement poétique, entre dans la forme antique » déclarait à la fin de sa vie Beethoven à un ami violoniste.

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Lyon : les Ateliers de la Danse seront adossés au groupe scolaire Kennedy

Danse | L'opposition a grincé après l'annonce de l'abandon du projet d'Ateliers de le Danse dans l'ancien Musée Guimet. Ateliers qui seront relocalisés dans le 8e, sur le site du groupe scolaire Kennedy, tout proche de la Maison de la Danse. Une décision qui impacte par ricochet l'avenir du Musée Guimet mais aussi de l'ancienne ENSBA.

Sébastien Broquet | Mardi 20 octobre 2020

Lyon : les Ateliers de la Danse seront adossés au groupe scolaire Kennedy

L'annonce a bousculé et montré que les Verts et leurs alliés n'hésiteraient pas à aller à l'encontre des habitudes prises sous le règne Collomb et que les caciques de la culture lyonnaise devraient remettre leur trône en jeu : ainsi Dominique Hervieu, directrice de la Maison de la Danse, maîtresse de cérémonie de la Biennale de la Danse, l'incontournable pivot de tout ce qui touche à l'art chorégraphique dans la cité — et ce, avec un talent indéniable. Mais la voici challengée, de nouveau : son projet de Maison de la Danse à Confluence avait déjà été retoqué — non pas par les politiques locaux emmenés alors par Georges Képénékian et Gérard Collomb, qui défendaient le projet, puisque c'est le Ministère de la Culture qui avait refusé de suivre financièrement comme nous l'avait expliqué en juin dernier Georges Képénékian pendant la campagne élector

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5 spectacles de danse à ne pas rater cette saison

Danse | Cinq rendez-vous chorégraphiques à ne pas rater ces prochains mois… De la rétrospective concoctée en images de et par Jérôme Bel au spectacle limite de Sciarroni, en passant par les fantasmagories de Peeping Tom.

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 28 septembre 2020

5 spectacles de danse à ne pas rater cette saison

Triptyque Kylián Élégance, virtuosité, néoclassocisme : ces trois mots clefs pourraient définir l’œuvre gigantesque du chorégraphe tchèque Jiří Kylián. Pas moins de dix-sept de ses pièces sont inscrites au répertoire du Ballet de l’Opéra. Trois d’entre elles constitueront le programme du Ballet en novembre : Bella Figura et ses images théâtrales explorant la représentation scénique, l’aérienne Wings og Wax autour du mythe d’Icare, et Gods and Dogs où huit danseurs oscillent entre des pôles contraires, entre folie et normalité, maladie et santé, humanité et animalité… Jiří Kylián À l’Opéra du jeudi 12 au dimanche 15 novembre Jérôme Bel, en images et en texte « Rétrospective met en scène mes principales obsessions comme le corps, la culture, le langage, le pouvoir, la vulnérabilité et l’émancipation » dit de sa dernière pièce l’enfant terrible de la danse française Jérôme Bel. Une pièce qui est en l'occu

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La danse et ses doubles

Danse | Double programme avec le Ballet de l'Opéra : un duo lumineux signé Russell Maliphant et la pièce minimaliste historique de Lucinda Childs, Dance.

Jean-Emmanuel Denave | Samedi 9 novembre 2019

La danse et ses doubles

Il ne faudrait pas rester sur la très mauvaise impression de la création de Russell Maliphant pour le Ballet de l'Opéra de Lyon en septembre dernier... Et il suffit pour cela de (re)découvrir son duo électrique créé en 1998 et transmis au Ballet dès 2002, Critical Mass. Véritable « sculpture » d'ombres, de lumières et de sonorités techno, la pièce met face à face deux danseurs pour un « dialogue » qui relève tout à la fois du combat, de l'érotisme, de la sensualité. Le tout à travers une intensité chorégraphique de tous les instants, qu'ils soient fluides ou saccadés, lents ou effrénés... Minimalisme en fête En deuxième partie de son programme, le Ballet fera un bond (en arrière) dans le temps jusqu'à la fin des années 1970 avec la pièce phare de Lucinda Childs, Dance, créée sur une musique de Philip Glass et avec des images filmées réalisées par le plasticien Sol LeWitt. Soit, réunie autour d'une même oeuvre, la crème du minimalisme américain de l'époque ! Pièce pour 17 interprètes, Dance

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Une Biennale tonique avec Maguy Marin et Peeping Tom

Biennale de la Danse | La programmation de la prochaine Biennale de la Danse a été dévoilée cette semaine, et réunit, a priori, tous les ingrédients d'une édition réussie : risquée, créative, pluridisciplinaire.

