Étrangetés, curiosités et autres exotismes

Panorama ciné février | Février, c’est les vacances. Alors, comme dirait Audiard, « quand le tout-venant a été piraté par les mômes, qu’est-ce qu’on fait ? On se risque sur le bizarre ! » Judicieux conseil.

Vincent Raymond | Mardi 6 février 2018

Déjà affligé d'une longueur aussi insolite que variable, le mois de février subit en sus la malédiction du triple zonage des congés d'hiver, le recouvrant presque totalement. Par conséquent, il compte une inflation de films familiaux et/ou jeune public, lesquels se ruent sur les écrans tels des citadins pâles au tire-fesses. Heureusement pour les spectateurs et spectatrices, une frange d'œuvres plus culottées résiste encore et toujours, jouant la contre-programmation.

Questions de genre(s)

Il faudra attendre pour revoir les plus barré·e·s, Les Garçons Sauvages de Bertrand Mandico (28 février), qui avaient fait une apparition en avant-première lors de Face à Face. Reprenant l'imaginaire de Jules Verne, de Cocteau, de Fassbinder et de Genet, ce conte moderne joue de toutes les ficelles plastiques du cinéma pour narrer le parcours d'une petite bande de "fissapapas" pervers et délinquants, expédiés en pénitence sur une île extraordinaire, habitée par un·e scientifique travaillant sur les changements de sexe. Arty, élégant, un peu agaçant, mais d'un splendide noir et blanc et judicieusement interprété par l'irremplaçable Vimala Pons et d'autres garçon·nes de son acabit — telle Diane Rouxel.

Auparavant, une jolie collection de court métrages montée en programme, 4 Histoires fantastiques (14 février) offre un bel écrin et un joli écho à un carré d'auteurs hexagonaux émergents ayant osé se frotter à ce registre. De ces quatre univers totalement indépendants (mais partageant l'excellence des SFX), on distinguera surtout les deux derniers opus : le sérieusement cronenbergien Aurore de Maël le Mée (où l'adolescente donnant son nom au titre se découvre la faculté de pénétrer les corps comme de la glaise — troublant, érotique et fascinant, malgré une chute trop gentillette) et Acide de Just Philippot, à l'efficacité cuisante, donnant un avant-goût d'un cataclysme écologique, avec une humanité rongée par des précipitations corrosives.

Métamorphoses ordinaires

Si l'on y réfléchit cinq minutes, chacun a déjà vécu l'expérience de changer de corps — ne serait ce qu'en passant de l'enfance à l'âge adulte. Douloureuse ou délicieuse, la période de l'adolescence, avec ses trouble et modifications surnaturelles, suscite toujours des films intrigants. Confirmation avec England is Mine de Mark Gill (7 février) retraçant la germination et la maturation du futur leader des Smiths, Steven Patrick Morrissey, et s'arrêtant au seuil de la notoriété. Un biopic new wave, plus abstrait et poétique que gavé d'anecdotes, sur un fond social marqué. Que de résonances avec le Lady Bird de Greta Gerwig (28 février), portrait d'une lycéenne de Sacrameto honteuse de sa basse extraction, ambitionnant d'étudier à New York. Entre mensonges et désillusions, cette chronique du tournant du siècle, sans doute parsemé d'autobiographie, repose sur Saoirse Ronan. Qui croise Timothée Chalamet, l'interprète de Call Me By Your Name de Luca Guadagnino (même date), son concurrent “indé” aux Oscars avec cette histoire de séduction homosexuelle dans une Italie estivale de 1983, aux forts relents de Maurice, Chambre avec vue, Mort à Venise et autres films avec éphèbes et/ou James Ivory au générique et/ou Italie vrombissante de cigales. Joli, mais long comme une méridienne sans bain.

Bon, et si vraiment vous devez vous cogner une séance avec la marmaille, sachez à toutes fins utiles que Cro Man (7 février) de Nick Park parle davantage de football que de l'âge des cavernes (et, accessoirement, figure parmi les moins réussis produits par les studios Aardman, où l'on maîtrise mieux le stop motion de plasticine que l'écriture du dialogue). Mais qu'en revanche — divine surprise — Belle et Sébastien 3 : le dernier chapitre (14 février) s'éloigne des mièvreries canines à la neige pour s'aventurer dans une noirceur laughtonnesque : Clovis Cornillac (devant et derrière la caméra) y campe un méchant digne de Mitchum dans La Nuit du chasseur. Après l'avoir vu, votre progéniture se tiendra à carreaux…

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Bertrand Mandico : « Je tire parti de tout ce que propose la pellicule »

"Les Garçons sauvages" | Artisan héritier de Méliès, le réalisateur Bertrand Mandico évoque avec un enthousiasme volubile la confection des "Garçons sauvages".

