Arnaud Meunier : « Je vois la MC2 comme une locomotive »

Mercato | On a appris cet été que le 1er janvier 2021, le metteur en scène Arnaud Meunier succédera à Jean-Paul Angot à la tête de la MC2, l’une des plus importantes scènes nationales de France. On l’a rencontré début septembre alors qu’il se rendait à ses premiers rendez-vous grenoblois (on passait juste avant la Ville de Grenoble) pour en savoir un peu plus sur son projet et ses envies.

Aurélien Martinez | Vendredi 4 décembre 2020

Photo : © Aurélien Martinez


Pourquoi avez-vous décidé d'être candidat au poste de directeur de la MC2 ?

Arnaud Meunier : Il y a plusieurs raisons. D'abord, ça fait maintenant dix ans que je suis dans la région comme je dirige la Comédie de Saint-Étienne. Une région que je connaissais mal avant d'y arriver mais que j'ai appris à découvrir et dans laquelle je me sens aujourd'hui très bien, d'où l'envie très forte d'y rester.

Ensuite, après dix ans d'aventure heureuse à Saint-Étienne, je voulais un nouveau défi tout aussi excitant. Dans le paysage régional, la MC2 me semblait passionnante, tant du point de vue historique que dans ses enjeux en 2020. C'est l'une des institutions françaises les plus richement dotées, elle a donc un rôle important dans l'économie du spectacle vivant et de la création.

Et puis il y a Grenoble en tant que telle, qui me paraît elle aussi passionnante. C'est, par exemple, une ville qui concentre une moyenne de CSP+ plus importante que d'autres, et qui en même temps a des quartiers parmi les plus difficiles de France. Pour quelqu'un comme moi qui œuvre à la mixité des publics, à faire se rencontrer des gens dans les lieux d'art et de création, il y a ici, à mon avis, quelque chose à faire et à inventer.

Vous dirigiez la Comédie de Saint-Étienne en tant que metteur en scène comme le label Centre dramatique national le demande. Or, la MC2 est une scène nationale, avec donc à sa tête non plus un artiste mais un directeur. Qu'en sera-t-il de vos activités artistiques une fois arrivé à Grenoble ?

Je pense qu'on ne change pas ce que l'on est profondément : je suis metteur en scène. J'ai ainsi le spectacle Candide dont la tournée a été complètement interrompue par la crise du Covid qui sera repris dans un an, et je vais créer en février Tout mon amour de Laurent Mauvignier avec Philippe Torreton et Anne Brochet – des projets engagés avant ma nomination. Mais bien sûr, lorsque j'ai candidaté à la MC2, j'ai tout de suite pris la dimension du fait que c'est un très gros équipement, que beaucoup d'enjeux et de travail m'attendent, et qu'il est donc clair que je vais mettre mon travail de création entre parenthèses pendant un temps indéterminé mais certain.

Mon projet à Grenoble est donc bien d'arriver en tant que directeur. Et ça me plaît, comme la MC2 n'est pas une scène nationale comme les autres – il faut vraiment avoir ça en tête. C'est un outil exceptionnel à bien des égards, notamment parce qu'il est configuré pour la création. On a des ateliers de création de décors, de confection de costumes, un centre dramatique national a été absorbé il y a quelques années… Il y a un savoir-faire incroyable. Ce qui m'excite en arrivant à la MC2, c'est donc plus de pouvoir produire et accompagner les projets des autres que l'envie de continuer mon parcours artistique.

Ce qui m'excite le plus ? Pouvoir produire et accompagner les projets des autres

Quel est votre projet pour cette immense institution qu'est la MC2 ?

Je la vois comme une locomotive. Il y a d'ailleurs deux manières d'envisager des institutions aussi importantes : soit on pense que ce sont des mastodontes omnipotents, écrasants, impossibles à bouger et dans un rapport constamment vertical à leurs partenaires ; soit on pense qu'elles peuvent être des locomotives fédératrices avec un effet d'entraînement pour tout le territoire. Moi, ça a toujours été mon ADN de travailler comme ça, donc je travaillerai comme ça ! Surtout qu'il est clair que le rayonnement de la MC2 est lié à sa légitimité territoriale, avec une population qui doit se dire que ce lieu lui appartient autant que la piscine municipale ou le stade de foot.