Jean-Emmanuel Denave | Dimanche 10 juin 2018

Une Biennale tonique avec Maguy Marin et Peeping Tom

À deux exceptions japonaises près, la Biennale de la Danse 2018 est une Biennale européenne. Elle s'annonce donc moins exotique qu'à l'accoutumée, mais plus exigeante artistiquement, et plus aventureuse dans ses formes d'expression... L'un des fils rouges de cette édition est celui des liens entre la danse et les images, images issues des nouvelles technologies notamment. Ce fil rouge ira, par exemple, de l'utilisation par Merce Cunningham (1919-2009) du logiciel informatique DanceForms (mouvements et enchaînements générés par ordinateur) pour sa pièce Biped, à des créations s'étayant sur la réalité virtuelle par le chorégraphe suisse Gilles Jobin ou par le poète circassien Yoann Bourgeois (artiste très présent dans cette Biennale avec trois spectacles). 27 créations et premières Parmi les 42 spectacles programmés en salles, on compte 27 créations et premières françaises qui constituent le cœur de cette Biennale et, bien souvent, celui de nos attentes... Maguy Marin cré

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Bel et Buffard, les enfants terribles de la danse contemporaine

Non Danse | Une carte blanche donnée à Jérôme Bel, une reprise-hommage d'un chef-d’œuvre de Alain Buffard : la saison danse s'ouvre avec les plus exigeants et les plus talentueux des chorégraphes français. Retour sur deux figures dites de la non danse, qui sont d'abord et surtout deux artistes du corps et de la pensée en mouvement.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 5 septembre 2017

Bel et Buffard, les enfants terribles de la danse contemporaine

Le 21 décembre 2013, le chorégraphe Alain Buffard disparaissait sans que cela ne fasse la Une des journaux (mais pas dans l'indifférence totale de la presse pour autant). Pour les amoureux de la danse, pour les Lyonnais en particulier, c'est toute une série de souvenirs qui ont défilé ce jour-là, sur l'écran de nos mémoires : ceux de pièces atypiques, dérangeantes, expérimentales, pas toujours entièrement convaincantes, découvertes pour la plupart sur une petite ou une grande scène des Subsistances... Et, foudroyant et intact, s'est levé aussi le souvenir d'une pièce à part d'Alain Buffard, une fulgurance de noirceur et de travail complexe sur les ambiguïtés de la mémoire justement : Les Inconsolés, créée en 2005 aux Subsistances. Pièce résonant musicalement à nos oreilles de la superbe reprise du Roi des Aulnes de Goethe-Schubert par le chanteur travesti de cabaret Georgette Dee : « Mon fils, pourquoi caches-tu avec tant d'effroi ton visage ? / Père, ne vois-tu pas le Roi des Aulnes ? / Le Roi des Aulnes avec sa traîne et sa couronne ? / Mon fils, c'est un banc de brouillard.

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Grandes fugues : un trio pour un quatuor

Opéra de Lyon | Superbe affiche pour le Ballet de l'Opéra de Lyon qui interprète les trois Grandes Fugues de Maguy Marin, d'Anne Teresa de Keersmaeker et de Lucinda Childs. Cette dernière étant venue tout spécialement à Lyon pour y créer sa pièce.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 15 novembre 2016

Grandes fugues : un trio pour un quatuor

Maguy Marin, Anne Teresa de Keersmaeker, et maintenant Lucinda Childs... que de succès féminins pour Ludwig Beethoven et sa Grande Fugue, l'une de ses dernières pièces musicales, composée entre 1824 et 1825 ! Les trois grandes dames de la danse ont, chacune dans leurs univers dissemblables, été fascinées par ce quatuor à cordes, controversé à l'époque de sa création et aujourd'hui considéré comme le sommet de l’œuvre de Beethoven. Il y entremêle la puissance d'expression dramatique qu'on lui connaît à une forme de composition des plus complexes : une savante combinaison de sonate, de fugue et de variation, ainsi qu'une structure contrapuntique. Inventant sa danse au plus proche des partitions musicales qu'elle entreprend de travailler, on imagine alors la jubilation d'Anne Teresa de Keersmaeker devant un t

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Jérôme Bel fait valser les codes de la danse

Maison de la Danse | Apparu sur les scènes françaises au milieu des années 1990, le chorégraphe Jérôme Bel (né en 1964) devient immédiatement un trouble-fête, déconstruisant et décortiquant (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 8 novembre 2016