Vincent Raymond | Mercredi 28 février 2018

Bertrand Mandico : « Je tire parti de tout ce que propose la pellicule »

Après un nombre incalculable de courts métrages, vous voici au long. Enfin ? B. M. : J’ai eu des subventions pour ce film et pas les précédents que j’ai écrits. Pendant un certain temps, j’ai travaillé avec un producteur qui m’a mis dans une prison… chromé mais qui n’allait pas à la pêche aux subventions : jamais il ne passait à l’acte. Et j’avais besoin de tourner : parallèlement à ce que j’écrivais, j’ai fait pas mal de courts et de moyens métrages. Au bout d’un moment, Emmanuel Chaumet m’a dit « tu es en train de dépérir ». Il m’a proposé de me produire rapidement. Et c’est ce qu’il a fait. Vous réunissez ici toute votre famille de cinéma… La chef opératrice Pascale Granel, ça fait une quinzaine d’année que je travaille avec elle, les même personnes. Après, au fil des courts et des moyens métrages, j’ai fait des rencontres…Notamment le musicien, à la fin de la post-production des Garçons sauvages. Concernant les acteurs, je ne sais pas si je devrais racont

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"Lady Bird" : Au nid soit qui mal y pense

Autobiopic | de Greta Gerwig (E.-U., 1h34) avec Saoirse Ronan, Laurie Metcalf, Tracy Letts…

Vincent Raymond | Jeudi 22 février 2018

Exigeant d’être appelée Lady Bird par son entourage, Christine ambitionne d’étudier à New York. Pour l’heure lycéenne à Sacramento, elle cache ses origines modestes, tendant à se rapprocher de ses condisciples plus populaires et plus huppées. Quitte à trahir ses amis… ou elle-même. Chronique du tournant du siècle, ce portrait d’une ado aspirant à une vie intellectuellement exaltante, hors d’un ordinaire familial qu’elle toise d’un regard systématiquement dépréciatif, s’inspire du passé de la réalisatrice. Quinze ans après les faits, Greta Gerwig les revisite en effet dans la position de celle qui a franchi les obstacles, figurant aujourd’hui parmi une certaine élite branchée du cinéma. Dans la bande de Noah Baumbach (il partage sa vie) et Wes Anderson (elle partage son producteur), frayant quand ça lui chante avec les studios, la comédienne fait ici ses débuts solo de cinéaste. Qui croirait qu’elle a gravité dans une mouvance alternative, au vu du résultat ? Film indé formaté, avec personnage d’ado de province rebelle, ultra mature mais naïf (ça plaît à NY, LA ou en Europe), enje

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Call Me By Your Name : WTF ? à l’italienne

ECRANS | de Luca Guadagnino (Fr.-It.-E.-U.-Br., 2h11) avec Armie Hammer, Timothée Chalamet, Michael Stuhlbarg…

Vincent Raymond | Mercredi 28 février 2018

Call Me By Your Name : WTF ? à l’italienne

Italie, dans la moiteur de l’été 1983. Elio traîne ses 17 ans entre son piano, ses doctes échanges avec ses parents, et un flirt avec Marzia. L’arrivée du nouveau doctorant de son père, Oliver, le met étrangement en émoi. D’abord distant, celui-ci se montre aussi sensible à ses appâts… Cette roublardise de moine copiste, aux forts relents de Maurice, Chambre avec vue, Mort à Venise entre autres films avec éphèbes torse nu et/ou James Ivory au générique et/ou Italie vrombissante de cigales, a beaucoup fait parler d’elle dans tous les festivals où elle a été distillée depuis un an — même Hugh Jackman a succombé à son charme. Ah, c’est sûr que Luca Guadagnino ne lésine pas sur les clichés pour fédérer dans un même élan les publics quadra-quinqua (indécrottables nostalgiques, toujours ravis qu’on leur rappelle leur adolescence) et gays (jamais contre une idylle entre deux beaux gosses, dont un façon Ruppert Evere

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"Les Garçons sauvages" : Fleurs du mâle et fruits de la passion

ECRANS | Arty, élégant, un peu agaçant, mais d’un splendide noir et blanc, ce premier long métrage a tout du manifeste mandicien d’un cinéma exacerbant les sens et la pellicule, osant pour ce faire être, parfois, sans tête ni queue. Judicieusement interprété par l’irremplaçable Vimala Pons et d’autres garçon·nes de son acabit.