D'ailleurs, le premier axe de mon projet est l'envie de réconcilier pleinement deux courants qui se regardent en chiens de faïence pour des raisons absurdes : d'un côté les tenants de l'éducation populaire, et de l'autre ceux qui défendent ce qu'on appelle un peu pompeusement l'excellence artistique. Moi j'ai grandi en Charente, je sais ce que je dois à toutes celles et tous ceux qui m'ont accompagné à la MJC, à l'école de musique… Et ce que je dois également aux artistes qui ont fondé mon parcours de metteur en scène.

La deuxième chose est de se dire que pour qu'il y ait une appropriation de ces grands lieux d'art et de culture par les publics les plus larges possibles, il faut qu'il y ait une présence artistique forte. Avec des artistes qui ne soient pas uniquement de passage pour présenter des spectacles, mais que certains aient une présence longue, durable, à Grenoble. J'ai donc souhaité associé un certain nombre d'équipes artistiques sur au moins trois ans pour inventer avec elles des créations qui se pensent à Grenoble, qui partent de Grenoble et qui ensuite tournent ailleurs, pour vraiment faire de la MC2 un lieu de production important.

Qui seront ces artistes ?

Naturellement, comme la MC2 héberge le Centre chorégraphique national de Grenoble, ses directeurs Rachid Ouramdane et Yoann Bourgeois se retrouvent associés au projet, et c'est important de le revendiquer. Comme ce sont deux hommes, il y aura donc également deux femmes dans leur catégorie esthétique : Gisèle Vienne et Vimala Pons. En théâtre, il y aura Caroline Guiela Nguyen, Émilie Anna Maillet, Nasser Djemaï et Emmanuel Merrieu. Et en musique, le Jeune Orchestre Européen Hector Berlioz, le Quatuor Béla, la violoncelliste Noémi Boutin et la rappeuse Casey. Ça fait 12 équipes artistiques, avec l'envie d'inventer des projets transdisciplinaires dans un souci de partage avec le public le plus large possible, notamment sur des temps de répétitions.

Et quelle sera votre programmation, que l'on découvrira dans un an ? Sera-t-elle dans la lignée de celle actuelle ?

Forcément, à chaque direction son projet et sa couleur. On peut donc s'attendre à des changements réels dans la programmation. Mon projet s'articule autour de l'envie de montrer l'état de la création d'aujourd'hui dans toute sa diversité. C'est un projet en phase avec les valeurs du XXIe siècle : parité – comme vous avez pu le constater avec les artistes associés –, diversité, écoresponsabilité et attention soutenue aux plus fragiles seront ses points cardinaux.

Ensuite, pour moi, il faut donner des repères à tous les publics et notamment à celles et ceux pour qui l'acte d'aller dans un lieu d'art et de culture n'est pas naturel. Je veux que des artistes connus et reconnus côtoient d'autres beaucoup plus pointus qui sont en général davantage repérés par un public habitué à fréquenter nos institutions.

Enfin, il faut également inciter les gens à la gourmandise. Actuellement, il y a une formule d'adhésion, je vais créer une formule d'abonnement : plus on sera gourmand et plus on sera récompensé de sa fidélité !

Les derniers mois à la MC2 ont été tendus, avec notamment une grève contre la direction en décembre 2018. Comment abordez-vous cette situation ?

Mon moteur est de me tourner vers l'avenir, en associant l'équipe de la MC2 bien sûr. Je vais aussi saluer le travail de Jean-Paul Angot. Il a ses détracteurs, il a ses partisans, mais l'important pour moi est que la passation se passe de la manière la plus souple et fraternelle possible. Voilà ce que je peux dire.


Repères

1973 : naissance à Bordeaux. Après le bac, il suit des études de sciences politiques puis commence une formation de comédien avant de se diriger vers la mise en scène.

1997 : il fonde la Compagnie de la Mauvaise Graine, et axe son travail sur les auteurs contemporains – Pier Paolo Pasolini, Michel Vinaver, Stefano Massini…

2011 : il est nommé directeur de la Comédie de Saint-Étienne et de son école attenante.

2014 : son spectacle Chapitres de la chute, saga des Lehman Brothers sur le texte de Stefano Massini obtient le Grand prix du Syndicat de la critique.

2021 : il deviendra directeur de la MC2 Grenoble au 1er janvier.

