Mode, éthique et pièces uniques : la sape change de camp

Fringues | En quelques années seulement, six friperies ont ouvert leurs portes à Saint-Étienne, proposant leurs pièces uniques à celles et ceux qui souhaitent se démarquer. Zoom sur ces sapeurs nouvelle génération.

Cerise Rochet | Mardi 8 décembre 2020

Pour Sarah, tout a commencé il y a 15 ans, lors d'une première étude de marché lancée comme ça, pour voir. Dénicheuse de pièces vintages depuis toujours, la jeune femme se tâte alors à monter une boutique... Un projet long, qui va demander du temps, de la patience et de la réflexion. Et puis il y a 6 ans, tout s'accélère. Alors qu'elle est à la recherche d'un local, elle apprend que Banana's, véritable institution stéphanoise, est sur le point de fermer ses portes. « J'ai aimé l'idée de laisser la lumière allumée dans ce magasin. Je n'ai pas repris l'affaire, je me suis simplement installée au même endroit, parce qu'en réalité, hormis le côté vintage qui fait le lien entre les deux boutiques successives, tout est assez différent », explique la modeuse. Ainsi, à la Belette, on vient trouver des vêtements anciens, de qualité car conçus pour durer, et qu'on ne verra pas chez tout le monde…

We love vintage

Ce que propose également Chloé, dernière-née de la fripe, qui a ouvert sa Dealeuse de Chiffons en septembre. D'abord lancée sur internet, sa boutique est aussi la concrétisation de sa passion pour la seconde main, la chine, et le besoin irrépressible de débusquer un trésor bien caché. « Je fais la sélection moi-même, en essayant de repérer le potentiel du vêtement, en fonction de sa qualité. Ensuite, il est lavé, repassé, et passe par un éventuel petit point de couture si besoin, avant d'atterrir en rayon où il sera vendu à un tarif accessible ».

Marques et luxe

Et sur la question des tarifs… La politique n'est pas la même partout. Rue de la République, Léopold et Nelly, sapés sportwear 90's de la chaussette à la casquette, ne s'en cachent pas : si leur boutique s'appelle La grosse fripe à Popol, eux se voient davantage comme des brocanteurs du vêtement : « On vend de la seconde main, certes, mais de la marque, du premium, voire, du luxe. Donc, les prix affichés ne sont pas vraiment ceux d'une friperie. Les gens viennent chez nous pour trouver des pièces rares, et ce qui est rare… » Pour autant, ces deux-là, qui ont démarré sur internet pour écouler leurs stocks persos, sont tout de même ravis de sauver des vêtements d'une fin de carrière précoce : « Nous n'avons pas monté notre boutique dans une démarche écolo, mais parce qu'on aime l'ancien, et les vêtements de qualité. Certains tissus, certaines pièces traversent le monde pour arriver jusqu'à nous… Mais l'idée est néanmoins de sortir du modèle de la fast fashion, donc notre passion croise finalement des valeurs éthiques, en effet. »

Conso éco-responsable

À l'inverse, passage Sainte-Catherine, la boutique Des Pauses Thés Fripes montée par Gabrielle a justement été conçue dans une démarche éco-responsable. Pas étonnant, d'ailleurs, que la jeune femme ait choisi de créer un lieu plus qu'un magasin, il y a un peu plus de trois ans. Ici, en temps normal, on vient chiner une jolie pièce, mais aussi boire un thé ou un café… Ou déposer des fringues dont on ne veut plus, sur le principe du dépôt-vente : « Je n'ai pas d'exigence de marque, de style, de taille. Je pars du principe que si un vêtement est en bon état, il peut encore servir. Je garde ce que l'on m'apporte durant 1 mois. Si les vêtements ne se sont pas vendus, les clients les récupèrent, ou me les laissent pour que je les donne à des associations. » Ainsi peut-on dénicher ici des pièces qu'on ne verra donc pas chez tout le monde… A un tarif très abordable.

À ces quatre boutiques, il faut aujourd'hui en ajouter deux autres à Saint-Étienne. Mais, signe que les modes de consommation changent, et que l'acte d'achat se veut de plus en plus réfléchi, toutes ont jusqu'ici réussi à trouver leur place dans le paysage. Peu inquiétés par le risque de se faire arracher des clients par les autres, la plupart de ces nouveaux sapeurs sont au contraire assez heureux de constater qu'une nouvelle page du commerce est peut-être en train de s'écrire dans notre ville : « Tant mieux, que l'on soit de plus en plus nombreux, estime Sarah de la Belette. Cela signifie sans doute que les consommateurs se responsabilisent de plus en plus. Comme pour toutes les autres boutiques de vêtements du monde, on peut supposer que les clients trouveront leur bonheur tantôt chez moi, tantôt chez les autres, et qu'il y a donc de la place pour tout le monde. »


Où les trouver ?
- La Belette, du mardi au jeudi de 14 heures à 19 heures ; vendredi et samedi de 10 heures à 12 heures et de 14 heures à 19 heures, 9 rue Notre-Dame
- Dealeuse de Chiffons, du mercredi au vendredi de 11 heures à 19 heures, le samedi de 10 heures à 19 heures, 15 rue de la Ville
- La Grosse Fripe à Popol, mercredi et samedi de 14 heures à 19 heures, 20 bis rue de la République
- Des Pauses thé fripes, du mardi au jeudi de 10 heures à 18 heures ; vendredi et samedi de 10 heures à 18h30, Passage Sainte-Catherine.

