"Blue" - Blub blub et bla bla

Documentaire | de Keith Scholey & Alastair Fothergill (É.-U., 1h18) avec la voix de Cécile de France…

Vincent Raymond | Mardi 27 mars 2018

Photo : © The Walt Disney Company France


Dans le sillage des grands dauphins, à travers les mers et les océans… Un environnement liquide d'une valeur incommensurable, peuplé d'une faune extraordinaire de diversité et de menaces ; où la beauté le dispute à la fragilité.

Jadis lancé par Cousteau (et repris depuis, notamment par Jacques Perrin), le message de Blue est clair comme de l'eau de roche : la faune marine mérite d'être protégée, c'est une question de survie pour l'écosystème planétaire. Et cette nouvelle production Disneynature — la division documentaire et environnement du studio californien — se dote pour le faire passer des “armes” conventionnelles pour le faire passer : trouver d'attachants protagonistes pour susciter l'empathie et offrir les plus spectaculaires prises de vues possibles.

Si grâce aux progrès de la technique, les images sont en effet d'un piqué et d'une richesse chromatique saisissante, les personnages choisis comme fil rouge, les dauphins, restent prisonniers d'un anthropomorphisme un peu dépassé, appuyé par une narration un peu invasive — désolé Cécile de France. L'image nue se suffit à elle-même.

D'autant que la film compte assez de rebondissements ou de personnages secondaires pour relancer l'intérêt. À l'instar du Monde du Silence, Blue possède son “Jojo le Mérou”, c'est-à-dire une sorte de mascotte dont on suit épisodiquement les aventures. Ici, la splendide squille multicolore a tout pour ravir les esthètes, et la seiche hypnotisante pour peupler quelques cauchemars…


Blue

De Keith Scholey, Alastair Fothergill (ÉU) Blue, le nouveau film Disneynature, nous plonge au cœur des océans et nous fait découvrir les créatures étranges, merveilleuses et fantastiques de ce monde aquatique à l’équilibre fragile. Laissez-vous guider dans ce voyage au cœur des récifs coralliens par un groupe de dauphins, l’une des espèces les plus fascinantes et intelligentes de ce monde. Vous découvrirez avec eux cette maman baleine à bosse qui, après des milliers de kilomètres parcourus, rejoint ce lieu préservé pour donner naissance à son petit mais aussi les centaines de requins qui y patrouillent et les orques qui surgissent de nulle part…
Cinéma Le Camion Rouge 1, rue Étienne Mimard Saint-Étienne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Décembre en Louisiane

MUSIQUES | Une voix de crooner à l'approche des fêtes, c'est un peu cliché non ? Pas vraiment lorsqu'on annonce le nom de Hugh Coltman. Le chanteur le plus Français des (...)

Nicolas Bros | Mardi 8 décembre 2020

Décembre en Louisiane

Une voix de crooner à l'approche des fêtes, c'est un peu cliché non ? Pas vraiment lorsqu'on annonce le nom de Hugh Coltman. Le chanteur le plus Français des Britanniques n'a que faire des formats et du préfabriqué. Il l'a encore prouvé avec son album Who's Happy ?, une épreuve blues toute en sincérité, qui sent bon la Louisiane. Sa venue à Riorges s'annonce comme un concert taillé pour ce mois de décembre. Hugh Coltman, mardi 15 décembre à 19h à la salle du Grand Marais de Riorges

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"The Last Hillbilly" : Chroniques des Appalaches

ECRANS | ★★★☆☆ De Thomas Jenkoe & Diane-Sara Bouzgarrou (Fr.-Qat., 1h20)… Sortie le 30 décembre

Vincent Raymond | Mardi 8 décembre 2020

Au fin fond du Kentucky, dans une montagne jadis exploitée pour son charbon, subsistent quelques rares familles, dont celle de Brian. Mémorialiste et aède des “derniers bouseux“ de cette contrée, il donne une vision intérieure, volontiers bucolique, de cette population souvent oubliée et généralement assimilée aux “white trash“ dégénérés — les consanguins de Délivrance, la famille de Claytus dans Les Simpson — ou que le dénuement conduit aux lisières du monde social (Winter’s Bones), puis politique (voir les interlocuteurs de Claus Drexel dans son documentaire America). Même si Brian n’a pas le côté survivaliste extrême du Captain Fantastic de Matt Ross, il partage avec lui une forme d’érudition naturaliste plus proche de Thoreau que de Trump. The Last Hillbilly rappelle que cette Amérique existe, au même titre qu’existe chez nous la Creuse ou la Lozère, et que si elle souffre, elle est attachée à son territoire et n’a pas encore abandonné tout espoir. Pour combien de temps encore ?

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"Un pays qui se tient sage" : Et dans un triste État…

ECRANS | ★★★★☆ Documentaire de David Dufresne (Fr., 1h26)

Vincent Raymond | Mercredi 30 septembre 2020

Le comble pour un journaliste-documentariste est de signer un film en phase avec l’actualité. Hélas, serait-on tenté d’ajouter à propos de celui de David Dufresne, édifiant travail d’information et d’analyse sociologique, intellectuelle, historique sur les violences policières (et leurs conséquences) observées — subies — par les manifestants français depuis 2017. Coïncidence : cela correspond à l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Élysée. Alors que le nouveau dispositif de sécurité (le “schéma national du maintien de l’ordre”) tout juste paru laisse entendre que tous les journalistes et observateurs des manifestations — et donc potentiels témoins d’exactions policières — seront désormais susceptibles d’être interpelés pendant l’exercice de leur métier, en violation de leur imprescriptible droit d’informer, Un pays qui se tient sage tombe à pic. Dufresne a en effet collecté toutes ces images captées durant le mouvement des Gilets jaunes notam

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Nos 5 notes bleues

Panorama jazz/blues 20/21 | Ivre de soul Avec pas moins de trente-cinq concerts annoncés mais aussi de la photo, du cinéma et des conférences, la 42ème édition du Rhino (...)

Niko Rodamel | Mercredi 9 septembre 2020

Nos 5 notes bleues

Ivre de soul Avec pas moins de trente-cinq concerts annoncés mais aussi de la photo, du cinéma et des conférences, la 42ème édition du Rhino Jazz(s) promet deux belles semaines de festivités. Nous retrouverons notamment la chanteuse canadienne Kellylee Evans, accompagnée du guitariste Hervé Samb, du bassiste Stéphane Castry et du batteur martiniquais Tilo Bertholo. Douée d’une présence scénique ravageuse, Kellylee évoque les coups durs traversés et sa rage de vivre sur fond de sons électros, de jazz, de soul et de groove, dans l'esprit cher à la Motown. Kellylee Evans, vendredi 16 octobre à 20h30, salle Aristide Briand à Saint-Chamond Charlie par coeur L’équipe de Canal Jazz reprend du service dans l’écrin du superbe Théâtre de Roanne, avec notamment la venue du trio Un Poco Loco. Pour sa nouvelle création, le tromboniste Fidel Fourneyron revient, avec la musique de Charlie Parker, à ses premiers amours. Avec ses acolytes Sébastien Beliah (contrebasse) et Geoffroy Gesser (saxophone tenor, clarinette), Fourneyron rend hommage à un monstre du jazz, opérant un vrai travail d’orfèvre dans la réappropriation des t

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"The Great Green Wall" : Et le désert avance…

Documentaire | Documentaire de Jared P. Scott (G.-B., 1h30) avec Inna Modja…

Vincent Raymond | Lundi 22 juin 2020

Pour contrer leur désertification, les États du Sahel et du Sahara ont lancé le projet de “Grande muraille verte“ destiné à doter l’Afrique d’une ceinture forestière d’ouest en est. Du Sénégal à l’Ethiopie, la chanteuse Inna Modja s'en fait l’ambassadrice auprès des populations locales… Voici un bien drôle de fourre-tout, dans lequel il convient de faire le tri : les informations géopolitiques ou écologiques sur la conception, l’inspiration sankarienne, la mise en œuvre et l’intérêt de cette barrière végétale sont recouvertes de diverses couches plus ou moins pertinentes. Passons sur l’enveloppe à la BBC/National Geographic — offrant une vision stéréotypée et impersonnelle d’une nature transcendante grâce à une kyrielle de plans par drones —, mettons de côté la fraction du film aux allures de making off-bonus de l’album en gestation. Ne nous appesantissons pas non plus sur les séquences où Inna Modja interviewe les paysans sur le mode « alors, c’est dur la terre ? » ou une responsable de l’ONU, ni celles où elle est filmée dans les médias locaux faisant la promo de la Grande Barrière Verte ; ni celles où e

