Véronique Vernette : c'est le Wax qu'elle préfère

Portrait | Illustratrice de littérature jeunesse et formatrice tous azimuts, amoureuse éperdue de l’Afrique, Véronique Vernette est une Stéphanoise d’adoption bien dans ses baskets qui dessine et colorie avec un talent continuellement mis au service de l’émotion.

Niko Rodamel | Mardi 9 juin 2020

Véronique est née à Marseille en 1972, année du doublé historique coupe-championnat réalisé par l'OM. Pour autant, ce n'est pas du tout le monde du sport qui attirera la fillette, laquelle grandira d'ailleurs à Valence. « Nous étions quatre enfants à la maison. Je crois que très tôt j'ai aimé dessiner alors qu'il n'y avait pas vraiment de prédisposition artistique dans la famille. Mais nous avons eu la chance d'avoir des parents qui étaient à l'écoute de nos envies. » Dès l'âge de sept ans, la jeune fille commence à suivre des cours de dessin. Elle se souvient d'une grande complicité avec son grand-père qui l'emmène un jour à Nîmes pour visiter une exposition de Picasso. « Il m'avait même acheté le catalogue de l'expo, que j'ai encore aujourd'hui. Sur le chemin du retour, j'avais l'impression de revenir chez moi avec un trésor dans les mains ! » Attirée par l'Inde ou l'Afrique noire, Véronique rêve aussi de voyages au long cours, lit les grands récits des premiers voyageurs. Après des années collège et lycée sans histoires pendant lesquelles elle poursuit les cours du soir pour dessiner toujours plus, l'adolescente obtient son Bac A1, option arts plastiques. « Je pense qu'après le bac, j'avais envie de partir un peu de chez moi pour faire ma vie. Le concours d'entrée aux Beaux-arts se tenait le même jour pour Saint-Étienne et Lyon. J'ai choisi Sainté, où j'ai débarqué à dix-huit ans. » L'étudiante suivra ainsi un cursus complet dans l'option communication, cinq années au cours desquelles elle scelle son premier groupe d'amis et plus largement toutes ses connaissances de jeune adulte. Une période où Véronique noue aussi ses premiers liens avec le continent africain. « J'y suis allée deux fois pendant les Beaux-arts. En fin de première année, j'ai accompagné une association protestante européenne qui menait une action d'éducation à Ouagadougou. » C'est la grosse claque, comme le rapportent à peu près toutes les personnes qui rentrent d'un premier séjour en terres subsahariennes. « Il m'aura ensuite fallu plusieurs années d'économies, à force de petits boulots, pour retourner au Burkina Faso et y réaliser deux mois durant mon diplôme de fin d'études. »

Premier bouquin

Alors que ses professeurs l'encouragent à faire de la vidéo, là-bas Véronique dessine abondamment, découvrant une foisonnante source d'inspiration dans la société africaine. Diplôme national supérieur d'expression plastique en poche, la jeune femme ne s'imagine pas encore illustratrice pour la littérature jeunesse. « Je savais bien que c'était une des voies possibles après le DNSEP, mais je m'en faisais toute une montagne, pensant ne rien connaître à la psychologie infantile, aux tranches d'âges… Mais à mon retour, hésitant à faire une exposition de tous ces dessins, l'idée m'est venue de faire un livre pour enfants qui me permettrait à la fois de raconter mes voyages. » La jeune diplômée voit ainsi sa passion pour l'Afrique grandir au gré des musiques qu'elle écoute et au fil des expositions qu'elle visite avec intérêt. Elle ne compte plus les allers-retours entre Saint-Étienne et Paris, carton à dessins sous le bras, pour y démarcher les maisons d'édition. « C'était une époque où les éditeurs recevaient encore les auteurs car internet n'en était qu'à ses balbutiements. Je prenais trois ou quatre rendez-vous dans la même journée et souvent j'arrivais à caser une expo entre deux entretiens ! » En 1999 après trois ans de démarches et quelques rebondissements, le tout premier livre pour lequel Véronique signe textes et illustrations, Cocorico poulet Piga, sort aux éditions Points de suspension. Premier jalon d'une prometteuse bibliographie. « Entre-temps j'avais enchaîné plusieurs petits boulots alimentaires, par exemple dans la restauration, tout en commençant à donner des cours de dessins à droite et à gauche, puis à retourner au Burkina dès que c'était possible. Je dessinais des cartes postales pour un éditeur grenoblois, les Editions des Correspondances. J'avais de temps en temps un dessin publié dans des journaux comme Libé… »

J'aime dessiner comme un enfant, sans contrainte, sans perspective, sans proportion, en laissant de la place au ressenti…

La machine étant lancée, d'autres livres suivront, au rythme d'un ou deux ouvrages par an, chez différentes maisons d'éditions. Véronique affirme son talent d'illustratrice, aiguise son style, affine sa patte. L'Afrique demeure son terrain de jeu favori, sa source inépuisable. Après la naissance de sa fille en 2004, les parutions qui s'enchaînent valent à la jeune maman d'être régulièrement invitée sur des salons dédiés au livre et d'intervenir dans de nombreux établissements scolaires. Entre 2005 et 2015, une dizaine d'années s'enfuient par monts et par vaux, souvent au pas de course entre deux salons, loin de Saint-Étienne. « Je reste aujourd'hui un peu plus centrée sur la région stéphanoise avec des projets dans des écoles, des médiathèques, des espaces culturels… » Depuis quelques années, l'illustratrice occupe aussi Le Local, au 38 rue Badouillière, un atelier-boutique qu'elle partage avec trois autres artistes, où elle propose des ateliers d'initiation à différentes techniques. Dans sa pratique personnelle, Véronique Vernette utilise beaucoup les encres Colorex, créant toutes ses teintes à partir des trois couleurs primaires. Elle affectionne également les collages de textiles, utilisant essentiellement le Wax, tissu emblématique de l'Afrique où l'on en fait notamment les pagnes. « Avec le Wax, il y a un rapport au motif et donc au dessin qui me plait beaucoup. En Afrique, de par leurs motifs les pagnes ont un sens précis, suivant qu'ils sont portés pour une cérémonie précise ou une événement commémoratif bien identifié. Je suis obligée de refaire régulièrement mon stock car j'utilise beaucoup ce tissu comme matière première. Quand je ne vais pas directement en Afrique, je me fournis généralement à Paris, parfois à Lyon. »

Les accidents

Sur papier, sans aucun crayonné l'artiste pose d'abord ses taches de couleur au pinceau, puis vient dessiner par-dessus à la plume et à l'encre noire. Elle avoue avoir un faible pour ce qu'elle appelle « les accidents » : débordements, taches, traces, décalage entre le trait et la couleur que l'on observe d'ailleurs dans le Wax. « J'aime dessiner comme un enfant, sans contrainte, sans perspective, sans proportion, en laissant de la place au ressenti… En fait je crois que je dessine comme je vois les choses dans ma tête ! » Pendant des années, Véronique est retournée passer deux ou trois mois par an au Burkina Faso, puis les séjours se sont espacés au fil du temps. Mais elle a aussi traîné ses crayons en Côte d'Ivoire, au Bénin, au Cameroun ou encore au Mozambique. 20 ans plus tard et 24 livres après la publication du premier, elle reste fidèle aux éditions Points de suspension. « C'est une petite structure dont l'éditrice, Brigitte Cazeaux, est devenue une amie qui à elle seule a édité la moitié de mes livres : ça compte. » Les événements récents ont un peu décalé le calendrier des sorties, mais deux nouveaux livres vont sortir prochainement. Carnets inachevés où le lecteur est invité à poursuivre le dessin laissé volontairement en plan et Le Burkina Faso de A à Z, en collaboration avec Arnaud Rodamel. Elle présentera également avec ce dernier l'exposition Visages du Pilat. « Mes parents, qui sont restés dans le sud, me demandent souvent ce que je fais à Saint-Étienne. Mais ma base est ici. C'est là que j'ai mes amis. Et puis bien sûr, à Sainté le prix des loyers permet d'avoir à la fois un appartement et un atelier, ce n'est pas rien. Je ne pourrai sans doute pas vivre de la même manière par exemple à Lyon. » Et alors, on n'est pas bien chez nous ? Comme on dit au pays : « Mieux vaut une sardine sur le gril que deux pigeons qui volent. »


Repères :

1972 naissance à Marseille

1990 arrivée à Saint-Étienne

1995 Diplôme national supérieur d'expression plastique

1999 premier livre, Cocorico poulet Piga

2004 naissance de sa fille Kahina

2014 Le mouton de Tabaski

2020 Carnets inachevés / Le Burkina Faso de A à Z (avec Arnaud Rodamel)

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Emilie Fontaine : photosensible

Portrait | Originaire de Saône-et-Loire, la jeune photographe Emilie Fontaine vient d’ouvrir les portes d’un nouveau lieu dédié à l’image fixe, au cœur de l’hyper-centre stéphanois. Rencontre avec une femme passionnée qui fait fi d’un contexte morose en mal de bonnes nouvelles.

