Côté salles : à l'Est, rien de nouveau

Direction Artistique | À Charlie Chaplin comme au Toboggan, voici venir deux directeurs pas si nouveaux : Mourad Merzouki et Victor Bosch, déjà à la tête d’autres salles. Cette concentration des pouvoirs menace-t-elle la diversité de l’offre ?

Nadja Pobel | Mardi 5 septembre 2017

Photo : © DR


Poussée vers la sortie avec force par la mairie de Décines, Sandrine Mini, qui a eu à cœur de défendre au Toboggan une programmation exigeante, a pris du galon : elle fait sa rentrée à la tête de la scène nationale de Sète. Fin de la belle histoire. Denis Djorkaeff, l'adjoint à la Culture, a fait appel à « une référence, à même de faire une programmation dans un temps record » comme il nous le confiait en mars dernier, en même temps qu'il annonçait la venue de Victor Bosch.

Depuis, le directeur du Radiant à Caluire a vu sa mission se préciser. Il est officiellement directeur artistique et programmateur du Toboggan pour une durée de trois ans. Soucieux « de ne rien casser de ce qui a été précédemment fait », il garde sa recette éclectique, tentant de répondre aux besoins de sa nouvelle tutelle de faire un théâtre de proximité avec un taux de remplissage de 80% et apport de Décinois (ou originaires du grand est lyonnais) de 50%, d'ici à deux ans, pour que les habitants trouvent chez eux ce qui les interessaient peut-être ailleurs. En l'occurrence au Radiant, serait-on tenté de dire : car au petit jeu des comparaisons, onze spectacles programmés à Caluire cette saison se retrouvent à Décines, soit un quart de la programmation.

De quoi s'inquiéter sérieusement quant à la pluralité de l'offre : on verra pour des tarifs quasi similaires et à quelques jours d'intervalle L'Être ou pas avec Pierre Arditi, À gauche, à droite avec le duo Huster/Laspalès, ou les one-man d'Alex Vizorek, Pierre-Emmanuel Barré et Vincent Dedienne. Les Décinois vont devoir débourser plus qu'auparavant (jusqu'à 40€). Sans douter du discours de Victor Bosch défendant toutes les cultures et le droit à l'accès au divertissement où que l'on vive (au Radiant, s'enchaînent un spectacle colombien de Sens Interdits et la folk de Fink), il acte ce que la mairie a voulu : supprimer cette année au moins la danse contemporaine, pour laquelle cette scène était conventionnée par la DRAC. Cette dernière n'a pas encore rendu son verdict concernant les 85 000€ versés annuellement jusque-là...

Deux pour cinq

Mais il y aura au moins du hip hop au Toboggan, via le festival Karavel, comme au Radiant, comme logiquement à Pôle Pik, à l'Espace Albert Camus de Bron et même au centre Charlie Chaplin. Le festival créé par Mourad Merzouki essaime sur toute la métropole et lui-même, directeur du CCN de Créteil jusqu'en juin 2019, en charge de trois créations en 2018 dont une encore en pourparlers avec les Nuits de Fourvière et une autre à la prochaine Biennale de la Danse, signe sa première programmation pleine à l'Espace Albert Camus, après qu'ait été opéré en 2016 le rapprochement de cette salle avec Pôle Pik en un Pôle en scènes.

Cette mutualisation aboutit à une programmation plus axée sur la danse et le cirque à Bron (Jamie Adkins, Petit travers, Yan Raballand…), le théâtre étant souvent à destination des enfants. Mais en mai, faisant preuve d'imagination, c'est la mairie de Vaulx-en-Velin qui l'a appelé pour fabriquer la saison du Centre Charlie Chaplin après plusieurs mois de problèmes internes. Il prend temporairement la suite d'Élisabeth Vercherat.

Lui ne fait aucun décalque de ce qui est déjà à l'affiche d'Albert Camus. Il va programmer le concert de Mouss et Hakim, anciens de Zebda, qu'il ne pouvait accueillir faute d'avoir une salle “debout”. Une vingtaine d'autres spectacles seront à l'affiche, alternant les disciplines avec les délicats circassiens de Lapsus, la danseuse Blanca Li absente depuis plusieurs années de l'agglomération et l'épatant Bounce ! de la compagnie Arcosm, qui avait été subrepticement déprogrammé au Toboggan justement au printemps par Denis Djorkaeff… Si l'on veut bien admettre que la dichotomie mauvais théâtre privé / bon théâtre public est infiniment caricaturale, il n'en demeure pas moins que dans toutes les salles évoquées, le théâtre public est quasi absent, laissant place ici à Éric Métayer et Alex Michalik. Pour, au moins ici, un prix modique.

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Décines : à l’Est, du nouveau

Avant-Première | La rentrée des salles se poursuit sur tous les écrans de la Métropole. Au tour des Alizés de Bron de proposer une soirée spéciale à destination de ses adhérents, avec (...)

Vincent Raymond | Vendredi 25 septembre 2020

Décines : à l’Est, du nouveau

La rentrée des salles se poursuit sur tous les écrans de la Métropole. Au tour des Alizés de Bron de proposer une soirée spéciale à destination de ses adhérents, avec une séance mercredi 23 septembre à 19h30 du film Les Apparences et un buffet (si vous voulez y assister, bah adhérez). Toujours à l’Est, le Toboggan de Décines fait coup double avec deux avant-premières et donc deux soirées inaugurales pour cette nouvelle saison : ADN de Maïwenn jeudi 24 à 14h et Un triomphe d’Emmanuel Courcol le lendemain à 19h — un duo se parant du label Cannes 2020, au passage. Chacune des séances étant accompagnée d’une présentation des temps forts à venir pour la saison. Là, il suffit juste de prendre son billet.

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Musiques actuelles : légende d'automne

Covid-19 | Sans aucune visibilité quant à leur conditions d'ouverture pour la rentrée, les diffuseurs de musiques actuelles, pour la plupart désœuvrés, oscillent entre optimisme mesuré, méthode coué et pessimisme radical, y compris à long terme. Un tableau guère réjouissant.

Stéphane Duchêne | Vendredi 10 juillet 2020

Musiques actuelles : légende d'automne

Pour savoir ce que les amateurs de musiques dites actuelles auront à se mettre sous la dent en cette ère pré-"post-Covid", on pourrait se contenter de jeter un œil aux agendas des différentes salles, où l'on trouve ça et là quelques dates (Épicerie Moderne, Transbordeur), parfois beaucoup (Radiant). Problème, ces agendas, en grande partie constitués de reports du printemps, sont pour Cyrille Bonin qui gère le Transbordeur : « un cache-misère ». Un trompe-l'œil même. Car si les discours et les réalités varient en fonction des modèles économiques et d'accueil, une réalité semble inéluctable, qu'énonce Benjamin Petit, coordinateur du Marché Gare : « rouvrir les salles dans les conditions de mesures sanitaires actuelles, c'est inenvisageable. Point. » Alors chacun bricole un peu. Le Ninkasi a maintenu son festival — en plein air du 5 au 13 septembre — et promet quelques concerts de groupes

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À Bourgoin, le théâtre entre deux eaux

Politique Culturelle | Arrivé en fin de contrat, le metteur en scène Thierry Bordereau quitte la direction du théâtre de Bourgoin-Jallieu, qui pour sa saison de transition 2020-21 verra, en partie, sa programmation assurée par l'omniprésent Victor Bosch.

Nadja Pobel | Mardi 17 décembre 2019

À Bourgoin, le théâtre entre deux eaux

Au terme de trois mandats et six années de direction, Thierry Bordereau quitte le théâtre municipal de Bourgoin-Jallieu car il aurait alors fallu « l'assimiler fonctionnaire » selon ce qu'exige la loi. Et la municipalité ne l'a pas souhaité, afin d'avoir « une offre plus en correspondance avec le projet de nouveau théâtre » selon Alexandre Carré, responsable communication de la ville de Bourgoin. Comprendre par là, s'ouvrir à d'autres champs artistiques que le théâtre et être plus "populaire", et pour cela, une personne est toute désignée en Auvergne-Rhône-Alpes : Victor Bosch. Le patron du Radiant de Caluire (via la délégation de service public attribuée à sa société) est déjà aussi aux manettes de la programmation du Toboggan de Décines, après le remerciement sans ménagement de Sandrine Mini en 2016. Le processus de nomination du successeur de T

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Chaplin fête Noël dans les salles du GRAC

Reprise | Chaque mois, le réseau des salles du GRAC compose un cycle autour d’une grande figure du patrimoine cinématographique. Or comme le bon sens l’impose, un (...)

