Point du Jour et Célestins : cap sur la saison 2020-21

Au Théâtre l'année prochaine | Quand ils se sont fermés le 14 mars, les théâtres publics fignolaient leur saison prochaine. Voici que le Point du Jour et les Célestins en ont dévoilé tout le contenu cette semaine. Et voient les choses en grand.

Nadja Pobel | Vendredi 12 juin 2020

Photo : © Sarah Lee


Angélique Clairand et Éric Massé, pour leur deuxième saison, ont choisi de reporter tous les spectacles annulés ce printemps dont ceux des deux compagnies en résidence : les Y d'Étienne Gaudillère (avec Pale blue dot, fresque sur la plateforme lanceuse d'alerte Wikileaks et l'art et ses enjeux politique dans Cannes) et le collectif Marthe pour Tiens ta garde, d'après l'ouvrage d'Elsa Dorlin relatif à l'autodéfense et l'histoire des luttes menées par les femmes. Avec Le Monde renversé, ces filles, fraîchement sorties de l'École de la Comédie de Saint-Étienne, avaient démontré la pertinence et la solidité de leur travail de plateau sur un sujet politique puissant : déjà sur les persécutions dont ont été victimes les femmes au cours des siècles.

Parmi les grands moments de la saison sur le plateau du 5e, dans la rubrique "témoins", visez le débarquement des Rimini Protokoll qui ont dû remballer le camion qui aurait dû déambuler à Lyon dans le cadre des Nuits de Fouvière pour Cargo. C'est Granma qui est proposé ici. Stefan Kaegi a réuni de jeunes adultes cubains venus raconter leurs grand-parents qui ont fait la révolution, parfois même sont ministres. Dans un spectacle très dense mais jamais lourd, le Suisse se saisit, comme il en a l'art, du réel avec parole, musique (beaucoup de live), de la vidéo, de la photo. Et ces acteurs racontent l'ambivalence de leur attachement à un pays qui longtemps les a retenu de force et qu'aujourd'hui, frontières ouvertes, ils ne parviennent pas à quitter. Par ailleurs la précieuse actrice Sophie Cattani viendra, dans Chasser les fantômes, dire les mots d'Hakim Bah, ou quand là encore, la politique s'immisce dans les rapports intimes.

Dans un autre cycle de la saison, dit "théâtre des invisibles", le jeune auteur Guillaume Cayet présente, via Aurélia Lüscher (membre du collectif Marthe aussi) Neuf mouvements pour une cavale, relatant la vie de Jérôme Laronze, paysan refusant de se soumettre au diktat du puçage et du traçage de son élevage de bovins, coursé par les gendarmes et abattu. L'auteur, issu du département écriture de l'ENSATT signe là son neuvième texte et tente toujours, via la fiction, de tirer le réel de son « embourbement ». Les directeurs se penchent eux sur le roman autobiographique de Philippe Besson, Arrête tes mensonges, paru en 2017, qui relate son premier amour, homosexuel, dans la France des années 80 ; Angélique Clairand reprend pour sa part sa pièce Tupp' dans le cycle "à la périphérie des villes" où se glisse également le comédien fantastique qu'est Olivier Martin-Salvan venu ici avec Jacqueline, écrits d'art brut.

Le théâtre poursuit également son travail mené à destination des mal-voyants (Fugueuses), des non-entendants (trois spectacles doublés en LSF) ainsi que sa collaboration avec le passionnant collectif lyonnais de photo-reporters, Collectif Item.

Célestins sur leur 42

Partant du principe que, même si des spectacles doivent être annulés pour raison sanitaire, il est bon de les graver dans la plaquette de saison afin de s'apercevoir de ce qui manque, les Célestins ont fait le choix d'annoncer ce 3 juin la liste des 42 spectacles (un record) qui constituent la première saison entièrement pensée par Pierre-Yves Lenoir, arrivé en mars 2019, aux côtés de Claudia Stavisky.

Et elle est immense ! Tant par le nombre donc mais aussi par la renommée des artistes qui fouleront les planches du théâtre de la Ville de Lyon. Qu'ils nous émeuvent ou nous agacent, nous bouleversent ou paraissent surestimés, le fait est qu'ils sont ici réunis et que le plus dur sera de pouvoir tous les faire exister.

Côté national, l'héroïne d'Audiard et Desplechin, Emmanuelle Devos revient ici après y être déjà passée avec le Platonov des Possédés. Elle est à l'affiche de L'Heure bleue, texte de David Clavel qui manque de puissance mais dans lequel la comédienne et ses complices (notamment féminines) s'engouffrent avec vivacité.

