Moteur !

Niko Rodamel | Mercredi 9 septembre 2020

Photo : Kino 3000 © DR


A la toute fin du siècle passé (oui, le vingtième !), un collectif de jeunes cinéastes montréalais lançait le Kino : « mouvement cinématographique international consistant à réaliser des films sans budget dans un esprit d'entraide, non-compétitif, de liberté et de bienveillance. » Dans le sillon de son grand frère, la seconde édition stéphanoise du Kino 3000 se tiendra du 5 au 12 septembre dans les locaux d'Ursa Minor, au cœur du site Mosser. Après une fastidieuse préparation menée en amont, Julia Angelou et Mat Santa Cruz pourront compter sur l'équipe bénévole de ce lieu associatif, alernatif et protéiforme qui accueille la manifestation. Acteurs, réalisateurs, scénaristes, techniciens et monteurs, la quarantaine de participants est majoritairement composée de Stéphanois, que rejoignent toutefois quelques Altiligériens, Lyonnais et Parisiens. Chacun apporte son matériel, pour son utilisation personnelle ou pour une mise en commun dans un esprit système D de partage autogéré. Après l'annonce du thème imposé qu'auront préalablement choisi la réalisatrice Raphaëlle Bruyas et Sylvain Pichon (cinémas Le Méliès), les équipes se constitueront spontanément pour plancher, écrire, tourner et monter des courts-métrages à géométrie variable, avec toujours en tête la devise du Kino : « Faire bien avec rien, faire mieux avec peu, mais le faire maintenant. » Une belle occasion, pour les protagonistes, d'entreprendre une démarche artistique dans la plus grande spontanéité possible, mais aussi d'acquérir une vraie expérience cinématographique sans avoir à dépendre des infrastructures publiques ou privées. Lors de la précédente édition, près de vingt films courts avait été ficelés en une semaine et projetés dans la foulée. Rendez-vous est donc pris dans la plus cinéphile des salles stéphanoises, Le Méliès Saint-François (« ne m'appelez pluuuuus jamais Franceee »), pour la grande soirée de projection au cours de laquelle l'intégralité des courts-métrages de l'édition 2020 sera dévoilée au public dans une ambiance festive.

Kino 3000 du 5 au 12 septembre + soirée de projection du Kino 3000, samedi 12 septembre à 19h, cinéma Méliès Saint-François
Plus d'infos sur la page Facebook Kino3000

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On the rocks

Festival rock | Le plus rock des festivals stéphanois, le N.N.Y. fest., propose une quatrième édition certe plus condensée mais toujours parsemée de concerts mêlant groupes locaux et formations venues d'ailleurs. Petit tour d'horizon.

Nicolas Bros | Mercredi 4 décembre 2019

On the rocks

« Nous sommes passés de six jours de festival à quatre, explique d'emblée FX, l'un des organisateurs du N.N.Y. Fest. Mais c'est tout simplement pour condenser les énergies afin de proposer toujours plus de qualité dans notre programmation. » Et de la qualité, il y en aura du côté de Bellevue en ce début de mois de décembre. Si vous aimez le rock dans toute sa variété, depuis le drone au hardcore en passant par le punk, le N.N.Y. est taillé pour vos esgourdes. Toujours dans un esprit DIY (Do It Yourself), l'accueil convivial en prime, les organisateurs proposent un panel de formations qui raviront aficionados comme néophytes. On notera tout d'abord la présence des Belges de It It Anita. Groupe de noise liégeois, la musique du quatuor fleure bon les années 90. De nombreuses belles crémeries du style Dour, Pukkelpop ou Bourges ne s'y sont pas trompées en les programmant. Les voilà à Saint-Étienne pour un concert qui devrait faire vibrer votre 8 décembre aux côtés du math-rock de Young Harts et des locaux de Facel Vega. Autre gros nom du festival, les Suisses de Coilguns. Sans concession, la musique des Helvètes s'avère rude et ultime. Du punk noise dans toute sa s

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Pas de nom mais du bon son

Festival rock | Le N.N.Y. Fest. n'a toujours pas de nom (N.N.Y. signifie No Name Yet) mais propose une affiche indé de haut vol avec notamment Zëro, Mars Red Sky ou encore Phoenician Drive.

