Pierre-Yves Lenoir arrive aux Célestins

Nomination | Pierre-Yves Lenoir rejoindra au 1er mars Claudia Stavisky à la tête du Théâtre des Célestins. Il remplace Marc Lesage, parti diriger le Tthéâtre de l'Atelier à Paris.

Nadja Pobel | Vendredi 4 janvier 2019

Photo : © DR


C'est une nomination qui aura pris moins de temps que celle visant à remplacer Gwenael Morin au Théâtre du Point du Jour : Pierre-Yves Lenoir a été nommé ce 3 janvier codirecteur des Célestins. Il prendra ses fonctions le 1er mars 2019 et remplace Marc Lesage, qui avait annoncé son départ subitement début décembre.

Auparavant, Pierre-Yves Lenoir a exercé des responsabilités au sein d'établissements nationaux de création artistique (La Colline, Centre National de la Danse), accompagné Jean-Michel Ribes dans la création du Théâtre du Rond-Point et a été administrateur de l'Odéon où il a travaillé aux côtés d'Olivier Py, de Luc Bondy et de Stéphane Braunschweig avant de rejoindre le théâtre La Scala à Paris en tant que directeur exécutif.

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Aux Célestins et à l’Auditorium de Lyon, de lourds déficits

Crise Sanitaire | Certes très subventionnées, les structures culturelles en régie directe de la Ville de Lyon n’en sont pas moins fortement impactées par la crise sanitaire, car elles ne peuvent bénéficier d’aucun dispositif d’aide. Les Célestins tablent sur un déficit de 600 000€ en 2021, l’Auditorium affiche déjà un trou de 2M€ pour 2020. Toutes deux en appellent à l’État pour pallier la rupture d’égalité avec d’autres établissements aux missions similaires.

Nadja Pobel | Vendredi 12 mars 2021

Aux Célestins et à l’Auditorium de Lyon, de lourds déficits

« Même si on rouvre en mai et juin, avec une jauge dégradée d’environ 50%, fin décembre la perte de recette de billetterie du théâtre s’élèvera à 600 000€ » affirme Pierre-Yves Lenoir, co-directeur du Théâtre des Célestins. Du côté de l’Auditorium de Lyon, son homologue Aline Sam-Giao estime à un million d’euros ses pertes à la fin de l’année civile avec la même hypothèse de reprise — fatalement très aléatoire —, qui se cumuleront avec les deux millions de déficit sur 2020. Aux Célestins, le dernier exercice s’est terminé à l’équilibre notamment grâce au fonds de soutien de la Ville de Lyon ; et parce qu’ils n’avaient pas prévu de jouer dans la grande salle entre avril et

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Les théâtres ouverts, mais en trompe l’œil

Rentrée Culturelle | Lyon, en zone rouge : les théâtres rouvrent de façon trompeuse avec des jauges réduites à 60%. Heureux de revoir le public, les directeurs des grande salles font le point sur ce moment fragile. Et sans date de fin.

Nadja Pobel | Jeudi 24 septembre 2020

Les théâtres ouverts, mais en trompe l’œil

Il y a les mesures visibles (les masques obligatoires, l’espacement d’un fauteuil entre différents groupes). Et ce que l'on voit moins. Tout va bien ? Pas tant que ça : « on n’avait pas envie de faire comme si rien ne s’était passé » dit Stéphane Malfettes. D’où ces « premières nécessités » que le directeur des Subs a imaginées cet été : des concerts allongés (Christina Vantzou, un membre des divins Ez3kiel…), des balades avec les Femmes de Crobatie. Gratuites ou peu chères, ces propositions sont à la portée de toutes les bourses — sous conditions de réserver fissa. Peu seront servis et « on n’a pas envie de faire toute la saison comme ça ». Tout n’est pas reporté sur cette même saison, car l’hiver est peu sûr : « c’est un cauchemar pour les artistes, surtout avec des créations » dit-il. Exit Clédat & PetitPierre et Nina Santes : « en deuxième partie de son spectacle, les gens devaient venir sur scène, on ne peut plus le faire. Elle est la première à être soulagée de ce décalage d’un an. » La crainte est grande chez les directeurs de voir la rentrée prochaine totalement encombrée. Et mêm

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Mise à prix

Théâtre | C’est une première et c’est peu dire qu’elle est réjouissante. Le Théâtre des Célestins lance la première édition d’un prix Celest’1 qui vise à faire de (...)