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Coup de crayon

Colorier & gribouiller | Véronique Vernette dessine le quotidien d’une Afrique urbaine haute en couleurs, nourrissant des albums destinés généralement aux enfants. En cette fin (...)

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Coup de crayon

Véronique Vernette dessine le quotidien d’une Afrique urbaine haute en couleurs, nourrissant des albums destinés généralement aux enfants. En cette fin d’année, l'illustratrice stéphanoise publie deux ouvrages d’une grande fraîcheur à parcourir en famille. Réalisé en collaboration avec Arnaud Rodamel, Le Burkina Faso de A à Z est un truculent abécédaire dont les photographies et les dessins mêlés illustrent mots et expressions locales liées aux métiers, aux objets ou à la cuisine du pays des hommes intègres. Le très beau Carnet de dessins inachevé est également à retrouver au Local, 38 rue de la Badouillère à Saint-Étienne. Carnet de dessins inachevé, Veronique Vernette, aux éditions Points de suspension

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Hervé Nègre, photographe aux semelles de vent

Portrait | Après avoir parcouru et photographié un nombre presque incalculable de pays, le photographe Hervé Nègre pose ses valises à Saint-Étienne. Fraîchement installée aux pieds du Crêt de Roch, la Galerie A témoigne du riche parcours artistique mais aussi humain d’un homme passionnément curieux. Texte et photo Niko Rodamel

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Hervé Nègre, photographe aux semelles de vent

Depuis sa naissance à Lyon en 1948, on peut dire qu’Hervé Nègre a continuellement suivi l’appel du large, glissant de parallèles en méridiens avec son appareil photo à portée de mains et les yeux grands ouverts sur le monde. Dès l’enfance, les déménagements seront nombreux, la famille vivant au rythme de la carrière militaire du paternel. « J’ai déménagé 34 fois déjà, en France comme à l’étranger, depuis tout petit j’ai vu défiler pas mal de paysages. » Étonnement, personne dans la famille ne pratiquait sérieusement la photographie. « Je me souviens pourtant de quelques images en noir et blanc que mon père avait faites en Indochine. Sur l’une d’entre elles on voyait un pêcheur et son reflet à la surface d’un lac, avec un monument en arrière-plan. Cette image a sans doute allumé quelque chose en moi. » Avec le temps le garçon verra donc grandir cette attirance pour la photo, un élan intérieur qui l’encouragera au détour de l’adolescence à enchaîner quelques petits boulots. « Mon premier salaire est passé dans un Solex neuf et un appareil photo d’occasion ! C’était un Foca Universel, copie française de Leica. J’ai fait mes premières photographies au lycée, le

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Ce ne sont pas moins de douze expositions à ciel ouvert que propose la 8e édition de Portrait(s), le festival photo de Vichy (03). On y retrouve d'un côté, sur l'Esplanade du lac d'Allier, la série Cimarron de Charles Fréger, qui a traversé 14 pays entre 2014 et 2018 depuis le sud des USA au Brésil. Les clichés qu'il en a tirés présentent des « mascarades afro-descendantes » qui interpellent et marquent l'esprit. Parallèlement, dès le 5 septembre, une autre grande volée de portraits va pendre place dans les galeries du Centre culturel de Vichy avec notamment le travail d'Ed Alcock (qui avait réalisé des photos pour La Comédie il y a quelques saisons), Chris Steele-Perkins ou encore Paolo Verzone. Portrait(s), du 17 juillet au 25 octobre à Vichy (Allier)

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Jean-Claude Tavaud : Ness sort de son Bul

Portrait | Figure emblématique des nuits stéphanoises, il est sans doute davantage connu sous le surnom Ness du Bul, barman pendant près de trois décennies dans la plus ancienne boîte de nuit de la ville, aujourd'hui en vente. Désormais retiré des affaires, l'homme a retrouvé le grand air de la Haute-Loire. Rencontre.

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Farid Bouabdellah, sans complexe

Portrait | Ancien directeur de la MJC Beaulieu, actuel programmateur du festival des Arts Burlesques et meneur de multitudes de projets, Farid Bouabdellah est un engagé sans rage, un cultureux sans costume, un homme sans entrave. Itinéraire de cet enfant de la République qui jamais, ne s’arrête de réfléchir.

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Farid Bouabdellah, sans complexe

Il nous aura fallu 2h30 découpées en deux rendez-vous avec Farid Bouabdellah, pour balayer son parcours. Trouver un créneau dans son agenda bien rempli, puis l’écouter chercher les mots exacts, leur donner le bon sens, digresser, revenir, repartir… Éloquent, l’homme est du genre à se laisser aller à la discussion avec voracité, quittant bien volontiers le terrain de sa propre histoire pour grimper à hauteur d’idées, de mise en perspective et de théories. Né à Firminy en 1972, Farid a trempé dans la culture dès son plus jeune âge, faisant le grand écart entre ce qu’il regardait à la télé et le Concert des potes, l’institutionnalisé et le bouillonnement populaire. Curieux, attentif, il observe le monde, le pense et tente de le comprendre, forme sa conscience grâce à ce qu’il voit et à ce qu’il entend. « J’ai eu la chance d’avoir des grands frères avec lesquels je regardais La Dernière séance, L’Heure de Vérité, ce genre de programmes. Ils m’ont permis de m’éveiller, ils m’ont rendu curieux. Et puis, il y a eu ces premiers concerts de SOS Racisme, avec lesquels la culture pouvait être un vecteur de solidarité et d’égalité. À partir de ce mom

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Aurélie Voltz, Madame la commissaire en chef

Portrait | Un peu plus de deux ans après après son arrivée à la direction du Musée d'Art Moderne et Contemporain de Saint-Étienne Métropole, Aurélie Voltz a résolument pris ses nouvelles marques, loin de Paris, sa ville-racine. Rencontre avec une femme de conviction qui, riche d'un parcours sans faute de goût, entend bien faire bouger les lignes. Texte et photo Niko Rodamel

Niko Rodamel | Mercredi 8 janvier 2020

Aurélie Voltz, Madame la commissaire en chef

Alors qu'en 1973 disparaissent de la scène artistique deux illustres Pablo, Neruda et Picasso, naît à Paname la petite Aurélie, au sein d'une famille baignée de culture. Maman est journaliste pour le magazine Connaissance des arts, papa est graphiste. « Dès l'âge de quatre ans mes parents m'ont régulièrement emmenée au Centre Georges-Pompidou qui venait d'ouvrir. Nous allions aussi au marché aux puces, ce qui a sans doute développé chez moi un certain intérêt pour tous types d'arts, jusqu'à l'artisanat. » Aurélie grandit ainsi à Paris dans un appartement peuplé d'objets issus de différentes cultures et de différentes époques. Elle est pourtant davantage portée vers les lettres, le français... Elle entreprend ainsi des études littéraires au cours desquelles elle est très tôt attirée par le XIXᵉ siècle. L'adolescente nourrit notamment une réelle passion pour le mouvement anglais des préraphaélites. C'est peut-être même un tableau en particulier, Ophélia, peint par John Everett Millais en 1851, qui sera un des éléments déclencheurs d'une vocation sous-jacente. « C'est une oeuvre qui m'a vraiment impressionnée et touchée, avant même que je ne com

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MC Pampille, nu comme un Vert

Portrait | Il est rappeur, il est vêtu de vert de la tête aux pieds en hommage à son équipe préférée, il est de retour avec un nouvel album, Sur le Banc de touche, qui sortira à la fin du mois. Durant une heure, il y a peu, on a joué son jeu, il nous a fait rire, on l'a fait parler, lors d'une discussion complètement barrée. Portrait d'un personnage stéphanois aussi loufoque qu'attachant.