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Benoît Lambert : « Saint-Étienne, une ville qui possède une histoire forte avec le théâtre »

Rencontre | Benoît Lambert vient d'être nommé directeur de La Comédie de Saint-Étienne et de son école attenante. Nous nous sommes entretenus avec lui pour en savoir davantage sur la vision qu'il porte sur Saint-Étienne mais également sur ses projets à venir pour le Centre dramatique stéphanois. Échanges.

Nicolas Bros | Mardi 2 février 2021

Benoît Lambert : « Saint-Étienne, une ville qui possède une histoire forte avec le théâtre »

Pourquoi avoir fait le choix de candidater pour la direction de La Comédie de Saint-Étienne ? J’ai candidaté à Saint-Étienne, c’est important de le dire. Ce n’est pas un hasard. Je dirige actuellement le théâtre de Dijon pour lequel j’avais candidaté il y a 8 ans pour des raisons très précises. C’est la même situation avec Saint-Étienne. D’abord, La Comédie de Saint-Étienne est une maison que je connais pour l’avoir fréquentée. Arnaud Meunier m’avait demandé d’être le parrain de la promo 25, la première qu’il avait recrutée à son arrivée. Cela m’a permis de travailler à La Comédie, avec les élèves… Mes spectacles y ont également été accueillis. J’ai passé du temps dans la ville, une ville que j’apprécie beaucoup. Donc la question de cette candidature n’était pas simplement de venir travailler mais de venir vivre à Saint-Étienne, ce qui correspond à un enjeu important pour moi. Ce théâtre a également un tel essor sous l’impulsion d’Arnaud Meunier, qu’il est devenu un des plus beaux théâtres de France. Ce n’est pas de la flagornerie. Ce nouveau bâtiment, le développement de l’école, … c’est un rêve. Et je dois dire aussi que je suis un héritier idéologiq

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Benoît Lambert est le nouveau directeur de la Comédie

Suite au départ d'Arnaud Meunier de la direction de La Comédie de Saint-Étienne en ce début d'année, c'est Benoît Lambert qui vient d'être désigné pour sa succession. Ce metteur en scène est directeur du Théâtre Dijon Bourgogne depuis janvier 2013. Il a été élève à l'École Normale Supérieure avant de suivre des cours de théâtre avec Pierre Debauche au début des années 90. Du côté de la scène, il a notamment créé trois pièces de François Bégaudeau : La Grande Histoire en 2014, La Devise  en 2015 et La Bonne Nouvelle en 2016. Il a toujours la volonté de mettre la jeunesse en avant comme le prouve sa mise en scène de Le Jeu de l'amour et du hasard de Marivaux en 2017, où il dirige quatre jeunes acteurs en contrat de professionnalisation. Enfin, Saint-Étienne n'est pas

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Nouvelle directrice ou nouveau directeur ? En tout cas, ce sera une ou un artiste pour diriger La Comédie de Saint-Étienne après le départ d'Arnaud Meunier en fin d'année à Grenoble. Une annonce a été postée par la structure d'art dramatique stéphanoise. Avis aux intéressés ! Nous en profitons pour vous rappeler que la saison 20/21 débutera dès le 17 septembre prochain avec le spectacle Angels in America. Toutes les dates sont à retrouver sur cette page.

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Arnaud Meunier est, par ailleurs, artiste metteur en scène. Ces dernières années, il a notamment dirigé Didier Bezace et Catherine Hiegel dans Retour au désert, Rachida Brakni (Je crois en un seul Dieu), qu’il a associée à Philippe Torreton dans J'ai pri

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La Comédie en l'honneur des soignants

Après avoir rouvert ses portes vendredi 3 juillet pour le "spectacle de fin d'année" de la promo 29 de son école, La Comédie de Saint-Étienne propose un spectacle inédit, offert au public de ce soir jusqu'à mercredi soir. Trois soirées en l'honneur des soignantes, soignants et des fameuses "premières lignes". Ca s'appelle Nous y voilà et c'est un condensé de lectures et de poésies mis en musique et déclamé par Philippe Torreton, Richard Kolinka et Aristide Rosier. Il vous faudra réserver et venir avec votre masque pour assister à une de ces représentations. Nous y voilà !, lundi 6, mardi 7 et mercredi 8 juillet à 20h à La Comédie de Saint-Étienne Infos et résas : 04 77 25 14 14 ou billetterie@lacomedie.fr

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Arnaud Meunier : "Ne mettre personne sur la paille"

Point de vue | Le confinement touche l'activité du spectacle vivant de plein fouet. Notamment l'activité théâtrale et les créations. Arnaud Meunier, directeur de La Comédie, nous explique comment il tente de gérer la situation.