Vincent Raymond | Mardi 26 novembre 2019

Chaplin fête Noël dans les salles du GRAC

Chaque mois, le réseau des salles du GRAC compose un cycle autour d’une grande figure du patrimoine cinématographique. Or comme le bon sens l’impose, un cycle, ça tourne — en l’occurrence, doublement : non seulement parce qu’il s’agit d’une succession de films autour d’un thème, mais aussi d’un programme itinérant, circulant dans les salles adhérant à ce groupement d’écrans régionaux. La fin d’année étant propice à l’évocation des figures enfantines ou familiales, à la célébration de la générosité et du partage, qui mieux que Charlie Chaplin (1899-1977) pour incarner ces valeurs humanistes et universelles ? Qu’il s’agisse de son personnage de Charlot, vagabond facétieux — coursé par une maréchaussée moustachue épaisse et scrupuleuse ou amoureux d’une pauvre aveugle —, ou de ses avatars successifs (coiffeur juif persécuté par un sosie dictateur, clown vieillissant sur le déclin…), Chaplin apporte toujours à ses contemporains le regard du naïf et la main secourable rendant le monde moins insupportable à vivre. M

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Villefranche, 5C, Point du Jour : leurs têtes tournent

Changements | Des directrices arrivent, le Point du Jour est prêt pour sa transition. Détails.

Nadja Pobel | Lundi 10 septembre 2018

Villefranche, 5C, Point du Jour : leurs têtes tournent

Point du Jour en suspension Gwenaël Morin a rendu les clés le 15 août du Théâtre du Point du Jour, cinq ans et demi après son arrivée. Son théâtre permanent aura été une expérience en décalage complet avec la profusion et le zapping pratiqués ailleurs mais a touché ses limites. En dépit des invitations faites au Collectif X, Philippe Quesne, Nathalie Béasse et Yves-Noël Genod, ce lieu a perdu une partie de son public et n'accueillait pas d'autres artistes que ceux cités. Cette saison, les Célestins y programment huit des neuf spectacles initialement destinés à la Célestine, inondée lors des crues de décembre dernier (une navette par car est mise à disposition des spectateurs chaque jour de représentation). Début janvier, une équipe artistique sera en place pour qu'une nouvelle saison émerge à la rentrée 2019. Parmi les candidats, figure Julien Poncet (Comédie Odéon) associé à Emmanuel Meirieu.

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Folia en folie pour ouvrir Nuits de Fourvière

Danse | Spectacle idéal pour ouvrir les Nuits de Fourvière sur le grand plateau, Folia combine le savoir-faire de Mourad Merzouki à la musique baroque des Concerts de l'Hostel-Dieu. Visite en coulisses.

Nadja Pobel | Mardi 29 mai 2018

Folia en folie pour ouvrir Nuits de Fourvière

« On dit que je fais des spectacles dits de divertissement. Mais ça ne me gêne pas, j'incarne ça et j'ai envie de le partager avec le public ». Mourad Merzouki est lucide. Nuits de Fourvière aussi, qui lui a confié l'ouverture du festival. Et c'est drôlement astucieux car Folia est le parfait spectacle populaire (hip-hop et musique baroque), de qualité (tous sur le plateau atteignent des sommets) sans trop être avant-gardiste non plus (la robe de la chanteuse émergeant d'une des boules du décor est so kitsch, mais visible du dernier rang de l'amphithéâtre). Bref, tout est à sa place. À la tête, depuis 2009, du Pôle Pik à Bron (devenu Pôle en Scènes en fusionnant avec l'Espace Albert Camus) et du CNN de Créteil, initiateur du festival Karavel en 2007, prochainement à la Biennale de la Danse pour présenter sa nouvelle création, Merzouki est sur tous les fronts avec un aplomb impressionnant. À Fourvière, il avait déjà fait un digest de ses premières œuvres et celles de ses comparses pionniers du hip-hop

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Le documentaire de retour au Toboggan !

Festival | Sans bouger du Toboggan, les Écrans du Doc vont vous faire voir du pays, de l’Afrique à l’Amérique. Une projection de Sugarland (dénonçant (...)

Aliénor Vinçotte | Mardi 6 mars 2018

Le documentaire de retour au Toboggan !

Sans bouger du Toboggan, les Écrans du Doc vont vous faire voir du pays, de l’Afrique à l’Amérique. Une projection de Sugarland (dénonçant l’omniprésence du sucre à travers l’expérience-limite du réalisateur Damon Gameau), sera suivie par une rencontre avec Perrine d’Orazio, diététicienne et nutritionniste. On notera aussi l’avant-première du film tunisien multiprimé, Au-delà de l’ombre, en présence d’une ancienne Femen tunisienne. Aucun dressing doc… code n’est exigé à l’entrée. Les Écrans du Doc Au Ciné Toboggan du 13 au 18 mars

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La saison des festivals est ouverte

Grand Lyon | Bientôt quadragénaire, le doyen des festivals de l’agglomération lyonnaise n’a rien d’un autarcique : depuis des années, il propose des séances délocalisées dans des (...)

Vincent Raymond | Mardi 14 novembre 2017

La saison des festivals est ouverte

Bientôt quadragénaire, le doyen des festivals de l’agglomération lyonnaise n’a rien d’un autarcique : depuis des années, il propose des séances délocalisées dans des salles amies : au Théâtre Astrée, à la MLIS et l’ENM de Villeurbanne, mais aussi au Comœdia, au Ciné-Meyzieu et au Ciné Mourguet de Sainte-Foy-lès-Lyon. La période coïncide également avec le lancement d’autres événements locaux d’importance, qui bénéficient donc d’une dynamique croisée : pas de rivalité entre les salles indépendantes ! Le Mois du Film Documentaire fait ainsi escale jusqu’au 30 novembre au Toboggan de Décines avec quatre projections agrémentées de débats. Grégory Gomes accompagnera Frères Ennemis qu’il a tourné dans la proximité d’un derby Lyon-Saint-É ; quant à Charlotte Pouch, elle racontera la genèse de Des bobines et des hommes, une (més)aventure humaine et industrielle. Plus au nord de la Métropole, le Ciné-Caluire programme son Festival du cinéma italien. Une semaine placée sous le signe de l’amour,

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Julien Clerc : 50 ans de carrière aux Nuits de Fourvière

Plus Loin | 50 ans déjà (ça file, non ?) que Julien Clerc promène son cœur de rocker et ses trémolos sur des scènes toujours plus acquises à sa cause. Pour fêter cela, (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 20 octobre 2017

Julien Clerc : 50 ans de carrière aux Nuits de Fourvière

50 ans déjà (ça file, non ?) que Julien Clerc promène son cœur de rocker et ses trémolos sur des scènes toujours plus acquises à sa cause. Pour fêter cela, "Julien" sera l'invité des Nuits de Fourvière, le 4 juillet prochain au Grand-Théâtre (on garde son calme les places ne seront en vente que le 16 mars à 14 h). À noter que cette même édition des Nuits s'ouvrira avec une pièce du chorégraphe Mourad Merzouki. Pour le reste de la programmation, en revanche, il faudra patienter encore un peu.

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Victor Bosch : « remplir le Toboggan »

Politique Culturelle | Reconduit à la tête du Radiant pour cinq nouvelles années, dépêché par la mairie de Décines pour assurer la programmation du Toboggan après le limogeage de Sandrine Mini, Victor Bosch a longuement pris le temps de nous raconter ses missions. Avec enthousiasme et verve. Digest.

Nadja Pobel | Mardi 4 avril 2017

Victor Bosch : « remplir le Toboggan »

Vous étiez le seul en lice pour briguer cette délégation de service public (753 000€ de subvention de la ville, en légère baisse) du Radiant après votre arrivée en 2012. Quels axes avez-vous mis en avant ? Victor Bosch : La continuation de ce que nous avions fait jusque là : ouvrir à 360 degrés et être très éclectique, car aujourd'hui Lyon a suffisamment de structures nobles (TNP, Maison de la Danse, Célestins, Opéra...) et la ville est fournie en culture de type "élitiste". C'est un terme que je n'aime pas... disons une culture plus en recherche, et je pense que c'est très bien d'avoir des endroits plus fédérateurs et en résonance avec ces institutions. Même si de plus en plus, j'essaye d'élargir à des créations pour amener le public à d'autres découvertes. On se meurt des clivages dans ce milieu. Quant à la subvention, elle se justifie avec les nombreuses actions de terrain que nous faisons. Elle représente 20% des 3 M€ de chiffre d'affaire. Y'a-t-il des tendances entre la répartition concert/spectacle vivant/one man show ? C'est très aléatoire. Il n'y a pas d’algorithme. Le Radiant reflète la société d

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Expo "Popcorn" : le design à l'écran

Design | À l'occasion de la Biennale du design, le Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Étienne jette un regard croisé sur les liens entre design et cinéma... Une exposition restreinte à peu de salles mais digne d'intérêt.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 4 avril 2017

Expo

Moins importante en quantité que nous l'espérions, l'exposition Popcorn est cependant une exposition réussie sur le plan qualitatif. Elle entrecroise art, cinéma et design en trois temps, respectivement dédiés aux thématiques du travail, de la conquête spatiale et du western. Rappelons que le design et le cinéma sont nés à peu près en même temps (en 1851 pour le design avec une exposition au Crystal Palace à Londres défendue par Sir Henry Cole ; en 1895 pour le cinéma avec la première projection des frères Lumière) et qu'ils partagent, à leurs débuts, la même réputation de sous-disciplines artistiques. Le cinéma est rattaché aux attractions et spectacles forains et le design au monde un peu sombre et encrassé de la technique et de l'industrie ! Bref, c'est en sortant peu à peu des "bas-fonds" que le cinéma comme le design gagneront leurs lettres de noblesse, qui ne sont plus remises en question aujourd'hui... Le travail à l'œil Bizarrement, c'est la partie la moins fun de l'e

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Des vagues au Toboggan

Politique Culturelle | Arrivée de Victor Bosch, déprogrammation de certains spectacles de fin de saison... la ville de Décines n'en finit pas de secouer le Toboggan après avoir déjà fait le vide dans la masse salariale et s'être séparée de sa directrice, Sandrine Mini. Le point sur la situation.