Jérôme Bel fait valser les codes de la danse

Apparu sur les scènes françaises au milieu des années 1990, le chorégraphe Jérôme Bel (né en 1964) devient immédiatement un trouble-fête, déconstruisant et décortiquant les codes de la danse et du spectacle, avec sens critique et sens de l'humour. Son grand œuvre, The Show must go on, créé en 2001, fera le tour de la planète, avec pour seule boussole cette question : « Pourquoi, à l'heure d'Internet et d'Hollywood, ça continue quand même le spectacle vivant, qu'est-ce qu'on fait là tous les deux (le performeur et le spectateur), qu'est-ce qui est en jeu dans cet espace-temps singulier, qu'est ce que cette co-présence vivante qu'on ne trouvera nulle part ailleurs ? » répondait-il dans un entretien au Petit Bulletin en 2007. Sa dernière création, Gala, s'inscrit dans le même sillage, entremêlant danseurs professionnels et danseurs amateurs recrutés sur Lyon. Mais ici Jérôme Bel interroge moins les standards

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Lucinda Childs, la danse toute nue

Danse | Regardez la danse et le mouvement se déployer en eux-mêmes, nous demandait le révolutionnaire Merce Cunningham. Regardez-les à l'état pur ou presque, sans (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 5 avril 2016

Lucinda Childs, la danse toute nue

Regardez la danse et le mouvement se déployer en eux-mêmes, nous demandait le révolutionnaire Merce Cunningham. Regardez-les à l'état pur ou presque, sans chercher à savoir ce qu'ils pourraient bien représenter, signifier ou exprimer ; à la manière dont un John Cage demandait d'écouter un son, ou certains artistes modernes de regarder une surface peinte. En 1964, sa pièce pour six danseurs Winterbranch fait scandale avec ses lumières éclatées et ses deux sons en continu créés par La Monte Young. Il ne s'agit pourtant pour Cunningham ((1919-2009) que d'explorer sous tous les aspects possibles les notions de chute et de redressement. Quinze ans plus tard, Lucinda Childs crée Dance en collaboration avec le compositeur répétitif Philip Glass. La pièce est une suite ininterrompue de phrases dansées quasi identiques, simples et légères, ponctuées de quelques solos. En devant de scène, sur un grand écran translucide, sont projetées de manière discontinue les images démesurées des danseurs en mouvement. La danse se dédouble entre réalité et présences fantomatiques, se répète à l'infini en une sorte de ronde hypnotique ; un pur déploiement de corps e

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Le Ballet fait sa révolution

SCENES | Jusqu'au 13 février au Toboggan, le Ballet de l'Opéra de Lyon présente Révolution(s), un programme rassemblant trois pièces de jeunes et fougueux chorégraphes (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 10 février 2016

Le Ballet fait sa révolution

Jusqu'au 13 février au Toboggan, le Ballet de l'Opéra de Lyon présente Révolution(s), un programme rassemblant trois pièces de jeunes et fougueux chorégraphes contemporains. On pourra y revoir Tout autour (2014) de Rachid Ouramdane et Sunshine d'Emmanuel Gat, et surtout, découvrir la nouvelle création de la chorégraphe portugaise Tânia Carvalho, figure montante de la danse contemporaine.

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«Montrer qu'il reste de l'espoir» - Interview d'Abou Lagraa

SCENES | À la Maison de la danse, Abou Lagraa s’inspire pour sa nouvelle création du fragment le moins religieux du plus pieux des livres, et le fait entrer en vibration avec le temps contemporain. Un sacré défi.

Vincent Raymond | Mardi 8 septembre 2015

«Montrer qu'il reste de l'espoir» - Interview d'Abou Lagraa

Vous ouvrez votre résidence et la saison de la Maison de la Danse avec Le Cantique des Cantiques, une création sous le signe du double — plus dans le sens de "conjugaison"» que de "dualité"… Abou Lagraa : C’est vrai. D’autant que je suis en co-création avec Mikaël Serre. C’est d’ailleurs la première fois que je travaille avec un metteur en scène : je ne pouvais pas ne pas travailler avec des comédiens et un metteur en scène autour d’un si beau poème, vieux de 2300 ans. On est dans une union parfaite sur scène : une danse de sensualité, de fluidité — très esthétique parce que j’aime cela — et des comédiens, tous ensemble autour d’un fabuleux texte métaphorique. Car si l’on regarde derrière Le Cantique…, il est question de liberté, de féminité, de l’homme qui a peur de la femme, de l’amour, du couple… Nous avons poussé un peu plus loin en parlant de l’amour en général, pour construire quelque chose d’accessible, de non élitiste. Ce texte est une parade amoureuse et rythmée, qui porte en lui des mouvements. Était-il évident de déduire des phrases chorégraphiques de ses phrases poétiques ?