Cerise Rochet | Mardi 5 novembre 2019

MC Pampille, nu comme un Vert

« Âller ma graainde, vâââs-y, pôôôse-moi tes questiaons ! » C’est au Fil de Saint-Étienne, sur un canap’ un peu mou et à proximité d’un frigo dans lequel quelqu’un a semble-t-il oublié un fromage il y a plusieurs années, qu’MC Pampille nous rejoint pour une interview, un après-midi du mois d’octobre. Un décor aussi relax qu’improvisé, qui colle finalement pile-poil avec le style "décalé-pas-prise-de-chou" du rappeur stéphanois. Cinq ans, qu’on ne l’avait pas vu, ou presque. Cinq ans au cours desquels Pampille a eu besoin de s’éloigner des projecteurs, braqués sur lui depuis la sortie en 2010 (à peu près, il ne se rappelle plus très bien) de sa chanson Une journée de fou, qui l'a propulsé tout en haut des charts ligériens. Alors, pour son grand retour, le Stéphanois a décidé de se faire tout beau, avec une nouvelle tenue dont il n'est pas peu fier. Et franchement, quand on le voit habillé comme ça, ça se comprend. Exit le survet' de l'ASS'. Aujourd'hui, Pampille porte le bob griffé Kangol, et le blouson vert et blanc façon unive

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"Portrait de la jeune fille en feu" : Consumée d’amour

Prix du scénario | Sur fond de dissimulation artistique, Céline Sciamma filme le rapprochement intellectuel et intime de deux femmes à l’époque des Lumières. Une œuvre marquée par la présence invisible des hommes, le poids indélébile des amours perdues et le duo Merlant/Haenel.

Vincent Raymond | Mercredi 18 septembre 2019

Fin XVIIIe. Officiellement embauchée comme dame de compagnie auprès d’Héloïse, Marianne a en réalité la mission de peintre la jeune femme qui, tout juste arrachée au couvent pour convoler, refuse de poser car elle refuse ce mariage. Une relation profonde, faite de contemplation et de dialogues, va naître entre elles… Il est courant de dire des romanciers qu’ils n’écrivent jamais qu’un livre, ou des cinéastes qu’ils ne tournent qu’un film. Non que leur inspiration soit irrémédiablement tarie au bout d’un opus, mais l’inconscient de leur créativité fait ressurgir à leur corps défendant des figures communes ; des obsessions ou manies constitutives d’un style, formant in fine les caractéristiques d’une œuvre. Et de leur singularité d’artiste. Ainsi ce duo Héloïse-Marianne, autour duquel gravite une troisième partenaire (la soubrette), rappelle-t-il le noyau matriciel de Naissance des pieuvres (2007) premier long métrage de Céline Sciamma : même contemplation fascinée pour une jeune femme à l’aura envoûtante, déjà incarnée par Adèle Haenel, mêmes souffrances dans l’affirmation d’une identité intime.

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Daniel Damart, lu et approuvé

CONNAITRE | Ingénieur industriel, tenancier de galerie d'art et éditeur indépendant, Daniel Damart a porté bien des casquettes. Il dirige aujourd'hui la maison d'édition Le Réalgar et, avec l'Association des Éditeurs Stéphanois dont il a la présidence, s'attache à promouvoir l'édition locale dans Loire.

Antoine Desvoivre | Vendredi 19 juillet 2019

Daniel Damart, lu et approuvé

« Quand j'étais lycéen, je voulais être libraire et j'ai terminé ingénieur. C'est comme ça, c'est la vie. » Grand lecteur dès son enfance, Daniel dévore Jules Verne à longueur de journée. Cette passion naissante pour la littérature française et les arts, éveille en lui l'envie de travailler dans le monde des lettres. Mais loin de l'odeur des vieux bouquins, c'est dans les usines de l'entreprise Haulotte qu'il commence sa carrière. Un tel revirement dans son parcours professionnel « est surement dû à un peu d’atavisme familial » concède-t-il, son père étant lui même ingénieur. C'est selon lui une caractéristique très française, que de « mettre les gens dans une case, dès vingt ans, au moment où ils terminent leurs études et d'imaginer qu'ils n'en changeront jamais. » Au cours de sa vie, il a découvert que contrairement à chez nous, « dans d'autres pays, c'est tout à fait naturel de passer d'un secteur d'activité à un autre. » Daniel, lui, a pris la troisième option : faire les deux en même temps. Travailler pour soi Après avoir consacré quinze ans de sa vie à l’ingénierie, il en conclut avoir « beaucoup tra

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Lerpt de rien

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Niko Rodamel | Jeudi 2 mai 2019

Lerpt de rien

Organisé depuis onze ans déjà par l’association Maraudeurs d’images en partenariat avec la ville de Saint-Genest-Lerpt et le club Roche Photographie, Photos dans Lerpt est un festival exigeant et populaire, s’employant à mettre en lumière les regards créatifs des photographes d’aujourd’hui. Ce sont chaque année dix jours d’expositions et de rencontres qui rapprochent amateurs éclairés et professionnels dans leur passion commune pour l’image fixe. Dans la sélection officielle qui regroupe vingt-six photographes issus de toute la France, on retrouve avec plaisir le travail de l’artiste stéphanoise Claire Malen. Photographe résolument militante, Claire poursuit son engagement et sa quête photographique au plus près des femmes en lutte pour leurs droits. Avec Portraits de femmes Tunisiennes (série qui a reçu le soutien de la bourse FIACRE International de la région Rhône-Alpes en 2015), l’artiste restitue des images emplies d’humanité, à la fois poignantes et porteuses d’un vrai espoir. La plupart des expositions sont à découvrir, à l’Espace polyvalent Louis Richard de Saint-Genest-Lerpt, du 11 au 19 mai.

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Sabri Louatah : Romanaissance

Portrait | Gamin, il rêvait de raconter une histoire de famille, tandis qu’il se cachait derrière des montagnes de bouquins. Devenu grand, le Stéphanois Sabri Louatah s’est inspiré de la sienne, pour écrire une saga en quatre tomes aujourd’hui adaptée à l’écran pour une série Canal +. Portrait d’un petit génie de la littérature… Et pas que.

Cerise Rochet | Mardi 2 avril 2019

Sabri Louatah : Romanaissance

Comme pour affirmer d’emblée son petit côté old school, c’est « place Marengo », que nous a donné rendez-vous Sabri Louatah, en ce mercredi après-midi du mois de mars. Entre deux giboulées, deux avions, deux biberons et deux séances de tournage ici à Saint-Etienne, l’écrivain se laisse volontiers aller à la discussion, à propos de lui, de sa vie, de ses bouquins, de sa série. De son bébé, aussi, qui vient d’avoir deux mois et dont la bouille s’affiche en fond d’écran sur son téléphone. « Ça m’a changé, de devenir père. J’ai l’impression que je ne peux plus me permettre d’être aussi inconséquent qu’avant. Depuis sa naissance, je regarde l’humain de manière plus tolérante », souffle-t-il, l’œil brillant, alors qu’il croque inlassablement dans une énorme pomme toute rouge depuis déjà un bon moment. Un peu plus tard dans l’après-midi, Sabri est attendu sur le tournage de la série qu’il a adaptée de son roman Les Sauvages, paru en quatre tomes entre 2012 et 2014. Une fresque familiale à la Balzac, qui raconte l’arrivée au pouvoir d’un président de la République d’origine kabyle dont le destin va progressivement se lier à celui d’une famil

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Il y a de la vie !

