Un oiseau vert encadré

TNP | Créateur infatigable de grands spectacles jouissifs et épatants, Laurent Pelly trouve avec cet Oiseau vert de Gozzi une fable à sa mesure sans toutefois éviter quelques lourdeurs.

Nadja Pobel | Mardi 20 décembre 2016

Photo : © Polo Garat – Odessa


Depuis 1994 qu'on le voit s'amuser du théâtre et le rendre divertissant sans le bêtifier, Laurent Pelly est un phare dans cet art des planches qui parfois se prend au sérieux (c'est heureux) immodestement (ça l'est moins). L'opéra lui permet d'avoir la folie des grandeurs (Pour son Orphée aux enfers ou son Hansel et Gretel, il a notre gratitude éternelle) corrélée à son goût insatiable du divertissement. Pelly aime Offenbach, Shakespeare, Copi et Levin. Et tout fonctionne. Voilà que dans ce Théâtre national de Toulouse qu'il dirige pour un an encore, il a monté, en février 2015, cet Oiseau vert de Gozzi. Moins passé à la postérité — sinon pour L'Amour des trois oranges — que son rival Goldoni (dont Pelly avait adapté Le Menteur sur un plateau transformé en lagune), Gozzi est le réac' qui doute des Lumières, de la philosophie et de la pensée.

Il faut dire que dans le royaume qu'il invente, tout part à vau-l'eau : la reine-mère a fait disparaître sa bru dans l'évier et exigé la disparition de ses bébés jumeaux... récupérés par un couple sans le sou. Âgés de 20 ans, les voilà bien instruits, condamnant avec mépris l'ignorance de ceux qui les ont élevé jusqu'à ce qu'ils deviennent riches par magie et en oublient leurs préceptes. Le roi ne tarde pas à s'amouracher de celle qu'il ignore être sa fille. L'oiseau vert redistribuera les cartes dans le bon ordre.

« La philosophie, il faut la mélanger à la fantaisie »

Décorateur et costumier, en plus de son rôle de metteur en scène, Pelly imagine un terrain de jeu ondulé et des cadres de toutes tailles tombant des cintres pour circonscrire l'intrigue de façon trop systématique, mais aussi particulièrement drôle parfois (la drague aux balcons, supposés être en face-à-face mais latéraux sur le plateau). Cartoonesque, les comédiens en font trop comme demandé dans le meilleur des cas (fantastique Emmanuel Daumas en roi — acteur fidèle de Pelly, sa prolongation naturelle sur scène — ou Georges Bigot) ou le moins bon (des jumeaux timorés, une Marilu Marini sans limites) ; Pelly crée des gimmicks dans les déplacements bien sentis, tout comme sa complice Agathe Mélinand qui a retraduit le texte et pour l'occasion ajoute des répétitions verbales très comiques, quand elles ne sont pas parfois vulgaires.

Gros bémol : ces apparitions de statues cartonnées qui parlent. S'il ne cède pas au subterfuge de la vidéo et assure pleinement l'artisanat (manipulation manuelle et quasi à vue des cintres) de son travail, Pelly enserre là son spectacle dans une époque plus que révolue. Il a le défaut de ses qualités : cet Oiseau vert semble presque trop facile pour lui et il surfe sur quelques notions de savoir-faire plus qu'il ne fourmille d'idées (ah ces quelques féériques secondes de l'eau qui danse !) comme par le passé.

L'Oiseau Vert
Au TNP jusqu'au samedi 24 décembre


L'Oiseau vert

Fable philosophique de Carlo Gozzi, ms Laurent Pelly
Théâtre National Populaire 8 place Lazare-Goujon Villeurbanne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Un potager survitaminé

MUSIQUES | Offenbach lui va si bien. Laurent Pelly s'en amuse depuis des décennies ou presque avec notamment cet épatant triptyque Monsieur Chouflerie restera chez (...)