Nicolas Bros | Jeudi 2 avril 2020

Arnaud Meunier :

Y-a-t-il encore un peu d’activité à La Comédie, malgré le confinement ? Les activités administrative et comptable se poursuivent de manière numérique et digitale. Concernant l’École, nous avons trouvé un programme pédagogique qui fonctionne par Skype et Internet, donc les élèves sont maintenus au travail. En revanche, le reste de l’activité du Centre dramatique national est à l’arrêt, tout ce qui était répétitions, spectacles… Pour une institution telle que La Comédie de Saint-Étienne, qu’est-ce que cette crise va changer ? Ce que j’espère, c’est qu’il y aura un avant et un après. Cette épreuve mondiale est inédite et elle nous amène à nous poser des questions sur ce qu’est une société et sur ce qui nous paraît essentiel et important. Par rapport à La Comédie, nous avons écrit une lettre aux spectateurs pour les tenir informés de ce qu’il se passait et nous avons eu de nombreux retours et c’est très émouvant. Il est beau de se rendre compte qu’un théâtre est un endroit où l’on se regroupe avant tout. Dans une période de mise à distance sociale, c’est vraiment ce qu’il nous manque finalement. Le théâtre a

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« De la radio en 3D »

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Sur scène, Aurélie Charon et Caroline Gillet au micro, Amélie Bonnin à l’image réalisée en direct. Le live peut commencer. Pour cette vraie-fausse émission de radio, de jeunes activistes du monde viennent prendre les micros restants. Ils sont l’avenir et l’espoir, ils parlent de leurs combats et de leurs convictions, ils ont décidé de ne pas baisser les bras, d’agir… Et de ne plus attendre que l’on parle à leur place. Radio Live, mercredi 19 et jeudi 20 à la Comédie de Saint-Étienne

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Olivier Lépine & Vincent Dubé nous parlent de "La Galerie" la dernière création de la compagnie Machine de Cirque qui est jouée encore ce soir à La Comédie de Saint-Etienne pour le Festival des 7 Collines. En bonus, ils nous chantent aussi un peu de Gilles Vigneault à l'occasion de la La Fête nationale du Québec !

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Arnaud Meunier est un homme qui semble tout avoir pour être heureux. À la tête de La Comédie de Saint-Étienne, une des plus belles institutions théâtrales de France - n'ayons pas peur des mots - , le metteur en scène met tout en œuvre pour faire rayonner la capitale ligérienne à travers cet art noble qu'est le théâtre. Mais diriger un tel vaisseau artistique tout en continuant son travail de scène accapare beaucoup... La preuve, le matin où nous le rencontrons dans son bureau, situé à l'étage de "la nouvelle Comédie" dans ce bâtiment industriel entièrement rénové du quartier créatif, entre le Zénith et le Fil. Le temps presse car il est en pleine répétition de sa dernière pièce J'ai pris mon père sur mes épaules, écrite par Fabrice Melquiot avec Rachida Brakni et Philippe Torreton au plateau. Un succès public et critique annoncé d'avance, confirmé dès la générale. Couverture presse nationale, retours positifs, cette épopée comique et tragique ne fait que confirmer le talent d'Arnaud Meunier pour transcender les acteurs et les œuvres auxquelles il s'attaque. Mais ce matin-là, malgré le travail de scène à accomplir, il prend le temps de nous expliquer son parcours en dé

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Cerise Rochet | Mardi 5 février 2019

#BalanceTonVieuxPorc

« Le petit chat est mort ». Il est mort, mais est-ce bien là le plus grave pour la jeune Agnès ? Certainement non. Enfermée au couvent à l’âge de quatre ans par le vieil Arnolphe qui projette de l’épouser, elle est depuis lors élevée à l’écart du monde, éduquée selon les préceptes du vieux bougre « pour la rendre idiote autant qu’il se pourrait ». Devenue jeune femme, ignorant qu’elle est sur le point d’être unie à celui qu’elle considère comme un père, Agnès s’entiche d’Horace, volage, frivole et un brin idiot. Incestueux ? Grotesque ? Inquiétant, terrible, soutiendrait-on s’il ne s’agissait pas d’une fable imaginée par Molière il y a plus de trois siècles. Mise en scène résolument moderne Mais que dire de cette pièce, à l’aune de la lutte nouvelle pour les droits des femmes ? Que dire également de la mise en scène résolument moderne, imaginée par Stéphane Braunschweig, à qui l’on doit déjà d’excellents Tartuffe et Misanthrope ? Que l’une et l’autre rivalisent de justesse, voire d’intelligence. Qu’elles plongent le spectateur dans une fiction qui pourrait ne pas en être une. Qu’elles cachent sous des traits comiques des tragédies