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La saison 2015/2016 de la Maison de la danse

ACTUS | De New York à Séoul, du conte philosophique à la relecture de ghetto movie, de la rumba au baroque : à la rentrée, la volonté de Dominique Hervieu de présenter la danse sous ses formes les plus variées ne faiblira pas. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Lundi 27 avril 2015

La saison 2015/2016 de la Maison de la danse

Heureux soient ceux qui ont manqué l'arrivée de Maguy Marin à Ramdam, elle sera à l'honneur du prochain "Archipel" de la Maison de la danse. Succédant à Découflé, elle reprendra son chef-d’œuvre May B et Bit, sa création pour la Biennale 2014 (fin février début mars), ainsi que Singspiele, dernier spectacle co-écrit avec David Mambouch qu'elle présente justement à Ramdam cette semaine (mi-mars, au TNP). La saison 2015/2016 de la Maison de la danse sera marquée par trois autres temps forts. D'abord, un mois (novembre) de festivités autour de New York. Jean Lacornerie et les Percussions Claviers de Lyon y reprendront leur remarquable version de la comédie musicale téléphonique Bells Are Ringing, tandis que le CNDC Angers dansera, notamment, un Event (un patchwork de fragments de chorégraphies) du maître post-moderniste Merce Cunningham. Surtout, on y retrouvera Bill T. Jones le temps d'un pur exercice formel autour du Quatuor de Ravel et de La Jeune fille et la mort de Schubert, et le très en vue Kyle Abr

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Chronique d'une Biennale 1/3

SCENES | Débuts balbutiants de la Biennale de la danse : seules les expérimentations d'Emmanuel Gat et les acrobaties virtuoses de XY nous ont mis un peu de baume au cœur cette semaine. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 16 septembre 2014

Chronique d'une Biennale 1/3

La puissance de narration, à partir d'images et de sons, appartient depuis longtemps au cinéma (de fiction ou documentaire). On peut le regretter ou non, mais force est de le constater. Il y a conséquemment quelque chose de tragi-comique à voir certains plasticiens, metteurs en scène ou chorégraphes s'échiner à vouloir nous raconter des histoires ou à concurrencer les modes de narration cinématographiques. On a de l'empathie pour un Thomas Ostermeier frustré de ne pas être Rainer Werner Fassbinder (ce qui ne l'empêche pas de faire régulièrement figure d'intouchable dans ces pages), et l'on a souffert à la Maison de la danse de voir le chorégraphe Lloyd Newson mimer un Ken Loach...   Chez le metteur en scène allemand comme chez le chorégraphe australien, le plateau tourne : gimmick mimant le "ça tourne" du cinéma, mais n'empêchant pas les choses de tourner en rond, même si les mots sont rudes et les propos crus, jusqu'au plus infernal des cercles de l'ennui. Le récit bavard de John est tissé de témoignages réels et passe de situations sociales dramatiques à de sor

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Retour aux sources

SCENES | Neuf danseuses et neuf danseurs, nus, entrent et sortent d'une scène baignée de pénombre, au rythme lancinant d'un tambour pendant... quarante-cinq (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 2 janvier 2014

Retour aux sources

Neuf danseuses et neuf danseurs, nus, entrent et sortent d'une scène baignée de pénombre, au rythme lancinant d'un tambour pendant... quarante-cinq minutes ! La première partie de la Tragédie d'Olivier Dubois (créée au Festival d'Avignon 2012 et présentée à la Maison de la danse les 26 et 27 février) annonce un début d'année chorégraphique sous les auspices du retour aux sources, qu'elles soient minimalistes et essentielles ou bouillonnantes et pulsionnelles (Tragédie se poursuit ensuite en une véritable explosion des corps). Plus posé et moins tonitruant, Emmanuel Gat prolonge avec Goldlandbergs (les 16 et 17 avril à la Maison de la danse), pièce composée à partir d'une émission radio de Glenn Gould et de son interprétation des Variations Goldberg de Bach,  ses recherches entre danse et musique, pour tendre vers une certaine pureté gestuelle, faite de délicatesse et d'extrême précision. Dan

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Les moments forts de la saison danse 2013/2014

SCENES | Un Toboggan dont on ne connaît pas encore la programmation, un Ballet de l'Opéra qui reprend un génial mais énième opus de William Forsythe, une Maison de la Danse qui ouvre sa saison avec Benjamin Millepied... Le début de l'année chorégraphique n'est pas des plus fous. Les choses devraient toutefois s'arranger par la suite. La preuve en dix rendez-vous. Jean-Emmanuel Denave et Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 10 septembre 2013