Entre Guillaume Galienne, l'infernal acteur de la Comédie Française sur tous les fronts (radiophonique, cinématographique avec le problématique Les garçons et Guillaume, à table !), et Philippe Torreton, le choix sera vite fait : au sommet de son art, ce dernier reprend son rôle de Galilée pour lequel il est nommé aux Molière (mis en scène par la co-directrice Claudia Stavisky qui ne fera pas de création cette saison) et le premier est à l'affiche de François, le saint jongleur de Dario Fo par Claude Mathieu.

Torreton poursuit sa collaboration avec Arnaud Meunier. Il sera, aux côtés d'Anne Brochet, dans Tout mon amour de Laurent Mauvignier. Espérons que ce soit moins fade que J'ai pris mon père sur mes épaules.

Clothile Hesme incarne elle le très court et délicat texte (comme toujours) d'Emmanuèle Bernheim, Stallone sous la houlette de son compagnon de jeu Fabien Gorgeart, soit l'histoire d'une jeune secrétaire médicale que la vison de Rocky 3 va transformer.

Dans un autre genre, Cyril Teste est aux manettes d'une nouvelle performance filmique et, même si elles sont parfois désincarnées (c'était le sujet même de Nobody) à force de maîtrise, elles sont toujours impressionnantes. Il laisse de côté Festen et convie à sa table les personnages de La Mouette.

Passé par Kaamelott, membre de la troupe d'Alexandre Astier, Jean-Christophe Humbert revient sur des planches lyonnaises. Vingt ans après un Shakespeare aux Subs ou cette formidable comédie déglinguée d'Astier, Le Jour du froment, à la Croix-Rousse, il propose Le Capitaine Fracasse qui, originellement, aurait dû être créé dans la cour du château de Grignan cet été.

Sans être passé par la télé, Thomas Jolly n'en est pas moins aussi une star qui s'apprête à (re-re-re)monter l'opéra-rock Starmania à la Seine musicale. Ce tube Plamandon-Berger, composé au crépuscule des années 70 lui ira comme un gant tant son esthétique puise inlassablement (désespérément) dans la décennie suivante de celle qui l'a vu naître. Il sera aux Célestins avec sa première mise en scène (2007), Arlequin poli par l'amour de Marivaux.

Et, seule incursion hors théâtre de la saison, le circassien James Thierrée revient avec ROOM. Escomptons que cela penchera plus du côté de la grâce de La Symphonie du hanneton et de Raoul que des boursouflures de La Grenouille avait raison voire de Tabac rouge.

Côté jeune public, il faudra aller dans la grande salle voir le formidable Vilain ! piloté par Alexis Armengol. Sa comédienne Nelly Pulicani jongle avec un musicien et une artiste graphique pour dire avec une vitalité épatante ce qu'est le désir de vivre d'une petite fille orpheline.

Émerger

La grande force des Célestins est de ne pas se contenter d'accueillir ce plateau étoilé, mais d'avoir ouvert en très grand ses portes aux projets émergents parfois un peu fous, démesurés mais qui font d'autant plus saliver comme le Ivres de Viripaev par Ambre Kahan qui réunit quatorze comédiens au plateau et un musicien ! Pour cette jeune femme, engagée comme comédienne à vingt ans par Vassiliev puis passée par le TNB à Rennes, c'est un monumental pari : celui de restituer le choc que fut pour elle la lecture de cette pièce du Russe. On sera au rendez-vous. Comme à celui fixé autour de Maurice Pialat dans ANA (À Nos Amours) avec la solaire Savannah Rol menée par le comédien Laurent Ziserman, lauréat du Prix Célest'1 2019 — l'édition 2020 n'a pas lieu en juin mais est décalée à septembre avec ou sans spectateur (selon ce qui sera autorisé) et avec le jury. Contemporain du cinéaste, Patrick Dewaere, dans Surexpositions, sera interprété par quatre comédiens sous la houlette de Julien Rocha et avec les mots de Marion Aubert.

Johanny Bert (Hen), Nicolas Ramond (Ça marchera jamais) seront aussi accompagnés par les Célestins tout comme Raphaël Defour dont le Merci la nuit, escamoté par la Covid, reviendra cette saison. Bug, fauché aussi en mars, est programmé en 2021-22.

Cette liste est non-exhaustive car une dizaine d'autres artistes plus ou moins émergents sont au menu de cette saison pléthorique.