Expo itinérante | Cette maladie fait encore horriblement peur. Celles et ceux qui la contractent doivent vivre d'une part avec les difficultés qu'elle provoque mais (...)

Nicolas Bros | Mardi 5 mars 2019

Il y a de la vie !

Cette maladie fait encore horriblement peur. Celles et ceux qui la contractent doivent vivre d'une part avec les difficultés qu'elle provoque mais également souvent avec l'incompréhension voire le rejet de la société. Cette maladie, c'est le sida. La Ville de Saint-Étienne vient d'inaugurer une exposition itinérante qui permet de mettre en lumière 15 photographies et témoignages de personnes séropositives afin de casser les idées reçues et de « donner la parole et un visage aux porteurs du sida. » À travers la mise en place de cette expo proposée par l'association des Élus locaux contre le sida (ELCS), la Ville marque son entrée dans le réseau des villes engagées contre le sida, en devenant la 17e en France. Une manière symbolique et forte de dire la vie de ces femmes et hommes (rappelons qu'il y a environ 150 000 personnes vivant avec cette maladie en France), d'aborder leurs difficultés et de rappeler que de nombreux moyens existent pour se faire dépister, de manière anonyme et gratuite (plus d'infos sur www.saint-etienne.fr) Portraits de vi(H)es

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Arnaud Meunier / Une vie en actes

Portrait | Depuis janvier 2011, Arnaud Meunier dirige La Comédie de Saint-Étienne. Avec pour ligne de mire permanente la création et la transmission, le metteur en scène poursuit son travail mêlant ouverture du théâtre au plus grand nombre, mise en avant d'oeuvres contemporaines et en valeur de la cité stéphanoise.

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Portrait | Elle a 31 ans, elle est rappeuse, elle a des choses à dire mais les dit toujours en son seul nom, méfiante de toute forme de récupération. Aussi à l’aise que droite dans ses pompes, Radikale Junkypop bouscule les codes dictés par un milieu encore essentiellement masculin, en même temps que les carcans de la société.

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Radikale Junkypop, électron libre de la scène hip hop stéphanoise

Petite brunette au visage poupin en partie caché derrière des lunettes à larges montures, Carole a le sourire des personnes douces et bienveillantes, en même temps que le froncement de sourcils de ceux qui savent où ils veulent mettre leur(s) patte(s). À la ville, la demoiselle bosse dans une petite boîte d’intégration de réseaux informatiques et téléphoniques, à Saint-Étienne. Chaque matin, elle enfile donc son costume, jouant de manière irréprochable son rôle de trentenaire citadine parfaitement intégrée au monde de l’entreprise… Et ne manque d’ailleurs jamais de s’en amuser. Une fois le costume tombé, en revanche, Carole ne joue plus. Libre, de penser et de dire ce qu’elle veut, de s’affirmer telle qu’elle est, dans ses rencontres comme dans les textes qu’elle scande sur scène. Gamine, Carole écrivait des chansons sur les animaux. Un peu dans son monde, un peu solitaire, sans doute déjà un peu artiste. Devenue une jeune femme, elle se lance dans des cours de chant, pour apprendre une technique et être plus à l’aise avec sa voix. Bercée par les barons du funk et de la soul, Carole écoute également beaucoup, beaucoup de rap. NTM, IAM au départ. Puis Kery James, Oxmo P

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Portrait / Manga forézien | Les deux créateurs montbrisonnais du manga Head Trick sortiront le onzième tome de la saga, le 11 novembre prochain. Entre enthousiasme, anecdotes, parcours jalonné de surprises et sacré grain de folie, les frères Chazal ne seraient-ils pas eux-mêmes tout aussi aventuriers que les personnages qu’ils façonnent ?

Cerise Rochet | Mardi 2 octobre 2018

Damien et Emeric Chazal, génération Nippon

Montbrison, un soir de semaine. Dans leurs locaux, les frères Chazal sont débordés. Des centaines de cartons, de grosses machines, des étagères, des figurines, des mangas… Et, au milieu de l’apparente pagaille - en réalité très organisée -, un petit bureau où Damien, le plus grand des frères, griffonne quelques notes sur un petit cahier. « Comme toujours, on est bien occupés en ce moment », s’excuse Emeric, son cadet. Depuis sept ans qu’Head Trick existe, les deux créateurs du célèbre manga ‘’made in Le Forez’’ n’ont jamais trouvé le temps de prendre ne serait-ce qu’une semaine de vacances. « Mais ce qu’on fait nous passionne tellement qu’on ne vient jamais ici en traînant les pieds » lancent-ils, l’œil pétillant. Cet œil, c’est celui de deux adultes qui se sont construit un véritable rêve de gosse, au talent et au culot. Avec bonheur et enthousiasme, ils racontent leur histoire complètement dingue, en détails. Comme si, par moment, ils devaient encore se pincer pour réaliser que ce qui leur arrive est bien réel. Imagination débordante Pour Damien et Emeric, la grande aventure démarre il y a 25 ans. Encore gamins, les deux frères

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Jason Chicandier, bon vivant

Portrait | Avec une bonne dose de provoc', un humour (très) gras et des textes ciselés, les Joz' dynamitent quotidiennement le groupe Facebook stéphanois La Jozerie. Un succès symbolisé par un personnage haut en couleurs : Jason Chicandier, l'archétype du "bon vivant", qui foulera avec ses potes Joz' les planches du Point Virgule à Paris en mars 2019.

Nicolas Bros | Mardi 4 septembre 2018

Jason Chicandier, bon vivant

Depuis plusieurs années, un groupe de discussion stéphanois prend de plus en plus d'ampleur sur le réseau social Facebook. Intitulé La Jozerie, il compte aujourd'hui près de 28 000 abonnés. Emmené par Guillaume, Maxence,  Mathou Cann,  Lucas, Gauthier, Gabriel, Thomas et l'incontournable Jason Chicandier, cet espace d'expression diffuse allégrement humour gras et poésie de comptoir. Créé en 2011 par une bande de potes, le concept de Joz' s'apparente à un "beauf". L'histoire démarre sans Jason Chicandier, par un site internet qui héberge tout ce que le net peut proposer comme "beauferies". « Cette page web relayait tous les stéréotypes du beauf en vidéos, images, etc, explique Jason Chicandier. Il y avait du tuning, de la nuque longue, du fan de Johnny avec tatouages qui dit à sa femme de la fermer et qui boit de la bière toute la journée... C'était en quelque sorte le meilleur du pire d'internet orienté Confessions Intimes ». Mais au bout d'un moment le contenu tourne court. Quand Chicandier et Mathou Cann débarquent chez les Joz' En 2014, Mathou Cann et Jason Chicandier, deux trublions connus pour leurs

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Cyril Hubert L’âge de bière

Portrait | C’est l’histoire d’une heureuse reconversion. Celle d’un Français, Cyril Hubert, installé en Suisse depuis plus de dix ans et qui, après quinze années passées chez des grands noms du luxe et de la restauration, a décidé de tout plaquer pour devenir biérologue. Une histoire passionnelle de brasseries artisanales, de malt et de houblon, de palais et de partage.

Niko Rodamel | Mercredi 2 mai 2018

Cyril Hubert L’âge de bière

Après une enfance et une adolescence sans histoire passées du côté de Romorantin dans le Loir-et-Cher, Cyril se laisse inspirer par ses deux sœurs en choisissant lui aussi de s’orienter vers le monde de l’hôtellerie et de la restauration. Au CFA de Blois, il enchaînera en quatre ans un CAP, puis un BEP et enfin un Brevet Professionnel. « À part le rugby, pas grand-chose ne me passionnait à l’époque, je me suis donc mis au travail assez tôt par la voie de l’apprentissage. » Pendant quinze ans, le jeune homme travaillera comme chef de rang chez des grands noms du luxe et de la restauration : sur la Côte d’Azur pour le Métropole Palace de Beaulieu-Sur-Mer, pour Gérard Rabaey au Pont de Brent en Suisse, dans l’équipe du Tucker’s Point Golf Club aux Bermudes, pour le Domaine des Hauts de Loire à Onzain et enfin au sein de l’Hôtel Casino Barrière à Montreux. « Travailler dans de tels établissements a été une chance mais, la trentaine venue, je crois que j’avais déjà fait le tour du métier. Le prestige des macarons et des étoiles induit une pression particulière, le monde de la haute gastronomie reste un univers difficile, souvent épuisant. Il était temps pour moi de passe

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Pierre Thivillon : pour l'amour des animaux

Portrait | Passionné au grand cœur, Pierre Thivillon a forgé de ses mains un parc unique et à taille humaine au fil des années : l'espace zoologique de Saint-Martin-la-Plaine. À 74 ans, l'homme, à la sensibilité débordante, continue de vivre tous les jours sur place avec sa femme Eliane et ses équipes, au contact de « ses enfants » à qui il a tout donné par amour : gorilles, lions, gibons et autres magots.

