Ervart en pleine confusion

Théâtre | En adaptant un texte abracadabrantesque, Laurent Fréchuret livre un spectacle poussif dans laquelle la soi-disante loufoquerie vire à la caricature malgré des comédiens de haut-vol, Vincent Dedienne et surtout Jean-Claude Bolle-Reddat.

Nadja Pobel | Mardi 9 octobre 2018

Photo : © Christophe Raynaud de Lage


Tout commence pourtant bien. Nous sommes, nous annoncent des projections de texte, à la fois à Turin entre 1888 et 1889 avec Nietzsche mais aussi à Paris en 2001, post 11-Septembre. Deux pôles, deux récits auxquels se cognent des comédiens anglophones de la deuxième situation comprenant vite qu'ils se sont trompés de pièce. Ce décalage immédiat avec l'objet théâtral est non seulement comique mais aussi jubilatoire : bienvenue dans les arcanes de la fabrication du spectacle !

Rideau de velours rouge, portes mobiles sur roulettes, humour noir sur des enfants traités comme des bêtes et délire d'Ervart qui, fou de jalousie, mitraille à tout-va. Il attaque un peuple dont l'absence physique sur scène est remarquée par une comédienne qui cherche du travail (!). Labiche est à peine entrevu que déjà la pièce le dépasse et fait la jonction avec notre époque (les attentats ne sont pas loin). Prometteur.

Ervart ou la finesse au placard

Problème : le rythme de cette création, née la semaine dernière à la Comédie de Saint-Étienne et bientôt en place au Rond-Point à Paris, s'essouffle très rapidement dans des scènes surlignées voire grossières. Ervart (Dedienne, bon élève) est poursuivi ad nauseam par une ombre (l'amant supposé de sa femme), ses paranoïas ridiculisées (son épouse mimant très grossièrement des gestes d'actes sexuels) et son jouet érotique (l'actrice qui cherche un travail) discrédité par un accoutrement grotesque de prostituée. Bien sûr cette pièce est une farce, qui d'ailleurs n'emprunte le nom de Nietzsche que pour se donner une fausse contenance et offrir un numéro de claquettes incongru, mais ceci ne justifiait pas un tel bégaiement sur le plateau.

Même l'épisode du pique-nique, annoncé à grands renforts de suspens par un maître de maison parfait (Bolle-Reddat d'une constante justesse quels que soient ses rôles) déçoit par un décor pauvre (des images d'arbres projetées en fond de scène, des aplats de lumières de soleil à travers les feuilles au sol) malgré des lumières au cordeau. Les dialogues s'étirent ; les comédiens sont en roue libre, Vincent Dedienne pousse même la chansonnette... Pourtant, si certaines séquences avaient été resserrées et surtout moins surjouées, la saveur de la dinguerie des protagonistes, imaginés par le français quinqua Hervé Blutsch, aurait peut-être été rendue plus accessible et un tant soit peu touchante comme lorsque le metteur en scène lorgne sans entrave du côté des comics avec les images de la Warner bros.

Ervart ou les deniers jours jours de Nietzsche
Au Théâtre de la Croix-Rousse du mardi 9 au samedi 13 octobre


Ervart ou les derniers jours de Frédéric Nietzsche

De Hervé Blutsch, ms Laurent Fréchuret, 2h15. Comédie autour d'un anti-héros fou de jalousie au point de mettre la ville à feu et à sang.
Théâtre de la Croix-Rousse Place Joannès Ambre Lyon 4e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Ce devait être l'événement (café)-théâtral de la semaine, il n'aura finalement pas lieu : la représentation du 26 juin à la salle Victor Hugo de S'il se passe quelque chose, l'excellent seul en scène de Vincent Dedienne, est annulée. Informées ce matin d'un préavis de grève des personnels la Ville de Lyon (à laquelle appartient le lieu), les sociétés Rain Dog Productions et Ruq Spectacles ne se retrouvent plus en mesure de garantir son bon déroulement. Dans l'attente d'une éventuelle date de remplacement, les porteurs de billets pour ce spectacle pourront obtenir le remboursement de leurs places auprès des points de vente où ont été effectuées les réservations.