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Mamacita : La mamatriarche

ECRANS | Documentaire de Jose Pablo Estrada Torrescano (Mex., 1h15)

Vincent Raymond | Mercredi 12 février 2020

Mamacita : La mamatriarche

Bientôt centenaire, la Mexicaine Mamacita n’a rien d’une grand-mère gâteau. Partie de rien, cette femme à poigne ayant réussi à monter une chaîne de salons de beauté, avait fait promettre à son petit-fils parti étudier le cinéma en Allemagne, qu’il lui consacrerait un film. Le voici… Impressionnante, irritante et attachante à la fois… Au fil de ses images, Jose Pablo Estrada Torrescano révèle sans filtre une maîtresse-femme assumant fièrement sa coquetterie et son autorité (voire, son autoritarisme) mâtinée d’une redoutable mauvaise foi chronique. Mais cet aplomb d’acier, conjugué à son tempérament baroque, apparaissent comme les piliers de sa résilience, Mamacita ayant eu à dépasser les revers de fortune de ses parents. Bien que volontiers rudoyé par son aïeule, Jose Pablo Estrada Torrescano va parvenir à force de présence et de bienveillance à lui arracher des confidences très intimes sur son rapport à ses “fantômes“ et lui faire fendre l’armure pour la première fois de sa tumultueuse vie. Mamacita aurait-elle livré toutes ces vérités sans l’interface artéfactuelle de la caméra, et donc la certitude d’une part de postérité ? Rien n’est moins sûr. Ce qu’elle

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À la croisée des roots

Sono mondiale | Une fois n'est pas coutume dans le club pélussinois, la moiteur du blues laissera place à la chaleur sèche de l'afro-reggae-roots de Akylisso. Cinq (...)

Niko Rodamel | Mercredi 5 février 2020

À la croisée des roots

Une fois n'est pas coutume dans le club pélussinois, la moiteur du blues laissera place à la chaleur sèche de l'afro-reggae-roots de Akylisso. Cinq musiciens qui, entre Afrique et Caraïbes, associent autour du chanteur Diarra Jah les instruments traditionnels (balafon, djembé, kora) aux musiques actuelles, dans un métissage plutôt efficace. Akylisso, vendredi 6 mars à 20h30, Hall Blues Club de Pélussin

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Vincent Delerm présente son documentaire

ECRANS | Parallèlement à ses deux concerts au festival Les Poly'sons de Montbrison (4 et 5 février prochains), Vincent Delerm en profite pour présenter, au cours de (...)

Nicolas Bros | Mercredi 8 janvier 2020

Vincent Delerm présente son documentaire

Parallèlement à ses deux concerts au festival Les Poly'sons de Montbrison (4 et 5 février prochains), Vincent Delerm en profite pour présenter, au cours de deux séances les mêmes jours à 18h au cinéma Rex de la sous-préfecture ligérienne, son premier quasi long-métrage documentaire Je ne sais pas si c’est tout le monde. Je ne sais pas si c’est tout le monde, de Vincent Delerm, mardi 4 et mercredi 5 février à 18h au cinéma Rex Montbrison, en présence du réalisateur

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Devil inside

Blues | Ils sont nombreux les frenchies de la planète blues, mine de rien, à savamment cultiver tous les attributs du genre : voix rocailleuse et/ou éraillée, riffs (...)

Niko Rodamel | Mercredi 8 janvier 2020

Devil inside

Ils sont nombreux les frenchies de la planète blues, mine de rien, à savamment cultiver tous les attributs du genre : voix rocailleuse et/ou éraillée, riffs endiablés de guitare, douze mesures pour évoquer des thèmes récurrents (le sexe, la vie, la mort) au fil des rives poisseuses du Mississippi ou des routes poussiéreuses ponctuées de rades désertées… Au sein de cette famille tentaculaire, le chanteur et éminent guitariste Manu Lanvin tire habilement son épingle du jeu, incarnant un certain renouveau du genre avec son rock-blues explosif bien senti. Lanvin n'est pas en chocolat : six albums, des centaines de concerts en Europe comme aux Etats-Unis (l’Olympia, l’Apollo Theater, le Montreux Jazz Festival, Solidays, Cognac Blues Passion…), plusieurs participations au gala de la Jazz Foundation of America (à l'invitation de Quincy Jones), une belle collaboration avec Calvin Russel, des premières parties prestigieuses et une nomination aux Globes de Cristal 2017 le distinguant parmi les meilleurs interprètes masculins. Sur son dernier album en date, Grand Casino, le bluesman fait se répondre avec toute l'énergie du live standards revisités et chansons originales, alignant

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Bloody hell

Blues/soul | Après un concert remarqué au Château du Rozier le mois dernier à Feurs, Jessie Lee et ses quatre alchimistes seront de nouveau en terres ligériennes pour mettre (...)

Niko Rodamel | Mercredi 4 décembre 2019

Bloody hell

Après un concert remarqué au Château du Rozier le mois dernier à Feurs, Jessie Lee et ses quatre alchimistes seront de nouveau en terres ligériennes pour mettre le feu au temple pélussinois du blues. Après une première formule, en duo, née en 2011 de la rencontre entre la chanteuse et le guitariste Alexis Didier, il faudra attendre quelques années pour que le groupe prenne enfin sa forme définitive. Laurent Cokelaere (basse), Julien Audigier (batterie) et Laurian Daire (claviers) rejoignent alors le binôme originel pour fonder un solide combo et développer sa propre identité. Exit les reprises, les compositions originales constitueront dorénavant l’essentiel d’un répertoire qui va résonner aux six coins de l’hexagone. En 2018 sort un premier EP, éponyme. Jessie Lee & The Alchemists y grave pour l’éternité son puissant cocktail (tendance molotov) de blues, de soul et de rock : onze titres plutôt couillus et une superbe couverture sur laquelle la chevelure rougeoyante de la belle Jessie envahit tout l’espace. Jessie Lee & The Alchemists, vendredi 13 décembre à 20h30, Hall Blues Club à Pélussin

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3 potes, 2 roues et une boucle au Vietnam

Road trip visuel & sonore | En février 2019, trois amis, Robert Chauchat, notre confrère journaliste radio Julien Trambouze et notre pigiste Niko Rodamel, partent (...)

Nicolas Bros | Jeudi 21 novembre 2019

3 potes, 2 roues et une boucle au Vietnam

En février 2019, trois amis, Robert Chauchat, notre confrère journaliste radio Julien Trambouze et notre pigiste Niko Rodamel, partent en road-trip dans l'extrême nord du Vietnam, au coeur de la boucle de Ha Giang. Une expédition sans grande préparation mais avec l'envie de se laisser porter au gré des rencontres et des paysages d'un territoire encore préservé du tourisme de masse, « où le temps semble s'être arrêté ». Au lieu de conserver leurs souvenirs seulement pour leurs archives personnelles, Julien et Niko ont décidé d'aller plus loin, en réalisant un film sur cette expédition qui les a marqués. Le résultat constitue une immersion au cœur de la province d'Ha Giang, un géoparc UNESCO à la frontière avec la Chine, avec des photographies de Niko Rodamel et des prises de sons de Julien Trambouze. Une réalisation qui emprunte la route du documentaire mais d'une manière originale. Ha Giang Loop, une immersion photographique et sonore sur les routes du nord Vietnam, mardi 26 novembre à 19h au Méliès Jean Jaurès

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"Un monde plus grand" : Esprit, es-tu là ?

