Bellorini, 2e acte

Nadja Pobel | Mardi 15 octobre 2019

Photo : © Guillaume Chapeleau


Pour découvrir le travail de Jean Bellorini avant qu'il ne prenne la direction du TNP le 1er janvier prochain, une deuxième chance se présente, après Un instant au Théâtre de la Croix-Rousse début octobre. Il faudra aller au Théâtre de Villefranche (ou dans deux villes alentour) du 5 au 8 novembre pour voir Vie et mort de Mère Hollunder, pièce d'une heure pour un acteur et qui s'attache, comme pour le travail sur Proust, à une vieille dame, cette fois-ci véhémente.


Vie et mort de Mère Hollunder

Ms Jean Bellorini, 1h
Théâtre de Villefranche Place des Arts Villefranche-sur-Saône
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Comment vous organisez-vous au TNP en cette crise sanitaire qui se durcit ? Jean Bellorini : J’aurais voulu tout mettre en œuvre pour que l’activité du théâtre ne s’arrête pas. Nous imaginions jouer très tôt, même le matin s'il nous avait été possible d’accueillir du public. Nous avions même évoqué la gratuité pour les étudiants par exemple afin qu’ils puissent venir assister au spectacle de Joël Pommerat, Ça ira. À l’instant présent nous attendons les directives ministérielles en espérant pouvoir maintenir au moins l’utilisation des plateaux. Si c’est possible, nous allons imaginer des temps de travail en mettant à disposition le TNP et ses équipes au service des artistes. Est-ce que la crise sanitaire hypothèque déjà les saisons futures ? Oui, cela va commencer à être le cas. Jusqu’à présent nous avions réussi à reporter, ou au moins à honorer, nos engagements afin de programmer comme nous l’avions prévu et de ne pas créer l’embouteillage redouté. Avec ce

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Il y a les mesures visibles (les masques obligatoires, l’espacement d’un fauteuil entre différents groupes). Et ce que l'on voit moins. Tout va bien ? Pas tant que ça : « on n’avait pas envie de faire comme si rien ne s’était passé » dit Stéphane Malfettes. D’où ces « premières nécessités » que le directeur des Subs a imaginées cet été : des concerts allongés (Christina Vantzou, un membre des divins Ez3kiel…), des balades avec les Femmes de Crobatie. Gratuites ou peu chères, ces propositions sont à la portée de toutes les bourses — sous conditions de réserver fissa. Peu seront servis et « on n’a pas envie de faire toute la saison comme ça ». Tout n’est pas reporté sur cette même saison, car l’hiver est peu sûr : « c’est un cauchemar pour les artistes, surtout avec des créations » dit-il. Exit Clédat & PetitPierre et Nina Santes : « en deuxième partie de son spectacle, les gens devaient venir sur scène, on ne peut plus le faire. Elle est la première à être soulagée de ce décalage d’un an. » La crainte est grande chez les directeurs de voir la rentrée prochaine totalement encombrée. Et mêm

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Vous deviez faire une création dans la Cour d'honneur du festival d'Avignon cet été (Le Jeu des ombres de Valère Novarina, réinterprétation du mythe d'Orphée). Or le festival a été annulé lundi soir (le 13 avril), immédiatement après qu'Emmanuel Macron, dans son allocution télévisée, ait annoncé que « les grands festivals et événements avec un public nombreux ne pourront se tenir au moins jusqu’à la mi-juillet ». Vous attendiez-vous à cette décision avant même qu'elle ne soit prise ? Jean Bellorini : Olivier Py [NdlR : le directeur du festival d'Avignon] était dans une forme de sincérité quand il disait avoir l'espoir que ça ait lieu encore et on avait quand même imaginé des formes, des formats, des restructurations multiples. C'est ce qui nous faisait tenir. J'étais évidemment dans la compréhension de se dire que tant que

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Jusque-là, Jean Bellorini nous a donné l'impression de faire un théâtre vieillot : jouer à sauter dans l'eau, chanter à n'en plus finir, éclabousser le plateau de couleurs (Paroles gelées d'après Rabelais, La Bonne-Âme du Se-Tchouan), totalement dégagé de la fureur qui aurait pu être le corollaire de sa jeunesse. En créant Liliom au Printemps des Comédiens (Montpellier) en 2013, rien n'a changé. Il livre un divertissement oscillant entre mélo et burlesque. Et ça marche ! Certainement que le choix du sujet — un jeune homme mi-voyou mi-tendre, travaillant dans les fêtes foraines, est jugé au tribunal céleste après un meurtre — y est pour beaucoup. Écrite en 1909 par le hongrois Ferenc Molnár, cette pièce que Fritz Lang a adapté pour son seul film "français" ressemble au Casimir et Caroline de Von Horváth qui sera publiée 23 ans plus tard. Bellorini n'a pas lésiné sur le décor qui mange tout l'espace scénique : un plateau d'auto-tamponneuses, une grande roue faite d'ampoules à l'arrière et deux carrioles à cour et jardin (pour le

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