Vincent Raymond | Mercredi 28 février 2018

De temps en temps, cela ferait plaisir que le public ose se faire une douce violence en se rendant en salle non pour voir un film, mais du cinéma. Ne serait-ce que pour renouer avec l’expérience originelle face à l’écran : l’attente obscure, un peu magique et nimbée d’incertitude ; et puis la liturgie de la projection qui laisse à son issue avec la sensation physique d’avoir, à l’instar d’Alice, traversé un miroir. Sans doute y a-t-il plus de confort à préférer la prévisibilité d’un spectacle consensuel ou d’une linéarité narrative. Mais n’est-il pas dommage de se renoncer aux œuvres hors gabarit, et d’en abandonner la jouissance exclusive à quelque ghetto ? Les Garçons sauvages se mérite peut-être un peu, mais tout le monde mérite d’entrer dans son royaume brut. Au départ ils sont cinq jeunes gars, fissapapas la sève aux veines, s’entraînant dans la canaillerie perverse jusqu’au crime barbare. Confiés en pénitence à un rude capitaine, ils embarquent pour une île insolite habitée par un·e scientifique travaillant sur les changements de sexe…

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Clovis Cornillac : “Quel bonheur de faire des films !”

ECRANS | Après Nicolas Vanier et Christian Duguay, Clovis Cornillac signe le troisième et dernier épisode de "Belle et Sébastien", adaptation grand écran de la série de Cécile Aubry. Le réalisateur y joue aussi le rôle du méchant.

Aliénor Vinçotte | Mercredi 14 février 2018

Clovis Cornillac : “Quel bonheur de faire des films !”

Pourquoi autant de temps entre vos deux longs-métrages ? C.C : Entre les deux, j’ai aussi réalisé 4 épisodes de la saison 2 de Chefs, la série télévisée. Même si c’est passionnant, la réalisation demande beaucoup de temps. Belle et Sébastien 3 m’a pris un an et demi, tous les jours jusqu’à aujourd’hui. Mais quel bonheur de faire des films — c’est dément ! Qu’est-ce qui vous a amené à réaliser Belle et Sébastien 3 ? Son producteur Clément Miserez. La proposition en elle-même m’a un peu déstabilisé au début — je ne voyais pas le lien avec moi. C’est à la lecture du scénario que je me suis fait avoir, car l’histoire m’a plongé dans la littérature d’aventures, type nord-américaine comme Conrad, Steinbeck. J’ai alors réalisé que ce genre de films d’aventures n’existe plus en France. On ne nous donne plus la possibilité d’en faire. J’étais aussi très intéressé par les thématiques comme la nature, les animaux, l’enfant et la figure du grand-père. Ce qui m’amusait plus que tout, c’était l’idée de faire un conte, de pouvoir emmener ce film sur des références qui m’importent.

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"4 Histoires fantastiques" : Bon choc, bon genre

ECRANS | de William Laboury, Steeve Calvo, Maël le Mée, Just Philippot (Fr., 1h22) avec Sophie Breyer, Malivaï Yakou, Didier Bourguignon…

Vincent Raymond | Mardi 6 février 2018

Souvent défendu aux p’tits francophones pour des raisons culturelles et de moyens, le territoire du genre demeure, en dépit des assauts asiatiques, le pré carré des Anglo-Saxons. Lancé par la société Fidélité, un label (Bee Movies) avait tourné court il y a une dizaine d’années : les productions (Un jeu d’enfants, Bloody Malory…) étaient trop fragiles et de qualité inégale — même si elles assumaient leur identité de séries B. Espérons pour la nouvelle génération que 4 Histoires fantastiques connaisse un destin plus radieux. Car ce carré de courts métrages initié par le magazine SoFilm, Canal+ et tout une flopée d’institutions, offre un bel écrin et un joli écho à l’émergence hexagonale ayant choisi de s’illustrer dans ce registre. Totalement indépendants, ce sont quatre univers qui s’enchaînent donc ici. Après deux films corrects mais classiques (Chose mentale, une sortie de corps par une jeune femme électrosensible et Livraison, la longue marche d’un fermier convoyeur de zombies), Maël le Mée nous offre une ambi

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Belle et Sébastien 3 : le dernier chapitre - Chienne d’arrêt

Film pour occuper les petits-enfants pendant les vacances | de et avec Clovis Cornillac (Fr., 1h37) avec également Félix Bossuet, Tchéky Karyo…

Vincent Raymond | Mardi 6 février 2018

Belle et Sébastien 3 : le dernier chapitre - Chienne d’arrêt

Comme si la montagne lui tombait sur la tête ! Sébastien, qui a désormais 12 ans, apprend que son père veut l’emmener au Canada, loin de ses alpages chéris. Pire que tout, Joseph, un odieux bonhomme débarqué de nulle part, revendique la propriété de Belle et de ses trois chiots… Après deux opus touristiques sentant le foin, le vieux poêle et les années cinquante, on n’attendait plus grand chose de Belle et Sébastien, si ce n’est une nouvelle collection de chandails qui grattent et de guêtres en flanelle. Pur objet de producteurs, confié de surcroît à un réalisateur différent, chaque épisode de ce reboot du feuilleton de l’ORTF a déjà l’air d’être la rediffusion de Heidi contre Totoro. Alors, quelle heureuse surprise que ce volet qui, en plus d’annoncer clairement la fin de la série, le propulse dans une direction inattendue. Comme dans Harry Potter, gagnant en noirceur au fur et à mesure que le héros-titre prend de l’âge, Sébastien s’approche de l’adolescence en se confrontant à l’arrachement et à la perte de ses référents d’enfant. Ici, la pri