Nadja Pobel | Mardi 11 juin 2019

Mise à prix

C’est une première et c’est peu dire qu’elle est réjouissante. Le Théâtre des Célestins lance la première édition d’un prix Celest’1 qui vise à faire de la place à ceux qui n’en trouvent pas. Et ainsi permettre l’émergence si souvent réduite à la portion congrue sur ces grands plateaux, quoique les Célestins aient toujours été attentifs - la compagnie La Meute de Thierry Jolivet peut en témoigner. Dotées d’écoles nationales (ENSATT, Comédie de Saint-Étienne), régionales (conservatoires…), la région est un véritable vivier d’artistes que l’on ne voit que trop peu. D’où cette idée qu’ils puissent montrer leur travail au cours de deux week-ends. Celui des 14 et 15 juin sera l’occasion de voir des maquettes : quatorze projets (parmi 136 !) ont été retenus et des extraits sous forme de lecture, vidéo, morceaux de scènes seront visibles. Du 21 au 23 juin, huit créations seront jouées en intégralité. 110 candidats à ces grands formats se sont faits connaitre. À chaque fois, un jury de professionnels (non rhônalpins pour éviter toute collusion) et un autre constitué de trente abonnés volontaires du théâtre remettront des prix amenant

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Pierre-Yves Lenoir : « nous sommes un théâtre du monde »

Théâtre des Célestins | Il a travaillé au Rond-Point, au Théâtre National de l'Odéon et tout récemment au lancement de La Scala : Pierre-Yves Lenoir est depuis le 1er mars co-directeur des Célestins, aux côtés de Claudia Stavisky. Retour sur son parcours et son projet pour la scène théâtrale majeure de l'agglomération.

Nadja Pobel | Mardi 19 mars 2019

Pierre-Yves Lenoir : « nous sommes un théâtre du monde »

Est-ce qu'en faisant l'école de commerce, l'EDHEC, vous saviez que vous travailleriez dans le milieu du théâtre ? Pierre-Yves Lenoir : Non. C'est vraiment au cours des stages dans cette école que j'ai commencé à me poser des questions sur mon adéquation avec les métiers classiques de la banque. Celui qui m'a vraiment ouvert les portes du théâtre est Daniel Benoin, qui dirigeait la Comédie de Saint-Étienne à l'époque. Ensuite, j'ai rencontré Daniel Mesguich qui dirigeait ce qui est maintenant le Théâtre du Nord, à Lille. J'ai fait un autre stage et je n'ai pas quitté ce milieu-là. Puis je suis parti à La Colline pendant cinq ans, ensuite le Rond-point huit ans, l'Odéon neuf ans et La Scala l'année dernière. Pendant longtemps ma fonction a été administrateur, en lien direct avec mes études. Mais je ne peux penser l'administration d'un théâtre en dissociation avec ce qui fait le cœur de notre activité, à savoir la programmation et les spectacles. Je me pense plutôt comme un compagnon des artistes. Mon métier est de rendre possible. Vous avez avez beaucoup travaillé avec Thomas Jolly ce

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Désertions et convoitises à la tête des théâtres

Rentrée Théâtre | Étrange rentrée que celle-ci dans le domaine du théâtre. Les spectacles sont multiples, mais rien ne semble immanquable a priori, et des directeurs ou directrices quittent la Ville abruptement... Débroussaillage.