Nadja Pobel | Mardi 28 mars 2017

Des vagues au Toboggan

Ce pourrait être un épilogue apaisant. Mais il n'en est rien pour l'instant. Victor Bosch arrive au Toboggan comme directeur artistique, réclamé par la municipalité de Décines via l'adjoint à la culture Denis Djorkaeff afin, selon ce dernier, de « faire une programmation en un temps record. » Son type de contrat n'est pas encore connu, mais il devrait être là dans la durée et a été présenté à l'équipe la semaine dernière. Depuis un an, tout converge pour que Sandrine Mini, directrice depuis 2014 (en poste jusqu'au 30 avril) parte : réduction du budget de 27% par la ville (- 220 000€, voté le 2 février 2016), plan de restructuration drastique, débarquement de deux cadres (sur six) et une ambiance pour le moins intenable, selon les personnes concernées. En découle une inquiétude quant au devenir de cette salle âgée de vingt ans, qu'un collectif des amis du Toboggan a décidé de soutenir par une pétition ayant recueilli plus de 2500 signatures au printemp

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Sandrine Mini nouvelle directrice de la Scène nationale de Sète

Culture | L'ex directrice du Toboggan vient d'être nommée à la direction de la Scène nationale de Sète et du Bassin de Thau.

Nadja Pobel | Jeudi 16 mars 2017

Sandrine Mini nouvelle directrice de la Scène nationale de Sète

Audrey Azoulay, ministre de la Culture et de la Communication, a donné son agrément à la proposition unanime du jury de nommer Sandrine Mini à la direction de la scène nationale de Sète et du Bassin de Thau, en plein accord avec François Commeinhes, président de la Communauté d’agglomération de Sète et du Bassin de Thau, Kléber Mesquida, président du Conseil départemental de l’Hérault, Carole Delga, présidente du Conseil régional d’Occitanie, et René Spadone, président de l’association. Sandrine Mini propose pour cette scène nationale le lancement, notamment, d'un pôle de création et de diffusion dédié au jeune public, dans une ville qui abrite aussi la maison de Jean Vilar. À la tête de la scène conventionnée du Toboggan à Décines de 2014 à 2016, Sandrine Mini avait essuyé une baisse de budget drastique en provenance de sa ville de tutelle avant d'être

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Dominique Abel & Fiona Gordon : « ce qu’on fait en réalité, c’est du théâtre à l’écran »

Entretien | Clowns à l’écran et sur les planches, le duo Abel & Gordon se balade aux quatre coins de la capitale, occasion idéale pour tous les hommages et toutes les rencontres. Cartographie d’un univers partagé qui rend la réalité si triste et les pitres si beaux.

Julien Homère | Mardi 14 mars 2017

Dominique Abel & Fiona Gordon : « ce qu’on fait en réalité, c’est du théâtre à l’écran »

Avez-vous essayé de retrouver la fibre unique du réalisme poétique ? Dominique Abel : On s’inspire de ces films, même si on a trouvé nos propres lieux, qui dégagent une magie bien particulière : je pense à cette statue de la Liberté qui a été un vrai cadeau du ciel. L’idée de mettre un SDF qui plante sa tente à ses pieds, c’était chouette. On a été nourri par plusieurs styles différents, mais on adore le burlesque : Max Linder, Buster Keaton, Charlie Chaplin, Laurel et Hardy, ou les créateurs plus contemporains comme Kaurismäki. Mais nos goûts sont plus larges que ça. Emmanuelle Riva était-elle l’une de ces références ? D.A : On ne l’avait jamais vu dans un autre registre que celui du drame. Elle était très curieuse, vivante avec le rire incroyable d’une jeune fille de 14 ans. Elle faisait beaucoup de théâtre et nous, ce qu’on souhaitait, c’était de répéter pour atteindre une mécanique propre à notre jeu. À ça, e

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"Paris Pieds Nus" : recherche Martha désespérement

Et aussi | Qui aurait cru que l’ultime film d’Emmanuelle Riva, récemment disparue et abonnée aux drames intimistes, serait une farce enfantine ? Noyade, valse, Canada et Pierre Richard sont au programme de ce conte aussi déglinguant que déglingué.

Julien Homère | Mardi 7 mars 2017

Bibliothécaire dégingandée, Fiona débarque de son Canada natal pour chercher sa tante Martha dans Paris et son dédale avec l’aide de Dom, SDF loufoque et séducteur. Traversée d’une joie communicative, cette comédie raconte les péripéties de deux clowns dans toute leur grâce d’êtres inadaptés, hors des conventions sociales. Son charme provient autant de la candeur des comédiens que de ses effets de mise en scène élégants et efficaces, servant à souligner un gag ou à le révéler complètement. Il faut voir la scène où Dom s’enroule dans un câble électrique à un restaurant, suivi d’un plan avec une fourchette s’entourant de spaghettis à une table voisine pour mesurer la force de ce mélange harmonieux entre le théâtre, le cirque et le cinéma. Humanité mon amour Travellings léchés, couleurs vives, cadres fixes blindés de détails, décors vivants et travaillés, cette minutie esthétique s’accompagne d’un regard doux amer sur l’Homme et ses bassesses. Chat de gouttière sans gène, Dom n’a aucun respect pour la mort et peut ruiner l’éloge funèbre d’une d

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Le spectacle d'Alex Lutz reporté

Humour | Alex Lutz étant tombé malade, le spectacle prévu ce jeudi 12 janvier au Radiant-Bellevue est reporté au vendredi 19 mai 2017 à 20h30. Encore quelques mois à (...)

Lisa Dumoulin | Mercredi 11 janvier 2017

Le spectacle d'Alex Lutz reporté

Alex Lutz étant tombé malade, le spectacle prévu ce jeudi 12 janvier au Radiant-Bellevue est reporté au vendredi 19 mai 2017 à 20h30. Encore quelques mois à attendre pour voir et écouter le blondinet juvénile qui se grime en secrétaire dans La revue de presse de Catherine et Liliane sur Canal +. Les billets du 12 janvier donneront directement accès au spectacle le 19 mai. En cas d'impossibilité, le Radiant propose un échange avec un autre spectacle de la saison 2016/2017. Pur tout renseignement complémentaire, contactez le 04 72 10 22 19.

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L'humour vintage traverse les générations

De Charlot à Laurel & Hardy | Charlot, Buster Keaon, Laurel et Hardy. Le jeune public va pouvoir découvrir ce qui a fait marrer papy, mamy, grand papy, grand mamy etc... Et rire à son tour.

Antoine Allègre | Mardi 20 décembre 2016

L'humour vintage traverse les générations

À chaque vacances scolaires, l'Institut Lumière soigne les zygomatiques des minots avec un programme aux petits oignons baptisé Cinématokid. Une fois n'est pas coutume, un cycle noir et blanc est initié pour cette fin d'année, permettant aux enfants de découvrir des légendes de l'humour. Tout commence — en fanfare — le mercredi 21 décembre avec la projection des Temps Modernes de Charlie Chaplin, assurément — avec Le Dictateur — le chef d'œuvre de Charlot. Ouvrier désabusé et éreinté dans une usine dévorante, il plaque tout et recueille une orpheline pour faire face à l'aprêté de ce monde. Éminement poétique, émouvant et drôle à pleurer, cela fait désormais 80 ans que ce film émerveille le public — qu'il soit pubère ou pas. Piqûre de rappel le 27, même endroit, même heure. Le vendredi 23 décembre, Stan Laurel et Oliver Hardy, le tandem le plus poilant de l'histoire est à l'honneur avec le court-métrage Aidons-nous ! ou le premier épaule — à sa manière — le second à dissimuler les

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Sandrine Mini limogée du Toboggan

ACTUS | Malmenée depuis un an par la municipalité LR de Décines, le Toboggan avait déjà été amputé de 220 000€, le voici, depuis le dernier conseil municipal, privé de sa (...)