ECRANS | De Fabienne Berthaud (Fr., 1h40) avec Cécile de France, Narantsetseg Dash, Tserendarizav Dashnyam…

Vincent Raymond | Mercredi 23 octobre 2019

Après la mort de son compagnon, Corine part au fin fond de la Mongolie pour se changer les idées. Alors qu’elle enregistre le son d’une cérémonie chamanique, elle entre dans une transe violente, révélant des dons de chamans insoupçonnés. Une lente initiation va alors commencer… Il faut attendre le générique de fin pour apprendre qu’il s’agit d’un biopic. En soi, le détail n’a pas ou peu d’importance qui ne change rien dans le parcours de Corine. Indirectement, il résonne avec le sous-thème du film : la sérendipité (ou fortuité). En l’occurrence, le spectateur constate la véracité de l’histoire en étant entré dans une fiction comme Corine a découvert son “don“ alors qu’exilée dans le travail à mille lieues du lieu de sa douleur, elle entamait son travail de deuil. S’il laisse une grande part au mystère et à l’inconnu, Un monde plus grand ne verse pas pour autant dans l’ésotérisme : il inscrit a contrario le processus chamanique dans le cartésianisme occidental, Corine étant le trait d’union lui permettant d’être scientifiquement étudié.

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Rico blues fort

Blues | They Call Me Rico propose un blues roots des plus enlevés. En solo – one man band – ou accompagné (avec The Escape sur son dernier album), le Québécois ne laisse personne indifférent. Une nouvelle preuve sera donnée au château de Saint-Victor pour une prestation d’homme-orchestre comme il les affectionne tant.

Nicolas Bros | Mardi 1 octobre 2019

Rico blues fort

Frédéric Pellerin, alias They Call Me Rico, possède toutes les caractéristiques du chanteur de blues-rock : voix rocailleuse et puissante, jeu subtil à la guitare dobro et style qui en impose, tout de noir vêtu. Mais Rico ne s’arrête pas là. Le Québécois est également un orchestre à lui seul, un One Man band si vous préférez. En résumé, il n’a besoin de personne pour faire vibrer les salles. Il mélange habilement riffs endiablés, kicks de grosse caisse ravageurs et harmonica fiévreux. Avec lui, on prend une claque de blues rock acéré. « Avant de partir en solo, j’étais chanteur pour le groupe de rock québécois Madcaps, explique Rico. Mais j’ai eu envie de produire une musique davantage tournée vers le blues, plus brute. J’avais également conscience qu’il était plus simple, niveau organisation, de faire un projet individuel. J’ai alors commencé seul à la guitare et à la grosse caisse. » Celui qui a gardé pour nom de scène son surnom d’enfance a vu juste avec ce virage artistique. Le voilà avec désormais quatre albums au compteur et une flopée de dates où son empreinte musicale ne laisse personne indifférent. Une histoire qui perdure et qui est intim

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"Nous le peuple" : Constituante tuée dans l’œuf

ECRANS | Documentaire de Claudine Bories & Patrice Chagnard (Fr., 1h39)

Vincent Raymond | Mercredi 25 septembre 2019

2018. À l’occasion du projet de réforme constitutionnelle, trois groupes travaillent ensemble, échangeant par vidéo. Les uns sont en prison, d’autres dans un lycée ; les troisièmes sont issues d’une association de mères de familles en banlieue parisienne. Que naîtra de leurs débats ? On peut légitimement entrer à reculons dans ce film, redoutant une confiscation de la parole par des médiateurs socio-cu ou le téléguidage par un quelconque sous-bureau d’un vague Ministère de la Cohésion de la Ville et de la Participation participative. Et puis non : l’association agrée d’éducation populaire Les Lucioles du Doc à l’initiative de ces ateliers reste discrète, stimulant les réflexions. Quant aux intervenants, ils sont loin d’être des figurants ou déconnectés de la “chose constitutionnelle“ — ce texte commun, fédérateur et garant des valeurs nationales. Leur voix est patiemment recueillie, soupesée, et naturellement des propositions plus vastes qu’une somme de revendications individuelles se forment au sein de cette agora virtuelle. Hélas, la réussite de ce processus démocratique (entérinant la viabilité d’une démarche participative) va se

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La Ruda, The Melvins et Talawine, concerts annulés

Mauvaises nouvelles | Ce sont successivement trois dates qui viennent d'être annulées. Tout d'abord deux concerts devant se dérouler au Fil à Saint-Étienne : La Ruda le 19 juin et (...)

Nicolas Bros | Vendredi 7 juin 2019

La Ruda, The Melvins et Talawine, concerts annulés

Ce sont successivement trois dates qui viennent d'être annulées. Tout d'abord deux concerts devant se dérouler au Fil à Saint-Étienne : La Ruda le 19 juin et The Melvins le 7 juillet (les billets peuvent être remboursés auprès des points de vente). Ensuite au hall Blues Club où le groupe Talawine devait se produire ce soir, vendredi 7 juin.

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"Le Fils" : La fabrique des petits soldats

ECRANS | Documentaire De Alexander Abaturov (Ru.-Fr., 1h11)…

Vincent Raymond | Mercredi 29 mai 2019

Deux trajectoires parallèles : celle du cousin du réalisateur, Dima, soldat d’excellence russe mort au combat, et celle des nouvelles recrues aspirant à rejoindre le corps d’élite des Spetsnaz dont Dima était issu. D’un côté, le deuil sobre ; de l’autre l’exaltation d’une jeunesse ultra patriote… On aimerait que cela fût une fiction et non point un documentaire. Mais Alexandre Abaturov dépeint une réalité crue et froide : celle de de super-soldats contemporains interchangeables et soudés au sein d’une unité impatiente de servir la mère Russie. N’étaient leurs marinières rouges, ils pourraient êtres les bidasses de Full Metal Jacket (1987) effectuant leurs classes sous les ordres d’instructeurs les conditionnant psychologiquement et physiquement, sélectionnant les plus solides (environ un quart du contingent), seuls aptes à porter le distinctif béret rouge des Spetsnaz. Entre les parcours dans la boue, les pugilats “pour de rire“ — avec pommettes en charpie et nez explosé —, les cérémonies d’hommage aux aînés tombés pour la patrie, Abaturov glisse des ins

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Dirty old Scott Biram

Blues | Dirty Old one man band, Something's wrong, Graveyard shift, Bad ingredients, Nothin' but blood, The Bad Testament. Rien (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 22 mai 2019

Dirty old Scott Biram

Dirty Old one man band, Something's wrong, Graveyard shift, Bad ingredients, Nothin' but blood, The Bad Testament. Rien qu'à recenser les titres de la plupart de ses albums, on ne peut que constater à quel point l'auteur de l'emblématique chanson Blood sweat & Murder, Scott H. Biram, en concert au Disorder Club le 3 juin, a un penchant sérieux pour la mauvaiseté, le côté obscur de la force blues, ne nous promettant, que de la sueur et des larmes. Avec en bon churchillien, un goût certain pour la vérité crûe et une capacité de résilience supérieure à la moyenne, lui qui, comme le dit la légende, qui n'en est d'ailleurs pas une, montait sur scène dans un fauteuil roulant, les jambes en quinconce, quelques semaines après un grave accident. What doesn't kill you... chante-t-il, en nietzschéen du Texas, en clôture de son dernier album, The Bad Testament, mélange de ferveur religieuse et d'évangile de mauvaise vie, entre gospel damné, blues de bénitier souillé et country profanant ses propres racines. Pour détourner une expression b

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Swingmen

Jazz | Entre swing US des années 30, guinguette frenchy des années 40 et sonorités tziganes de l'Europe de l'Est, le quartet ligérien Rue Des Deux Amis fait honneur à (...)

Niko Rodamel | Mardi 4 juin 2019

Swingmen

Entre swing US des années 30, guinguette frenchy des années 40 et sonorités tziganes de l'Europe de l'Est, le quartet ligérien Rue Des Deux Amis fait honneur à l'esprit du grand Django Reinhardt autant qu'au répertoire du jazz américain. Des musiciens-équilibristes qui servent brillamment une musique de haute volée. Rue Des Deux Amis, mercredi 19 juin à 20h30, Hall Blues Club de Pélussin

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Matous

Blues | Révélation du moment sur la scène blues hexagonale, Little Mouse & The Hungry Cats (une étonnante chanteuse et un combo de quatre (...)