Nadja Pobel | Mardi 8 janvier 2019

Désertions et convoitises à la tête des théâtres

« Cette ville est formidable, je l'adore, mais elle n'est pas dynamisante » déclarait Cathy Bouvard à nos confrères de Lyon Capitale en novembre dernier. La directrice des Subsistances quitte précipitamment mais pas tout à fait par hasard ce navire-phare qu'elle a dirigé avec rigueur et curiosité durant quinze ans et rejoint les Ateliers-Médicis à Clichy-sous-Bois. Lyon n'a pas su garder non plus Marc Lesage, qui, à la co-direction des Célestins a fait de ce théâtre le plus audacieux des mastodontes locaux. Il a désormais les rênes du théâtre (privé) de l'Atelier à Paris. Pierre-Yves Lenoir, co-créateur du Rond-Point avec Jean-Michel Ribes administrateur de l’Odéon aux côtés d’Olivier Py, Luc Bondy et Stéphane Braunschweig le remplace. Il arrive tout droit de la toute nouvelle La Scala (ouverte en septembre dernier) où il était directeur exécutif. . Plus problémat

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Marc Lesage quitte les Célestins

Théâtre | Le co-directeur du Théâtre des Célestins quittera ses fonctions le 31 décembre prochain pour prendre la direction du Théâtre de l'Atelier à Paris, au 1er (...)

Nadja Pobel | Mercredi 21 novembre 2018

 Marc Lesage quitte les Célestins

Le co-directeur du Théâtre des Célestins quittera ses fonctions le 31 décembre prochain pour prendre la direction du Théâtre de l'Atelier à Paris, au 1er janvier 2019. Claudia Stavisky est donc seule à bord des Célestins jusqu'à une prochaine nomination pour perpétuer cette co-direction. Après l'annonce du départ de Cathy Bouvard aux Subsistances (qui part fin décembre pour les Ateliers Médicis en Seine-Saint-Denis), l'attente d'une nomination au Théâtre du Point du Jour (suspendue à l'avis de Gérard Collomb qui a pris la main sur ce dossier), le renouvellement dans un an du directeur du TNP, le paysage théâtral local connait des changements d'une ampleur majeure.

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La Célestine out toute la saison prochaine

Théâtre | Fortement endommagée suite aux crues de la Saône cet hiver, la "petite" salle des Célestins n'est plus utilsable depuis. Et ne le sera pas durant la saison (...)

Nadja Pobel | Mercredi 25 avril 2018

La Célestine out toute la saison prochaine

Fortement endommagée suite aux crues de la Saône cet hiver, la "petite" salle des Célestins n'est plus utilsable depuis. Et ne le sera pas durant la saison 2018/19, ainsi que le théâtre munipal lyonnais l'a appris ce mardi 24 avril. Si jusqu'alors les spectacles avaient trouvé refuge au TNG-Ateliers, le lieu d'accueil des neuf propositions au menu de la saison prochaine reste à trouver. Les Ateliers à nouveau ? Une construction éphémère ? Un autre théâtre (Le Point du Jour n'aura plus de directeur et donc de programmation à compter du 15 août) ? Plus les ouvriers analysent les dégâts en Célestine, plus il s'avère que des couches de cette salle située en sous-sol du bâtiment sont touchées. Viendront ensuite des décisions quant aux travaux à effectuer, l'appel d'offre BTP et la réalisation de cette réfection. En attendant, le bar l'Étourdi s'est lui déplacé du niveau -1 au 2e étage du théâtre.

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Joann Sfar, croqueur en série

Bande Dessinée | Convier Joann Sfar pour évoquer son dernier ouvrage paru exige de se tenir à la page : il en a peut-être sorti un ou deux nouveaux depuis la semaine dernière…

Vincent Raymond | Mardi 19 avril 2016

Joann Sfar, croqueur en série

On ne dira rien ici du nouvel opus de Joann Sfar, Tu n’as rien à craindre de moi — la bande dessinée dont la récente parution chez Rue de Sèvres est prétexte à l’organisation de cette causerie-rencontre aux Célestins à l’invitation de la Villa Gillet — pour la simple raison qu’on ne l’a pas encore lue. Pardonnez cet aveu coupable, mais il faut bien reconnaître que le stakhanoviste auteur place ses lecteurs-spectateurs dans une situation compliquée : à peine a-t-il achevé un album qu’il publie un roman, juste avant la sortie d’un long-métrage, lequel précède un film d’animation ou une collaboration à quelque aventure collective… Et en marge (ou dans les marges) des Donjons, du Chat du Rabbin ou de Grand et Petit Vampire, l’ubiquiste hypergraphe dévoile avec une générosité rare ses notes intimes et travaux préparatoires dans des carnets ou des recueils parfois volumineux — voir le pavé de dessins et d’aquarelles inspirés durant la conception de son Gainsbourg… Cette somme ne compose pourtant qu’un fragment de son œuvre multimédiatique. Sfar est aussi, au risque que certains s’en étranglent, un chronique