Nadja Pobel | Mardi 17 décembre 2019

Un potager survitaminé

Offenbach lui va si bien. Laurent Pelly s'en amuse depuis des décennies ou presque avec notamment cet épatant triptyque Monsieur Chouflerie restera chez lui / L'Île de Tulipatan / Le Petit voyage dans la lune. C'était en 2005 en itinérance dans Lyon. En 1998, il signait un Orphée aux Enfers royal dans des décors à couper le souffle, signés par la fidèle scénographe Chantal Thomas. La Vie Parisienne, La Belle Hélène, la Duchesse de Gérolstein, Les Contes d'Hoffmann suivront. Quand il monte en 2015 Le Roi Carotte, il va encore plus loin dans le plaisir du jeu et ne lésine pas sur les costumes, qu'il dessine comme dans chacun de ses travaux au théâtre ou à l'opéra, et affuble le ténor Christophe Mortagne d'une carotte à taille humaine très phallique. Car tout est poussé à son extrême dans cette adaptation de cet opéra-bouffe en trois actes créé en 1872. Lorsque la fée Rosée du soir est prisonnière dans un grenier, sur scène, elle est enserrée dans un gigant

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Nadja Pobel | Mardi 27 juin 2017

Le bagou de la Castafiore

Même le vieux théâtre a été envahi par un parking. Quelques petites voitures de ville rutilantes sont garées entre les poteaux soutenant les balcons et corbeilles... Le décor est symbolique d'un univers qui part à vau-l'eau. Rien ne va plus. C'est ici que se répète Romulus et Ersilia, jusqu'à ce que débarque la Mamma exigeant que sa chanteuse de fille ait un duo avec la prima donna. Laquelle s'insurge et part, faisant du même coup déguerpir le contre-ténor que la Mamma Agata se propose de remplacer au pied levé, provoquant des départs à la chaîne. Et une distribution de branquignoles. Dans cette Italie du mitan du XIXe siècle, le nom des chanteurs est plus important encore que l’œuvre jouée, la gestion des desiderata de chacun est la clé de voûte d'un spectacle réussi. Et la perspicacité de Donizetti, chef de troupe et directeur de théâtre, est de montrer toutes les strates de cette production avec le directeur du lieu, l'impresario, le poète, qui se désespèrent de cette situation délétère exposant les chanteurs à leur égotisme. « Où va aller cet opéra ? » Sans que cette pièce, dont Do

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Un "Roi Carotte" abracadabrantesque

MUSIQUES | Un roi un peu trop sûr de lui et bien peu soucieux de ses administrés se fait évincer du pouvoir par un légume humain, le roi Carotte, rendu aimable (...)

Nadja Pobel | Mardi 15 décembre 2015

Un

Un roi un peu trop sûr de lui et bien peu soucieux de ses administrés se fait évincer du pouvoir par un légume humain, le roi Carotte, rendu aimable par l’entourloupe d’une sorcière. Sur cette histoire délirante, Laurent Pelly signe des costumes aux petits oignons (à commencer par celui du rôle titre, très phallique et ludique) et une mise en scène en constant mouvement, s’autorisant toutes les folies des grandeurs. La princesse Rosée du Soir est prisonnière dans un grenier ? Voilà que la fidèle scénographe Chantal Thomas invente un gigantesque égouttoir. Fridolin doit passer par Pompei récupérer l’anneau de Salomon qui lui permettra de mettre fin aux pouvoirs de la sorcière ? Tout le chœur revêt des vêtements de l’Antiquité. Des fantaisies que relie l’adaptation de l’éternelle complice de Laurent Pelly, Agathe Mélinand, qui a même osé placer un train Intercité et un TGV dans le livret écrit par Victorien Sardou à la fin du XIXe. En faisant de ses personnages dépravés et inconséquents des gens de notre époque, Mélinand moque une classe dirigeante qui, ayant pour principe de «tourner avec le vent», pourrait bien être celle d’aujourd’hui. Si

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Laurent Pelly : «Mettre en images des rêves»

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Nadja Pobel | Mardi 15 décembre 2015