Nicolas Bros | Mardi 4 décembre 2018

Pas de nom mais du bon son

Avec la même volonté de fer, le N.N.Y. Fest. remet le couvert en ce début de mois de décembre. Avec toujours un large panel de ce que propose la scène rock indé (du stoner au black metal en passant par le noise ou le folk-expérimental), ce festival entièrement auto-financé tient par l'engagement d'une équipe de passionnés mais également par l'investissement des artistes présentés. « Les artistes comprennent que l'on fait de notre mieux et ils jouent le jeu » explique FX Lemaître, un des initiateurs de l'événement. Mais qui dit concessions sur les conditions d'organisation, ne signifie pas programmation ou concerts au rabais en matière de qualité. L'esprit Do It Yourself revendiqué par ce festival est, au contraire, un gage de tenue et garantit la venue de groupes qui ont l'intention de tout donner dans les salles atypiques que sont le Gran Lux, la Gueule Noire et Ursa Minor. Et cette année, la liste est belle mêlant du local à l'international. Cultes Zëro Parmi les noms qui font la programmation du N.N.Y. Fest #3, le premier qui saute aux yeux, c'est Zëro. Groupe lyonnais aussi culte que rare, le désormais trio a sorti un très efficace nouvel albu

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Une soirée de soutien pour le NNY Fest.

MUSIQUES | En novembre 2017, le NNY Fest. avait mijoté une belle seconde édition avec de l'underground de premier choix. On en avait parlé ici. Mais aujourd'hui, ce (...)

Nicolas Bros | Vendredi 8 juin 2018

Une soirée de soutien pour le NNY Fest.

En novembre 2017, le NNY Fest. avait mijoté une belle seconde édition avec de l'underground de premier choix. On en avait parlé ici. Mais aujourd'hui, ce festival "artisanal" a besoin d'aide. C'est pourquoi une soirée a été programmée à Ursa Minor ce samedi 9 juin. Au programme, les Stéphanois de Zero Gain, les Lyonnais de Boucan et Païcan mais également Ingrina et l'incontournable Dj Harry Cover. Une soirée à l'image du festival, entre générosité et musique un poil "noisy". Zero Gain + Païcan + Ingrina + Boucan + Dj Harry Cover, samedi 9 juin dès 20h à Ursa Minor

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L'essence de l'underground

Festival | Pour sa deuxième édition, le NNY Fest. (pour No Name Yet Festival) continue à creuser le sillon de l'underground bien léchée avec la venue de groupes mythiques et le soutien de formations locales. Petite sélection avec beaucoup de "Belgitude" dedans.

Nicolas Bros | Mardi 28 novembre 2017

L'essence de l'underground

Rares et libres Telle une légende, les Angevins de Hint se font rares. Seuls quelques apparitions scéniques jalonnent les années qui filent en laissant intact le pouvoir sonore de ce groupe noise-rock assez unique en son genre. En creusant un peu dans notre mémoire vive, on peut se souvenir d'un concert intense, sous la yourte du festival Avataria déployée sur le parvis du Musée de la mine en 2003. Pour l'histoire plus récente, on gardera la prestation à Paroles & Musiques 2009 aux côtés d'Ez3kiel, après une résidence au FIL. Hormis ces dates-là, le groupe n'est pas revenu en terres stéphanoises. C'est dire l'importance de son retour en décembre. À ne pas louper sous peine de le regretter longtemps... Le 7/12 à Ursa Minor. Live de la Jungle Jim et Reggie ne font pas dans la dentelle. Les deux habitants de Mons en Belgique forment le groupe La Jungle. Et ce sobriquet leur va à merveille. Leur musique est un condensé sauvage de rock énervé, où les lianes sonores qu'ils vous tendent sont saturées de guitare et teintées d'une frén

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La Do, son Olympia c’est la rue

Portrait | Elle donne de la voix en toutes saisons dans les rues de Saint-Étienne. Rencontre avec un personnage aussi atypique qu’attachant.

Niko Rodamel | Mercredi 30 novembre 2016

La Do, son Olympia c’est la rue

Qui n’a pas déjà croisé cette chanteuse dont le sourire malicieux habite les rues du centre-ville stéphanois, entre les arcades de l’Hôtel de Ville et la place du Peuple ? Qui ne s’est pas déjà demandé qui est cette femme que même une mauvaise météo ne semble pouvoir décourager de pousser la chansonnette ? Née Dominique, Domi a finalement opté pour La Do. Un pseudo en deux syllabes efficaces et suffisantes, deux notes de musique à qui l'on a retiré le Si, car avec des "Si on mettrait Paris en bouteille". Paris... Paname... Une ville où la chanteuse a traîné ses guêtres, en d’autres temps. Mais les rues de la capitale ne font pas de cadeau aux artistes du macadam. Macad'âme... Alors voilà huit ans, La Do a posé ses valises et ses partitions à Saint-Étienne. Il faut dire que la chanteuse a déjà eu plusieurs vies, autant de fleuves intranquilles qui ont coulé sous les ponts d’une existence riche de rencontres et surtout de musiques. La Do chante comme elle respire, amoureuse éperdue de la poésie des mots et des mélodies qui les portent. Poètesse jusqu’au bout des ongles, elle écrit en vers ou en prose mais elle préfère le plus souvent faire siens les textes des autres, ceux des gra

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Raymonde Howard : "Un disque moins low-fi et minimaliste que les précédents"

MUSIQUES | Issue du milieu punk-rock stéphanois des années 90, Laetitia Fournier a lancé en 2006 son projet solo : Raymonde Howard. Après le succès de son deuxième album en 2010, elle sort en février la B.O. du film Le Lit réalisé par une autre Stéphanoise, Raphaëlle Bruyas. Elle se présentera aussi sur la scène du Fil pour défendre ses nouveaux titres. N.B.