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Une saison revue à la baisse

SCENES | Si priorité est donnée dans ces colonnes aux spectacles et aux artistes, impossible de faire l’impasse sur les gels ou amputations de budgets culturels annoncés par la Ville en juin. Explications avec Georges Képénékian, 1er adjoint au maire délégué à la culture et réaction des Subsistances et des Célestins. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 8 septembre 2015

Une saison revue à la baisse

Les salles de la Ville – qui consacre 20% de son budget à la culture – risquent bien de devoir modifier leur offre de programmation dans les mois et années à venir. Car le 15 juin dernier, lors de l’annonce des grandes orientations budgétaires pour la période 2016-2020, le milieu a tremblé : pour combler le désengagement de l’État vis-à-vis des collectivités territoriales (moins 240 M€) et malgré un endettement calculé pour continuer à investir, deux domaines ont souffert plus que d’autres, le sport et la culture. Bilan pour cette dernière délégation : budget gelé pour l’Auditorium-Orchestre National de Lyon, l’Opéra et les Célestins, baisse de 150 000€ pour le musée des Beaux-arts et le Musée d’Art Contemporain, et de 450 000€ pour les Subsistances. «Ce n’est pas un rabotage, nous avons voulu prendre des options qui font sens sans faire dérailler le train plutôt que d’appliquer systématiquement - 8% à tout le monde. On a plutôt fait contribuer les maisons les plus grosses à cet effort pour préserver l’émergence. Et faire en sorte que les budgets cré

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Festin aux Célestins

SCENES | Alors que s’achève tout juste, sur le plateau des Célestins, une version tonitruante de "Cyrano" (avec un Torreton sidérant), le théâtre de la Ville de Lyon annonce une future saison résolument européenne et contemporaine. Laquelle sera lancée par la mise en scène de "Chatte sur un toit brûlant" par Claudia Stavisky et l’indispensable festival international Sens interdits. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mercredi 5 juin 2013

Festin aux Célestins

Bien sûr, nous sommes aux Célestins, un des théâtres d’excellence de la région, où ce sont les mots qui sont portés aux nues au fil des très nombreux levers de rideaux (270 lors de la saison qui vient de s’écouler). Ce sont toutefois des chiffres qui nous permettront d’y voir plus clair dans sa saison 2013/2014 : un tiers de spectacles mis en scène par des femmes, dont la moitié écrits par la gente féminine, cinq grands maîtres du plateaux (Bondy, Ostermeier, Lupa, Goebbels, et Vogel), neuf pièces internationales, un tiers de la programmation composée de compagnie de la région Rhône-Alpes (Nöjd, Haut et Court…). Des locaux et des stars Du côté des mots, les premiers à résonner seront ceux de Tennessee Williams avec Chatte sur un toit brûlant, créé cet été au Château de Madame de Sévigné à Grignan (44 représentations !) et repris dès le 19 septembre. Autre résident (temporaire), le circassien Mathurin Bolze qui présentera en novembre Ali + Nous sommes pareils à des crapauds qui dans l’austère nuit… (attention, titre à rallong

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Travail précaire

SCENES | Théâtre / Le monde du travail ? Un antre de la folie ordinaire nous dit la compagnie Pôle Nord avec son diptyque CDI/CDD. L’aliénation suinte par tous les pores de ce travail brut, brutal et parfois aussi bancal. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Lundi 7 novembre 2011