Nicolas Bros | Mercredi 4 avril 2018

Pierre Thivillon : pour l'amour des animaux

Passer un moment aux côtés de Pierre Thivillon est un privilège, une expérience inédite et inoubliable. Ce septuagénaire possède un parcours peu commun et a dans sa besace un nombre incalculable d'anecdotes et autres souvenirs d'une vie forgée pour et aux côtés des animaux. Pétri de cette passion communicative, il a lancé en 1972 l'un des parcs zoologiques les plus emblématiques de France : l'Espace Zoologique de Saint-Martin-la-Plaine, à mi-chemin entre Saint-Étienne et Lyon. Un travail titanesque digne du Facteur Cheval, l'œuvre d'une vie entièrement tournée vers les animaux. « Depuis le début du parc, nous n'avons eu de cesse de nous battre pour nos animaux », explique Pierre Thivillon, des trémolos dans la voix et l’œil humide. Gorilles dans la brume du Jarez Ce lieu, créé de toute pièce par ce passionné et sa femme Eliane, est notamment réputé pour son travail dans le maintien des primates et de leur reproduction. À titre d'exemple, le parc est depuis de nombreuses années devenu une référence mondiale en matière de gorille, puisque pas moins de 12 gorilles écoulent aujourd'hui des jours heureux dans les grands espaces du parc - un nombre inédi

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Gaëlle Thomas : Hyperactive Miss Gawel

Portrait | Gestionnaire des costumes de l’Opéra de Saint-Étienne depuis quatre ans, le parcours et la curiosité naturelle de Gaëlle Thomas en font une femme pétillante, véritable touche-à-tout, active et engagée dans le paysage culturel stéphanois. Texte et photo : Niko Rodamel

Niko Rodamel | Mardi 6 mars 2018

Gaëlle Thomas : Hyperactive Miss Gawel

Gaëlle est née à Saint-Étienne au milieu des années soixante-dix, alors que la ville était en pleine ébullition footballistique. La grande époque, comme l’on dit ici, depuis plus de quarante ans. Mais ce sera plutôt la fibre artistique qui fera grandir la petite fille qui passe son enfance sur les hauteurs de Saint-Héand, débutant l’apprentissage du chant et de la flûte traversière dès l’âge de six ans, à l’école de musique du village. L’adolescente poursuivra sa scolarité à l’Institution Saint-Paul, ponctuée par un voyage en Pologne, peu de temps avant la chute du mur de Berlin. « Je suis ensuite entrée à la fac d’Arts Plastiques sans avoir d’idée bien précise de ce que je voulais faire plus tard. J’étais vaguement attirée par la décoration… » L’étudiante découvre alors la danse africaine avec Hélène Closset puis se perfectionne avec l’association Kabanako. BAFA en poche, Gaëlle multiplie les expériences dans le monde de l’animation et s’intéresse de façon grandissante à la photographie. Avec une bande d’amis elle crée l’association Bao’bab, avec laquelle elle fait son premier voyage en Afrique. « Nous sommes partis en Côte d’Ivoire à la rencontre d’artist

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Geoffrey Saint-Joanis : «Avec notre structure, nous voulions mixer nos passions »

Tête(s) de culture | Co-fondateur du studio de création audiovisuel AUUNA avec ses deux amis Alexandre Fournel et Laurent Gibert, Geoffrey Saint-Joanis est un jeune homme – né en 1992 – très présent auprès des artistes, notamment stéphanois, par la réalisation de vidéos, de photos ou de graphismes. Nous sommes revenus sur son parcours déjà bien chargé entre rédaction de presse, reportages en indépendant et création de son entreprise.

Nicolas Bros | Vendredi 9 février 2018

Geoffrey Saint-Joanis : «Avec notre structure, nous voulions mixer nos passions »

Comment en es-tu arrivé à travailler dans la réalisation de clips, de films, etc ? J'ai d'abord passé un Baccalauréat littéraire puis je suis entré en prépa de journalisme audiovisuel au lycée Saint-Louis à Saint-Étienne. À la fac, j'ai validé une double licence histoire-sciences politiques à Lyon 2. Parallèlement à mes études, j'ai écrit pour un petit magazine qui s'appelait Le Journal International. J'ai fait un peu le forcing pour rentrer dans cette rédaction, car ils n'étaient pas très chauds à l'idée de m'intégrer au début. Je me suis rendu compte qu'il y avait un potentiel énorme avec l'actu internationale traitée par des correspondants étudiants installés dans le monde entier... J'en suis devenu le rédacteur en chef et nous avons développé le réseau de correspondants jusqu'à atteindre le nombre de 200. Ça a pris de l'ampleur et nous nous sommes faits remarqués par L'Express et le Figaro car nos correspondants étaient les premiers lors des révoltes de la place Taksim à Istanbul, ainsi que sur l'attentat du marathon de Boston... Nous avons pu établir un partenariat avec Le Figaro qui publiait un article par semaine d'un de nos correspondants.

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Mathieu Schalk, l'inimitable

Portrait humour | Des hauteurs du Pilat aux studios parisiens, d'ACTIV Radio à Canal+, Mathieu Schalk a déjà fait un sacré bout de chemin. Comédien et imitateur tous azimuts, l'enfant du pays revient sur son parcours à l'occasion de son passage au Festival des Arts Burlesques.

Niko Rodamel | Mardi 6 février 2018

Mathieu Schalk, l'inimitable

Il imite aujourd'hui près de cent voix d'artistes, de personnalités politiques ou de sportifs pour la télé, la radio ou le web. Pourtant, le parcours de ce caméléon n'a pas été un long fleuve tranquille... Mathieu a passé son enfance et le début de son adolescence sur les hauteurs du Pilat, à Saint-Genest-Malifaux. Il n'est alors qu'un gamin plutôt réservé, voire timide. Vers l'âge de dix ans, il s'amuse à faire quelques imitations, sans plus. Après l'école primaire et le collège, il descend à Saint-Étienne. « J'ai fait mon lycée à Honoré d'Urfé, j'ai commencé à me décoincer, à me révéler. Quand il s'agissait de faire le con, j'étais là ! » Dans la famille Schalk, aucun artiste. Néanmoins l'ado pressent quelque chose, il ne rate pas un rendez-vous avec les Guignols de l'Info. « En voyant le regard d'enfant dans les yeux de mes parents devant Mister Bean, je me disais qu'il est sans doute possible de rester un enfant même dans le monde des adultes. » Et c'est en observant Laurent Gerra sur scène que l'envie de devenir imitateur apparait au jeune homme comme une évidence. Mais le principe de réalité s'imposant, Mathieu se dirige sagement vers un

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Patrick Jasserand, bien dans son slip

Portrait | Président de la LISA (Ligue d’Improvisation Stéphanoise Amateure) depuis six ans, le fringant quadra fait feu de tout bois sur la scène culturelle associative de sa ville d’adoption.