Nadja Pobel | Lundi 12 décembre 2016

Sandrine Mini limogée du Toboggan

Malmenée depuis un an par la municipalité LR de Décines, le Toboggan avait déjà été amputé de 220 000€, le voici, depuis le dernier conseil municipal, privé de sa directrice Sandrine Mini, limogée. C'est pour dénoncer cette injustice, tant Mini mène à la fois un travail d'une exigence artistique exemplaire et des actions de terrain avec les habitants, que le Groupe des 20 (ensemble des scènes publiques en région) appelle à une action, au Toboggan, le 15 décembre ; jour du prochan conseil municipal.

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Käfig, vingt balais

Maison de la Danse | Compagnie emblématique des heureuses métamorphoses de la danse hip-hop en France, Käfig, dirigée par Mourad Merzouki, fête ses vingt ans à la Maison de la Danse (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 6 décembre 2016

Käfig, vingt balais

Compagnie emblématique des heureuses métamorphoses de la danse hip-hop en France, Käfig, dirigée par Mourad Merzouki, fête ses vingt ans à la Maison de la Danse (du 11 au 21 décembre). Du gymnase de Saint-Priest où quatre copains (Kader Attou, Mourad Merzouki, Eric Mezino et Chaouki Saïd) s'entraînaient au plateau de la Maison de la Danse, puis à la direction de Centres Chorégraphiques Nationaux, la compagnie et les chorégraphes hip-hop ont libéré leur art de ses clichés et de son relatif isolement, l'ont sublimé en l'entremêlant à beaucoup d'autres types de danse (à l'inverse, beaucoup de chorégraphes contemporains venus d'autres horizons puisent dans le vocabulaire hip-hop). Reste toujours cette énergie, positive et de révolte, que l'on pourra retrouver ce mois-ci dans trois spectacles de Käfig : une création, Cartes blanches, rendant hommage aux interprètes qui ont marqué son histoire, et les reprises de Correria Agwa et de Pixel, deux des meilleures pièces de la compagnie.

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Danse féérique pour toute la famille

Danse | C'est un enfant du pays qui revient sur ses terres : Mourad Merzouki et sa compagnie Käfig réinstallent en cette fin d'année sur la scène de la Maison de la (...)

Antoine Allègre | Mardi 22 novembre 2016

Danse féérique pour toute la famille

C'est un enfant du pays qui revient sur ses terres : Mourad Merzouki et sa compagnie Käfig réinstallent en cette fin d'année sur la scène de la Maison de la Danse leur pièce maîtresse : Pixel. Certainement l'une des œuvres de danse contemporaine les plus transgénérationnelles qui soit. Un moment de grâce infinie où s'entrelacent corps, vidéo et effets numériques dingues et, cerise sur le gâteau, qui plaît à tous les publics : minots breakers, parents curieux et mamies coutumières de cette institution lyonnaise. « Je crois que Pixel est un spectacle qui plaît parce qu'il ne raconte pas d'histoire. Tout se passe pour l'image, la poésie » assure Mourad Merzouki, également directeur du Centre Chorégraphique Pôle Pik qu'il a créé en 2009. « Il y a cette énergie, cette générosité de la danse hip-hop qui attire beaucoup ; et aussi des évolutions numériques, tout en combinant exigence et écriture chorégraphique. On se raconte sa propre histoire. » Du pain béni pour les kids à partir de huit ans, et les grands qui ont su conserver une propension à

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Quoi de neuf, en doc ?

ECRANS | Dans le documentaire comme dans les autres genres, certains arbres au feuillage outrageusement vert et au tronc gentiment creux captent (...)

Vincent Raymond | Mardi 8 mars 2016

Quoi de neuf, en doc ?

Dans le documentaire comme dans les autres genres, certains arbres au feuillage outrageusement vert et au tronc gentiment creux captent indument une lumière méritant de se répandre sur d’autres pousses de la forêt. Heureusement, il existe des manifestations telles que Les Écrans du Doc pour aller au-delà de cette canopée et faire état d’une diversité parfois insoupçonnée. En une petite semaine, quatorze films vont se succéder au Toboggan décinois, pour la plupart accompagnés par des animations. Si la moitié de la programmation est constituée d’avant-premières — dont Il m’a appelé Malala de Davis Guggenheim et No Land’s Song de Ayat Najafi à l’occasion de la soirée d’ouverture, coïncidant avec la Journée internationale des Droits des Femmes —, on se réjouit des coups de projecteurs braqués sur des œuvres nécessaires telles que les récents Merci patron ! de François Ruffin, astucieuses représailles à l’avidité des milliardaires, ou

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Le Toboggan sur une pente glissante

ACTUS | Dirigé depuis deux ans par Sandrine Mini, le Toboggan de Décines est l'un des trésors de la culture en agglomération. Mais une baisse de 220 000 euros de subvention annoncée fin janvier par la mairie la contraint à réduire drastiquement sa programmation à l'heure du vingtième anniversaire. Rencontre avec cette directrice atypique viscéralement convaincue de la nécessité de l’accès à la culture pour tous.

Nadja Pobel | Mercredi 24 février 2016

Le Toboggan sur une pente glissante

Sandrine Mini et la programmation qu’elle a faite cette saison au Toboggan se ressemblent : infiniment généreuses et éclectiques, toujours de très bon goût. « Faire de la culture une fête et un divertissement sans jamais céder à la facilité » : tel est le credo de cette femme de 45 ans, arrivée à la tête de la salle de Décines en même temps que la nouvelle équipe municipale estampillée Les Républicains, et après un parcours en musées (Réunion des Musées Nationaux, musée Picasso et un saut par l’ambassade de France dans sa seconde patrie, l’Italie). Si sa candidature a émergé des 90 autres, c’est qu’elle voulait précisément travailler sur un territoire abrupt, l’Est lyonnais où la culture est nettement moins une évidence qu’en Presqu’île. « Au service des habitants » comme elle le dit souvent au cours de la conversation, elle ouvre le lieu, quitte à proposer des petites formes dans le magnifique hall pour ne pas effrayer ceux qui ne se sentiraient pas à leur place dans la salle de 650 places. Et ça marche ! Les abonnements des Décinois ont cru de 10% en un an. Parfois via le biais des séances scolaires à l’issue desquelles est proposé aux élè

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Sufjan Stevens, dans tous ses États

MUSIQUES | Pour la première fois en concert à Lyon, le génie baroque 'n' folk Sufjan Stevens crée aussi l'événement en revenant clandestinement, et au détour d'un magnifique album de deuil maternel, à son grand projet : mettre sur disque son autre mère – patrie celle-là –, les États-Unis d'Amérique.

Stéphane Duchêne | Mardi 22 septembre 2015

Sufjan Stevens, dans tous ses États

Peut-être notre perception est-elle légèrement biaisée par cette chanson qu'il consacra au tueur en série John Wayne Gacy Jr. et dans laquelle il confiait «And in my best behavior / I am really just like him / Look beneath the floorboards / For the secrets I have hid», mais on ne peut s'empêcher de penser que Sufjan Stevens est affublé de certains travers du tueur en série moyen. Un caractère obsessionnel, une enfance difficile (un classique) et une tendance à la collectionnite : ici, philatélie des souvenirs, réels ou fantasmés, tordus par la mémoire ; des figures, des lieux, mythiques ou anecdotiques. Pour Sufjan Stevens, il n'y a que par cette forme d'entomologie, pour laquelle il se nourrit de recherches poussées, que l'on peut conter et comprendre l'Histoire américaine, cette géographie : «Ne possédant pas l'Histoire des Européens, nous tirons notre fierté des détails» répète-t-il à l'envi. Au lieu de collectionner les cadavres comme Gacy, Stevens en fait d'exquis en déterrant ses fétiches de la Grande Amérique, enfouis sous le tapis avec ses propres secrets.