Travail précaire

En ce mois de novembre, il fait 20° à l’extérieur du théâtre et au sein de la compagnie Pôle Nord, la banquise fond, comme son héroïne Sandrine. Pas de Groenland pourtant à l’horizon mais une petite ville, à moins que ce ne soit la campagne… Tout est réduit au minimum sur scène, comme dans la vie de sa protagoniste. Un tabouret, une table en formica et un bidet tous du même bleu que le fard à paupière de la travailleuse, un bleu océan dans lequel Sandrine a l’impression de se noyer. Derrière cette métaphore de l’engloutissement se cache le travail ; depuis 11 ans, Sandrine, debout derrière un tapis roulant, est trieuse de verre à la chaîne ; elle en est fière et elle se dit qu’elle a bien de la chance. Ce n’est pas si souvent que le travail, au sens physique du terme, est montré au théâtre. Les réflexions sur le sujet ne manquent pas mais les gestes répétitifs sont rarement représentés, même si Joël Pommerat les a érigés en art depuis plusieurs années. Casque vissé sur les yeux pour éviter les éclats de verre, la comédienne fait le même manège avec ses bras jusqu’à l’épuisement. Un moment fort de la pièce. Folie (trop) douce Ce sont deux échappés du collectif D

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Sens interdits, jour 8 : La fin du voyage

SCENES | Théâtre / La folle semaine du festival Sens Interdits s'est achevée comme elle avait commencée : dans un geste politique et artistique fort avec la fresque cambodgienne "L'Histoire terrible mais inachevée de Norodom Sihanouk, roi du Cambodge". Retour sur cette pièce et sur ces huit jours où il fut question d'élections libres, de solitude du pouvoir, de l'holocauste, d’engagements et toujours de théâtre. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mercredi 2 novembre 2011

Sens interdits, jour 8 : La fin du voyage

La niaque de Sihanouk Bien sûr, l’histoire même de la pièce sur Norodom Sihanouk et le Cambodge contemporain était déjà une raison de ne pas rater ce spectacle. Créée en 1985 à la Cartoucherie de Vincennes et relatant 24 ans (de 1955 à 1979) d'histoire cambodgienne en 9h, cette épopée nous était proposée (pour moitié) en première mondiale mercredi dernier interprétée en khmer par les héritiers de ce récit. Une troupe de jeunes Cambodgiens a appris le théâtre et le jeu spécifiquement pour ce projet. Malgré les répétitions que nous avions vues récemment, il était tout de même à craindre que tout cela ne tienne pas la longueur avec un décor unique et simplissime (un plateau de bois et un rideau orange en fond de scène plus quelques accessoires). Erreur. L’équipe, d'une solidarité épatante et d’une rigueur indéfectible, livre un spectacle bouleversant servi aussi par le texte parfois drôle, souvent juste, jamais ampoulé d'Hélène Cixous. Tout n'est pas toujours situé dans le temps mais qu'importe puisque seule compte la tension permanente qui s’installe au plus haut sommet de ce «petit» pays comme disent avec dédain les «immenses» Etats-Unis. Norodom Sihanouk, qui a obtenu

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Joyeuse racaille

SCENES | Théâtre / Les villes de province ont ceci de merveilleux qu'il ne s'y passe presque rien. Tout y est confortable, rassurant, et l'on peut passer sa vie à (...)

| Mercredi 14 mars 2007

Joyeuse racaille

Théâtre / Les villes de province ont ceci de merveilleux qu'il ne s'y passe presque rien. Tout y est confortable, rassurant, et l'on peut passer sa vie à épier celle des autres ou à tester les rapports de force. Quand des ingénieurs des chemins de fer débarquent à Verkhopolié, trou du cul du monde, on imagine sans mal que la petite ville et ses habitants vont s'en trouver tout bouleversés. Curiosité, séduction, haine, une comédie humaine se prépare avec, d'un côté, les paysans vils et les petits-bourgeois médiocres, et, de l'autre, ces «hommes de la ville» qui jettent sur les gens du cru un regard désabusé et cynique. Les relations amoureuses achèvent de rendre à tous cette part d'animalité et de barbarie que le titre nous promet… On a tout lu sur ces Barbares créés cet été en Avignon, écouté les gémissements de nos confrères qui déploraient à l'envi les coupes faites dans le texte de Gorki (la pièce dure tout de même près de trois heures sans entracte), la panne d'inspiration du metteur en scène, la maladresse du jeu. Mais des images qu'il nous offre (la scène des roses plantées dans le sol, magnifique), de l'énergie incroyable avec laquelle la vingtaine de comédiens interprète la

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