Laurent Pelly : «Mettre en images des rêves»

Vous souvenez-vous, quand en 1980, à 18 ans, vous avez fondé la compagnie Le Pelican, de l’idée que vous aviez du théâtre ? De pourquoi vous vouliez en faire ? Laurent Pelly : Je serais bien incapable de dire pourquoi, car les raisons sont sûrement profondes et psychanalytiques, mais c’est une vocation, c’est par amour du théâtre, tout bêtement, et par amour des œuvres. Et c’est ce que je continue à défendre aujourd’hui. Je me considère avant tout comme un artisan au service des œuvres. Ce que je préfère dans la vie, ce sont la littérature et la musique. C’est venu de là. Aviez-vous déjà cette idée de travailler particulièrement l’esthétique, le beau ? Ce sont des choses qui se sont affinées avec le temps. D’abord, il y a eu la rencontre avec Chantal Thomas qui date de la création de Tartuffe dans le Nord de la France, quand j’étais assistant dans un Centre Dramatique National, il y a 30 ans. Et je conçois toujours la mise en scène à la fois comme un travail très intime avec les acteurs mais aussi comme un objet visuel. Pour moi, c’est mettre en images des rêves. On a fait beaucoup de choses ensemble

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Peter Pan, Jean-Sébastien Bach et Matrix sont dans un bateau. Rien d’halluciné dans ces propos, juste une lecture aiguë de la nouvelle saison de l’Auditorium. Depuis l’arrivée du très décomplexé Jean-Marc Bador à la tête de la maison, la programmation s’affole, s’emballe et le choix semble si vaste qu’on pourrait s’y perdre. Il faudrait tout tester, devenir un mélomane glouton. Certains diront qu’il y en a pour tous les goûts, d’autres que, franchement, c’est trop. Partons de l’idée que la proposition est alléchante. Les portes se sont ouvertes sur l’inoxydable Symphonie n°9 de Beethoven dirigée par Léonard Slatkin. Cerise sur le gros gâteau, le public s'est vu investi d’une belle mission : chanter l’Hymne à la joie à tue-tête, avec ses tripes et ses convictions, acte quasi politique en ces temps où la fraternité entre les peuples est plutôt mise à mal – Jean-Marc Bador et Léonard Slatkin martèlent d'ailleurs d’une seule voix leur volonté d'«effacer les distances et gommer le temps» ; vaste ambition, utopie régalante. L’énigmatique pianiste Hélène Grimaud et l’indémodable Ton Koopman seront tous deux artist

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Comme chaque été depuis 2009, l’Opéra de Lyon propose de diffuser sur grand écran, gratuitement et parfois en direct, un spectacle phare de sa saison. Samedi 5 juillet, c’est ainsi le très festif Comte Ory de Rossini (1828) mis en scène par Laurent Pelly qui sera projeté sur les places et parcs de treize villes rhônalpines : Villefranche-sur-Saône, Lyon, Tarare, Ambérieu-en-Bugey, Nantua, Valence, Montélimar, Crest, Divonne-les-Bains, Thonon-les-Bains, Chamonix, Bellegarde-sur-Valserine et Usson-en-Forez. Le Comte Ory est un seigneur qui, loin du front des croisades, mène un combat intime visant à lui attirer les faveurs de la comtesse Anne. Il est pour cela prêt à user de tous les stratagèmes, allant jusqu'à se travestir en gourou puis en bonne sœur (!). À la manoeuvre sur ce qui constitue son presque trentième opéra, Laurent Pelly s’amuse à transposer l’intrigue de nos jours et joue surtout, avec une habileté sans pareille, avec la machinerie théâtrale, créant notamment un château dont défilent toutes les pièces sous nos yeux ébahis. À la baguette, Stefano Montanar, impulse lui un rythme soutenu, parachevant cette œuvre de 2h30 qui, bien qu'aboutie, ne se prend jamais

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Nadja Pobel | Mardi 25 février 2014