Mais, last but not least, les Célestins ont mis la barre très haut au niveau international en réparant des anomalies dans cette ville qui n'avait jamais accueilli Angelica Liddell ou Kirill Serebrennikov. Le Russe, emprisonné abusivement (et libéré mais assigné à résidence en 2019) par Poutine avait créé Outside à distance, par échange de notes sur clé USB l'an dernier dans le In d'Avignon, hommage au photographe chinois Ren Hang, suicidé à 29 ans. L'Espagnole, elle, n'en finit plus de construire des mausolées à ses géniteurs parfois à la limite de l'audible et du recevable tant tout s'inscrit dans un registre de dévotion et de chants de désolation mais Madre, version maternelle de son diptyque Una costilla sobre la mesa est moins dolent que Padre. Et, quoi qu'il en soit, c'est une bonne nouvelle de la voir faire étape ici. Tout comme de constater le retour de Christoph Marthaler, très peu vu ici sinon, lors des grandes années du TNP. Avec King size, le Suisse, qui a longtemps frayé avec la Volkbühne de Berlin, livre un spectacle quasiment entièrement chanté (de Wagner aux Jackson Five, de Boby Lapointe à Polnareff) en allemand surtitré dans le décor d'une chambre d'hôtel bigarrée. Tiago Rodrigues, passé jusque-là, en 2018, par Villefranche avec Bovary et par les Nuits de Fourvière avec un travail avec les étudiants de la Manufacture de Lausanne, présente son By Heart dans lequel il convie des spectateurs à se demander à quoi rime d'apprendre un texte par cœur. Le directeur du Théâtre National de Lisbonne ne cesse d'explorer la langue dans le sens qu'on lui donne mais aussi, comment, mécaniquement, corporellement elle se transmet. C'était au cœur aussi de son Sopro, décevant pour le coup, à Avignon 2017.

Et puis, l'incontournable de la saison sera le Britannique Alexander Zeldin avec Love, un spectacle programmé en novembre mais qui pourrait être décalé à plus tard si les difficultés de liaisons de transport se poursuivent. Ce travail qui invite à regarder ce qui se joue sur le palier d'un étage de logement social est déchirant et bouleversant. Zeldin mêle un quadra, qui vit avec sa mère incontinente, à une famille d'immigrés qui tente de nourrir correctement ses enfants. Des hommes et femmes sans papier passent par là, comme des ombres. Les langues se mélangent, les corps, dont aucun ne ressemble à celui d'un autre, se frôlent. L'amour déborde mais se heurte à la plaie béante qu'est la pauvreté. Cette grande pièce trouvera enfin sa place à Lyon. Et il faut reconnaître aux Célestins d'apporter enfin ici des œuvres majeures internationales des dernières éditions du festival d'Automne parisien. Joie !

Le théâtre a fait le choix de maintenir son système d'abonnement d'ores et déjà ouvert avec, pour l'instant, un système de contre-marques qui ne seront transformées en places numérotée qu'à la rentrée en fonction des jauges possibles selon les normes sanitaires à ce moment-là.

Cette mise à l'arrêt brutal de nos vies a profondément amené à réfléchir Joris Mathieu, directeur du TNG, qui, avec sa création En marge, dont seulement trois dates ont pu exister avant le confinement, avait déjà largement questionné la quête de l'identité dans un monde toujours plus bruyant. Pour lui, comme pour ses confrères et consœurs (« toute une profession est au travail » précise-t-il), il est nécessaire de « revenir au présent, à l'ici et maintenant » nous confiait-il en mai. Pas de plaquette de saison donc mais des fascicules trimestriels pour s'adapter aux soubresauts potentiels des prochains mois. Il n'y aura plus d'abonnement mais un système d'adhésion plus souple et qui permet de ne pas s'engager six mois à l'avance. La billetterie ouvre aux spectateurs jeudi18 juin.

La programmation du TNG ne sera pas dévoilée avant la fin de l'été. Celle du TNP, pour le premier geste de Jean Bellorini, sera annoncée le 17 juin. La plaquette ne sera disponible qu'en septembre. On sait que Le Jeu des ombres qu'il aurait dû créer en juillet à Avignon, dans la cour d'honneur du Palais des papes, sera visible en janvier 2021 à Villeurbanne.

La Croix-Rousse rendra public la dernière saison pensée par Anne Meillon et Jean Lacornerie le 16 juin sur son site Web.

La Renaissance met en ligne le 17 juin à 19h son programme en ligne. La billetterie sera ouverte le lendemain.

Enfin, à peine lancé avec talent et fougue le 14 février dernier, le programme des Subs par Stéphane Malfettes se décale avec, notamment Virus du passionnant Yan Duyvendak (Please continue (Hamlet), Sound of music...). Ce spectacle-jeu participatif, dans lequel le public doit endiguer une pandémie, a été imaginé bien avant que des pangolins ne redéfinissent la carte du monde. La billetterie des Subs ouvrira le 25 juin.

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