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À la dérive

Théâtre | 2025. Tandis qu’en Europe la guerre fait rage et que le réchauffement climatique a finalement eu raison des quelques bonnes volontés, le Groenland et ses (...)

Cerise Rochet | Mardi 5 février 2019

À la dérive

2025. Tandis qu’en Europe la guerre fait rage et que le réchauffement climatique a finalement eu raison des quelques bonnes volontés, le Groenland et ses réserves de gaz, de pétrole et d’uranium sont devenus le nouvel d’Eldorado. En mer, l’Arctic Serenity, ancien navire de croisière, est remorqué pour être transformé en hôtel de luxe. À bord, 6 inconnus embarqués clandestinement, sans que l’on ne sache vraiment pourquoi. Alors que ce petit monde est en route, le remorqueur abandonne le navire, au beau milieu des eaux glacées internationales. Les passagers vont-ils pouvoir sauver leur peau ? À mi-chemin entre le polar nordique, le thriller politique et la comédie futuriste, Arctique entraîne le spectateur dans une fiction écolo-prémonitoire qui parvient à le tenir en haleine durant près de deux heures et demie. Un huis-clos maritime, des révélations à tiroir, et un travail scénique absolument remarquable mêlant théâtre, musique et vidéo dans un champ/hors champ captivant. Arctique, jeudi 14 et vendredi15 février à 20 heures à la Comédie de Saint-Etienne

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Bien s'orienter

O21 Le Monde / RDV orientation pour les 16/25 ans | Le Monde Campus organise une étape de son circuit O21 à la Comédie de Saint-Étienne ce jeudi. Cet événement, destiné aux 16/25 ans, propose des débats, rencontres, ateliers et même une soirée afin de mieux réfléchir à son orientation et prendre les bonnes décisions pour son avenir.

Nicolas Bros | Mercredi 16 janvier 2019

Bien s'orienter

La Comédie de Saint-Étienne accueille ce jeudi 17 janvier de 9h à 21h une étape du circuit O21 - s'orienter au 21e siècle. Organisé par l'organe Campus du groupe Le Monde, ce rendez-vous, créé en 2017, mixe débats interactifs, rencontres, ateliers ainsi qu'une soirée spéciale tout au long d'une journée dans une ville. En 2018, Saint-Étienne fait partie de la sélection des cinq villes retenues pour accueillir l'événement au même titre que Marseille, Paris, Nantes et Nancy. « L'événement se distingue des autres événements consacrés à l'orientation et entend faire réfléchir les jeunes, leur donner de l'énergie, provoquer des déclics » précise le communiqué de presse. Les conseils de Rachida Brakni, Thierry Mandon & co Ce jeudi à la Comédie, les 16/25 ans auront l'occasion de suivre plusieurs intervenants tels que la comédienne Rachida Brakni (actuellement en répétition de la pièce J'ai pris mon père sur mes épaules de Fabrice Melquiot, mis en scène par Arnaud Meunier), Thierry Mandon le direc

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Dire ou ne pas dire, telle est la question

Théâtre | Avec Les Juré.e.s, le théâtre redevient à la fois politique et support de réflexion.

Cerise Rochet | Mercredi 31 octobre 2018

Dire ou ne pas dire, telle est la question

7 Janvier 2015. Paris. Charlie Hebdo. Attentats. La France et le monde sont sous le choc. La peur s’empare du pays… En même temps que les débats passionnés. Qu’est-ce que la liberté d’expression ? Peut-on tout dire ? Doit-on tout dire, tout laisser dire ou à l’inverse censurer certaines pensées ? Au sein de la compagnie Tire pas la Nappe, on se met à réfléchir. Il est urgent de ralentir, de prendre le temps de poser ces questions, sans en précipiter les réponses. À la plume, Marion Aubert, dont le travail est bouleversé par les événements, se lance ainsi dans l’écriture d’une pièce. Ou plutôt d’une pièce dans la pièce. Juger ses propres comportements Les Juré.e.s donne à voir une troupe d’acteurs, qui se jette à corps perdus dans la création d’un spectacle autour du procès d’une œuvre condamnée pour avoir dépassé les limites de la liberté d’expression. Tantôt au plateau, cherchant le matériau de leur création, tantôt à la table, interrogeant leur travail, explorant toutes les questions qui se bousculent, les personnages construisent, déconstruisent, se mettent en quête des frontières de cette liberté, que les lois ont tant de mal à encadrer… Jusqu’