Le comte Pelly

Pour sa première incursion chez Rossini, Laurent Pelly, jusque-là fidèle parmi les fidèles des opéras-bouffes d’Offenbach, a choisi de s’amuser avec la comédie du Comte Ory. Le personnage éponyme est, selon les mots mêmes du metteur en scène, «un oisif, un déconneur». Replié sur le front intérieur alors que les croisades battent leur plein, il mène sa propre lutte : séduire la comtesse Adèle, sœur d'un seigneur croisé. Tous les moyens sont bons et notamment celui du travestissement : déguisé en gourou dans le premier acte, il prend les traits d’une bonne sœur dans le second, répétant les mêmes stratagèmes que précédement mais sous un costume différent. Le Comte Ory (1828) n’est pas un livret d’une grande finesse, loin de là. Tout y est sur-souligné, les chanteurs répétant encore et encore les mêmes phrases comme dans une comptine pour enfants. Tout se construit donc sur la capacité à assumer l’outrance des personnages et en cet art Laurent Pelly semble être passé maître. Pour se débarrasser des oripeaux de cette période ancienne, il a tout d'abord transposé l’action dans le monde moderne. Les croisades d’hier pourraient être l’Afghanistan d’auj

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Enfin ! Enfin le théâtre des Ateliers est sorti de son état végétatif. Et la relève est tout un symbole, puisque c'est Joris Mathieu, adepte de la vidéo, qui en a été nommé directeur à la place du fondateur Gilles Chavassieux (lequel ne créera plus dans ce lieu). Autre désignation importante, celle de Sandrine Mini au Toboggan à Décines. D’autres directeurs tireront eux leur révérence : Roland Auzet à la Renaissance, par envie de reprendre son travail de compagnie, et Patrick Penot aux Célestins, pour cause de retraite. C’est d'ailleurs dans ce théâtre qu’il sera possible de découvrir le travail de Mathieu avec Cosmos de Witold Gombrowicz (février). D'une manière générale la jeune génération (disons les moins de quarante ans) fera l'actu de la rentrée avec Mon traître d’Emmanuel Meirieu (voir page 16) au Radiant, Dommage qu’elle soit une putain de John Ford par Marielle Hubert au Radiant encore (plus tard en janvier), qui s’annonce d’une curieuse violence mêlée de douceur, mais aussi l’exceptionnelle venue d’Howard Barker à Lyon, convaincu par la comédienne Aurélie Pitrat du collectif nÖjd de m

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Des contes d'auteurs

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Nadja Pobel | Lundi 16 décembre 2013

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On ne compte plus les Offenbach montés par Laurent Pelly, ni même d'ailleurs les pièces, théâtre et opéra confondus, portés à la scène par ce Parisien qui aura laissé une forte empreinte au Centre Dramatique de Grenoble (où il fut associé puis directeur de 1994 à 2007) et officie désormais au TNT de Toulouse, qu'il dirige depuis 2008 avec son éternelle acolyte, la dramaturge Agathe Mélinand. En 1997, il n'a que 35 ans quand il se lance dans l'art lyrique avec Orphée aux Enfers. Un coup d'essai immédiatement transformé en coup de maître. Le metteur en scène a trouvé en Offenbach (dont il a monté huit pièces depuis !) la matière pour exprimer tout ce qui l'anime : une histoire solide en forme de millefeuille, au service de laquelle il peut créer des décors fourmillant d'idées et des costumes à la mesure de l'excellence de ses interprètes. Bref, du grand spectacle intelligent. L'opéra lui offre les moyens de son talent et Pelly le lui rend bien, donnant à cet art bourgeois une vitalité rare. En re-proposant Les Contes d'Hoffmann à deux mois d'une création mondiale dans ces mêmes murs de l'Opéra de Lyon (Le Conte Ory de Rossini en février), il mont

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Nadja Pobel | Vendredi 20 janvier 2012