Houda El Boudrari | Mardi 31 octobre 2017

Patrick Jasserand, bien dans son slip

Roi de l’impro, cofondateur de "Mes couilles dans ton slip" (MCDTS), membre actif des Bugnes, organisateur de soirées Popcorn… à voir le pedigree du bonhomme, on aurait pu s’attendre à un "agité du bocal" ou un fébrile "sniffeur de coke". A minima un style un peu provoc’ ou amateur de blagues salaces. Pas du tout. Hormis une tignasse dépassant (à peine) les longueurs réglementaires, Patrick arbore le look décontract et "posé" du voisin sympa qu’on croise avec plaisir : le gars cool et bien dans ses baskets… euh dans son slip. Mais comment fait-il pour cumuler autant de casquettes en plus de son boulot d’enseignant-animateur en lycée agricole ? « La passion des rencontres », dirait quelqu’un qui se la raconte. Mais lui préfère parler tout simplement d’un concours de hasards et d’une vocation certaine pour l’associatif. Accro à l’impro Sa passion première, c’est l’impro. Il est tombé dedans en 1999. Lointaine époque où les hommes étaient encore astreints au service militaire. Lui sera objecteur de conscience et coulera ses 16 mois obligatoires de service civil chez Forez FM (l’ancêtre d’Activ Radio) où il fait ses premières armes d’

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Les Amis Réunis : Le chœur des hommes

Portrait | Depuis 1879, le flambeau se transmet de père en fils, un trait d’union traversant trois siècles… Déjà. Des mineurs stéphanois du 19e siècle, ils ont conservé cette mâle bravoure, l’humour mutin de ceux qui lovent leur cœur au creux de leur main. Le chœur Les Amis Réunis n’en finit pas de faire vibrer l’âme de la cité, et nous invite au voyage vers un futur… radieux, bien sûr. Texte : Alain Koenig / Photo : Niko Rodamel

Alain Koenig | Mardi 3 octobre 2017

Les Amis Réunis : Le chœur des hommes

Le pas nerveux, une lueur d’anxiété dans la pupille gauche, Frédéric Grolet, chef de chœur, s’avance vers notre photographe. Allons-nous bien transmettre le message, ne pas trahir la mémoire de cette généalogie hors du commun, saisir l’esprit de corps qui préside au partage entre ces hommes aux vies sereines parfois, cabossées souvent, atypiques et authentiques toujours ? En l’attendant, les conversations vont bon train: un ténor (ou était-ce un baryton ?) explique, dans une langue fleurie, à l’un de ses compagnons, la gratitude éternelle des artilleurs pour la légion. Les souvenirs de régiment s’échangent, tandis que le saucisson du Forez, artisanal bien sûr, se laisse trancher d’une main ferme, entre les "cubis" de Saint Joseph. Alcôve d’improbables répétitions et de prometteuses agapes, l’Amicale Laïque de Chapelon, pourrait avoir vu le tournage de The Others. Les lieux ont une âme, assurément. Où que se porte le regard, articles de vieux journaux, photos sépia, "cartons" de musicien d’harmonie, affiches aux dates intemporelles ornent le champ visuel, comme autant d’ex-voto à une Sainte Cécile omniprésente. Portrait de famille Quelques personnag

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Serge Prud’homme alias Deloupy

Portrait BD | Co-fondateur des Editions Jarjille, Serge Prud’homme (aka Deloupy) est un illustrateur heureux. L’album Love story à l’iranienne sorti aux éditions Delcourt en 2016 (d’après une enquête de Jane Deuxard) a reçu plusieurs prix très encourageants, ouvrant au dessinateur de nouveaux horizons à la lumière d’une reconnaissance amplement méritée. Rencontre, dans son atelier du centre-ville de Saint-Étienne, avec un homme curieux de tout et humainement attachant.

Niko Rodamel | Mardi 5 septembre 2017

Serge Prud’homme alias Deloupy

Gamin, Serge lit et relit mille fois les BD familiales, les classiques Tintin, Astérix et Gaston… « Je ne dessinais ni plus ni mieux qu’un enfant ordinaire. » En revanche, sa rencontre avec Michel Jacquet (qui deviendra plus tard son complice Alep) a sans doute été décisive. Les deux garçons se sont connus vers l’âge de huit ans, dans le voisinage de la maison de campagne familiale, entourés de toute une bande de gosses. Pendant des années, les deux copains vont partager leurs lectures mais ils commencent aussi à échanger sur la BD. Il faudra attendre quelques années avant que l’adolescent, optant pour un Bac A3, prenne conscience que le dessin pourrait bien prendre une place grandissante dans son champ des possibles. Après une année infructueuse aux Beaux-arts de Saint-Étienne puis une année sabbatique aux Pays-Bas, Serge s’inscrit presque sur un coup de tête aux Beaux-arts d’Angoulême, capitale nationale autoproclamée de la bande-dessinée. « J’ai passé là-bas trois années très riches dans l’atelier BD où j’ai pu beaucoup mieux cerner les finalités du métier, grâce à de nombreuses rencontres avec des pros, des auteurs ou des éditeurs. » Serge Prud’homme débute

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Daniel Kawka, le contemporain qui "Ose"

Portrait | Éclectique et passionné, le célèbre chef d'orchestre aux modestes origines, moissonne aujourd'hui ses blés. Graal du sage ou désarmant truisme, ses rêves aujourd'hui reviennent à lui, tout naturellement ! Un labeur acharné et de belles cartes postales plein son viatique : Oural ou Toscane, Tibre ou Néva sont pour lui, autant de sensations à revisiter... en musique !

Alain Koenig | Mardi 2 mai 2017

Daniel Kawka, le contemporain qui

Toujours ponctuel, un physique imposant emplit l'entrebâillement de la porte. Les retrouvailles avec Daniel Kawka sont toujours précédées du petit pincement au cœur qui sied aux grands rendez-vous. Après les civilités d'usage, la tonalité passe très vite en ré majeur, avec une infinie simplicité. Ayant quitté deux postes de Premier Chef Invité, et pas des moindres, voici l'enfant du pays de retour dans l'Hexagone, où ses projets se concrétisent les uns après les autres. De son long séjour en Italie, à la tête de l'Orchestre de la Toscane, il a le sentiment d'avoir effectué ce qu'il nomme très justement ses « humanités », ce qui en langage " chef d'orchestre " signifie : jouer le grand répertoire du XIXe siècle : les Schumann, Mendelssohn, Beethoven... Un passage obligé pour ne pas être catalogué jusqu'à la fin de ses jours " Monsieur musique d'aujourd'hui " ! Daniel Kawka est un homme libre, et revendique ses choix musicaux sur une échelle de Richter, graduée de Wagner à Jimmy Hendrix. « À l'origine, j'ai fait ce métier parce que j'avais entendu Parsifal de Wagner à Orange. Je suis un amoureux fondamental de la musique ! » Dans une corporation, où l'on

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Gilles Granouillet, piqué de théâtre

Portrait | 15 ans après l’ouverture du Verso rue de la Richelandière, le dramaturge et metteur en scène nous raconte sa passion d’un théâtre social, ancré dans l’histoire stéphanoise.

Houda El Boudrari | Mercredi 5 avril 2017

Gilles Granouillet, piqué de théâtre

Il est modeste, Gilles Granouillet. Il vous accueille sans prétention dans sa petite salle commune du Verso qui fait office de cuisine-salle à manger-salle de réunion et vous fait partager un café froid en soupirant sa fatigue, l’usure des années et de ce métier qui n’en est pas vraiment un, de métier normal. Pourtant il en avait fait des métiers « plus basiques » avant, il sait qu’ils ne sont pas non plus de tout repos. Arrivé au théâtre et à la littérature par hasard, ce fils de Manuchards (comme on appelait les ouvriers de l’ancien Manufrance) a d’abord été manutentionnaire, puis instit avant de s’autoriser à embrasser une carrière artistique, un peu incongrue pour les gens de son milieu. Il a d’abord commencé par se fourvoyer dans un improbable IUT en gestion d’administration des entreprises, pas vraiment une filière « poétique ». On ne saura jamais si Gilles Granouillet aurait fait un comptable lyrique, puisqu’il n’a pas persisté longtemps dans cette profession du chiffre, trop austère pour un amateur de belles lettres. Magasinier chez un vendeur de motos puis instituteur pendant sept ans, le jeune stéphanois trompe l’ennui en prenant des cours de théâtre

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Ella & Pitr / Inséparables papiers-peintres

Street art | De Saint-Étienne au Chili en passant par le Canada ou la Norvège, depuis déjà dix ans le singulier duo d’artistes vit avec appétit sa passion pour un street art décalé et poétique.