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L’Estival de la Bâtie – Du 1er au 25 juillet à Saint-Étienne-le-Molard (42)

SCENES | À la Bâtie, tout est question de chemins de traverse, d'échappées belles ou de Fugues, en l'occurrence celles de Yoann Bourgeois. Pensées pour un seul (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 24 juin 2015

L’Estival de la Bâtie – Du 1er au 25 juillet à Saint-Étienne-le-Molard (42)

À la Bâtie, tout est question de chemins de traverse, d'échappées belles ou de Fugues, en l'occurrence celles de Yoann Bourgeois. Pensées pour un seul artiste, ces performances au trampoline (dont il est un vrai et rare spécialiste) ou avec balles, versions réduites de son Art de la fugue, sont autant d'occasions d'apprécier à quel point ce circassien se joue de la pesanteur avec virtuosité. Plus terre-à-terre est Boxe boxe de Mourad Merzouki. Celui qui, avec sa compagnie Käfig, a porté la danse hip-hop sur les plus prestigieuses scènes du monde, reprend ici une pièce créée à la Biennale de la danse de Lyon en 2010. En invitant sur scène le Quatuor Debussy, il a su faire évoluer son art vers plus de théâtralité pour mieux dé-ghettoïser cette pratique urbaine. Le festival lui-même a beau se dérouler principalement dans l’imposant château éponyme, plusieurs «escapades» (on y revient) permettent de se balader le long de la Loire via dix communes qui accueilleront, par exemple, la mezzo-soprano Karine Deshayes et l’ensemble Contraste, les polyphonies cosaques de

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Victor Bosch revient à la comédie musicale

ACTUS | Le directeur du Radiant-Bellevue convie Jean Lacornerie au générique de son futur spectacle "Forever Young". Nadja Pobel

Nadja Pobel | Lundi 4 mai 2015

Victor Bosch revient à la comédie musicale

Déjà producteur de Kirikou et Karaba, du Petit Prince et, surtout, de la success story Notre-Dame de Paris, Victor Bosch reprend du service dans l'univers des comédies musicales. Du 15 octobre au 30 janvier, il présentera sur la scène parisienne de Bobino Forever Young, non sans l'avoir rôdé début octobre au Radiant-Bellevue, à Caluire, qu'il dirige depuis 2012. Forever Young a été créée à Hambourg il y a trois ans et a déjà rencontré un vif succès en Allemagne et en Espagne. La version française qu'il présentera n'aura toutefois, dit-il, "rien à voir avec ce qui a été fait". Ainsi, s'il est question dans les déclinaisons étrangères de six retraités qui, en 2060, se souviennent de leur jeunesse et des tubes qui l'ont rythmée (Bee Gees, Madonna, Daft Punk...), avec ce que cela suppose de gags gériatriques et de démarches branlantes, ici, les comédiens interprèteront des trentenaires projetés dans le futur. Pour mener à bien ce spectacle, Victor Bosch a fait appel à Jean Lacornerie. Le directeur et metteur en scène du Théâtre de la Croix-Rousse, qui a toujours allié théâtre et musique (et s'est récemment

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Mourad Merzouki danse avec les pixels

SCENES | "Pixel", c’est la rencontre au sommet entre le chorégraphe Mourad Merzouki, star d’un hip hop généreusement éclatant, et les deux poètes des arts numériques que sont Adrien Mondot et Claire Bardainne. Une réussite. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 20 janvier 2015

Mourad Merzouki danse avec les pixels

Mourad Merzouki, c'est une signature forte que l'on reconnaît d'emblée sur scène : celle d'un hip hop généreux, parfaitement maîtrisé et renforcé par des apports variés – notamment la danse contemporaine et les arts du cirque. Son nouveau spectacle Pixel ne déroge pas à la règle, et la suit même parfaitement. Mais la grande réussite de cette aventure, et plus largement de la plupart des précédentes, vient des mariages que le chorégraphe invente : auparavant avec la musique classique du Quatuor Debussy (Boxe boxe) ou avec des danseurs cariocas (Käfig Brasil), avec les prodiges des arts numériques que sont Adrien Mondot et Claire Bardainne dans le cas de ce fameux Pixel. Un spectacle créé à six mains d'une grande fluidité où aucun de ces deux arts a priori éloignés ne dévore l'autre, chacun sortant au contraire renforcé par ce contact. Sur scène, les (excellents) danseurs jouent ainsi avec les formes abstraites qui envahissent le sol ou les murs, plongent en elles, les envoient valser. Fascinant. Pour la beauté du geste «On est de plus en plus entouré d’art numérique. Quand j’ai découvert le travail d’Adrie

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Mourad au royaume des filles

SCENES | Amorcée samedi dernier, la 8e édition du festival de danse urbaine Karavel fait ce mercredi 15 octobre la part belle aux pionniers du mouvement hip hop, (...)

Nadja Pobel | Mardi 14 octobre 2014

Mourad au royaume des filles

Amorcée samedi dernier, la 8e édition du festival de danse urbaine Karavel fait ce mercredi 15 octobre la part belle aux pionniers du mouvement hip hop, invitant à l'université Lyon 2 les désormais quadragénaires mais toujours vaillants Tayeb Benamara, Bintou Dembélé et Hakim Maïche. Autre vétéran, le grand ordonnateur de la manifestation, Mourad Merzouki, créera lui 7Steps au Radiant (vendredi 17), une pièce entièrement féminine avec des danseuses venues de Belgique, du Danemark, de Finlande, des Pays-Bas et d'Angleterre. De ce que nous en avons vu – soit la quasi-intégralité – cette partition ultra tonique et jamais caricaturale sera le très beau point d’orgue d'une édition qui, par ailleurs, multiplie les petites formes et les master-classes dans sa maison-mère, le Pôle Pik de Bron. Largement présent aussi à l’Espace Albert Camus (avec le Pockemon Crew notamment, le jeudi 16, ou les drôles d’Androïdes de Air Compagnie), Karavel s’aventure sur des terrains plus lointains et bien plus pauvres en matière culturelle que les villes pré-citées. Ainsi de la petite commune de l’Ain Saint-Etienne-du-Bois, preuve que le hip-hop est exportable autan

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Le défilé de la Biennale fête ses dix ans

ACTUS | La manifestation la plus populaire de la Biennale de la danse aura lieu ce dimanche 14 septembre à partir de 14h, et déambulera entre la place des Terreaux et celle de Bellecour. Benjamin Mialot et Nadja Pobel

Benjamin Mialot | Samedi 13 septembre 2014

Le défilé de la Biennale fête ses dix ans

Initié par Guy Darmet en 1996, le défilé réunira cette année 4500 amateurs dans les rues de Lyon, soit 12 groupes venus de toute la région et encadrés par autant de compagnies professionnelles. Cette véritable parade chorégraphique – la plus grande d’Europe – a été conçue comme un retour aux sources d’inspiration du premier défilé : le carnaval de Rio, avec sa samba et ses chars colorés. Une fois n’est pas coutume, de grands noms de la danse contemporaine se mêleront à la fête. Ainsi de Denis Plassard, pour un projet impliquant 400 Turinois, autant de Lyonnais et des centaines de marionnettes crées avec la papesse du genre en France, Emilie Valantin, mais aussi de l’incontournable Mourad Merzouki (qui présentera à l’Amphi 3000 les 20 et 21 septembre Récital à 40, une relecture démultipliée de son premier spectacle, avec lequel il donna ses lettres de noblesse à la danse hip hop), des circassiens de la compagnie Virevolt (Aurélie et Martin Cuvelier) et de Bouba Landrille Tchouga. Cerise sur le gâteau, la chorégraphe sud-africaine Dada Masilo,

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«Une nouvelle étape»

SCENES | Le hip-hop a ses classiques. La preuve : le pionnier Mourad Merzouki propose aux Nuits de Fourvière "Répertoire #1", patchwork d'une partie de ses créations et de celles de ses camarades Bouba Landrille Tchouda, Kader Attou, Anthony Égéa et Marion Motin. A quelques heures d'une représentation de "Boxe Boxe" à Londres, il revient pour nous sur son art et sa transmission. Propos recueillis par Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 17 juin 2014

«Une nouvelle étape»

Il y a vingt ans quand on parlait de hip-hop, on nommait un phénomène de mode. Aujourd’hui c’est une danse à part entière. Le titre de votre nouvelle création, Répertoire, est à cet égard des plus limpides...Mourad Merzouki : Oui, il s’est passé plein de choses, des créations ont marqué le paysage chorégraphique français et ont été vues par un public très large. Je trouve que c’est important de valoriser ce répertoire-là, de voir ce qu’il a apporté et généré dans le monde de la danse. On oublie vite que le hip-hop peut être regardé, encouragé, soutenu comme n’importe quelle autre danse. Ce spectacle est aussi une façon de regarder devant nous pour continuer ce chemin. On pose une nouvelle étape.  C’est un spectacle que vous avez conçu sans pause. Comment l’avez-vous construit avec les autres chorégraphes ?J’ai choisi treize extraits de spectacles. Ensuite, l’idée est de faire en sorte que le spectateur puisse passer d’une écriture à une autre sans qu’il y ait un rideau, un entracte ou une quelconque interruption entre les chorégraphies. Je vais donc proposer un travail de création avec un fil rouge d’une pièce à l’au

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Une Biennale sous perfs

SCENES | La seizième Biennale de la danse, toujours aussi prolifique et hétéroclite, se place cette année sous le signe de la performance et de ses avatars contemporains. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 10 juin 2014

Une Biennale sous perfs

Pour sa deuxième Biennale, Dominique Hervieu enfonce le clou de ses convictions et de sa sensibilité. Si sa programmation, comme celle de son prédécesseur Guy Darmet, s'ouvre à tous les styles de danse contemporaine (du hip hop avec l'incontournable Mourad Merzouki au néoclassique en passant par le flamenco avec Rocío Molina et quelques chorégraphes inclassables), elle s'enrichit d'un nombre de créations plus important (comme cette Carmen selon Dada Masilo) et, surtout, se teinte de deux ensembles thématiques : le cirque contemporain et la performance. Si le premier, notamment représenté par James Thierée et la Compagnie XY, est aujourd'hui une quasi porte enfoncée, la réflexion annoncée sur l'actualité de la seconde promet d'être beaucoup plus stimulante ! Le fil rouge tissé par Dominique Hervieu