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Les jeunes invités à découvrir la Comédie et le théâtre

Théâtre | Vous avez entre 13 et 18 ans, vous habitez dans la Loire et vous ne savez pas quoi faire de vos journées pendant les vacances de la Toussaint. Les équipes (...)

Nicolas Bros | Mardi 16 octobre 2018

Les jeunes invités à découvrir la Comédie et le théâtre

Vous avez entre 13 et 18 ans, vous habitez dans la Loire et vous ne savez pas quoi faire de vos journées pendant les vacances de la Toussaint. Les équipes de la Comédie de Saint-Étienne ont pensé à vous et vous proposent un stage de 5 jours (du 22 au 26 octobre), gratuit, afin de découvrir le théâtre et cet équipement culturel "dernier cri" que sont les nouveaux bâtiments de la Comédie. Au programme de cette semaine intitulée Terrain de jeux, six metteurs en scène et comédiens encadrent ce stage et vous feront travailler expression corporelle, voix, écoute... Mais le programme prévoit également des visites de l'envers du décor et des rencontres avec des techniciens, costumiers, chargés de production, de communication. Signalons également que l'espace Boris Vian met en place également un stage pour les 14/18 ans, du 29 octobre au 3 novembre dans les locaux de la Comédie, autour de l'autofiction et de l'écriture au plateau. Intitulé LOVE#2, ce projet est la suite logique du premier volet #LOVE, initié en 2017. Cette année, les jeunes sont encadrés par les metteurs en scène Gabriel F. et Cécile Vernet ainsi que par le musicien Simon Chomel.

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Vincent Dedienne : « Ervart, c’est un shot de Tequila »

Rencontre | De retour dans la ville qui l’a formé à l’art de la scène, Vincent Dedienne campe actuellement Ervart dans la pièce d’Hervé Blutsch, mise en scène par Laurent Fréchuret à la Comédie. Rencontre.

Cerise Rochet | Mardi 2 octobre 2018

Vincent Dedienne : « Ervart, c’est un shot de Tequila »

Ervart ou les derniers jours de Frédéric Nietzsche... Ca a l’air un peu barré cette histoire ! Carrément oui ! Il serait même difficile de raconter l’histoire. C’est une pièce où il y a énormément de rythme, moi je la compare à un shot de tequila. C’est une grande farce, mais pas que, puisqu’il s’agit quand même de l’histoire tragique d’un homme qui sombre dans la folie à cause de sa jalousie. Qu’est-ce que ça fait de retrouver une aventure collective après un seul-en-scène ? J’adore. Déjà, ça me repose un peu, je ne suis plus seul à porter un spectacle. Et puis, le one man show, c’est assez solitaire. Le soir, on se retrouve seul devant sa bière alors que là, je suis avec des gens vraiment drôles, et on a hâte de partir en tournée. C’est un peu la colo ! Le grand public vous a découvert un brin timide aux côtés de Maïtena Biraben dans Le Supplément. Aujourd’hui vous êtes hyper-aimé du public… Ca vous aide à vous sentir plus légitime ? Je pensais que j’aurais moins peur. Mais en fait pas du tout ! J’ai bien plus de press

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C'est la fête !

Fête de rentrée ! | Demain, vendredi 14 septembre dès 18h30, nous fêtons la rentrée à la Comédie de Saint-Étienne avec un gros programme. Le tout est gratuit. Programme de cette (...)

Nicolas Bros | Jeudi 13 septembre 2018

C'est la fête !