Niko Rodamel | Mercredi 1 mars 2017

Ella & Pitr / Inséparables papiers-peintres

Le soleil d’hiver peine à se faire un chemin dans l’étroitesse de la rue Henri Gonnard. Ella et Pitr me reçoivent sur les flancs de la colline des Pères, entre Tardy et Beaubrun, dans l’atelier que la mairie de Saint-Étienne met à leur disposition dans l'aile gauche de l'ancienne école des Beaux-Arts. Il faut d’ailleurs traverser le local où travaillent les danseurs du crew stéphanois Melting Force pour déboucher dans une pièce blanche, plutôt haute de plafond, dans laquelle sont stockés de grands rouleaux de papier blanc, des pots de peinture noire, toute sorte d’outils dont une douzaine d'extincteurs réformés qui attendent d'être transformés en pulvérisateurs, un escabeau maculé de tâches, quelques CD empilés sur un vieux lecteur et, dans un petit réduit attenant, quelques carcasses de vélos en cours d'assemblage... Nous nous installons au centre d’un atelier étonnamment bien rangé. Le mercredi c'est le jour des enfants, journée OFF pour ce couple de parents atypiques. Début d’une discussion tous azimuts... Ils se sont rencontrés au hasard d’une rue voilà dix ans, collant des affiches chacun de leur côté. Depuis, leur chemin commun n’a cessé de s’enrichir d’expériences artisti

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Raphaël Labouré Dompteur de lumière

Portrait du mois | Rencontre avec un artiste singulier et curieux de tout, un attachant Stéphanois pure souche, projectionniste au Méliès et photographe indépendant.

Niko Rodamel | Mercredi 1 février 2017

Raphaël Labouré
Dompteur de lumière

Qui n’a pas déjà croisé sa silhouette dans les milieux associatifs et culturels stéphanois ? Taillé comme une armoire normande, le bonhomme traîne pourtant la réputation d’un mec cool, plutôt discret voire taiseux. Tout le monde l’appelle Rara mais il préfère signer ses photos d’un énigmatique Rä². Raphaël Labouré est né en 1975 à Saint-Étienne, ville à laquelle il reste profondément attaché depuis toujours. Gamin, il est déjà sensible aux images, à ce qu’elles peuvent apporter d’indicible au-delà du premier coup d’œil. « J’ai le souvenir d’un travail que j’avais fait à l’école primaire, autour d’une photo qui représentait un escalier ainsi que des pieds qui suggéraient seulement une présence humaine. C’était à nous de faire parler l’image avec ce que l’on voyait et ce que l’on ne pouvait qu’imaginer. Je crois que cela m’a vraiment marqué. » Rara évoque aussi son père qui, ne lisant pas, attachait une importance particulière aux images des revues qu’il parcourait. « J’ai vite compris que les photos pouvaient raconter autant de choses qu’un texte, cela a sans doute été déterminant quand je vois où j’en suis et ce qui m’anime aujourd’hui. » Mais le chemin vers l’

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Anna Alexandre, une vie "danse"

Portrait | Danseuse passionnée et passionnante, Anna Alexandre est incontournable. À la tête de l'association Stéla et du festival DesArts//DesCinés mêlant danse et cinéma, elle possède un parcours unique, entre voyages, ouvertures et partages. Des valeurs fortes qui l'ont guidée jusqu'à Saint-Étienne, ville à laquelle elle demeure très attachée. Rencontre avec une fille au sourire communicatif.

Nicolas Bros | Mardi 3 janvier 2017

Anna Alexandre, une vie

Dans le contexte actuel toujours plus morose, certaines rencontres sont bienveillantes et apportent du baume au coeur. Avec Anna Alexandre, directrice de l'association Stéla, c'est clairement le cas. Son sourire rayonnant fait plaisir à voir. Allant de paire avec sa bonne humeur communicative, elle inspire également le respect du fait de sa modestie. En effet, lorsque nous l'avons jointe pour la rencontrer, sa réaction fut d'abord celle de l'étonnement. Pleine d'humilité, elle ne savait pas vraiment sur quel pied danser, nous demandant si nous étions bien certains de vouloir réaliser son portrait. Oui, c'était bien sur elle que notre choix s'était porté pour débuter l'année 2017 en beauté. Qui mieux qu'une fille aussi dynamique et fermement attachée à Saint-Étienne, sa ville d'adoption. Anna Alexandre, c'est un condensé d'une passion débordante pour la danse mais aussi pour autrui. Une sincérité et une foi en ses différents projets qui se dégagent de son regard, de ses propos - parfois prolixes - mais aussi et surtout de ses actes. À l'initiative du joli festival DesArts//DesCinés, mêlant danse et cinéma, qui fêtera en avril prochain sa septième édition, elle intègre dans cet év

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Marie Marcon, lire pour les autres

Portrait | Presque dix ans après la reprise de la libraire de quartier rue Pierre Bérard, Marie Marcon a su faire de Lune et L’autre un lieu d’ancrage pour les amoureux des belles lettres et d’ouverture pour les papivores aux goûts éclectiques. Houda El Boudrari

La rédaction | Mercredi 5 octobre 2016

Marie Marcon, lire pour les autres

La tête dans la lune mais bien les pieds sur terre, Marie Marcon vous prévient tout de suite : le métier de libraire ne consiste pas à passer ses journées à dévorer des livres comme le fantasme la plupart des gens. « Entre la gestion des stocks, les rendez-vous avec les représentants des maisons d’édition et la réception des clients en boutique, le temps pour la lecture se prend le soir sur notre vie privée » résume la jeune femme, qui a repris l’ancienne librairie de quartier Blandine Blanc en 2007 avec son acolyte Céline Guilbauld, spécialisée en littérature jeunesse. Le duo s’est formé à la Fnac de Lorient où toutes deux faisaient leurs premières armes d’apprenties libraires. « Quand j’ai su que la librairie de Blandine Blanc, où j’avais effectué un stage, était à vendre, j’ai tout de suite proposé le projet de reprise à Céline, avec laquelle j’avais à la fois une vision commune du métier et une complémentarité dans les champs de compétences ». La ligérienne embarque son amie nantaise dans un train de nuit pour lui faire découvrir la ville à l’aube, et le mystérieux charme stéphanois opère... Paniers culturels Le binôme

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Simon Javelle, "Music Instinct"

MUSIQUES | Si vous croisez Simon Javelle, il y a de fortes chances pour qu’il n’ait que peu de temps à vous accorder. Actif et passionné, le programmateur du célèbre (...)

Nicolas Bros | Mardi 1 mars 2016

Simon Javelle,

Si vous croisez Simon Javelle, il y a de fortes chances pour qu’il n’ait que peu de temps à vous accorder. Actif et passionné, le programmateur du célèbre festival stéphanois de chanson (mais pas que...) Paroles & Musiques est loin de se contenter de cette seule fonction. Avide de découvertes et jamais avare de nouvelles rencontres, il fait partie des figures incontournables du secteur culturel stéphanois et régional. Il se partage entre le milieu économique “classique” avec son entreprise de promotion et programmation C’Kel Prod et son implication dans le milieu associatif au travers de sa fonction de directeur du festival Paroles & Musiques. Une implication double Une double fonction à l’ancrage local fort, pas toujours comprise par certains, mais qui lui a permis de s’épanouir, tant d’un point de vue professionnel que personnel. «Je suis très content d’avoir connu les deux secteurs, le privé et l’associatif», assure-t-il. «À l’époque où je n’étais que dans le milieu associatif, j’avais une image du secteur culturel privé peu reluisante. Quand certains produisaient des artistes que je n’aimais pas, je pensais que c’étai

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Olivier Richard, éclairagiste indépendant : « La lumière c’est de la magie »

SCENES | Autre profession indispensable au milieu artistique, l’éclairagiste donne vie aux spectacles, concerts en créant à l’aide de sa palette de projecteurs, une atmosphère lumineuse totalement adaptée à la représentation. Portrait d’Olivier Richard, éclairagiste indépendant. Propos recueillis par Marlène Thomas