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Première rencontre. Cette impression qui dessine les contours d’une personnalité : quelle énergie ! Quelle tchatche ! Et irrémédiablement l’envie de savoir qui se cache derrière. Au commencement, en 1974, Karim Demnatt est Karim Qayouh. Il naît en France de parents marocains venus chercher ici de meilleures conditions de vie. Maman est intendante de maison dans une grande famille autour de Roanne, papa travaille dans l’industrie automobile en banlieue parisienne. Rien ne destine Karim à passer sa vie sur les planches. Il est d’ailleurs plus pressé de pratiquer les sports de combat que d’accompagner ses copains au théâtre. C’est pour lui du haut de ses 15 ans,  «un truc de tapettes avec souliers vernissés». Mais les préjugés d’ado sont rapidement mis au placard : «Je m’approche du théâtre alors comme un animal craintif, à pas de loup comme s’il y avait un risque» et il découvre «que ça met de la beauté dans la vie, c’est comme un rapport amoureux». En route donc pour l’école de la Comédie de Saint-Etienne où il ne pense pas une seconde avoir réussi le concours d’entrée. Et pourtant si. Mais il reste à s’adapter à des gens pas comme lui, qui ne rêvaient

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Jacques Offenbach et Laurent Pelly : entre le compositeur et le metteur en scène, c’est une histoire d’amour comme on en voudrait toujours. Une alchimie totale, un duo de choc, une osmose qui traverse l’espace-temps. Offenbach compose sa Vie Parisienne voilà presque un siècle et demi. La satire qu’il fait de la société n’a rien perdu de son mordant ; troublant, car on pourrait croire qu’il est un de nos contemporains. Cette Vie Parisienne fonctionne à merveille parce qu’Offenbach croque avec justesse une société bouffie d’orgueil, remplie de ses petites convictions, engoncée dans des certitudes molles, truffée de rapports bling-bling au monde. Dans cette œuvre, les intrigues vont bon train, se chevauchent et s’interpénètrent. La musique d’Offenbach y est simplement délirante, légère, enivrante et entêtante. Dès la première, en 1866, elle a connu un succès phénoménal, triomphe magnifiquement orchestré par les directeurs du Théâtre du Palais-Royal d’alors. La finesse d’Offenbach et de ses deux librettistes (Meilhac et Halévy) a été d’offrir aux touristes le Paris qu’ils attendaient, son champagne, ses lumières, ses amours sans lendemain, tout en se moquant ouvert

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Nadja Pobel | Jeudi 1 septembre 2011

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En 1994 déjà, Laurent Pelly signait une mise en scène pour le jeune public, La Famille Fenouillard. Il n’était pas encore la star qu’il est aujourd’hui, réclamée dans toutes les salles du globe. Pas d’opportunisme donc chez lui lorsqu’il s’attelle à Sindbad le marin (créé au printemps au TNT de Toulouse qu’il dirige) mais une envie de partager son travail qui use du merveilleux et du fantastique. Les 8 et 9 novembre au Théâtre de Villefranche et du 16 au 18 décembre au TNG

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«On vit une époque de Restauration»

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Dorotée Aznar | Lundi 31 janvier 2011

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Petit Bulletin : Victor Hugo n’a pas souhaité monter «Mille Francs de récompense» de son vivant. Pourquoi choisissez-vous de mettre en scène cette pièce ?Laurent Pelly : Hugo n’a pas voulu monter cette pièce car le régime qui l’avait envoyé en exil était encore en place. Puis cette pièce est tombée dans l’oubli et n’a été créée qu’en 1966, soit cent ans après avoir été écrite. Depuis, elle a été montée à plusieurs reprises. Concernant mon choix, cela correspond au travail que je mène au TNT (Laurent Pelly est co-directeur, avec Agathe Mélinand, du Théâtre National de Toulouse Midi-Pyrénées (TNT) depuis 2008, NdlR), c’est-à-dire une volonté de montrer des pièces tout public, dans une grande salle. Je voulais un texte entre la comédie et le drame, même si «Mille Francs de récompense» est clairement une comédie. Au-delà de cette pièce en particulier, avez-vous découvert un auteur ?C’est essentiel d’entendre du Victor Hugo aujourd’hui : son intelligence, sa vision de l’humain fait froid dans le dos car en fait, les choses n’ont pas beaucoup évolué… Mais l’humanisme d’Hugo est vital ! Je n’avais jamais travaillé sur Hugo avant et j’ai aujourd’hui envie de m