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Planète jazz

MUSIQUES | Désormais incontestable "métropole de Jazz" qui n’a pas grand chose à envier à sa voisine lyonnaise, la ville de Saint-Étienne a donc été choisie par JAZZ(s)RA, (...)

Niko Rodamel | Jeudi 2 novembre 2017

Planète jazz

Désormais incontestable "métropole de Jazz" qui n’a pas grand chose à envier à sa voisine lyonnaise, la ville de Saint-Étienne a donc été choisie par JAZZ(s)RA, plateforme des Acteurs du Jazz en Rhône-Alpes-Auvergne, pour célébrer la seconde édition biennale itinérante du Forum Jazz Européen. Pendant une semaine le jazz titillera tous les publics, mélomanes, étudiants, enfants (avec les cinq concerts du programme Jazz for Kids) et bien sûr professionnels qui se rencontreront autour de conférences, masterclass, ateliers et autres speed-meetings. Le panorama musical se veut fourni et ouvert, allant des musiques improvisées au blues en passant par l’électro, entre autres courants flirtant avec le jazz. En marge des rencontres et des concerts sont également annoncés un focus sur les facteurs d’instruments, deux projections de films documentaires, une bourse aux disques ou encore une exposition. C’est un peu toute la ville qui sera en ébullition avec la contribution de nombreux lieux de concerts (Le Fil, le Pax, le Verso, le Mixeur, la Cité du Design, le Théâtre Libre…), l’Université Jean Monnet et le Conservatoire à Rayonnement Régional Massenet, le Rhino Jazz(s) et bien sûr l’assoc

Continuer à lire

Quelques noms du Foreztival 2016

MUSIQUES | Avec plus de 20 000 spectateurs chaque année, le Foreztival de Trelins, à proximité de Montbrison, est un des festivals incontournables de l'été dans la Loire (...)

Nicolas Bros | Samedi 7 mai 2016

Quelques noms du Foreztival 2016

Avec plus de 20 000 spectateurs chaque année, le Foreztival de Trelins, à proximité de Montbrison, est un des festivals incontournables de l'été dans la Loire et en région Rhône-Alpes Auvergne. Après avoir accueilli IAM, Birdy Nam Nam, le collectif Fauve ou Patrice, le festival continue sa progression. Pour sa douzième édition qui se déroulera du 12 au 14 août, quelques noms de la programmation ont d'ores et déjà été divulgués. Plus précisément trois noms : les indémodables Massilia Sound System (qui verront un documentaire sur leur histoire sortir cet été, réalisé par Christian Philibert), la folie du groupe à la moustache, Deluxe ainsi que le Legal Shot Sound System avec Lasai et Troy Berkley. D'autres noms et surprises sont à prévoir dans les semaines à venir... NB

Continuer à lire

«Laisser l'essence de la partition s'exprimer»

MUSIQUES | Vous semblez avoir pour la musique de Mozart des prédispositions naturelles, La Clémence, Mithridate à Paris, et maintenant La Flûte Enchantée. Quelle (...)

Alain Koenig | Mardi 31 mars 2015

«Laisser l'essence de la partition s'exprimer»

Vous semblez avoir pour la musique de Mozart des prédispositions naturelles, La Clémence, Mithridate à Paris, et maintenant La Flûte Enchantée. Quelle conception avez-vous de la musique de Mozart ? Mozart m'accompagne effectivement depuis mes débuts à l'opéra. C'était en Autriche, il y a un peu moins de 10 ans déjà. L'univers d'un compositeur est pleinement comparable à une langue vivante. Il recèle sa propre syntaxe, ses accents toniques, sa prononciation, ses conventions rhétoriques et il reflète également un art de vivre, une philosophie, une profondeur d'âme...Et, je l'avoue, c'est un bonheur exquis pour moi de parler "Mozart". Pendant mes études au Mozarteum de Salzbourg, j' ai fait la rencontre de Nikolaus Harnoncourt qui m' a considérablement encouragé à développer ma propre conception- intuitive et fidèle- de l'œuvre de Mozart, tout en tenant compte des connaissances musicologiques et historiques dont nous disposons. Mozart se caractérise, à mon sens, par la théâtralité et la vocalité de ses lignes contrapuntiques et par son incroyable sens de la narration et de l'articulation. Comment abordez-vous La Flûte Enchantée en particuli

Continuer à lire