Niko Rodamel | Jeudi 2 mai 2019

Matous

Révélation du moment sur la scène blues hexagonale, Little Mouse & The Hungry Cats (une étonnante chanteuse et un combo de quatre musicos inspirés) créent la surprise avec un répertoire rafraîchissant qui secoue les vieux clichés du genre. Little Mouse & The Hungry Cats, vendredi 17 mai à 20h30, Hall Blues Club de Pélussin

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"Rebelles" : Le crime conserve

ECRANS | De Allan Mauduit (Fr., avec avertissement 1h27) avec Cécile de France, Yolande Moreau, Audrey Lamy…

Vincent Raymond | Mardi 19 mars 2019

Une ex-reine de beauté passée du pole-danse à Pôle Emploi, tout juste embauchée dans une conserverie, tue par accident le contremaître qui tentait de l’agresser. Avec l’aide de deux collègues, elle fait disparaître le corps et découvre que le vilain cachait un sacré magot… Cette comédie sociale aux allures de de western made in Hauts-de-France possède de bons atouts dans son jeu, à commencer par son trio d’actrices, rompues à tous les registres, et souvent engagées dans des rôles où l’humanisme affleure sous l’humour. Leur alliance tient de surcroît de la synergie de caractères, rappelant ces buddy movies tels que Comment se débarrasser de son patron (1980) de Colin Higgins, usant de la blague parfois lourdingue pour promouvoir la libération féminine d’une masculinité aussi dominatrice que débile — il y a d’ailleurs ici quelques furieux spécimens d’abrutis. Allan Mauduit aurait toutefois gagné à creuser davantage vers Petits meurtres entre amis (1994), son humour noir restant encore un peu pâle, surtout comparé à des p

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Quand le désert avance

Blues | Ezza entend bien incarner la nouvelle musique touareg : sans pour autant trahir ses racines, le trio livre un très groovy blues du désert mâtiné de rock, (...)

Niko Rodamel | Mardi 5 mars 2019

Quand le désert avance

Ezza entend bien incarner la nouvelle musique touareg : sans pour autant trahir ses racines, le trio livre un très groovy blues du désert mâtiné de rock, avec des textes engagés qui évoquent notamment le Niger, pays d'origine du chanteur Omar Adam. Ezza, dimanche 17 mars à 16h, Hall Blues Club de Pélussin

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Le riffs du Neal

Blues | Le blues sera prochainement célébré d'une bien belle manière au Château du Rozier, avec un double programme qui combine cinéma documentaire et musique live sous les riffs de l'Américain Neil Black.

Niko Rodamel | Mardi 5 février 2019

Le riffs du Neal

Depuis l'invention des Frères Lumières, cinéma et musique ont tissé un lien étroit, l'image et le son se mariant le plus souvent pour le meilleur. Des bandes originales aux documentaires musicaux et autres biopics, en passant par les scopitones puis les clips, le septième art a visiblement toujours su se nourrir de la puissance évocatrice du cinéma. De la même manière, les musiciens ont à leur tour rapidement compris et utilisé la puissance de l'image pour packager leurs compositions dans les médias audiovisuels, quels qu'ils soient. Et lorsque des cinéastes se penchent plus précisément sur l'histoire d'un courant musical, la chose prend alors une tournure encore plus particulière. En matière de blues, on pense bien sûr l'excellente série de sept films produite par Martin Scorsese en 2003, The blues, faisant appel à quelques grands réalisateurs comme Wim Wenders ou Clint Eastwood. Faut-il le rappeler, remonter aux sources du blues c'est aussi retracer le cours de l'Histoire, depuis l'Afrique jusqu'aux USA, celle d'un peuple noir déporté puis exploité, trouvant refuge dans les accords plaintifs d'une musique qui enfantera sans péridurale le jazz et le rock. Black is ba

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Rien que du bon

Blues | Depuis le milieu des années soixante-dix, le bien nommé Jack Bon ne cesse de défendre bec et ongles sa raison de vivre : un blues-rock sans concession. (...)

Niko Rodamel | Mardi 5 février 2019

Rien que du bon

Depuis le milieu des années soixante-dix, le bien nommé Jack Bon ne cesse de défendre bec et ongles sa raison de vivre : un blues-rock sans concession. Le chanteur-guitatiste, ex-leader du mythique Ganafoul, est encore debout, aujourd’hui en trio, avec toujours cette même énergie. Oh yeah ! Jack Bon Trio, jeudi 7 mars à 20h30 au Hall Blues Club de Pélussin

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"Premières Solitudes" : Dis-moi qui tu es…

Documentaire | de Claire Simon (Fr., 1h40)

Vincent Raymond | Mercredi 14 novembre 2018

À l’occasion d’un partenariat au long cours avec les élèves d’une classe du Lycée d’Ivry, Claire Simon instaure un jeu de rôle leur permettant, par le dialogue, de dévoiler les coulisses de leur vie et de livrer devant la caméra des secrets que leurs potes ne soupçonnaient pas… « On se côtoie tous les jours, mais on ne sait rien les uns les autres ». Telle est, en substance, le déclencheur de ce film mu non par une curiosité voyeuriste, mais l’envie sincère de partager le parcours de vie de ses compagnons d’études. Sans avoir peur de mettre les pieds dans le plats avec une question embarrassante ; sans craindre le regard des autres lorsqu’une confidence s’étrangle dans un sanglot. Or il y a dans ce groupe en apparence banal beaucoup de fractures secrètes, de récits de divorces parentaux, de sentiment d’abandon ou de solitude avérée, d’adoptions… La force des confessions, parfois déchirantes, est estomaquante et compense une construction formelle fragile, voire bancale : un bout à bout de séquences au cadrage incertain, à la lumière inconstante ou au montage minimaliste.

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"Wine Calling - Le Vin se lève" : La cave se rebiffe

Sans sulfites | de Bruno Sauvard (Fr., 1h30) documentaire

Vincent Raymond | Jeudi 11 octobre 2018

Elles et ils sont vignerons, venu·e·s parfois à la terre sur le tard, mais partagent la même ambition : élaborer un vin naturel, débarrassé de tout intrant et des artifices chimiques. Une passion exigeante mais gratifiante : entraide, plaisir et qualité du produit se trouvent au rendez-vous… Comment ne pas avoir de la sympathie pour ces viticulteurs passionnés et dévoués au produit, plus soucieux du goût que de la faire pisser la vigne ? Comment ne pas souscrire à leur philosophie du partage et de l’environnement ? Comment, enfin, ne pas trouver magnifiques les plans de Bruno Sauvard célébrant la beauté des terroir dans la magic light, et inscrivant de belles personnes à leur avantage dans des cadres amoureusement composés ? Et pourtant… Ce sujet qui aurait de quoi attirer n’importe quel amateur de cru comme les abstinents forcenés, assomme aussi sûrement (et vite) qu’une piquette en cubi. La faute à une enfilade quasi-ininterrompue de témoignages ; un flot de paroles coulant par hectolitres et ne prenant pas le temps de s’oxygéner. Oui, la matière est riche et il y a à dire. Mais il faut faire des choix

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Emmanuel Mouret, Cécile de France, Édouard Baer : « Pour moi, le cinéma est dans les ellipses, dans ce que l’on suppose »

"Mademoiselle de Joncquières" | La rencontre entre Emmanuel Mouret et Diderot provoque celle de Cécile de France avec Édouard Baer. Conversation avec trois d’entre eux — Diderot étant naturellement excusé…

Vincent Raymond | Jeudi 13 septembre 2018

Emmanuel Mouret, Cécile de France, Édouard Baer : « Pour moi, le cinéma est dans les ellipses, dans ce que l’on suppose »

On savoure dans le dialogue de Mademoiselle de Joncquières chaque détail de sentiment, chaque atome de langue. C’est habituel chez vous, mais n’y avait-t-il pas ici pour vous une gourmandise supplémentaire ? EM : Dans un film en costumes qui se rapporte à une époque assez éloignée dans le temps, et d’autant plus un film XVIIIe, on est d’emblée porté sur ce plaisir des mots choisis et des personnages qui peuvent faire l’examen de soi en maniant avec dextérité la langue. C’est mon producteur qui avait très envie que je fasse un film d’époque : il pensait que, justement, on entendrait mieux mes dialogues avec cette distance du temps qui permet finalement de connecter plus directement. C’est comme les films de science-fiction ou les dessins animés, on n’a pas d’idée arrêtée sur ce que ça doit être. C’est donc un film où j’ai pu faire parler les personnages beaucoup plus librement que dans un film contemporain. Cette époque porte à incandescence la langue et les sentiments…

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"Mademoiselle de Joncquières" : Mensonges et trahisons (et plus si affinités)

Relations textuelles | Pour se venger du Marquis des Arcis, auquel elle a cédé malgré sa funeste réputation de libertin, Mme de La Pommeraye ourdit une complexe machination (...)