Demain, vendredi 14 septembre dès 18h30, nous fêtons la rentrée à la Comédie de Saint-Étienne avec un gros programme. Le tout est gratuit. Programme de cette soirée spéciale : - 18 h 30 : Répétition publique de Ervart ou les derniers jours de Frédéric Nietzsche d'Hervé Blutsch, mise en scène de Laurent Frechuret / Théâtre de l’Incendie (30 min.) - dès 18 h 30 : Diffusion de fictions radiophoniques Into the little hill de Martin Crimp/Lélio Plotton/Cécile Bournay, avec les élèves de la Classe préparatoire intégrée 2017/2018 de l'École de la Comédie de Saint-Étienne (diffusion en boucle) - 19 h et 20 h : Projection du film Omerta de la réalisatrice stéphanoise Raphaelle Bruyas, avec les élèves de la promo 28 de l'École de la Comédie (58 min.) - 19 h, 19 h 30 et 20 h : Visites de La Comédie (30 min.) - 20 h : Et le loup continue de courir dans les forêts d’Alaska, un seul en scène de Valentin Clerc (1 h 20) - 20 h : Apéro festif avec Le Turak

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Découverte

Danse | Découverte de soi. Découverte de l'autre. Découverte de sensations, d'émotions proches de ces amours enfantines fraîches comme une bulle par deux êtres innocents, (...)

Monique Bonnefond | Mardi 4 septembre 2018

Découverte

Découverte de soi. Découverte de l'autre. Découverte de sensations, d'émotions proches de ces amours enfantines fraîches comme une bulle par deux êtres innocents, vierges de tout sentiment, qui vont explorer leur rapport au corps et à l'autre. Second volet du diptyque formé avec Duo, L'autre, créé à partir du journal d'Adam et du journal d'Eve de Marc Twain, prolonge la recherche chorégraphique de Cécile Laloy sur la relation amoureuse. L'autre, en tournée du 18 janvier au 7 février 2019 dans le cadre de La Comédie itinérante

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Liberté, je ne dis pas ton nom

SCENES | Il est baratineur, égoïste, menteur. Il n’a ni foi ni loi. Anti-héros que l’on aime détester, Peer Gynt veut accomplir de grandes choses… Et pour cela, tout (...)

Cerise Rochet | Mardi 4 septembre 2018

Liberté, je ne dis pas ton nom

Il est baratineur, égoïste, menteur. Il n’a ni foi ni loi. Anti-héros que l’on aime détester, Peer Gynt veut accomplir de grandes choses… Et pour cela, tout est permis. Fuir son village, sa mère veuve, sa vie de paysan, ses responsabilités, son amour. Partir défier le vaste monde quitte à rater tout ce qu’il entreprend. Une quête de soi, un questionnement sur l’existence. Avec cette pièce fantasque d’Ibsen, David Bobée interroge les grands bouleversements de notre monde. Peer Gynt, du 28 au 30 novembre à la Comédie de Saint-Etienne

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Ô rage, ô désespoir

SCENES | Après s’être attaqué à Shakespeare, Thomas Jolly transporte les amoureux des grands auteurs dans l’Antiquité romaine, en mettant en scène la tragédie la plus (...)

Cerise Rochet | Mardi 4 septembre 2018

Ô rage, ô désespoir

Après s’être attaqué à Shakespeare, Thomas Jolly transporte les amoureux des grands auteurs dans l’Antiquité romaine, en mettant en scène la tragédie la plus sombre de Sénèque. Un combat fratricide, de la tromperie et du cannibalisme… L’horreur absolue. Destin tragique, que celui de Thyeste, par lequel Jolly dissèque l’instinct animal qui, en chaque homme, peut parfois mener aux violences les plus abominables. Thyeste, du 16 au 19 octobre à 20 heures à la Comédie de Saint-Étienne

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Tel cocu qui croyait prendre

SCENES | Ervart se pense cocu, sa paranoïa le pousse à faire n’importe quoi… Jusqu’à rendre chèvre son propre psychanalyste. Sa femme Philomène ne parvient pas à le (...)

Cerise Rochet | Mardi 4 septembre 2018

Tel cocu qui croyait prendre

Ervart se pense cocu, sa paranoïa le pousse à faire n’importe quoi… Jusqu’à rendre chèvre son propre psychanalyste. Sa femme Philomène ne parvient pas à le raisonner. Maurice, l’agent secret zoophile, est quant à lui chargé de démanteler un sombre réseau terroriste. Enfin, Anastasia Zilowski, comédienne bilingue, cherche désespérément du boulot… Une immense dinguerie, réinvention de la farce contemporaine, notamment campée par un Vincent Dedienne aussi loufoque qu’on le connaît. Ervart ou les derniers jours de Frédéric Nietzsche, du 2 au 5 octobre à la Comédie de Saint-Etienne

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Ça pulse pour la promo 28

Théâtre | Le spectacle de sortie des élèves de la Comédie, écrit par Pauline Sales et mis en scène par Arnaud Meunier, raconte l’histoire d’une bande d’ados à dix ans d’intervalle. Dans une atmosphère de légèreté estivale, le destin de ces jeunes adultes bascule dans une gravité dictée par un événement imprévu.