Les moments forts de la saison danse 2013/2014

Limb's Theorem Créé en 1990, transmis au Ballet de l'Opéra en 2005, «le théorème des limbes» (limb pouvant aussi désigner le bord ou le membre, polysémie dont joue le chorégraphe) est l'une des pièces phares du grand William Forsythe. Inspiré par l'architecte Daniel Libeskind et les écrits du philosophe Wittgenstein, il y plonge ses interprètes dans des jeux de pénombre et de clair-obscur parmi un dispositif spatial et "machinique" complexe et parfois infernal. Le tout baigné de la bande sonore de son complice Thom Willems, oscillant entre musique et drones assourdissants. Une pièce aussi folle que réglée au cordeau, qui se tisse d'oppositions entre l'humain et la technique, la forme et le chaos, la danse et l'enfer mécanique.A l'Opéra, du 13 au 19 septembre  

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Avignon - Jout 6 - Gloire au spectacle vivant !

SCENES | "Cour d’honneur" et "Place du marché 76"

Benjamin Mialot | Vendredi 19 juillet 2013

Avignon - Jout 6 - Gloire au spectacle vivant !

On écrit souvent tout le bien que l’on pense du travail de Jérôme Bel, chorégraphe atypique de la scène française, adepte notamment d’une forme proche du spectacle-documentaire. Au fil des ans, l'instigateur du hit The Show Must Go On a ainsi construit diverses créations pensées autour de la figure d’un danseur – Véronique Doisneau du Ballet de l’Opéra de Paris, Cédric Andrieux de la compagnie Merce Cunningham... Un danseur qui donne son nom au spectacle et qui, sur scène, évoque sa vie tant personnelle que professionnelle, notamment en rejouant des extraits des pièces auxquelles il a participé – ce qui permet à Jérôme Bel d’affirmer crânement n’avoir jamais écrit un seul pas de danse.Suivant toujours cette logique et désirant imaginer un spectacle sur «la mémoire d’un lieu, d’un théâtre», Jérôme Bel a conçu Cour d’honneur : oui, car quel plus beau théâtre que la Cour d’honneur du Palais des papes, place centrale et majestueuse de l’incontournable Festival d’Avignon ? Pour évoquer cette mémoire, après plusieurs pistes de réflexion (il voulait d’abord interroger tous ceux qui travaillent dans le lieu), Bel a fait appel au

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Du mouvement dans la danse

SCENES | Comme dans les théâtres, de nouvelles têtes apparaissent à la direction des structures chorégraphiques. Un vent frais dont on ne percevra les effets que progressivement dans le temps… Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 1 septembre 2011

Du mouvement dans la danse

Belle leçon de déontologie : Maguy Marin a quitté le 1er août la direction du Centre Chorégraphique National de Rillieux-la-Pape, après 13 ans de travail de fourmi dans cette banlieue défavorisée et sans s’y accrocher interminablement. A 60 ans, la chorégraphe se lance donc, avec sa compagnie, dans de nouvelles aventures, reste pour l’instant installée à Lyon, et se met en danger… Enfin pas trop cette année vu le succès critique (fort mérité) de sa dernière pièce Salves et la tournée impressionnante qui en découle cette saison (du 3 au 5 avril au Toboggan de Décines par exemple). Maguy Marin fera aussi un retour très attendu à l’Opéra pour la création d’une pièce avec l’ensemble du Ballet… Elle lègue à son successeur au CCN, Yuval Pick, un bel outil de création, de résidence et d’échanges. Le jeune quadragénaire d’origine israélienne a certes une aura artistique moindre que Maguy Marin et des engagements publics moins marqués, mais il compte sur sa fougue, son énergie, son univers plus sensible et intuitif que conceptuel, pour créer des liens et des étincelles artistiques à Rillieux-la-Pape. À suivre prochainement à travers les ouvertures publiques, les représentations et les ateli

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King, Valli, le grand écart

SCENES | Danse / La Maison de la danse programme en parallèle deux chorégraphes aux univers très contrastés que l'on peut voir le même soir, si l'on apprécie les grands (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 10 décembre 2010