Vincent Raymond | Jeudi 13 septembre 2018

Pour se venger du Marquis des Arcis, auquel elle a cédé malgré sa funeste réputation de libertin, Mme de La Pommeraye ourdit une complexe machination amoureuse contre ce lui en embauchant deux aristocrates déclassées, Mlle de Joncquières et sa mère. Mais peut-elle impunément user de l’amour comme d’un poison ? Deux pensées se télescopent à la vision de ce film. L’une, que XVIIIe siècle, avec son amour des mots et ses mots d’amour, était taillé pour la plume stylisée prompte à (d)écrire les tourments chantournés qu’affectionne Emmanuel Mouret. L’autre, concomitante : que ne l’a-t-il exploré plus tôt ! Or rien n’est moins évident qu’une évidence ; Mouret a donc attendu d’être invité à se pencher sur cette époque pour en découvrir les délices. Et se rendre compte qu’il y avait adéquation avec son ton. S’inspirant comme Bresson d’un extrait de Jacques le Fataliste, Mouret l’étoffe et ajoute une épaisseur tragique et douloureuse. Là où Les Dames du Bois de Boulogne se contentait d’une cynique mécanique de vengeance, Mouret dépasse la cru

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"L'Homme dauphin, sur les traces de Jacques Mayol" : Né pour l’apnée

Documentaire | de Lefteris Charitos (Fr.-Gr.-Can.-Jap., 1h19) avec Jean-Marc Barr…

Vincent Raymond | Jeudi 31 mai 2018

L’eau-dyssée de Jacques Mayol, petit Français si fasciné par le monde du silence et l’espèce des dauphins qu’il tenta à sa façon d’en devenir un en se lançant, avec succès, dans la plongée en apnée, discipline dont il fut l’un des précurseurs et surtout le charismatique ambassadeur… Aller plus profond. Tel était le leitmotiv de Jacques Mayol, cet aventurier à l’ancienne, ayant tout du play-boy international sans attaches, oubliant qu’il avait une famille pour vivre son rêve d’absolu ; sa quête ô combien paradoxale de lumière menée en s’enfonçant toujours plus loin dans l’impénétrable obscurité des abysses… À sa façon, Lefteris Charitos va lui aussi sous la surface, derrière l’image lisse rendue par la fiction inspirée de sa vie dans Le Grand Bleu (1988) de Luc Besson. En explorant les moindres images d’archives, en faisant parler les ultimes témoins, les proches de l’apnéiste, ses disciples comme son maître bouddhiste, le documentariste tente de plonger dans le secret d’un homme dépressif — et qui fut vaincu par la maladie. Sobre et apaisé, son portrait révèle sans pathos aucun un Mayol ne

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Buenos Air(e)s de blues

MUSIQUES | Ils débarquent pour un concert unique. Federico Verteramo (guitare et voix), Jorge Costales (harmonica et voix), Christian Morana (basse) et Germán (...)

Niko Rodamel | Mercredi 2 mai 2018

Buenos Air(e)s de blues

Ils débarquent pour un concert unique. Federico Verteramo (guitare et voix), Jorge Costales (harmonica et voix), Christian Morana (basse) et Germán Pedraza (batterie) : quatre excellents musiciens argentins au service d’un blues bien senti. Federico Verteramo, mardi 22 mai à 20h30 au Hall Blues Band de Pélussin

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"America" : God blesse

ECRANS | de Claus Drexel (E.-U., 1h22) documentaire…

Vincent Raymond | Mercredi 14 mars 2018

Alors que la campagne présidentielle américaine bat son plein, le documentariste Claus Drexel fait une longue escale à Seligman, Arizona. Et donne la parole à ces ressortissants de l’“Amérique profonde”, dont les voix comptent autant que celles, plus médiatisées, des Côtes Est et Ouest. À la manière d’un zoom, America complète et approfondit le We Blew it de Jean-Baptiste Thoret, tourné partiellement (et concomitamment) à Seligman : on note d’ailleurs quelques protagonistes en commun, dont le coiffeur vétéran. Avec Martin Weil pour l’émission Quotidien, Drexel est l’un des rares à avoir ausculté la réalité, pressentant ce qu’aucune bonne conscience (malgré le précédent Bush/Gore) ne se résolvait à considérer comme possible. Prenant le temps d’interroger longuement des citoyens — gens ordinaires, électeurs, militants ou non —, le documentariste fouille une conscience sociale baignée plus qu’abreuvée par les discours de propagande de Trump. On ne voit pour ainsi dire jamais les images du candidat républicain, mais sa band

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Comme c'est curieux

Festival | Pour sa 39ème édition, le festival de films Curieux Voyageurs prend davantage d'ampleur. Du 9 au 11 mars, au total 37 séances et 25 films seront proposés aux visiteurs entre le Centre des congrès, l'amphi annexe de l'école des Mines mais également pour la première fois au Planétarium.

Aliénor Vinçotte | Mardi 6 mars 2018

Comme c'est curieux

Pour sa 39e édition, Curieux Voyageurs revient avec une mosaïque de 25 films de voyage — autant de pays, de cultures et de terrains infinis révélés par des aventuriers partageant leurs expériences vécues avec la caméra. Créé il y a près de 40 ans par cinq amis passionnés, le festival n’a cessé d’étendre son territoire ; en 2017, 16 000 “curieux” étaient ainsi venus le visiter. Au programme du millésime 2018, les spectateurs pourront suivre un chef papou dans son combat pour la protection de la nature, marcher sur les traces de la voyageuse Ella Maillart, ou encore grimper le redouté K2 avec l’alpiniste Sophie Lavaud. À l’issue des projections, des rencontres seront organisées avec les aventuriers-réalisateurs — mais aussi avec un responsable d’Amnesty International dans la foulée de Le Vénérable W réalisé par Barbet Schroeder, troisième volet de sa Trilogie du Mal, où il raconte l’histoire d’un moine bouddhiste birmane très influent prônant la violence.

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L'Insoumis : Un portrait un peu gauche

ECRANS | de Gilles Perret (Fr., 1h35) documentaire avec Jean-Luc Mélenchon…

Vincent Raymond | Mercredi 28 février 2018

L'Insoumis : Un portrait un peu gauche

Au soir du premier tour de l’élection présidentielle de 2017, on s’étonnait de ne pas avoir dès 20h de déclaration à chaud ni d’images de Jean-Luc Mélenchon. Cette absence médiatique du bouillonnant candidat, si présent durant la campagne, était-elle consécutive à la stupéfaction, la déprime ou une bouderie de se retrouver classé quatrième à l’issue du scrutin ? Près d’un an plus tard, cet instant d’actualité, devenu fragment d’histoire immédiate, nous parvient grâce à la “caméra embarquée” exclusive d’une production privée — le paradoxe s’avère pour le moins étrange concernant le champion de La France Insoumise — ; celle du documentariste Gille Perret, alors en train de tourner son portrait. Las, on devrait parler d’hagiographie tant le film du bon camarade Perret, partageant les idées de Mélenchon, s’emploie à renvoyer du candidat un reflet flatteur, visant à rectifier la caricature de loup-garou ordinairement diffusée par ses adversaires. D’un côté comme de l’autre, il s’agit pourtant de propagande, et aucune n’est donc recevable. Proche idéologiquement de son sujet, il peut d