Marlène Thomas | Mercredi 19 août 2015

Olivier Richard, éclairagiste indépendant : « La lumière c’est de la magie »

Quel parcours professionnel avez-vous suivi ? Olivier Richard : J’ai 48 ans et j’ai commencé de façon autodidacte. Je fais partie de la dernière génération ayant appris sur le tas... Aujourd’hui, les jeunes sortent quasiment tous d’une école, les normes et les machines étant de plus en plus complexes. J’ai intégré ce métier par hasard en rencontrant, lors de mon service civil chez RCF, Philippe Servant qui s’occupait de la maintenance de la radio. J’ai débuté comme électricien de théâtre ou "monteur". Puis, j’ai travaillé pendant douze ans à la salle Jeanne d’Arc en tant qu’intermittent. Je me suis notamment occupé des concerts de Paroles et Musiques en régie lumière et j’ai été assistant en régie générale. Cette expérience m’a permis d’avoir du recul sur les différentes professions du milieu. Je suivais aussi, en parallèle, des petites compagnies et trois groupes locaux : La Rouille, Les Zourilles et un autre groupe de ragga. Aujourd’hui, je travaille "en indépendant", essentiellement pour le spectacle vivant. Je suis en collaboration avec les compagnies Carnages, Halte, Nosferatu et Les Ballets Contemporains de Saint-Étienne de Mireille Barlet. Ce qui m

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Nicolas Hoste : «Tout doit être organisé en amont »

MUSIQUES | Garant du bon déroulement du concert, tant d’un point de vue technique que de celui de la sécurité, le directeur technique se doit d’anticiper les moindres problèmes. Rencontre avec Nicolas Hoste, directeur technique du Fil. Propos recueillis par Marlène Thomas

Marlène Thomas | Mercredi 1 juillet 2015

Nicolas Hoste : «Tout doit être organisé en amont »

Quel parcours professionnel avez-vous suivi ? Nicolas Hoste : Au début, j’étais apprenti pâtissier et parallèlement, je jouais dans un groupe. Finalement, je me suis rendu compte que ce n’était pas ma voie, j’ai donc opté pour le métier de technicien son en 1987. Pour cela, j’ai suivi une formation généraliste son, lumière et régie plateau à Lyon pendant six mois. J’étais un des premiers à bénéficier d’une formation professionnelle qualifiante dans le monde du spectacle. Pendant une vingtaine d’années, j’ai exercé le métier de régisseur son pour des groupes nationaux comme Les Innocents, Thomas Fersen, Les Têtes Raides, mais aussi, pendant quatre ans pour Cesaria Evora, à l'international. En plus de cela, je m’occupais d’enregistrements studio et travaillais avec des compagnies de théâtre stéphanoises. Quand le projet du Fil s’est concrétisé, j’ai postulé au poste de directeur technique. Ce projet me tenait à cœur depuis longtemps car j’ai fait partie des personnes ayant milité pour sa création. Quitter le statut précaire de l’intermittence pour un CDI dans une salle que j’espérais de mes vœux était une bonne opportunité. Il y a tout de même des frustrati

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Nicolas Brun : « Avoir une sensibilité artistique est essentiel dans ce métier»

ARTS | Derrière les expositions du Musée d’art moderne et contemporain de Saint-Étienne (MAMC), toute une équipe s’affaire afin d'installer et entretenir chaque œuvre présentée au public. Rencontre avec Nicolas Brun, régisseur technique du musée. Propos recueillis par Marlène Thomas

Marlène Thomas | Vendredi 24 juillet 2015

 Nicolas Brun : « Avoir une sensibilité artistique est essentiel dans ce métier»

Quel parcours professionnel avez-vous suivi ? Nicolas Brun : Je suis venu pour la première fois au Musée d’art moderne et contemporain pour mon stage de fin d’études, puisque j’ai passé un master professionnel dans les métiers du patrimoine à Saint-Étienne et un master de recherche en science de l’art à Metz. Depuis 2008-2009, je travaille sur les montages d’expositions. Ma titularisation est intervenue en 2011. Au sein de mon mon service, nous sommes trois techniciens et deux supérieurs hiérarchiques. Il y a aussi un pôle "courant fort, courant faible" comprenant un électricien et un éclairagiste qui s’occupent aussi du bon déroulement des conférences. J’ai toujours été passionné par l’art, j’ai écrit sur l’art et je suis aussi artiste plasticien parallèlement à mes activités professionnelles. Initialement, je voulais continuer la recherche mais sans être enseignant, donc je me suis tourné vers les métiers de la conservation. J’ai fait mon stage ici avec le conservateur de l’époque, mais je me suis vite rendu compte que j’avais besoin de plus d’action. Quatre mois après le début de mon stage, une grande exposition réunissant de nombreux artistes internat

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Damien Flandin : « Je fonctionne vraiment au coup de cœur »

MUSIQUES | Manager, booker et producteur, Damien Flandin a créé l’association Face B en 2010. Un travail nécessitant passion, persévérance et polyvalence pour soutenir et développer la carrière d'artistes. Portrait de ce touche-à-tout juste avant la tenue du onzième Foreztival, festival à succès qu'il a co-créé dans son village d'origine, à Trelins dans le Forez. Propos recueillis par Marlène Thomas

Marlène Thomas | Mercredi 12 août 2015

Damien Flandin : « Je fonctionne vraiment au coup de cœur »

Quel cursus professionnel avez-vous suivi ? Damien Flandin : Je suis un autodidacte. Mes études n’ont aucun lien avec l’événementiel, j’ai un BTS de comptabilité-gestion. L’association Face B a été créée en 2010. C’est par le biais du Foreztival que j’ai eu l’envie de développer ce projet. Je suis Treulinois et avec quelques amis - passionnés de musique et de festivals tout comme moi - nous avons décidé de monter ce festival. Puis, en côtoyant ce milieu, j’ai voulu connaître l’envers du décor, m’occuper des artistes, partager leur quotidien. Au sein de Face B, nous sommes trois : Justin et Hélène s’occupent exclusivement du booking tandis que moi, je gère un peu tout, le management, la production et le booking. Nous travaillons avec dix artistes en booking et trois en management : L’Entourloop, The Architect et Two Pan, un groupe de rap.

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Manon, Manon...

MUSIQUES | Le catalogue des œuvres de Jules Massenet regorge de pépites reléguées à la confidentialité des alcôves musicologiques. Dans «Le Portrait de Manon», le maître lève le voile sur ses émois de jeune homme, et la cinquantaine venue, s'offre une seconde chance de maîtriser son sujet. Un seul acte et une heure pour tout dire, sans redites... Alain Koenig

Alain Koenig | Lundi 17 mars 2014

Manon, Manon...

Affranchissons le lecteur d'un doute : Le Portrait de Manon n'est pas «Manon, le Retour». La genèse de cet «opéra-comique» de Massenet est intrinsèquement liée à la création de l'un de ses grands chefs-d'oeuvre. En 1894, Sibyl Sanderson, soprano fétiche du maître, pour qui le rôle de Thaïs devait être créé à l'Opéra-Comique, fit monter les enchères entre la Salle Favart et l'Opéra... C'est au final l'Opéra qui s'octroya les services de la diva, l'Opéra-Comique devant se contenter de ce que d'aucuns pourraient considérer à tort, comme une bluette de Massenet. Car ni l'intrigue, ni la musique ne sont une redondance de leur célèbre aïeule. Chaperon aigri du jeune vicomte Jean, qu'il essaie de protéger contre ses sentiments pour la belle Aurore, le Chevalier des Grieux vieillissant, n'en finit plus de ruminer son aversion du sentiment amoureux. Il recouvre l'usage de son «coeur» par le biais d'un subterfuge, rappelant à ses yeux emplis de tristesse, les traits du visage de Manon. Dans le cadre de son projet pédagogique, Sophie Laflaquière confie : "C'est une histoire d'amour dans laquelle chacun reconnaîtra un peu de sa vie".  Un projet d'

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