King, Valli, le grand écart

Danse / La Maison de la danse programme en parallèle deux chorégraphes aux univers très contrastés que l'on peut voir le même soir, si l'on apprécie les grands écarts artistiques... Avec, à notre droite, Alonzo King considéré par William Forsythe comme l'un des grands maîtres de ballet de notre temps. L'Américain a créé sa compagnie à San Francisco en 1982 et insuffle depuis au vocabulaire classique une gestuelle des mains et des bras très personnelle, époustouflante de vitesse et de fluidité. Il reprend à Lyon sa "Shéhérazade" (2009) adaptée de la pièce originelle de Michel Fokine de 1910, et dévoile sa toute dernière création pour onze danseurs, sur des musiques lyriques (interprétées sur scène) de Brahms, Fauré, Haendel, Schubert... À notre gauche, la plus jeune et beaucoup moins connue Perrine Valli, née à Aix-en-Provence en 1980. Dans «Je pense comme une fille enlève sa robe», titre emprunté à Georges Bataille, la chorégraphe se lance dans d'étranges variations autour du thème de la prostitution. Passant de l'abstraction gestuelle la plus totale à des saynètes très imagées et érotiques, dont un strip-tease à l'envers ! Son duo est une petite merveille d'inventivité artistique,

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30 ans de danse maison

SCENES | Danse / Le 17 juin 1980 s'ouvrait à la Croix-Rousse la première salle de spectacle française entièrement consacrée à la danse, avec à sa tête un jeune journaliste de (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 3 juin 2010

30 ans de danse maison

Danse / Le 17 juin 1980 s'ouvrait à la Croix-Rousse la première salle de spectacle française entièrement consacrée à la danse, avec à sa tête un jeune journaliste de 33 ans, Guy Darmet. L'idée d'une maison de la danse avait été lancée trois ans auparavant par un enseignant, Lucien mars, et plusieurs chorégraphes lyonnais : Michel Hallet-Eghayan, Marie Zighera, Claude Decaillot et Hugo Verrechia. Depuis, l'institution s'est installée dans le Théâtre du 8e (en 1992) et, surtout, n'a cessé de voir s'accroître le nombre de ses abonnés (plus de 15 000 encore cette saison) et de spectateurs en général. Avec la Maison de la Danse, avec la Biennale, un public est né à Lyon pour la danse contemporaine, ce qui, après tout, n'était pas gagné d'avance. Ces trente ans d'existence seront fêté en deux temps et bien des mouvements, avec tout d'abord la reprise de Blue Lady de Carolyn Carlson. Cette pièce phare de la danse du XXe siècle, créée en 1983, a été transmise par la chorégraphe à son compatriote finlandais Tero Saarinen en 2008. C'est donc un homme qui reprend ce solo pourtant si féminin (et qui évoque jusqu'à l'enfantement), baigné de la musique allègre de René Aubry et enveloppé d

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Une saison en enfer

SCENES | Danse / La saison 2010-2011 de la Maison de la Danse regorge de grands spectacles a priori bien ficelés et attrayants : un "Lac des Cygnes" par le (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 7 mai 2010

Une saison en enfer

Danse / La saison 2010-2011 de la Maison de la Danse regorge de grands spectacles a priori bien ficelés et attrayants : un "Lac des Cygnes" par le Ballet de Perm, du cirque venu du Vietnam ou signé Aurélien Bory, la spectaculaire compagnie Momix... Mais cette saison a aussi une face plus sombre, plus érogène et plus osée qui, bien sûr, retient davantage notre attention... C'est notamment l'adaptation de "L'Homme à tête de chou" de Gainsbourg, interprété par Bashung juste avant sa disparition, et chorégraphié par le formidable Jean-Claude Gallotta, dont la gestuelle aux affects bruts et intenses n'hésite pas à s'aventurer jusqu'aux émois du sexe. C'est aussi la jeune chorégraphe Perrine Valli qui «pense comme une fille enlève sa robe» en hommage à Georges Bataille et en réflexion sur la prostitution, que l'on pourra découvrir dans la petite salle du Studio Jorge Donn (où l'on fait toujours d'intéressantes trouvailles). C'est encore la forte présence de l'école flamande avec la dernière création de l'inclassable et baroque Sidi Larbi Cherkaoui, un solo de Jan Fabre pour sa nouvelle égérie Artemis Stavridi à propos du suicide, un autre solo signé Lisbeth Gruwez (ex égérie de Jan Fabre

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Danse et cirque jusqu'au tournis

SCENES | La Maison de la danse fêtera en juin ses trente ans. Tout un symbole pour une ville qui, chaque année maintenant, déborde de propositions chorégraphiques (et circassiennes) en tous genres... Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 21 décembre 2009