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The Ride : Sur la réserve

File indienne | de Stéphanie Gillard (Fr.-É-U., 1h26) documentaire…

Vincent Raymond | Lundi 12 février 2018

The Ride : Sur la réserve

En hommage à leurs ancêtres Sioux massacrés à Wounded Knee, les jeunes du peuple Iakota accomplissent chaque hiver sous la conduite de leurs aînés une chevauchée de 450 km à travers le Dakota. Un rite initiatique pour perpétuer le souvenir de Sitting Bull et de leur culture… Au-delà de la chronique d’un voyage de formation, ce documentaire raconte simplement comment les Américains natifs ont été spoliés et comment aujourd’hui leur culture serait dissoute dans le tout-venant étasunien s’ils n’avaient pris l’initiative de ce pèlerinage pacifique. Garants d’une histoire et de traditions, ils font en sorte de les préserver de l’ultra-modernité qui, insidieusement, les contamine. Lorsqu’ils communiquent entre eux, c'est toujours sans fil-qui-chante, mais désormais sans fumée : avec un téléphone portable, comme tout le monde. Le “moment” que constitue cette équipée rituelle, précédée de la cérémonie de “décolonisation des âmes” (quel symbole !) est pour les Iakotas, si attachés à leurs noms et à la transmission orale, un monument immatériel qu’aucun colon ne pourra jamais confisquer ni

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Atelier de Conversation : Un salon où l’on cause

Documentaire | de Bernhard Braunstein (Aut.-Fr., 1h10)

Vincent Raymond | Mercredi 21 mars 2018

Atelier de Conversation : Un salon où l’on cause

Pareille à un aquarium posé au milieu de la Bibliothèque publique d’information du Centre Pompidou, une drôle de salle accueille chaque semaine des étrangers résidents en France pour une session de discussion dans la langue de Molière. Un sacré melting-pot — pardon : mélange. Bribes de séances, fragments d’échanges captés lors de ces ateliers, intervenants de tous les pays filmés en plan rapproché devant s’acquitter une seul règle (parler en français)… Le dispositif, des plus minimalistes, suffit à bâtir un film d’une incroyable richesse humaine en télescopant les unes contre les autres les destinées de celles et ceux qui s’expriment ici, dans le sanctuaire du groupe. Chacun·e vient lesté·e de son histoire — qui réfugié·e, qui étudiant·e, qui retraité·e — et participe à la construction d’un récit contemporain d’une authentique mixité. La volonté commune de maîtriser l’idiome du pays hôte est supérieure à toute considération, et les emportements naissants sont vite apaisés par les modératrices et modérateurs du lieu, garants de la stricte neutralité de l’enclave. Documen

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"Sugarland" : Le sucre, notre poison quotidien

ECRANS | Pour prouver la nocivité du sucre, un Australien s’impose le régime moyen de ses compatriotes et observe les résultats sur son organisme. Une plongée terrifiante dans nos assiettes donnant envie de gourmander nos dirigeants. Sans aucune douceur.

Vincent Raymond | Mardi 23 janvier 2018

Après avoir découvert ce documentaire, le moindre hydrate de carbone d’extraction industrielle vous semblera plus pathogène qu’un virus Ebola fourré au cyanure ; même l’écoute d’un titre de Sixto Rodriguez vous incitera à tester votre glycémie à jeun et d’expier par précaution avec une heure de step. Sortant sur les écrans en pleine période de détox, Sugarland aura-t-il une influence sur le consommation des crêpes au sucre durant la Chandeleur d’ici moins de dix jours ? Peu de chances, en tout cas, de le voir programmé dans des salles vendant du pop-corn : il y a des limites au masochisme. Le réalisateur australien Damon Gameau, lui, l’est tout de même un brin. Suivant le principe de Supersize Me! (2004), il s’inflige devant la caméra pendant deux mois le régime “normal” d’un de ses compatriotes comptant 40 cuillers à café de sucres quotidiennes (!) Des sucres cachés, présents dans l’alimentation transformée en apparence saine et/ou bio, qu’il ingurgite donc sans même recourir à la junk food. Évidemment catastrophiques, les résultats sur son organisme révè

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"12 jours" : Depardon psittasice

ECRANS | de Raymond Depardon (Fr., 1h27) documentaire…

Vincent Raymond | Mardi 28 novembre 2017

Film de demande plus que de commande, 12 jours répond à une invitation de tourner dans un établissement psychiatrique (en l’occurence, le Vinatier à Bron) avec des patients hospitalisés sans consentement lors de leur présentations devant un juge des libertés et de la détention — celle-ci devant se dérouler au plus tard 12 jours après leur première admission. S’ensuivent donc dix auditions, à la queue-leu-leu. Dix portraits entre détresse et absurde de la “folie” ordinaire, et surtout un épuisant sentiment de déja, déjà-vu. Car malgré tout le respect et toute l’estime que l’on porte à Depardon, force est de constater qu’il éprouve de moins en moins l’envie de sortir du cadre et des repères qu’il a jadis balisés. 12 jours transpose en effet de manière manière mécanique son dispositif de Délits flagrants ou de 10e chambre, instants d’audience dans un décor lui aussi familier pour le cinéaste, qui avait déjà arpenté avec San Clemente

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Travelling

Jazz | Il y a comme ça des musiciens locaux dont on aime suivre le parcours au fil des années et des formations dans lesquelles ils font leurs armes, pour voir (...)

Niko Rodamel | Mardi 28 novembre 2017

Travelling

Il y a comme ça des musiciens locaux dont on aime suivre le parcours au fil des années et des formations dans lesquelles ils font leurs armes, pour voir éclore leur style propre et s’affirmer leur sensibilité musicale. Le pianiste Camille Mouton est de ceux-là. Nous l’avions découvert au sein du quintet No Logic, apprécié dans le Honey Jungle Trio et aperçu parmi la horde tonitruante du Big Band de Saint-Étienne. Avec le ASAP Quartet, Camille s’est entouré de brillants sidemen régionaux pour donner corps à ses compositions personnelles dans lesquelles se dévoilent des paysages changeants, au gré d’un long travelling empli d’émotions sincères. On retrouve ici Vincent Périer au saxophone, Thomas Belin à la contrebasse et Francis Decroix à la batterie. Mouton s’inscrit dans les pas des pianistes actuels qui ouvrent le jazz sur une bienfaitrice modernité, tels que Aaron Parks, Brad Melhdau ou Yaron Herman. ASAP Quartet sera pour la première fois sur la scène du Hall Blues Club, le 22 décembre à Pélussin.

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L'École de la vie : Entre deux

ECRANS | de Maite Alberdi (Fr.-Chi-.P.-B., 1h32) documentaire…

Vincent Raymond | Mercredi 15 novembre 2017

L'École de la vie : Entre deux

La vie quotidienne dans une école chilienne spécialisée accueillant des adultes atteints du syndrome de Down (la Trisomie 21) : le travail à l’atelier gastronomie, l’amitié et les histoires de cœur minées par les décisions des tuteurs légaux… Maite Alberdi cadre les élèves serrés, dans une très grande proximité, à l’extrême limite parfois de l’intimité gênante (sans franchir la ligne jaune de l’obscénité), gardant parents et éducateurs dans un flou visuel volontaire. Ce dispositif tranché facilitant la focalisation sur ses héros — Rita, au régime, qui tente de soustraire du chocolat en cachette, Anita et Andrés désireux de se marier malgré l’opposition parentale…—, et permettant d’adopter plus aisément leur point de vue, est sans doute la meilleure idée de ce documentaire. L’École de la vie laisse en effet une impression mitigée, découlant pour partie des méthodes en apparence paradoxales de l’école. Certes, les élèves semblent disposer d’une liberté d’action complète et s’épanouir lorsqu’ils préparent de la pâtisserie, mais ils sont étrangement infantil

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Éric Caravaca : « Pour être un bon réalisateur il faut être un peu pervers ; je ne le suis pas totalement »

ECRANS | Éric Caravaca a entrepris un parcours solitaire pour apaiser une douleur muette qui minait sa famille depuis un demi-siècle. Son documentaire raconte "Carré 35" cette démarche, et lui raconte son cheminement ?