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Comment un comédien de formation classique, après avoir joué divers grands auteurs comme Hugo, Molière ou Duras, se retrouve à faire un spectacle d’humour ? Vincent Dedienne : Parce que j’en rêve depuis que j’ai découvert le théâtre par ce biais. Muriel Robin, Pierre Palmade : ce sont eux qui m’ont donné envie de faire le métier de comédien. L’idée d’être seul en scène m’a toujours excité. Avant de connaître Shakespeare, Claudel ou je ne sais qui, je pensais que le théâtre, c’était ça : uniquement des gens qui écrivent leurs propres textes et qui les disent seuls en scène. J’y suis donc revenu quand j’ai eu un peu moins de travail, pour voir comment ça pouvait se réconcilier avec une formation classique [à l’école de la Comédie de Saint-Étienne, NdlR].  Avec l’idée d’être mieux armé grâce à cette formation  ? Ce n’est pas tant d’être armé... Dans une école supérieure d’art dramatique, quand tu fais justement de l’art dramatique, il y a l’idée que c’est honteux d’avoir l’ambition d’être un amuseur. Être acteur et amuseur, c’est une paire qui ne va pas de soi. Alors que je trouve que c’est le même méti

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La réussite d’un vaudeville tient évidemment à la qualité de sa distribution, mais aussi à son rythme qui doit maintenir les spectateurs en haleine et, dans le meilleur des cas, provoquer le rire de l’assemblée. "Le Prix Martin" d’Eugène Labiche présente une difficulté supplémentaire. Ici, l’action n’est pas confinée dans un seul lieu, mais entraîne au contraire les personnages dans un périple rocambolesque en Suisse dont la dernière étape est «la sublime horreur de la chute de l’Aar». Le metteur en scène, Bruno Boëglin, se tire avec les honneurs de cette difficulté spatiale, en faisant le choix d’un décor neutre sans être figé. Et on aurait aimé retrouver cette «neutralité» ailleurs. Car à vouloir ajouter des effets comiques et surtout en les systématisant (comme les apartés pré-enregistrés et diffusés en voix-off pour un effet «bande dessinée»), Bruno Boëglin perd finalement ce qui fait le sel de la pièce ; la spontanéité n’a plus sa place, l’effet de surprise est nul et les longueurs s'installent. Chute de l’art comiqueOn peut également s’interroger sur la pertinence de la distribution. Aux côtés de l’excellent Jean-Claude Bolle-Reddat et de sa voix de cartoon dans l

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Nous sommes en Autriche, au sud de la Carinthie, dans la demeure d’une comtesse. La vieille dame fortunée se pique de se faire appeler madame Schwartz mais ce n’est pas son unique lubie. Sous sa houlette, sa fille et son époux offrent le gîte et le couvert à des artistes sans le sou, en échange de leur docilité et de leur capacité à animer les repas de leur conversation. Les mécènes, mélanges de doux dingues désespérés et de manipulateurs sordides occupent leurs interminables journées en s’amusant avec des artistes oisifs, sous l’œil attentif de l’avocat de la famille, qui espère bien tirer son épingle du jeu de massacre. L’auteur de cette pièce, Peter Turrini, qui fut lui-même introduit dans ce milieu, apparaît dans la pièce sous les traits d’un jeune garçon obèse, qui ne réussit pas à fuir la fourmilière pendant qu’il en est encore temps. Chacun se sert de l’autre, l’utilise, le presse, à la recherche d’argent, de pouvoir, d’amour, d’inspiration ou d’activités ludiques pour occuper le temps qui le sépare de la mort. Du beau mondeMonter À la tombée de la nuit sans tomber dans la caricature n’est pas chose aisée. L’ancien nazi, le (ou les) pédophile(s), l’hystérique, le

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