Danse et cirque jusqu'au tournis

L'année chorégraphique 2010 commence fortissimo dès janvier ! Denis Plassard a la bonne idée de recréer sa pièce de 1998 inspirée du "Terrier" de Kafka (du 11 au 22 janvier au Théâtre Le Point du Jour). La taupe de l'écrivain tchèque est ici remplacée par un couple vivant dans un bunker pour se protéger, en toute paranoïa, du monde extérieur... Blanca Li s'empare, elle, du «Jardin des délices» de Jérôme Bosch (le 15 janvier au Toboggan) dans une création mêlant danse et vidéo, affres de l'enfer et plaisirs du paradis. Elle pourrait y croiser Emio Greco qui joue à Lyon (à la Maison de la danse les 20 et 21 janvier) le second volet de son adaptation de l'œuvre de Dante : après "Hell", le chorégraphe entame un solo parmi les limbes du Purgatoire en compagnie de trente musiciens interprétant "La Passion selon Saint-Matthieu" de Bach... Enfin, point d'orgue, du mois : la compagnie Sankai Juku revient à Lyon pour la recréation de l'un des «tubes» de la danse butô, «Kinkan Shonen» (à la Maison de la danse du 27 janvier au 3 février). Soit une sorte de cérémonial d'une stupéfiante beauté plastique, avec des mouvements d'une incroyable lenteur (un des signes distinctifs du butô, né au Japon

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Retraite à 62 ans

SCENES | En décembre 2010, Guy Darmet, 62 ans, quittera la direction de la Maison de la Danse et de la Biennale de la Danse. Un appel à candidatures (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 4 septembre 2009

Retraite à 62 ans

En décembre 2010, Guy Darmet, 62 ans, quittera la direction de la Maison de la Danse et de la Biennale de la Danse. Un appel à candidatures «international» a été lancé au mois de juin afin de recruter un remplaçant qui devra assumer la direction de la Maison de la Danse et de la Biennale.

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Jeune ballet du CNSMD de Lyon

SCENES | Danse

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 30 avril 2009

Jeune ballet du CNSMD de Lyon

C'est une tradition à la Maison de la Danse : en fin de saison (du 5 au 7 mai), la vénérable institution accueille les chorégraphes et danseurs de demain du Conservatoire National Supérieur Musique et Danse (CNSMD). Le jeune ballet (constitué de 19 danseurs en fin de cursus) présente cette année pas moins de cinq pièces... Les reprises de New Sleep de William Forsythe (le Forsythe des années 1980) et du duo RH99 de Julien Ficely. Et trois créations : Du Songe de Théodore du très néoclassique Pierre Darde, et deux pièces beaucoup plus contemporaines signées Gaetano Battezzato et David Drouard.

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Danse, un temps d'avance

SCENES | Le mois d'avril à peine terminé, le Ballet de l'Opéra et la Maison de la danse ont déjà dévoilé les programmations de leurs prochaines saisons. Coup d'œil subjectif sur les spectacles les plus attendus. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 24 avril 2009

Danse, un temps d'avance

Du côté de l'opéra, la saison 2009-10 bredouille et se répète un peu avec la reprise de pièces déjà présentées plusieurs fois (et néanmoins très belles) : Beach Birds de Cunningham, Set and Reset/Reset de Trisha Brown, Bella Figura ou One of a kind de Jiri Kylian, Giselle de Mats Ek... Heureusement, le ballet se lancera aussi dans des créations nettement plus osées avec des chorégraphes méconnus, tel Ralph Lemon, artiste américain né en 1952 et qui, contrairement à nombre de ses compatriotes, ne provient pas du courant de la post-modern danse mais de l'expressionnisme allemand ; ou encore avec les trois trentenaires anglosaxxons Jason Akira Somma, Otto Ramstad et Antony Hamilton... Par ailleurs, en novembre, les très grands interprètes Mikhaïl Baryshnikov et Ana Laguna (muse et épouse de Mats Ek) présenteront à l'opéra un programme somptueux (Mats Ek, Bejamin Millepied, etc.). Danse maisonLa Maison de la danse, quant à elle, fêtera ses 30 ans en juin 2010 et, d'ici là, proposera comme à l'accoutumée une saison bariolée et variée, allant du flamenco (Cie Antonio Gades notamment) au tango, en passant par quelques grosses comédies musicales, la reprise de l'ennuyeuse Blanc

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Têtes d’affiche et têtes brûlées

SCENES | Entre déferlement de stars et grincements de dents ou d’orteils des enfants terribles de la danse, le premier semestre chorégraphique s’annonce tout simplement palpitant ! Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 16 décembre 2008