Vincent Raymond | Mardi 31 octobre 2017

Éric Caravaca : « Pour être un bon réalisateur il faut être un peu pervers ; je ne le suis pas totalement »

Qu’est-ce qui vous a convaincu de démonter “la vérité” racontée par vos parents ? EC : C’est quelque chose qui s’imposait. Au départ, j’avais envie de redonner une existence à une enfant qui, au fond, était presque morte deux fois. Comment la réhabiliter ? Quand j’essayais d’en parler, je sentais que les choses et la parole se fermaient ; je sentais quelque chose de honteux. Et puis aussi, c’était un peu obsessionnel : quand on cache quelque chose à un enfant — même à un grand enfant, il a l’instinct de chercher. J’avais cette envie d’éclaircir, de déshumilier une mémoire, de réhabiliter une enfant. Et puis, surtout, j’ai commencé à questionner des gens parce qu’une tante — la sœur aînée de ma mère est mort. Puis son mari, ensuite une autre demie-sœur de ma mère qui avait fait un AVC avait perdu la parole. Quand j’ai vu que mon père allait lui aussi y passer, j’y suis allé en me disant si je ne le fais pas maintenant, je ne le ferai jamais. Comment expliquez-vous que votre mère, qui a elle-même souffer

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Le folk doux-amer de Zacharie

Folk blues | Avec son premier album intitulé "Giant Bear", le musicien et chanteur Zacharie propose un folk matiné de blues, forgé dans une certaine tradition du genre tout en y incorporant quelques touches subtile de modernité qui en font un mélange très équilibré. Un premier opus réussi entre compositions intimistes, textes anglais bien dosés et univers très imagé. Rencontre avec un artiste simple et authentique.

Nicolas Bros | Vendredi 13 octobre 2017

Le folk doux-amer de Zacharie

Comment en êtes-vous arrivé à devenir chanteur et musicien ? Vous avez été réalisateur de films... Zacharie : Je vais donner une réponse assez "bête" mais c'est vraiment la vie qui m'a mené à cette aventure... Je n'étais pas du tout prédestiné à faire cela car je suis plutôt quelqu'un de l'ombre. Ma position de réalisateur, au sein de ma société Opossum Productions, me convenait bien. J'étais plutôt discret mais la musique a toujours été présente dans ma vie. J'ai un père musicien, donc c'est un univers familier pour moi. Pendant très longtemps, ma musique a été cantonnée à mon univers le plus intime, sous forme de "petit journal de bord". J'ai toujours un peu "gratouiller" la guitare et chantonner jusqu'à ce que cela devienne une aventure plus collective lors de ma rencontre avec Ismaïl Ziani, qui écrit des textes et avec qui j'ai commencé à composer. Au début, c'était pour affronter un "hiver trop rigoureux" puis cela s'est transformé en discipline plus poussée. Au bout d'un moment, nous nous sommes aperçus qu'un petit répertoire était en train de naître. Que voulez-vous dire par "un hiver un peu rigoureux" ? N

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"L’Assemblée" : Retiens la Nuit

ECRANS | de Mariana Otero (Fr., 1h39) Documentaire…

Vincent Raymond | Lundi 16 octobre 2017

Fin mars 2016. Le projet de Loi de réforme du Code du travail (dite Loi El Khomri) provoque l’inquiétude de nombreux salariés. À Paris, des citoyens occupent la place de la République où ils tiennent réunions et assemblée générales durant des semaines. C’est Nuit debout. Du crépuscule du soir à son petit matin bien blême, Marina Otero arrive à condenser l’utopie boiteuse de Nuit debout dans ce qu’elle a de sympathique, de spontané et de désorganisé. Même sans connaître l’issue du mouvement, on lit dans cette micro résurgence d’un mai-68 hivernal (plus diurne que nocturne) son inéluctable inaboutissement : l’agora de la place de la République semble pleine, mais bien vide du peuple authentique (combien d’ouvriers, de précaires réels, de pauvres ?). Et si faible face aux forces de l’ordre, qui dispersent gaz lacrymogènes et manifestants avec une redoutable efficacité. Vécu de l’intérieur, en sympathie avec les apprentis néo-démocrates de la place, L’Assemblée est un document pour mémoire ; la trace mélancolique de ce mois de mars d’une centaine de jours…

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King of the boogie

Expo blues | Du côté de Pélussin, la programmation du Hall Blues Club ne faiblit pas d’un iota, les concerts hebdomadaires s’enchaînent sans se ressembler et c’est une (...)

Niko Rodamel | Mardi 3 octobre 2017

King of the boogie

Du côté de Pélussin, la programmation du Hall Blues Club ne faiblit pas d’un iota, les concerts hebdomadaires s’enchaînent sans se ressembler et c’est une chance pour ceux qui crèchent de ce côté-là du Pilat… Afin de commémorer le centenaire de la naissance de l’irremplaçable John Lee Hooker, l'équipe du HBC propose une exposition collective jusqu’au 20 octobre dans la salle de La Passerelle. Né en 1917 dans l’État du Mississipi, le guitariste-chanteur laisse derrière lui une discographie colossale avec un style unique et authentique qui a marqué de son empreinte l’Histoire du blues comme du rock. Livres, CD et vinyles, DVD, affiches, photographies ou cartes postales accompagneront les toiles de Jean-Claude Legros et Daniel Barthélémy. Le premier s’est fait de la représentation de musiciens afro-américains (et plus particulièrement des bluesmen) une vraie spécialité. Le second, diplômé des beaux-arts de Valenciennes et de Paris, entretient une dualité inspiratrice qui le place entre abstraction et art figuratif. Expo collective John Lee Hooker, jusqu'au 20 octobre, au Hall Blues Club de Pélussin

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"Latifa, le cœur au combat" : Mère qui roule…

ECRANS | de Olivier Peyon & Cyril Brody, (Fr., 1h37), documentaire avec Latifa Ibn Ziaten…

Vincent Raymond | Mercredi 27 septembre 2017

Après l’assassinat de son fils par le terroriste Mohamed Merah, Latifa Ibn Ziaten a voulu dépasser la douleur : elle a donc converti son malheur en un combat contre la haine, sillonnant les routes à la rencontre d’une jeunesse à qui elle prêche la tolérance. Des causes justes n’inspirent pas forcément des films exempts de reproches. Ce documentaire, en voulant rendre hommage à Latifa Ibn Ziaten, met en évidence quelques aspects paradoxaux de sa démarche. Dédiant sa vie à son association (la confondant avec elle ?), Latifa est devenue une “icône” du dialogue, partout accueillie et célébrée. Si son deuil inspire le respect, il l’enferme aussi dans une position de victime appelant une compassion légitime et dont la parole ne peut jamais souffrir la moindre contradiction. Donc d’interlocutrice non qualifiée pour un réel dialogue, ni apte à déconstruire des argumentaires de jeunes radicalisés. Latifa porte en outre un message bien ambigu en arborant en permanence un foulard (alors que des photographies anciennes la montrent tête nue…) qu’elle justifie par son deuil ou le fait que l’é

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"Une suite qui dérange : le temps de l'action" : La cause n’est toujours pas entendue

ECRANS | Dix ans après Une vérité qui dérange, le Prix Nobel de la Paix et ex vice-président étasunien Al Gore poursuit son combat en faveur de l’environnement, alors que l’actualité mêle COP21, cataclysmes climatiques et élection d’un climato-sceptique aux USA. On se bouge ?

Vincent Raymond | Mercredi 27 septembre 2017

Notre maison brûle et nous regardons ailleurs. Les mots prononcés par Chirac durant le sommet de Johannesburg pourraient figurer dans chacun des one-Gore-show que Al le pèlerin promène de par le monde. Ces conférences — sortes de monologues nourris de Powerpoint, d’images sans cesse réactualisées de villes dévastées par des catastrophes météorologiques ; de diagrammes pour certains affolants (l’élévation de la température moyenne), pour d’autres encourageants (l’évolution de la production d’énergie renouvelable et l’abaissement de son coût) — servent une nouvelle fois de socle à ce documentaire. Reconverti prêcheur, l’ancien politicien se fait l’avocat médiatique de la planète, le témoin de ses hauts-le-cœur et, plus intéressant, lobbyiste au service de sa cause : il est montré comme ayant favorisé la ratification de l’Inde à l’accord de Paris. Dégagé de tout mandat, mais jouissant d’une aura et d’un capital sympathie considérables (que ce film, malin, contribue à accroître), Gore prouve que dans son cas ne plus gouverner, c’est agir et prévoir. Un film Gore Ne craignant jamais

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"Le Maître est l'enfant" : Mauvais points