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Nuits de Fourvière 2014 - La programmation

CONNAITRE | 65 spectacles, 170 levers de rideau, des rendez-vous au TNG, à Gadagne ou à la Maison de la danse : les Nuits de Fourvière s'annoncent plus foisonnantes que jamais. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 13 mars 2014

Nuits de Fourvière 2014 - La programmation

L'an passé, nous saluions le starpower de la soixante-huitième édition des Nuits de Fourvière. Maintenant que nous connaissons la teneur de la soixante-neuvième, nous voilà contraints de revoir notre jugement à la baisse : en termes d'éclat et de densité, la programmation de 2014 est à celle de 2013 ce que la Grande Nébuleuse d’Andromède est à la Voie Lactée. Le principal artisan de ce saut hyperspatial qualitatif n'est autre que Richard Robert, transfuge des Inrockuptibles qui semble avoir avoir définitivement trouvé ses marques de conseiller artistique. Impeccablement équilibré entre reconnaissance de phénomènes franco-belges (Phoenix,  Fauve et Stromae), concerts événementiels (un hommage à Robert Wyatt, Benjamin Biolay qui dirigera un orchestre pour sa nouvelle muse, Vanessa Paradis), rappels de la suprématie de la pop d'outre-Manche (le collectif multimédia Breton, Damon Albarn pour son premier album solo, Franz Ferdinand, Miles Kane), passages ob

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Royal récital-chorale

SCENES | «Nous partîmes cinq cents; mais par un prompt renfort / Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port» écrivait Corneille dans "Le Cid". Mourad Merzouki a monté "Récital" à six, seize ans plus tard les voilà quarante. À voir à l'espace Albert Camus de Bron ou dans six mois dans la Biennale de la danse.

Nadja Pobel | Samedi 8 février 2014

Royal récital-chorale

Il a inventé, exporté et institutionnalisé (au bon sens du terme) la danse hip hop à la française. Restait à la transmettre. Le pétillant Mourad Merzouki n’est jamais à cours d’idées et voilà que seize ans après avoir créé Récital, il actualise cette pièce chorégraphique fondatrice de son répertoire devenue un classique, dans la cadre d’un projet plus vaste nommé "Kampus". En 1998, ils sont six sur scène et appartennaient à une compagnie dont ils ne supposaient pas un seul instant qu’elle ferait le tour du monde : Käfig. Depuis, Merzouki, quarante-et-un ans, a été décoré de multiples fois par le ministère de la culture, s’est vu confié la direction d'un Centre Chorégraphique National (à Créteil), et a construit un centre de formation/lieu de diffusion et un festival à Bron (Pôle Pik et Karavel). Et le voilà revenu à Récital. Ils sont désormais quarante, quatre générations sur le plateau : Merzouki lui-même, toujours fou de joie de fouler la scène, mais aussi des gosses qui marchent avec talent dans les pas du maître. La bande-son mêle hip hop et notes orientales, les corps se saccadent comme traversés par une onde, les séquences de ballet collec

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Succédanés

SCENES | Tandis que la plupart des structures dégainent avec allégresse des plaquettes toutes plus travaillées les unes que les autres, deux théâtres sont dans l’incertitude et le flou en cette rentrée : les Ateliers et le Toboggan. Explications. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Jeudi 5 septembre 2013

Succédanés

Les courants ne sont pas les mêmes pour tout le monde. En eaux calmes cette saison, le TNP poursuit sa route (Christian Schiaretti a été reconduit pour trois ans), les Célestins perdent leur co-directeur en avril (Patrick Penot prend sa retraite) et le TNG clôt un cycle de dix ans avec Nino d’Introna, en attendant de savoir s’il continuera ou non. À la Renaissance et à la Croix-Rousse, Roland Auzet et Jean Lacornerie forgent des programmations qui leur ressemblent de plus en plus et affirment les identités singulières de leurs lieux. Et puis il y a les eaux troubles, à commencer par celles dans lesquelles le théâtre des Ateliers patauge depuis plus d’un an. À l’automne dernier, Simon Delétang, son directeur, démissionnait, agacé de ne pouvoir se défaire de la figure tutélaire du lieu, Gilles Chavassieux, qui a en 1975 fondé de toutes pièces ce théâtre dédié aux écritures contemporaines - la municipalité de Louis Pradel n’était pas réceptive à cette initiative. Des textes de Vinaver, Schimmelpfennig et beaucoup d’autres y ont été montés très tôt, bien avant qu’ils ne deviennent incontournables. C'est fort de ce pas

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Le Radiant, nouveau radar

SCENES | C'est tel un Monsieur Loyal qui aurait emprunté sa chevelure à Krusty le Clown que le sémillant Victor Bosch a, en juin dernier,  lancé la saison 2013/2014 du (...)

Nadja Pobel | Mercredi 4 septembre 2013

Le Radiant, nouveau radar

C'est tel un Monsieur Loyal qui aurait emprunté sa chevelure à Krusty le Clown que le sémillant Victor Bosch a, en juin dernier,  lancé la saison 2013/2014 du Radiant-Bellevue, bousculant au passage la cartographie culturelle de l’agglomération - et les habitudes de communication, avec une plaquette originale, dédiée autant au public, en photo à chaque page, qu'aux artistes. Car non content d’être avant tout une salle de concerts éclectique (d’Axelle Red à Johnny Clegg en passant par SKA-P, Brigitte Fontaine ou du classique), le lieu, rouvert en janvier, autorise à son directeur tous les grands écarts théâtraux. Le public est là pour se divertir, nous dit-il, alors il aura droit à sa dose de comédie (Le Jeu de la vérité avec les "vus-à-la-télé" Vanessa Demouy et David Brécourt) et de grandes stars (Delon père et fille dans Une journée ordinaire). Ainsi considéré, le public (à 30% des habitants de Caluire) a toutes les raisons de faire confiance à ce grand manitou au carnet d’adresses conséquent, donc de répondre à ses invitations appuyées à applaudir «la nouvelle découverte que vous ne pouvez pas manquer», en l

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A base de pouet pouet pouet pouet

SCENES | Sous la direction de l’acclamé Mourad Merzouki, la compagnie Käfig fait son petit bonhomme de chemin à travers le monde depuis déjà seize années. Pour sa (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 27 février 2013

A base de pouet pouet pouet pouet

Sous la direction de l’acclamé Mourad Merzouki, la compagnie Käfig fait son petit bonhomme de chemin à travers le monde depuis déjà seize années. Pour sa nouvelle création intitulée Käfig Brasil, le sieur s’est entouré de onze danseurs cariocas et de quatre chorégraphes pour l’accompagner dans l’élaboration d’un spectacle en cinq modules. De Denis Plassard à Céline Lefèvre en passant par Octavio Nassur, chacun s’empare de l’idée du hip hop pour la redynamiser en explorant de nouvelles possibilités gestuelles. A l'arrivée, il est fort impressionnant de constater les écarts de points de vue d’une mini-pièce à l’autre, fort appréciable de découvrir des identités marquées. D’autant qu'elles sont servies par une troupe de virtuoses infatigables, à la célérité surnaturelle, comme née d’une urgence de vivre. Si rythme et diversité ne font pas défaut, on déplore toutefois un certain manque de classe, l'ensemble accordant une place bien trop large à une vulgarité malheureusement des plus consensuelles : un passage enthousiasmant de beatboxing se transforme en concert de pets mimés sur scène par les danseurs, un épisode bienvenu d’ombres chinoises devient prétexte à évoq

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Portes ouvertes au Radiant

CONNAITRE | La salle du Radiant-Bellevue (qui a été inaugurée par les concerts de Christophe les 12 et 13 janvier derniers) ouvrira gratuitement ses portes au public (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 23 janvier 2013

Portes ouvertes au Radiant

La salle du Radiant-Bellevue (qui a été inaugurée par les concerts de Christophe les 12 et 13 janvier derniers) ouvrira gratuitement ses portes au public dimanche 3 février de 10h à 17h. Au programme : - Spectacle "Refrains", jeune public dès 3 ans, à 10h et 11h10 - Spectacle "Surnatural Orchestra", tout public, à 15h Renseignements :Le Radiant-Bellevue, 1 rue Jean Moulin, Caluire (04 72 10 22 19)

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Le Radiant, à première (Belle)vue

ACTUS | Au terme d'un an et demi de travaux de rénovation, le Radiant a rouvert ses portes samedi 12 janvier, avec le chanteur Christophe dans le rôle du coupeur de ruban. Et c'est peu dire qu'il a bien changé. De nom, de visage, mais aussi d'identité. Petit tour du propriétaire. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Vendredi 11 janvier 2013

