CARBONE, bis repetita

Niko Rodamel | Mercredi 21 octobre 2020

Photo : Pellicule © Film BaseCul de sac © Nicolas Momein


Porté par la galerie associative Les Limbes, le projet CARBONE 20 propose de repenser la diffusion de l'art actuel et contemporain par les structures qui œuvrent au quotidien au sein de leur territoire. Sous la direction de Akim Pasquet, Léa Cotart-Blanco et Linda Roux, la seconde édition de cette Biennale de collectifs et lieux d'artistes met ainsi en lumière comme en résonance des plasticiens et des réseaux qui conservent un lien étroit avec leur quartier, leur ville, leur région et les habitants qui y vivent. Qu'elles soient internationales, nationales ou régionales, les structures invitées forment une communauté d'esprit dans laquelle, chacune à leur manière, toutes s'engagent avec force en faveur des arts plastiques. Le programme promet un riche télescopage d'expositions, des performances et des conférences, un peu partout dans la ville : galeries, librairies, magasins en stand by ou encore dans l'espace urbain. Dix jours de rencontres et d'aventures artistiques hors normes qui forment le précieux reflet d'une création prospective nationale et internationale, à la fois exigeante et populaire. Parmi la trentaine de propositions, le run-space Greenhouse accueillera After, la toute première exposition en duo de Stéphanie Cherpin et Laurent Faulon. Tout près, Nicolas Momein installera la sculpture mobile Cul de sac, une bien énigmatique camionnette dont la transformation décrit la relation contrainte entre un corps, un matériau et un espace réduit. Le Béluga présentera des dessins saturniens de Noémie Huard & Frank Rambert, alors que le collectif portuan Rua do sol investira l'Espace international (Arcades de l'Hôtel de Ville) avec ses Têtes Parlantes. Le vendredi 6 novembre, le Gran Lux accueillera une installation (proposée par Film Base & Kodok AF) faite de sept projecteurs 16mm drivés par des loopers visuels et sonores. Une série de films expérimentaux en celluloïd sera également projetée... ou pas !

CARBONE 20, du 30 octobre au 8 novembre 2020, dans toute la ville de Saint-Étienne

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Inside outside

Sculptures | Depuis sa formation à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Lyon, Marine Zonca a connu, entre France et Japon, un parcours riche de collaborations (...)

Niko Rodamel | Mercredi 4 mars 2020

Inside outside

Depuis sa formation à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Lyon, Marine Zonca a connu, entre France et Japon, un parcours riche de collaborations créatives. Lors de sa précédente exposition en duo, Depuis l’île de Pâques, elle installait ses œuvres en correspondance avec celles de la plasticienne Fauve Tintigner entre les murs de Kommet, nouvel espace de recherche et de promotion pour la jeune création contemporaine à Lyon. Au cœur de sa nouvelle exposition à Saint-Étienne, Coeur Fictif, les objets-images de l'artiste témoignent de l'empathie qu'elle porte sur le sentiment poétique de l’enfermement. Evoquant l'idée d'une invasion du dehors dans le dedans, l'installation entre ainsi en écho avec les paradoxes de la Serre où sont exposées les sculptures : être à l’intérieur tout en se sentant à l’extérieur. La figure quasi omniprésente du gisant traduit le rapport étroit qui lie l'être et l'habitacle, interrogeant la relation du vivant à l’inerte, de l’homme à son outil et au final, de l’artiste à son objet. Insufflant une tonalité à la fois poétique et onirique à son accrochage, Marine rend ici hommage à l'auteur belge Maurice Maeterlinck (auteur du r

Continuer à lire

C'est mou, c'est dur

ARTS | Formé à Saint-Étienne puis Genève, Nicolas Momein expose ses travaux depuis bientôt dix ans, de Nantes à Milan en passant notamment par Luxembourg, Bruxelles, (...)