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Dorotée Aznar | Lundi 7 juin 2010

À feu vif

Laurent Pelly est de retour. Cette fois, c’est à l’Opéra de Lyon que l’on pourra croiser le metteur en scène qui présente, jusqu’au mercredi 16 juin, "Hänsel et Gretel", adapté du conte de Grimm et sous la direction musicale de Johannes Willig. Crée en 2008 au Festival de Glyndebourne, cet opéra est présenté en langue allemande.

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Dorotée Aznar | Lundi 12 octobre 2009

Voyage en Italie

Il sont peu nombreux les metteurs en scène qui savent donner des comédies de haute volée. Laurent Pelly est de ceux-là. Il aime quand ça faire rire, mais un peu jaune, quand ça pique derrière l’apparente douceur. ‘Le Menteur’ de Goldoni était donc la pièce idéale. Le Docteur Balanzoni a deux filles à marier, Béatrice et Rosaura, la première courtisée par Ottavio, la seconde par le timide Florindo, élève du docteur. Mais l’arrivée de Lélio, un fils de marchand napolitain qui se fait passer pour un gentilhomme, va bouleverser les plans de chacun. De retour à Venise après vingt ans d’exil à Naples et un petit séjour à Rome, le jeune homme entreprend de séduire les deux filles du docteur avec force «inventions spirituelles». Les mensonges s’enchaînent et deviennent tellement énormes que l’intriguant Lélio ne peut finir que pris à son propre piège, amoureux et dépité... Coups de théâtre à répétition, quiproquos, situations absurdes, la pièce de Goldoni est drôle. Mais elle met également en scène des personnages sombres, légers, inconstants ou fous dont l’ambiguïté n’a rien à envier au menteur, coupable tout désigné. À la perfectionPelly figure une Venise décadente, tantôt en

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Dorotée Aznar | Vendredi 9 octobre 2009

Pelly, maître de la comédie

Petit Bulletin : Pourquoi avez-vous choisi de mettre en scène cette pièce de Goldoni ? Qu’aimez-vous dans ce ‘Menteur’ ?Laurent Pelly : Je connais cette pièce depuis très longtemps, j’ai une véritable passion pour Goldoni, LE maître de la comédie. Ce que j’aime dans cette pièce, c’est que –comme toujours chez Goldoni- l’intrigue est assez classique mais tous les personnages ont une saveur, une matière. Ce sont tous des imbéciles, sauf Lélio qui est un fou, et pourtant l’auteur les regarde avec beaucoup de tendresse. Et puis la thématique du mensonge est merveilleuse, elle est fédératrice et parle autant du théâtre que de la politique… Lélio est fou selon vous ? Lélio est le menteur, c’est l’homme libre, le rêveur, le poète, l’inventeur… dans une société étriquée. Il est fou car il ne peut pas s’empêcher de mentir, mais c’est également lui qui permet à tous les autres de ne pas s’ennuyer. J’ai choisi Simon Abkarian pour interpréter Lélio car c’est un acteur que l’on aime en deux minutes et qui pourtant a une noirceur en lui… Quant à Florindo, le seul homme vraiment sincère de la pièce, vous en faites presque un personnage de cartoon…La pièc

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Pelly royal !

SCENES | On imagine bien Laurent Pelly pleurant de joie en découvrant le texte d'Evguéni Scwartz, Le Roi nu. Ravi de mettre la main sur une pièce qui semble répondre (...)

Christophe Chabert | Mercredi 21 décembre 2005

Pelly royal !