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"England Is Mine" : Prémices de Smith

Biopic new wave | de Mark Gill (G.-B., 1h34) avec Jack Lowden, Jessica Brown Findlay, Jodie Comer…

Vincent Raymond | Mardi 6 février 2018

Binoclard passant le plus clair de son temps dans sa chambre à écrire tout le mal qu’il pense de la scène rock locale ou à mimer ses artistes vénérés, Steven Patrick Morrissey attend l’heure propice. Celle où il lâchera son boulot d’employé de bureau pour montrer ce qu’il a dans les tripes… Des tripes de végétarien, cela va sans dire pour qui connaît le prosélytisme du leader des Smiths en la matière. Mais, et c’est le moindre des mérites de ce film, il n’a rien de ces biopics ordinaires rivés sur la légende dorée de la célébrité dont ils retracent le parcours, et qui insistent sur ses particularismes ou ses épiphanies avec une discrétion de marteau-piqueur. Ici, c’est à peine si un plan sur une assiette de légumes atteste du régime non carniste du futur chanteur. Autrement dit, si son “identité végane” est prise en compte, elle n’est pas considérée comme déterminante dans sa construction artistique. Corollaire : les exégètes de Morrissey n’apprendront rien qu’ils ne sachent déjà sur leur idole ; quant à ceux qui ne le connaissent pas, ils suivront l’itinéraire d’une jeunesse britannique presque lambda, ent

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"Cro Man" : Un sport qui se joue à bronze contre bronze

Animation | de Nick Park (Fr., 1h29) avec les voix (v.o./v.f.) de Eddie Redmayne/Pierre Niney, Maisie Williams/Kaycie Chase, Tom Hiddleston…

Vincent Raymond | Mardi 6 février 2018

La tenue de la Coupe du monde en juin prochain est un prétexte commode pour nous faire manger du ballon rond à toutes les sauces : en salade russe en l’honneur du pays hôte, à la française (en hommage aux vingt ans de la victoire de 1998), et même en pâte à modeler dans Cro Man grâce aux Studios Aardman — jadis mieux inspirés. A priori, rien ne laisse supposer qu’un film se déroulant à l’âge du bronze se raccroche ainsi à la grand-messe footballistique. Elle en est pourtant l’alpha et l’omega, puisque Nick Park y “dévoile” les origines accidentelles du jeu, en attribuant son invention à des hommes des cavernes pré-mancuniens. Et il montre comment leurs héritiers, menés par Doug, doivent affronter l’équipe de l’âge de Bronze dirigée par le cupide Lord Nooth, afin de conserver leur vallée. Même si les productions Aardman, référence dans le domaine du stop-motion, restent d’une constante qualité technique, Cro Man se révèle une petite déception, à l’instar de Les Pirates ! Bons à rien, mauvais en tout

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Treize enthousiasmant

Face à Face | Contre mauvaise fortune — entendez “coupe brutale de la subvention régionale”—, le festival stéphanois fait belle programmation pour sa 13e édition en alignant des films primés un peu partout dans le monde et qui, au passage, croisent les questions LGBT.

Vincent Raymond | Mardi 31 octobre 2017

Treize enthousiasmant

Comme un élégant pied-de-nez aux élu·e·s d’Auvergne Rhône-Alpes ayant jugé la manifestation indigne de recevoir leur obole, Face à Face affiche cette année une sélection plus qualitative que jamais, prouvant sa haute exigence — et son absence de communautarisme. S’il fallait encore le prouver à quelques esprits étriqués, le choix d’une thématique LGBT, s’il est politique et social, ne présage pas de la valeur artistique des œuvres projetées. Laquelle est peu discutable cette année. Tout contre Face à Face C’est en effet à un pluri-récidiviste des palmarès qu’échoit l’honneur d’ouvrir les réjouissances, Seule la terre de Francis Lee, salué d’un prix du meilleur film dramatique à Sundance et du Hitchcock d’Or de Dinard, cette romance entre travailleurs agricoles en Grande-Bretagne est aussi passée par la Berlinale. La clôture se fera avec le Queer Lion de Venise — une pépite islandaise — le très beau Heartstone, de Gudmundur Arnar Gudmundsson, portrait de groupe d’adolescents au moment de l’affirmation de soi et de sa sexualité dans un contexte de rudesse généralisée (climat, famille, mœurs). La justesse de

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