Le Radiant, à première (Belle)vue

«Une première dans l'agglomération». «Un lieu qui va faire école». «Une salle d'avenir». Tandis que la presse locale pose pour la première fois les yeux sur le Radiant, toujours situé à Caluire mais fraîchement ravalé et renommé Radiant-Bellevue, Victor Bosch ne cache pas sa fierté d'en être le directeur. Il aurait tort de le faire : un peu moins de deux ans après avoir été débarqué du Transbordeur, qu'il a fondé et dont il fut le patron contesté pendant deux décennies, ce sexagénaire aux faux airs de Krusty (le clown des Simpsons) tient avec cet équipement haut de gamme une sacrée revanche. Jugez plutôt : une grande salle modulable capable d'accueillir, selon la configuration, de 1100 à 2400 spectateurs et qui, vu la taille des panneaux acoustiques qui la tapissent, devrait être irréprochable question confort d'écoute ; une petite salle à la jauge pouvant varier de 100 places assises à 240 places debout ; un véritable belvédère, avec point de vue humiliant sur la Saône et canapés d'extérieur – on pourrait s'abonner rien que pour s'y faire des pauses clopes ; un hall conçu comme un bar avec encas faits maison… Même les portes des toilettes, or

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Notre oncle Charlie

ECRANS | Star mondiale, figure légendaire, icône cheap, Chaplin est-il inépuisable, ou bien définitivement épuisé ? Et si, ayant côtoyé plusieurs fois la mort, son œuvre était faite pour ressusciter ? Éléments de réponse à l'occasion de la rétrospective que lui consacre l'Institut Lumière. Jérôme Dittmar

Jerôme Dittmar | Jeudi 29 novembre 2012

Notre oncle Charlie

Le cinéma a forgé sa mythologie la plus criarde autour de quelques stars brillant par-delà les films où on les admire, comme si tout ce qui comptait c'était d'abord le plus concret, un visage et un corps. La politique des acteurs serait-elle finalement plus démocratique que celle des auteurs ? Figure monstre de l'histoire du cinéma, Chaplin a quelque chose de définitif et supplémentaire dépassant l'aura d'une Marilyn ou d'un Bruce Lee qui, eux aussi, finiront en poster Ikea. Mythe complet avec son personnage emblématique et des films d'une mise en scène éblouissante, Chaplin est devenu une incarnation du cinéma, de ses prémisses à son âge d'or et ses déclins successifs. Il fut la quintessence de l'art du XXème siècle, l'épousant dans sa trajectoire jusqu'à se faire absorber par lui et en illustrer aussi la mort, cette mort du cinéma qu'on annonce sans cesse pour mieux le voir revivre. Working Hero Pour briller si haut, Chaplin fut comme John Ford ou Griffith, un pionnier. Il a été là au début, à une époque où sous contrat avec des studios désormais disparus, l'on pouvait enchaîner les petits films à un rythme fou. Quand l'immigré anglais passe, très

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L'Olympia Lyonnais de Victor Bosch

MUSIQUES | Ancien directeur du Transbordeur, Victor Bosch prend cette année la tête du Radiant à Caluire. L'objectif : faire de la salle caluirarde un "Olympia lyonnais". Rien que ça.

Stéphane Duchêne | Mardi 2 octobre 2012

L'Olympia Lyonnais de Victor Bosch

Ne l'appelez plus Radiant, mais Radiant-Bellevue. Et pour cause, il se compose désormais de deux salles : le Radiant, grande salle de spectacle pouvant contenir 1050 places assises ou 2450 places debout, une fois enlevés les fauteuils, et la salle Bellevue, plus petite avec sa jauge à 240 spectateurs debout. Le Radiant-Bellevue comprendra également un lieu de restauration où seront organisés des brunchs artistiques en rapport avec l'artiste programmé. Contrairement à ce que l'on aurait pu croire de la part de celui qui fut à la tête du fameux Transbordeur mais aussi, dans les années 70, du groupe Pulsar, sorte de Pink Floyd français, le Radiant-Bellevue ne programmera pas d'artistes internationaux des musiques actuelles telles que l'électro, la pop ou encore le hip-hop. Car il ne s'agit pas ici d'une salle de concerts mais bien d'une salle de spectacles vouée à accueillir non seulement de la musique mais aussi du théâtre, de la danse et même des humoristes français – ou d'expression française. Il est venu le temps du radiant Le projet de Victor Bosch se veut donc populaire. Pour preuve, une programmation qui en dit asse

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Boxe boxe

SCENES | Tout petit, Mourad Merzouki faisait du cirque et pratiquait les arts martiaux chez lui, à Saint-Priest. Devenu grand, chorégraphe hip-hop et danseur de sa (...)

Nadja Pobel | Vendredi 9 septembre 2011

Boxe boxe

Tout petit, Mourad Merzouki faisait du cirque et pratiquait les arts martiaux chez lui, à Saint-Priest. Devenu grand, chorégraphe hip-hop et danseur de sa compagnie Käfig, il revient à ses premières amours avec Boxe boxe. Et convie Schubert via le quatuor Debussy sur le ring. Si la première partie du spectacle est clownesque avec des gestes découpés et ralentis, la deuxième moitié fait résonner le son des fidèles AS’N et retrouve l’énergie sidérante que la troupe déployait dans le magistral Agwa. Créé l’an dernier lors de la Biennale de la danse, Boxe boxe revient en deuxième round sur son lieu de naissance à la Maison de la danse jusqu’à dimanche 18 septembre. Nadja Pobel

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Mourad Merzouki

SCENES | Danseur, chorégraphe, directeur du CCN de Créteil et directeur artistique du Centre chorégraphique Pôle Pik à Bron. MV

Dorotée Aznar | Mercredi 8 décembre 2010

Mourad Merzouki

Petit Bulletin : Quels sont les événements qui vous ont marqués entre 1997 et aujourd'hui ? Beaucoup de choses ont évolué en quinze ans, je pense notamment à la Biennale de la Danse qui est née en 1996, un an donc avant Le Petit Bulletin ! Dans le domaine du cinéma, je pense aussi au Festival Lumière qui a fait son apparition, à la Fête des Lumières. Ces événements me semblent incontournables à Lyon. Je remarque aussi que le festival Tout le monde dehors ! touche un public assez large. Ce qui fait selon moi la particularité de Lyon, ce sont tous ces projets ouverts sur l'international. Il y a aussi l'apparition de nouveaux projets : la création de Pôle Pik notamment, lieu de création hip-hop à Bron. Le projet de construction de la nouvelle Maison de la Danse à Rillieux-la-Pape qui va être un rendez-vous incontournable. La vie culturelle lyonnaise est donc vraiment allée vers un épanouissement ? Pour moi qui voyage beaucoup, parler de Lyon c'est parler d'une ville qui résonne d'une aura de qualité, en tout cas pour les nombreux artistes qui y travaillent ou viennent y présenter leur création. Je sens une vraie reconnaissance. Mais il faut continuer à renforce

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«Je ne laisse pas tomber Bron»

SCENES | Entretien / Le chorégraphe Mourad Merzouki a initié et piloté l’implantation d'un centre chorégraphique dédié au hip-hop à Bron, dans le quartier de Parilly. Alors que Pôle Pik sera inauguré dans quelques jours, point sur les objectifs de ce lieu et l’avenir de ce chorégraphe. Propos recueillis par Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Samedi 22 mai 2010

«Je ne laisse pas tomber Bron»

Le Petit Bulletin : Qu’est ce que Pôle Pik et quelles sont les missions de ce lieu ?Mourad Merzouki : Pôle Pik est un centre chorégraphique dédié à la danse hip-hop. C’est un lieu de création, ouvert aux artistes issus de la mouvance hip-hop et à la recherche de croisements avec d’autres esthétiques. L’objectif est de soutenir la création et la diffusion de la danse hip-hop. Pour cela, l’espace est doté de deux studios de danse dans lequel on peut répéter mais aussi donner des cours ou organiser des "master class" pour former les danseurs. L’idée est également de créer des liens entre des équipes artistiques, entre des acteurs locaux et une population. Vous avez tenu à ce que Pôle Pik soit implanté à Bron ?C'est très important pour moi que cet outil soit implanté dans la région. Plus précisément, ce lieu est implanté à Bron parce qu’avec ma compagnie, nous avons un lien très fort avec cette ville et avec ses habitants. C'était une de nos volontés de nous implanter dans une ville dans laquelle nous sommes déjà repérés. Pôle Pik a ouvert ses portes en 2009, pourquoi l’inauguration des locaux n’a-t-elle lieu qu’en mai 2010 ?En fait, les travau

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Mourad Merzouki

SCENES | 1973 : Naissance à Lyon. 1988 : Il découvre le hip-hop et commence à danser dans la rue. 1990-1994 : Il s’attelle à la chorégraphie, en compagnie de Kader (...)