Niko Rodamel | Mardi 2 avril 2019

C'est mou, c'est dur

Formé à Saint-Étienne puis Genève, Nicolas Momein expose ses travaux depuis bientôt dix ans, de Nantes à Milan en passant notamment par Luxembourg, Bruxelles, Genève, Paris, Lyon ou Marseille... L'an passé le plasticien traversait l'Atlantique pour représenter la galerie Ceysson & Bénétière à la foire internationale d'art contemporain de Los Angeles aux côtés de Chris Hood, Lionel Sabatté et Jesse Willenbring. Pour sa nouvelle exposition l'artiste présente des œuvres inédites pour lesquelles, comme souvent dans son travail, les propriétés de la matière demeurent centrales. Faisant référence au concept de "mouité" cher à l'inclassable philosophe Jean-Baptiste Botul (1896-1947) dans son ouvrage La métaphysique du mou, Nicolas Momein détourne de leur usage des matériaux peu conventionnels, transitoirement souples et fluides, qui se solidifient sous le contrôle et selon le dessein de l’artiste. L'accrochage Finger trap de Nicolas Momein est à découvrir du 18 avril au 1er juin à la galerie Ceysson-Bénétière avant d'être prolongé et complété à Paris l'année prochaine. Nicolas Momein, Finger trap, du 18 avril au 1er juin à la galerie Cey

Continuer à lire

À la lisière

Centre d'art | Depuis 2004 et l’obtention de son Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique aux Beaux-arts de Nantes, Noémie Huard enchaîne les expositions (...)

Niko Rodamel | Mardi 2 octobre 2018

À la lisière

Depuis 2004 et l’obtention de son Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique aux Beaux-arts de Nantes, Noémie Huard enchaîne les expositions personnelles et collectives tout en réservant une partie de son temps à l’enseignement et à la formation. Cet automne, l’artiste stéphanoise présente à la Serre ses Autels, un ensemble d’installations, de dessins et de sculptures, révélant un univers onirique peuplé de silhouettes diffuses, animales et végétales, presque surnaturelles, nouant d’étranges rapports au cœur d’un microcosme dont la troublante intimité ne se dévoile que dans le silence du trait et la courbe du volume. L’univers de Noémie se traduit pour l’instant essentiellement en valeurs de gris, lui permettant de se concentrer pleinement sur la texture et les qualités des matières ou matériaux (terre, cire d’abeille, bois, papier, graphite…) qu’elle met en jeu pour leur vibration graphique. Autels de Noémie Huard, jusqu’au 27 octobre à la Serre, 15 Rue Henri Gonnard à Saint-Étienne

Continuer à lire

Empreinte Carbone

Art contemporain | Né d'une volonté commune d'artistes et de structures d'art de la ville, CARBONE 18 place la création contemporaine au cœur de Saint-Étienne, du 27 avril au 6 mai, avec un généreux maillage d’expositions dans une vingtaine de lieux. Dix jours de manifestation qui s’annoncent intenses, avec la fraîcheur d’une première édition.

Niko Rodamel | Mercredi 4 avril 2018

Empreinte Carbone

Née dans le giron de la faculté d'arts plastiques de l’Université Jean Monnet à Saint-Étienne, l’association Céphalopode s’était fixée pour but d’offrir aux étudiants un lieu d'exposition de qualité professionnelle, afin de mettre en valeur et de partager leurs travaux dans de meilleures conditions que les habituelles friches industrielles et autres locaux plus ou moins roots. Depuis l’hiver 2012, la galerie Les Limbes (située au 7 de la rue Henri Barbusse) propose régulièrement des expositions qui visent à promouvoir et à diffuser des œuvres actuelles ou contemporaines. L’équipe ne manque pas d’idées, d’envies ou d’ambition. La galerie est rapidement devenue un lieu d’échange, un véritable laboratoire d’expérimentation pluridisciplinaire accueillant expositions individuelles et collectives, résidences ponctuelles et workshops. Portée par cette dynamique, l'association déploie ses ailes et Les Limbes - Céphalopode met les petits plats dans les grands en proposant CARBONE 18, un événement d'art contemporain qui tissera sa toile en vingt différents points de la ville. Pluralité et exigence artistique Autour de Linda Roux, L

Continuer à lire

Déclinaisons

Galerie | En cette fin d’année la photographe Aurélie Pétrel expose simultanément ses travaux dans les Magasins Généraux de Pantin, au Musée de l'horlogerie de Cluses, à la (...)