On imagine bien Laurent Pelly pleurant de joie en découvrant le texte d'Evguéni Scwartz, Le Roi nu. Ravi de mettre la main sur une pièce qui semble répondre parfaitement à ses aspiration théâtrales, heureux que celle-ci soit encore quasi vierge de toute adaptation. Et pour cause ! Son auteur a vécu la censure soviétique, son conte de fée truculent étant aussi une redoutable satyre d'un régime totalitaire qui pue autant le nazisme que le stalinisme. Mais c'est d'abord la fantaisie qui l'emporte dans ce spectacle jubilatoire, la gravité étant effleurée avec une élégante désinvolture. Précision et profusion Même si la scénographie récrée un gigantesque environnement bureaucratique, s'il tombe des cintres une lampe à l'éclairage blafard pour un interrogatoire façon gestapo, c'est bien un conte de fée qui se déroule sous nos yeux. Un gardien de porc tombe amoureux d'une princesse simplette, mais celle-ci doit épouser un despote mégalomane et abruti ; pendant que les noces se préparent, le porcher et son camarade fidèle inventent un stratagème pour ridiculiser cette cour stupide, provoquant au passage une révolte démocratique. Un tel résumé passe sous silenc

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«Préserver l'idée de mystère»

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| Mercredi 25 avril 2007

«Préserver l'idée de mystère»

Vous avez souhaité créer un lien entre les deux opéras que vous mettez en scène, pourquoi ? Laurent Pelly : Ce n'était pas prémédité. Judith dans Barbe Bleue et la femme de La Voix humaine portent en effet le même costume, comme si elles n'étaient plus qu'une seule et même femme. J'ai voulu mettre les deux œuvres en lien, utiliser les mêmes moyens de narration, mais il n'y a pas une seule clé de lecture ! Les décors ont une importance toute particulière dans ces deux mises en scène... Dans La Voix humaine, le personnage se déplace peu, elle est enfermée dans son appartement, dans son angoisse et sa solitude. Je ne voulais pas représenter une chambre immense, mais utiliser la scénographie comme un cadre mouvant ; le décor se déplace pour «zoomer» sur le personnage, comme on pourrait le faire au cinéma. Dans La Voix humaine, je pense que le public ne peut être réceptif que s'il est en position de voyeur. La Voix Humaine, c'est du théâtre mis en musique. Cela demande un investissement de jeu très fort. Cela ne fonctionne que si l'interprète est aussi bouleversante que la musique. Dans Barbe-Bleue, vous avez travaillé sur l'évocation, vous ne montrez pas l'intérieur des chambres pa

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L'œuvre dans la peau

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Christophe Chabert | Mercredi 23 mai 2007

L'œuvre dans la peau

Pourquoi avez-vous choisi de travailler sur ce texte de Lewis Caroll ? Laurent Pelly : On avait envie de faire entendre ce texte dont on est amoureux depuis longtemps. C'est un ouvrage de référence pour nous, autour duquel on tourne. On n'avait pas envie d'en faire une adaptation, on voulait le texte brut. Notre idée était d'enlever l'imagerie jolie «Walt Disney» qui est collée au texte. Qu'incarne Christiane Millet, l'unique comédienne ? Laurent Pelly : On ne voulait pas fermer le texte. C'est comme en poésie : quand on se met à expliquer le poème, ça le tue. C'est pour cela que Christriane Millet pourrait être beaucoup de personnages différents : l'auteur, Alice qui a vieilli, la sœur... Agathe Mélinand : Ou une actrice qui doit jouer tous les jours Alice et qui est pleine de ce texte. Laurent Pelly : En travaillant, on s'est rendus compte qu'il n'y avait pas de choses positives, ni jolies dans le texte. Tout est frustration, embûches, peurs. Au bout du compte, pour moi, cette femme est une sorte de phénomène de foire enfermé dans une boîte et qui ne peut s'exprimer qu'à travers Alice. Une espèce de folie à l'image du texte. Car ce que j'aime particulièrement, c'est l'e

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