Documentaire | de & avec Alexandre Mourot (Fr., 1h30) documentaire avec également Anny Duperey, Christian Maréchal…

Vincent Raymond | Mercredi 27 septembre 2017

Jeune papa, Alexandre Mourot trouve que la société protège trop les tout-petits en bridant leur instinct d’apprentissage. Pensant avoir trouvé la panacée éducative dans la méthode Montessori, il s’immerge une année dans une classe adhérant à ce modèle pédagogique alternatif… Classe apaisée, encadrant à la voix douce bannissant le dirigisme, quasi absent pour que s’exprime la spontanéité de chaque enfant ; encourageant les approches expérimentales et l’entraide…Bien que tourné dans le Nord, ce film tient de l'image d’Épinal. Scandé d’extraits de textes théoriques de la pédagogue italienne ayant donné son nom à la “méthode”, s’il livre une image idyllique de l’enseignement, il tient davantage de la réclame que du documentaire impartial — puisque grandement financé par les écoles et leurs apôtres. Et si ce qu’il montre semble positif sur les enfants, ce qu’il tait (ou ce qu’il omet de préciser) est problématique : payantes, privées, hors contrat avec l’Éducation nationale, les Montesori ne sont pas des parangons de mixité sociale. Ces oublis, inconscients ou non, lui confèrent une o

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"Laetitia" : Ring parade

ECRANS | de Julie Talon (Fr., 1h20) documentaire avec Laetitia Lambert…

Vincent Raymond | Mercredi 27 septembre 2017

Après avoir décroché la couronne mondiale de boxe thaïe, Laetitia Lambert peine à trouver des adversaires et ne combat plus. Plusieurs mois plus tard, lorsqu’elle se remet sérieusement à l’entrainement, elle doit presque repartir de zéro. Il faut souffrir pour rester au top. Très bonne surprise que ce documentaire sur ce sujet pourtant ô combien rebattu du·de la champion·ne repartant en conquête d’une gloire évanouie. Car au-delà de la conservation du titre, il est question du corps sous toutes ses coutures : de la condition physique (l’obsédante maîtrise du poids, la préparation toujours insuffisante) à l’apparence physique (ce qu’il faut montrer à l’adversaire, ce que l’on doit cacher de ses émotions). Discrètes et nécessaires, les incursions dans la vie privée de l’athlète contribuent à l’équilibre de ce film épique, où les enjeux sont davantage humains que sportifs : Laetitia gère l’économie domestique, élève son fils, manque des entraînements, se fait chapitrer par Jean-Marc son entraîneur, craque, persévère ; parle de sa féminité, ne s’épargne jamais. Il y a là une pureté et une sincérité sans commun

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"Des rêves sans étoiles" : Prison de filles

ECRANS | de Mehrdad Oskouei (Irn., 1h16) documentaire…

Vincent Raymond | Mercredi 8 novembre 2017

Iran. Des jeunes femmes à la lisière de la majorité sont filmées dans leur quotidien de détenues d’un centre de “réhabilitation” pour mineures. Souvent en rupture de famille, certaines sont délinquantes, d’autres enceintes, voire mères ; toutes dans l’angoisse de leur sortie… Voilà un projet intéressant sur le papier, qui peine pourtant à aller au-delà de ses évidentes bonnes intentions. Notamment parce que le réalisateur parasite son propre film, en intégrant des interviews qu’il réalise, voix off, avec les détenues. De témoin, il devient acteur des événements ; il interagit avec ceux. À ces “tête-à-tête“ trop polis pour être honnêtes (ont-ils été répétés ? ont-ils été surveillés durant le tournage ?), on préfère les rares séquences d’imprévus, plus crues, montrant la détresse d’une gamine tétanisée par l’irruption de ses parents, ou une autre effondrée parce que sa grand-mère refuse de l’accueillir. Le cours d’instruction religieuse, abordant la question de l’égalité homme-femme, est aussi un grand moment.

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Carine Tardieu : « Pleurer ou rire, c’est une manière d’être vivante »

Interview | Avant d’aller à Cannes à la Quinzaine de Réalisateurs, Carine Tardieu était passée aux Rencontres du Sud pour présenter son film tourné en Bretagne. Rencontre avec une voyageuse…

Vincent Raymond | Vendredi 8 septembre 2017

Carine Tardieu : « Pleurer ou rire, c’est une manière d’être vivante »

Vous abordez ici thème du secret de famille, très fécond au cinéma… CT : Au fur et à mesure de l’écriture de cette histoire, je me suis rendu compte qu’il y avait énormément de famille dans lesquelles il y avait des secrets — beaucoup autour de la paternité, car on sait qui est la mère d’un enfant. On en entend davantage parler depuis que les tests ADN existent. Des gens m’ont raconté leur histoire : certains ont eu envie de chercher leur père biologique, d’autres n’ont jamais voulu savoir… Paradoxalement, découvrir que son père n’est pas son père biologique permet à votre héros de mieux le connaître le premier… CT : Absolument. J’ai eu moi-même la sensation de rencontrer mon père assez tard, alors que mon père je le connais depuis toujours. Parfois, la rencontre se fait à un moment précis de la vie : quand on devient soi-même père ou mère, on se demande quel homme et quelle femme nos parents ont été. On projette des choses sur eux, qui sont juste une petite partie de leur réa

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Ôtez-moi d’un doute : Paire de pères et pères aperts

ECRANS | Un démineur breton se trouve confronté à de multiples “bombes” intimes, susceptibles de dynamiter (ou ressouder) sa famille déjà bien fragmentée. Autour de François Damiens, Carine Tardieu convoque une parentèle soufflante. Quinzaine des Réalisateurs 2017.

Vincent Raymond | Vendredi 8 septembre 2017

Ôtez-moi d’un doute : Paire de pères et pères aperts

Démineur de métier, Erwan a fort à faire dans sa vie privée : il vient d’apprendre que son père l’a adopté et que sa fille (qu’il a élevée seul) est enceinte. Alors qu’il enquête en cachette sur Joseph, son père biologique, Erwan rencontre Anna dont il s’éprend. Las ! C’est la fille de Joseph. Carine Tardieu a de la suite familiale dans les idées. Depuis ses débuts avec La Tête de Maman (2007) et Du vent dans mes mollets (2012), elle s’intéresse à cette sacro-sainte famille. Un microcosme à part, connu de chacun et cependant toujours singulier, ayant surtout la particularité d’être facilement chamboulé. Tant mieux pour qui veut raconter des histoires. Plateau de fruits de père(s) Pour Ôtez-moi d’un doute, la cinéaste conserve son approche favorite consistant à observer une petite tribu de l’intérieur et à hauteur d’enfant. L’enfant a ici quelque peu grandi, puisqu’il s’agit d’un — gigantesque — adulte, en situation de devenir grand-père de surcroît. Mais le scénario le replace justement dans la position d’un rejeto

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Tous les blues sont dans la nature

Grésiblues (Isère) | Du dimanche 2 au vendredi 7 juillet, la vallée du Grésivaudan sonnera blues avec plusieurs concerts gratuits ici et là. On vous en dit plus.

Nicolas Joly | Mardi 4 juillet 2017

Tous les blues sont dans la nature

Entre les rives du Mississipi et la vallée du Grésivaudan, il n’y a a priori que peu de points communs. Toutefois, grâce aux efforts des bénévoles de l’association Grésivaudan blues festival, on peut entendre à Crolles, Montbonnot et ailleurs la même musique que dans les clubs de Memphis. Du 2 au 7 juillet, le festival Grésiblues invite ainsi des artistes de blues à se produire gratuitement et en plein air dans des communes de la vallée. Fidèles à leur volonté de faire découvrir le blues sous toutes ses formes, les organisateurs ont concocté pour cette 18e édition une programmation pour le moins éclectique. Par exemple, les amateurs de ballades traditionnelles apprécieront la retenue du classieux Luke Winslow-King, qui sillonne les routes étatsuniennes depuis plus de 10 ans. Quant aux afficionados de blues/rock plus musclé, ils apprécieront le côté sauvage des Miss America et du Quintana Dead Blues eXperience, le nouveau projet de l’électrique Piero Quintana. À noter que plusieurs des formations programmées sont des projets récents, voire carrément inédits. L’occasion de montrer que malgré so

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