Niko Rodamel | Lundi 27 novembre 2017

Déclinaisons

En cette fin d’année la photographe Aurélie Pétrel expose simultanément ses travaux dans les Magasins Généraux de Pantin, au Musée de l'horlogerie de Cluses, à la galerie Arena d’Arles, au Musée des beaux-arts d’Angers, mais aussi à la galerie Gowen de Genève ainsi qu’en Allemagne pour la Biennale für aktuelle Fotografie de Ludwishafen et Mannheim. Rien que ça ! C’est donc une chance inespérée de la recevoir aussi à Saint-Étienne. La démarche de l’artiste est pour le moins singulière : Aurélie Pétrel conserve dans son atelier des centaines d’images réalisées au fil du temps, un fonds qui patiente dans une sorte de sommeil latent jusqu’à ce que la photographe les réactive en leur attribuant un support inédit, utilisant indifféremment le verre, le plexiglas, le contreplaqué résineux, le chêne, la vitrauphanie... Les installations polyptiques viennent ainsi briser la platitude du tirage photographique, leur insufflant une nouvelle place dans l’espace tridimensionnel. Aurélie se joue des perspectives mais avant tout de la lumière, avec ses transparences et ses reflets, trouvant sans cesse une fenêtre nouvelle, un regard nouveau, où la photographie est déclinée à l

Continuer à lire

Terril en la demeure

ARTS | L’artiste berlinois Clemens Behr investit les trois cents mètres carrés d’une friche industrielle stéphanoise, créant in situ une œuvre protéiforme et étonnante. Niko Rodamel

Niko Rodamel | Mardi 5 avril 2016

Terril en la demeure

Gérée par l’artiste-jardinier Emmanuel Louisgrand, Greenhouse est l’une des trois associations installées au cœur de la friche Mosser, dans le quartier Bellevue à Saint-Étienne. Y sont promus l'art contemporain, le design ou encore l'architecture, à travers des expositions régulières. Invité par l’association, Clemens Behr a créé une structure complexe en suivant une ligne directrice qui lui est propre depuis dix ans : Behr récupère et amasse pour assembler, plier, déchirer, visser, coller, construire et déconstruire une installation singulière qui s’inscrit pleinement dans l’esprit du lieu. Les perspectives se font cubistes dans un univers graphique demeurant pour autant très contemporain. A son arrivée à Saint- Étienne, Clemens Behr a fait acheter de la peinture et du bois, mais il a également prélevé des matériaux à l’étage supérieur du local, où sont stockés toutes sortes d’objets rescapés des précédentes expositions. Kaléidoscopique Des tasseaux servent d’ossature pour l’assemblage de larges plaques blanches. Des tubes néons blancs ou orangés balisent une possible déambulation au cœur de l’œuvre. Des tôles translucides ou métalliques a

Continuer à lire

Feuilleton obscur

ARTS | Difficile de nier l'influence de l'industrie télévisuelle et des séries américaines sur notre société. Plus qu'une influence, Linda Roux – artiste peintre (...)

Marlène Thomas | Vendredi 5 juin 2015

Feuilleton obscur

Difficile de nier l'influence de l'industrie télévisuelle et des séries américaines sur notre société. Plus qu'une influence, Linda Roux – artiste peintre originaire de Corée, diplômée des Beaux-Arts de Saint-Étienne – y a puisé, pour sa dernière exposition Wasteland – Volume 1, une bonne partie de son inspiration. Telle un feuilleton, l'artiste déroule la vie de Pierre et Stéphane, nouvellement voisins et bientôt amis. À travers ses dix-huit peintures et ses deux protagonistes, Linda Roux a voulu mettre en perspective la solitude humaine ainsi que les difficultés des relations avec autrui. Travaillée pendant trois ans, l'exposition de Linda Roux est composée de tableaux autonomes, qui liés entre eux forment une histoire assez énigmatique. Des oeuvres au côté sombre prononcé, qui peuvent provoquer un certain malaise. En effet, une atmosphère pesante ressort des scènes de la vie de Pierre et Stéphane sur qui planent des ciels obscurs, magnifiquement peints. Cette immersion dans leurs psychologies, dans leurs tourments se fait au sein de paysages simples, du quotidien, mais très travaillés, tels qu'un jardin ou une embrasure de fenêtre. L'artiste souhaite aussi

Continuer à lire