Dorotée Aznar | Samedi 22 mai 2010

Mourad Merzouki

1973 : Naissance à Lyon. 1988 : Il découvre le hip-hop et commence à danser dans la rue. 1990-1994 : Il s’attelle à la chorégraphie, en compagnie de Kader Attou. 1996 : Il crée la compagnie Käfig. 2007 : Il crée le festival Karavel. Septembre 2009 : Il prend la direction du Centre chorégraphique national de Créteil. 2009 : Pôle Pik, nouveau lieu de création et de développement chorégraphique ouvre ses portes à Bron, il en devient le conseiller artistique.

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Bankable

SCENES | Et revoilà Mourad Merzouki et sa compagnie Käfig ! Celui qui remplit les salles avec son hip-hop généreux sera de passage à l'espace Albert Camus à Bron du 20 (...)

Dorotée Aznar | Lundi 18 janvier 2010

Bankable

Et revoilà Mourad Merzouki et sa compagnie Käfig ! Celui qui remplit les salles avec son hip-hop généreux sera de passage à l'espace Albert Camus à Bron du 20 au 24 janvier, avec "Agwa & Correria". Il a travaillé avec onze danseurs issus de favelas brésiliennes pour mélanger hip-hop, capoeira, samba, musiques d’Europe centrale et bossa nova ; le tout avec une danse comme toujours physique, acrobatique et intense. Carton plein assuré.

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Morts de rire ?

ECRANS | Danse / La lecture de Beckett irrigue et traverse l'ensemble des créations de Maguy Marin. En 1980, la chorégraphe inventait en une heure, fulgurante, le (...)

Christophe Chabert | Mercredi 20 décembre 2006

Morts de rire ?

Danse / La lecture de Beckett irrigue et traverse l'ensemble des créations de Maguy Marin. En 1980, la chorégraphe inventait en une heure, fulgurante, le projet May B, de but en blanc inspiré des personnages et des œuvres de Beckett. Aux confins du théâtre et de la danse, May B donne corps à une sidérante parade de loqueteux cherchant en eux-mêmes, dans la poussière et l'obscurité, quelque ersatz d'humanité et d'espoir métaphysique. Considéré à juste titre comme un chef-d'œuvre, cette pièce a été dansée plus de 500 fois dans le monde entier et le sera une fois de plus au Toboggan cette semaine. Parallèlement, la chorégraphe présente une de ses dernières créations, Ha ! Ha !, malicieusement annoncée comme une «étude sur le rire». C'est en réalité une étude, ô combien caustique et acerbe, sur notre époque surfant sur ses angoisses et ses tragédies à grands coups de blagues à Toto, à Belges et à blondes. Ha ! Ha ! s'avère de loin la pièce la plus âpre de Maguy Marin, et les amateurs de pirouettes et d'entrechats passeront leur chemin. Une grande part de son intérêt réside dans la mise sous tension quasi insoutenable de la scène : pantins patibulaires assis de dos comme un double parod

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Le bonheur en monnaie de singe

SCENES | Danse / «Parler de la bourgeoisie, c'était d'abord et avant tout parler du bonheur... Tout le monde a à se situer par rapport à ce milieu... Toutes les (...)

| Mercredi 31 janvier 2007

Le bonheur en monnaie de singe

Danse / «Parler de la bourgeoisie, c'était d'abord et avant tout parler du bonheur... Tout le monde a à se situer par rapport à ce milieu... Toutes les classes sociales éduquent à la bourgeoisie, qui est assimilée à l'art de vivre», déclare Christine Angot. À partir de ce principe (que l'on partage), le spectacle de la chorégraphe Mathilde Monnier et de l'écrivain Christine Angot, La Place du singe, dépasse l'autobiographie pour titiller nos propres corps et consciences. À Angot la lecture d'un texte sur la condition bourgeoise, à partir de sa propre expérience d'amour-haine pour ce milieu, et de celle de Monnier qui a toujours essayé quant à elle d'y échapper. Un texte vif, tranché, heurté, récurrent, comique. À Monnier son contrepoint dansé, les postures grimaçantes et singées, les mimiques de gosse rebelle, le corps entravé et insurgé, les explosions soudaines et presque folles... Une chorégraphie sur le fil, brouillée, improvisée, telle une conscience malheureuse du corps qui attend sa libération sans jamais vraiment y parvenir. La bourgeoisie reste en travers de la gorge, insiste, comme un diable ressort de sa boîte, de son entreprise... Aux côtés de la danseuse, la voix d'Ang

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Plis intérieurs

MUSIQUES | Danse / Yuval Pick présente sa nouvelle création, Look white inside, sondant les tréfonds du corps et de l'inconscient. Il y découvre aussi bien des forces terriennes et brutes, qu'aériennes et délicates. Jean-Emmanuel Denave

| Mercredi 14 février 2007

Plis intérieurs

Place au corps. Dire le corps, ses possibles, ses agencements. Etre au plus près de lui. Lorsque le chorégraphe Yuval Pick parle de ses créations, il emploie un vocabulaire physique (au sens des sciences physiques), chimique et organique : des forces, des champs de force, des polarités, des rencontres entre danseurs comme des chocs entre particules, des transformations et des transmutations d'un état du corps vers un autre, des précipités... «Je voudrais dévoiler les structures communes au genre humain au travers du corps, de ses réactions. Presque organique ou physique au sens scientifique du terme, mon travail interroge les processus de construction de nos individualités, de nos relations aux autres et à notre environnement», écrit-il. Cette approche abstraite de la danse (au sens où la théâtralité, l'expressionnisme, la psychologie et la narration sont évacuées au profit d'un dispositif physique concret, d'une logique de la sensation) est commune aujourd'hui à bien des chorégraphes : on pense en particulier au Suisse Thomas Hauert que l'on a pu découvrir récemment à la Maison de la Danse avec sa pièce Modify, rien moins qu'un chef-d'œuvre et l'un des plus grands moments de danse

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S'en sortir par le haut

ECRANS | Danse & cirque / Deux grands rendez-vous cette semaine pour les amateurs de danse et de nouveau cirque. Tout d'abord, la reprise au Toboggan du petit (...)

Christophe Chabert | Mercredi 7 mars 2007

S'en sortir par le haut

Danse & cirque / Deux grands rendez-vous cette semaine pour les amateurs de danse et de nouveau cirque. Tout d'abord, la reprise au Toboggan du petit chef d'œuvre de Mathurin Bolze, Tangentes, créé aux Subsistances en 2005. Avec quatre interprètes, un trampoline, un mat chinois, une roue infernale et deux tapis roulants, le tout emballé par le free jazz panique d'Akosh S. Unit joué live, Mathurin Bolze met en scène l'enfer de la mécanique sociale contemporaine : petites mesquineries, compétitions absurdes, bousculades dans le métro d'hommes pressés sous pression, corps moulés et mesurés à l'aune de normes gestionnaires. Il s'agit alors pour les quatre protagonistes de chercher des lignes de fuite à travers quelques pas de danse, des équilibres précaires, des vrilles en apesanteur au dessus d'un trampoline. L'un des temps forts de la saison ! Second rendez-vous : le grand maître de la danse néo-classique, Jiri Kylian, est de passage à Lyon pour transmettre au Ballet de l'Opéra une pièce datant de 1995, Bella Figura. Sur des musiques baroques, Kylian mêle le rêve à la réalité et crée sur scène des «images», à partir de sa maîtrise fabuleuse de la mise en espace des corps, des lumière

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Rage avec les machines

CONNAITRE | Festival / Le Festival Digital Uppercut fait état de l'apport des nouvelles technologies aux arts «anciens». On y découvre Franck II Louise, chorégraphe précurseur du mouvement hip-hop dans les années 80, qui prouve avec le stupéfiant Konnecting Souls qu'il possède toujours une longueur d'avance sur le devenir de la matière dansée. François Cau

| Mercredi 25 avril 2007

Rage avec les machines

Difficile d'être préparé au véritable choc conceptuel dispensé par le dernier spectacle de la compagnie Franck II Louise. De fait, le parti pris de départ intrigue, voire met carrément l'eau à la bouche : les danseurs (comme le décor) sont munis de capteurs sonores, le but de cette démarche étant de créer la bande originale de la pièce via les mouvements chorégraphiés, ou par les interactions des interprètes avec leur environnement. L'idée est bonne, mais c'est sa mise en œuvre qui rive le spectateur à son fauteuil. Nourri depuis son plus jeune âge au biberon de la science-fiction (des auteurs fondateurs à l'école Métal Hurlant, Druillet, Moebius et consorts), Franck II Louise a élaboré une scénographie post-apocalyptique imposante et épurée : en dehors d'une gigantesque structure métallique, protubérance informe jaillissant de nulle part, le plateau voue sa largeur à la seule expression dansée, seulement perturbée par quelques faisceaux lumineux enfermant les danseurs dans des limites ne demandant qu'à être explosées. Les costumes des quatre interprètes versent également dans le fantasme futuriste oppressant : des treillis sur lesquels se juxtaposent des harnachements mécaniques p

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