Les mots à vif de Valère Novarina

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 8 novembre 2016

Photo : © Pierre Grosbois


Du Discours aux animaux jusqu'au Vivier des noms, les titres des pièces de Valère Novarina indiquent d'elles-mêmes ce que traque l'auteur : cette vie du langage, cette prolifération des mots qui, à la fois, nous constitue et nous déborde, nous emmène ailleurs... Le langage est un corps et un champ de forces, le théâtre l'active et le rend visible, sensible, presque tangible. Mis en scène par Novarina, Le Vivier des noms (paru en juin 2015) est présenté au TNP du 14 au 16 novembre, et nous avons hâte de nous y plonger !


Le Vivier des noms

De Valère Novarina
Théâtre National Populaire 8 place Lazare-Goujon Villeurbanne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Dominique Pinon et le plaisir du jeu

Théâtre | À la manière de Maguy Marin dans sa nouvelle création Ligne de crête, l'auteur et metteur en scène Valére Novarina joue de la profusion. Ses mots, ceux de L'Homme hors de lui joués par Dominique Pinon, nous sont racontés par l'acteur. Entretien.

Nadja Pobel | Mercredi 19 septembre 2018

Dominique Pinon et le plaisir du jeu

Comment définiriez-vous cette langue si particulière de Valère Novarina, parfois mythologique, contemporaine, populaire, ancienne ? Dominique Pinon : C'est difficile à dire. Elle me paraît à la fois contemporaine et intemporelle. Elle est aussi biblique parfois – Valère est un spécialiste de la Bible. Ce n'est pas une langue savante du tout, c'est presque une langue pauvre. C'est une profusion de paroles pour remplir l'espace de la scène mais ce n’est n’est pas vain, ça a beaucoup de sens. Il est toujours question de la mort. J’aime ce télescopage de pensées et de mots et l'effet comique que ça produit, au sens noble du terme, sans vulgarité. Il y aussi une forme de stupeur. L'Homme hors de lui est un homme qui se regarde, c’est une espèce de duo entre lui et le spectateur, un jeu de miroir. Vous parliez de langue pauvre mais le vocabulaire n'est pas pauvre. Oui mais il y a plein de néologismes dans ses listes. Les noms qu'il invente, je les trouve géniaux. C'est très drôle. On a la sensation d'infini quand on lit ses textes, une parole qui se recrée, se régénère, qui rebondit l'une sur l'autre.

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Nos corps tissés de mots

CONNAITRE | Le dramaturge Valère Novarina est invité pour un grand entretien à la Fête du livre de Bron. Une œuvre majeure à (re)découvrir à cette occasion, où le langage et sa chair poétique sont le personnage principal.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 7 mars 2017

Nos corps tissés de mots

Depuis le début des années 1980, Valère Novarina poursuit une œuvre dramatique poétique et singulière. Il est, sans doute, ce qui est arrivé de plus déroutant et de plus créatif au théâtre contemporain aux côtés d'un théâtre du corps (Jan Fabre et la scène flamande) et d'un théâtre lyrique de l'extrême anglo-saxon (Edward Bond, puis Sarah Kane et beaucoup d'autres, scrutant la violence, la guerre, la folie...). Dramaturge et metteur en scène, Novarina a présenté la plupart de ses pièces au TNP à Villeurbanne, de L'Acte inconnu à, très récemment, Le Vivier des noms... Il vient de publier Voie négative, ensemble de textes de théâtre et de réflexions sur le langage. Car c'est bien de cela, du langage, dont parle et qu'entreprend de sonder jusqu'en ses confins et ses replis inconnus Valère Novarina : « La langue est notre autre chair vraie. Nous sommes tressés par son architecture invisible, mus par le croisement et le combat des mots ; nous sommes nourris de leurs intrigues, de

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