Nicolas Bros | Mardi 4 février 2014

Raymonde Howard :

Vous avez fait partie de plusieurs groupes rock stéphanois de filles pendant les années 90 ?J'ai commencé à faire de la musique à l'adolescence. J'étais influencée par les groupes punk de nanas avec de grosses guitares et l'envie de crier sa rage dans le micro. J'ai joué au sein des Goofball, Kiss Kiss Martine et de La Seconda Volta. A l'époque, j'avais toujours des idées que je voulais placer mais qui ne passaient pas forcément en formule groupe. J'ai alors acquis un enregistreur quatre pistes lors de mon année de vie en Angleterre et j'ai commencé à mettre en boîte des riffs de guitares. S'en est suivi un premier disque d'une dizaine de minutes sous le nom de Raymonde Howard, la première étape de ce projet solo. Pourquoi Raymonde Howard ?C'est en quelque sorte mon double lorsque je fais de la musique. C'est aussi en référence à Rowland S. Howard, rockeur australien membre de plusieurs groupes notamment avec Nick Cave ou Mick Harvey mais aussi proche de Lydia Lunch que j'admire également beaucoup. En 2010, votre précédent album a reçu un très bel accueil...Oui, le deuxième album For All Bru

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Zoom sur... Letherette

MUSIQUES | Ces deux artistes électro originaires d'Angleterre et plus précisément de Wolverhampton, sont les nouvelles coqueluches du légendaire label anglais Ninja (...)

Nicolas Bros | Jeudi 21 novembre 2013

Zoom sur... Letherette

Ces deux artistes électro originaires d'Angleterre et plus précisément de Wolverhampton, sont les nouvelles coqueluches du légendaire label anglais Ninja Tune. Et pour cause, ils ont sorti début 2013, un album éponyme très prometteur avec une house enlevée et scintillante de mille feux. Situé à la croisée des chemins empruntés par Lapalux, Floating Points, SebastiAn ou autres Disclosure, le son de Letherette est une somme de multiples sensations sonores avec une construction très propre. Là où l'on pourrait craindre de se perdre au milieu d'un bain sonore de samples, il n'en est finalement rien car la cohérence du projet demeure. L'auditeur est plongé tantôt dans une électropop lascive, tantôt dans des rythmes house joyeusement filtrés et discoïdes ou dans un bain sonore généreusement. La musique de Letherette estun bonbon qui se déguste sans fin sur la piste de danse. Et vous savez quoi ? Ils passent à Saint-Etienne en décembre. Positive Education présente : Letherette + Mush + Izwalito + Mam's + Shore Keeper, samedi 7 décembre de 21h à 3h30, Ursa Minor

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Raphaëlle Bruyas fait son lit

ECRANS | La cinéaste stéphanoise Raphaëlle Bruyas réalise son premier court métrage de fiction dont le tournage se déroulera dans les rues stéphanoises ce mois-ci. « Le lit », Film court, c’est l’histoire de Nour, une femme incarnant le désir de vie interprétée par Maud Lefebvre, fraîchement sortie de la Comédie. Retour sur un projet qui n’a pas fini de retourner les matelas, l’évènement de cette rentrée. Grégory Bonnefont

Grégory Bonnefont | Mardi 18 septembre 2012

Raphaëlle Bruyas fait son lit

Douze ans. Voilà déjà douze ans qu'elle arpente les plateaux de tournage. Elle a travaillé avec Bertrand Blier, Jean Becker, Zabou Breitman. Ha oui! J'oubliais! Il y a aussi Tony Gatlif et Jean-Marc Moutout pour l'excellent "De bon matin" en 2010. Raphaëlle Bruyas fait partie de ces femmes à la personnalité entière et dont la conscience politique et intellectuelle transpire des images qu'elle filme. Son écriture cinématographique ne transige pas avec la sincérité comme en témoignent ces deux premiers courts métrages. L'un sur Auschwitz et la transmission de la mémoire, le second sur la céramique où l'on découvre l'art pratiqué par sa soeur Florence. Mais cette fois avec "Le lit", on sent chez elle quelque chose de l'acceptation, de l'envie et du talent assumés. Elle choisit Saint-Etienne pour un certain confort, mais également "l'appel à la romance" qu'elle y observe plutôt qu'une "esthétique de la misère". L'écriture du scénario, débutée il y a deux ans, trouve son origine dans les lectures d'Alexandra David-Néel et les films de Marie Mandy. Au final, il en ressort ce film d'inspiration féministe. Elle affirme cette nécessité pour toute femme de revendiquer et formuler son dési

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