Un moi dénoyauté

Moi de la Danse | Le jeune collectif lyonnais ÈS ouvre cette semaine le festival Moi de la Danse aux Subsistances, avec une création prometteuse.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 22 janvier 2019

Photo : Collectif Es © Romain Étienne / ITEM


Depuis quatre ans, le festival Moi de la Danse explore la notion d'identité à travers le corps et le mouvement. Le sujet dansant s'y révèle être souvent une singularité plurielle : divisé en lui-même, multiple en ses ressources physiques et expressives, et toujours en rapport dialectique avec les autres… Le Collectif ÈS, né en 2011, s'empare de cette question à partir d'une approche originale : chacun des trois danseurs qui le composent creuse son sillon personnel, ses impulsions propres, et c'est à travers ce processus même que des liens se créent, se découvrent, se tissent avec les autres. 1ère mondiale est ainsi composée de trois soli d'Émilie Szikora, Sidonie Duret et Jérémy Martinez.

Despacito

Cette création au titre ironique se donne aussi pour but de revisiter les fondamentaux de la danse à partir de trois pistes de travail inattendues : le solo de John Travolta dans Saturday Night Fever, la célèbre pièce Messe pour le temps présent de Maurice Béjart, et le tube estival Despacito de Luis Fonsi ! De ces éléments disparates, trois soli sont nés puis se sont "contaminés" les uns aux autres, créant peu à peu du sens en commun, « les gestes, précisent les trois danseurs, se transmettant de manière quasi virale d'un solo à l'autre ».

S'ils ont une formation identique (ils se sont rencontrés au Conservatoire National Supérieur de Danse de Lyon), ainsi que des références communes et populaires, les trois jeunes gens ont néanmoins chacun une personnalité chorégraphique bien marquée. Et la notion de collectif chez eux ne ressort pas d'une aspiration commune a priori, d'un idéal, mais bel et bien de singularités éparses, de rencontres plus ou moins hasardeuses. Bref, la communauté ne vient plus d'en haut, mais d'en bas. Soit une nouvelle manière de s'agréger qui n'est pas sans résonances avec l'actualité politique récente.

Moi de la Danse
Aux Subsistances du 23 janvier au 10 février

Collectif ÈS, 1ère Mondiale
Du 23 au 25 janvier


1ère Mondiale

Par le Collectif ÈS
Les Subsistances 8 bis quai Saint-Vincent Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Avec des conditions de création et de diffusion toujours compliquées, la saison danse commence "sur pointillés", tout à la fois avec discrétion, curiosité et avec des petits formats de spectacles... À l'Opéra, la nouvelle directrice du Ballet, Julie Guibert, a invité trente chorégraphes à créer trente solos pour chacun des danseurs de la compagnie. Sept premières pièces sont présentées en septembre, signées Yuval Pick, Jan Martens, Kylie Walters, Abril Diaz... À la Maison de la Danse, Dominique Hervieu, quant à elle, lance L'Automne de la Danse avec neuf rendez-vous gratuits étalés sur deux mois. On pourra y découvrir des sorties de résidence de la compagnie-trio Collectif Es avec une création autour de la musique et de l'esprit punk, de l'idée de groupe et de ses liens à l'identité individuelle. Ou du chorégraphe Fouad Boussouf (c

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Heureux soient ceux qui ont manqué l'arrivée de Maguy Marin à Ramdam, elle sera à l'honneur du prochain "Archipel" de la Maison de la danse. Succédant à Découflé, elle reprendra son chef-d’œuvre May B et Bit, sa création pour la Biennale 2014 (fin février début mars), ainsi que Singspiele, dernier spectacle co-écrit avec David Mambouch qu'elle présente justement à Ramdam cette semaine (mi-mars, au TNP). La saison 2015/2016 de la Maison de la danse sera marquée par trois autres temps forts. D'abord, un mois (novembre) de festivités autour de New York. Jean Lacornerie et les Percussions Claviers de Lyon y reprendront leur remarquable version de la comédie musicale téléphonique Bells Are Ringing, tandis que le CNDC Angers dansera, notamment, un Event (un patchwork de fragments de chorégraphies) du maître post-moderniste Merce Cunningham. Surtout, on y retrouvera Bill T. Jones le temps d'un pur exercice formel autour du Quatuor de Ravel et de La Jeune fille et la mort de Schubert, et le très en vue Kyle Abr

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Une Biennale 2008 consacrée à la relecture d’œuvres chorégraphiques historiques, la multiplication des transmissions ou les nombreuses reprises par certains chorégraphes de pièces anciennes, l’édition récente de DVD consacrés à Pina Bausch, Dominique Bagouet et Anne Teresa de Keersmaeker, la numérisation de vidéos de danse disponibles aujourd’hui sur la plateforme Numeridanse, un temps fort de la prochaine saison de la Maison de la danse dédié aux fertiles années 1980… Depuis plusieurs années, la danse contemporaine se penche sur son passé et la conservation de sa mémoire. À Lyon, coup sur coup, on pourra ainsi voir ou revoir quatre pièces emblématiques du parcours de Maurice Béjart par le Béjart Ballet Lausanne, et deux autres de Merce Cunningham interprétées par le Ballet de l’Opéra de Lyon. Deux grands chorégraphes qui, si bien des choses les différencient sur le plan stylistique, ont en commun une œuvre importante (en quantité et en qualité), influente pour beaucoup de leurs «descendants» ou élèves (Maguy Marin et Anne Teresa de Keersmaeker formées à l’École Mudra de Béjart, Trisha Brown et Lucinda Child dans la Cie de Cunningham) et irriguée par le meilleur des musi

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Si les dernières créations du grand Maurice Béjart (1927-2007), empesées et grandiloquentes, nous avaient laissés pour le moins sceptiques, on sera reconnaissant au Ballet de Lausanne (qu’il fonda en 1987) de reprendre à Lyon quatre pièces rares, singulières et dépouillées. Des pièces inspirées par les musiques de Bartok, Webern ou Boulez ; dont une œuvre majeure, Le Marteau sans maître, sur une musique de Boulez inspirée du recueil éponyme de René Char. Incontournable ! Du 30 mai au 3 juin à la Maison de la danse.

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