Têtes d’affiche et têtes brûlées

Dès la semaine prochaine, la programmation de la Maison de la Danse débute fortissimo avec la grande chorégraphe allemande Pina Bausch (du 15 au 17 janvier). Elle présente à Lyon l’une de ses œuvres phares, Kontakthof (1978), transmise à 26 adolescents. Un théâtre dansé de la séduction, de l’érotisme et de la rencontre heureuse ou ratée, avec des mouvements tantôt linéaires et policés, tantôt délurés et incongrus. Incongru, Philippe Decouflé l’est sans doute lui-aussi. Mais dans Solo (du 28 janvier au 7 février), le chorégraphe se défait de ses frusques baroques et de son esprit de troupe pour se retrouver seul face à lui-même et à ses doubles projetés. Plus incongru encore, le créateur des Ballets C. de la B., Alain Platel crie Pitié ! (du 25 au 28 février) avec 10 danseurs, 4 chanteurs et 7 musiciens interprétant la Passion selon Saint Matthieu de Bach. Une création récente qui s’annonce aussi fêlée, éclopée et géniale que Vsprs présentée lors de la Biennale 2006. La Maison de la Danse programme encore trois grandes figures de la danse contemporaine : feu Maurice Béjart (à l’Amphithéâtre Cité Internationale du 11 au 18 mars), Alonzo King (du 19 au 28 mars) et, surtout, le japonai

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Corps et têtes brûlés

SCENES | À lier / La danse c'est aussi quelques chorégraphes barrés qui tordent et remuent le corps en tous sens pour mieux dégoupiller l'âme. Passage en revue de nos têtes brûlées de prédilection. Jean-Emmanuel Denave

| Mercredi 12 septembre 2007

Corps et têtes brûlés

Le chorégraphe le plus cinglé et casse-cou de la scène contemporaine est belge et se nomme Wim Vandekeybus. Courses effrénées de danseurs-amoks, lancers de javelots sur le plateau, constructions de briques pulvérisées en poudres fiévreuses, portés à l'arrache (où les filles soulèvent les mecs comme des poids plumes), prises de risques inconsidérés, percussions des interprètes comme des crash-tests : c'est peu dire de la danse de Vandekeybus qu'elle est physique, énergique, sulfureuse, indispensable. Elle vous claque au visage comme une explosion de muscles, et secouera la Maison de la Danse à l'occasion de la présentation de Spiegel (du 25 au 27 mars), une sorte de compilation de vingt années de créations signées Vandekeybus... Autre enfant terrible de la danse, au tempo plus apaisé mais aux créations tout aussi iconoclastes : Jérôme Bel. L'ancien assistant de Decoufflé pour la cérémonie des Jeux Olympiques de 1992 et l'ex-danseur de Preljocaj ou Daniel Larrieu, prend un malin plaisir à déboulonner les us et coutumes de la danse contemporaine pour en renouveler de fond en comble les formes. Danse en tubes, chimie d'émotionsÀ la poubelle donc virtuosité, technique, hiér

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La danse, à chaud

MUSIQUES | Portrait / Jérôme Bel transmet The Show must go on aux danseurs du Ballet de l'Opéra. Décryptage d'une pièce mythique avec son créateur, génie «sans qualités». Jean-Emmanuel Denave

| Mercredi 26 septembre 2007

La danse, à chaud

Résumons la situation : The Show must go on est une pièce-ovni, à la fois énorme et dérisoire, fulgurante et désinvolte, insufflant à la danse, à ceux qui la font comme à ceux qui la regardent, une folle bouffée d'oxygène. D'ailleurs, chez Jérôme Bel, la frontière est définitivement brisée : interprètes et public s'en vont danser, yeux dans les yeux, sur une sorte de grand plan horizontal, anonyme, libre, insensé, émouvant. Oui, répétons-le, un grand plan d'immanence avec ses zones de turbulences, ses devenirs en zigzags, ses trous noirs ou jaunes, ses pics d'intensités passant du coq à l'âne, ses petits moments un peu mornes et moches, ses grandes solitudes, ses déceptions, ses rédemptions douces, son flux sans esbroufe qui, envers et contre tout, continue, ne s'éteint jamais, ici et maintenant, dans une salle de spectacle, «avec des gens dans le noir qui regardent des gens dans la lumière». N'en révélons pas trop : vous verrez et entendrez les vingt-huit danseurs du Ballet de l'Opéra en tenue de tous les jours, technique et virtuosité laissées au vestiaire, des tubes universels (Beatles, Bowie, Piaf, Police, Paul Simon, Lionel Richie...) passés par un Dj et illustrés mot à mot pa

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