Houda El Boudrari | Mardi 5 juin 2018

Ça pulse pour la promo 28

Une bonne fée s’est penchée sur le berceau de la promo 28 de l’école de la Comédie de Saint-Étienne en leur offrant comme marraine Pauline Sales, co-directrice depuis 2009 du Préau (centre dramatique national de Normandie-Vire). Pour leur spectacle de fin d’études, les dix jeunes comédiens (dont six filles) ont eu droit à un texte sur-mesure de la plume incisive de cette talentueuse dramaturge qui dissèque avec minutie, mais non sans humour, les états d’âmes de ses contemporains. « Pas une pièce pour ados à l’américaine » Il y a trois ans, le public de la Comédie de Saint-Étienne avait découvert son art du dialogue dans le truculent feuilleton théâtral Docteur Camiski ou l’esprit du sexe, et les fidèles auront eu l’occasion d’apprécier à nouveau sa plume désopilante cette saison lors de l’excellente pièce J’ai bien fait ?. Cette fois-ci, exit les tribulations d’un sexologue tourmenté et la crise existentielle d’une quadra bobo, c’est sur un tout autre registre que l'institution théâtrale stéphanoise e a convoqué le talent de Pauline Sales : une histoire d’ados pour des ados, programmée d’ailleurs au festival d’Ados de Vire qui s’est tenu

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« Vivre sa passion en vrai »

Festival / Interview | Né en 2014 à Marseille (où le public est de plus en plus nombreux chaque année), le HeroFestival débarque début juin à Saint-Étienne. Un salon dans lequel on croisera aussi bien des fans de Superman que de Game of Thrones et de Goldorak, et où l'on pourra échanger avec des passionnés, rencontrer des artistes ou encore jouer à tout un tas de jeux, vidéo ou non. Pour en savoir plus sur cet événement intrigant, on a posé quelques questions à la commissaire générale Annabelle Fouques.

Nicolas Bros | Mercredi 2 mai 2018

« Vivre sa passion en vrai »

Qu'est-ce que le HeroFestival ? Le HeroFestival est né à Marseille en 2014 et correspond, comme son nom l'indique, au festival des héros ! L'idée de cet événement est née d'une rencontre avec des cosplayers (passionnés qui jouent le rôle de personnages de fictions, souvent animées, en mettant leur costume et en se grimant, ndlr) à la Foire d'Avignon en 2013. Nous nous sommes rendus compte qu'ils étaient réellement des artistes, qui avaient besoin d'une vitrine pour partager leurs créations entre eux et avec le public. L'idée du "héros" est venue car il traverse le temps, les continents et rassemble tous les univers. Depuis, nous avons mis en place trois éditions à Marseille et nous avons été contactés par plusieurs Parcs des expos en France pour accueillir un HeroFestival. Nous avons reçu un très bon accueil à Grenoble et à Saint-Étienne, d'où la concrétisation de deux nouvelles éditions. Le principe du HeroFestival est de créer un lieu qui réunit les passionnés, les professionnels, les créateurs et les néophytes autour du thème des "héros" issus de la littérature, des BD, des comics, des mangas, du cinéma, du jeu vidéo... En résumé, c'est vivre sa passio

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La dose d'hémoglobine

Théâtre | Dans une maison pavillonnaire, un couple découvre une jeune femme cachée dans le jardin. Elle semble égarée et paniquée. L’intrusion de ce mystérieux personnage (...)

Houda El Boudrari | Mercredi 4 avril 2018

La dose d'hémoglobine

Dans une maison pavillonnaire, un couple découvre une jeune femme cachée dans le jardin. Elle semble égarée et paniquée. L’intrusion de ce mystérieux personnage va faire basculer leur vie dans le fantastique. Après avoir revisité dans Vanishing Point les codes du "road movie" en entremêlant sur scène musique live et tournage en direct, l’auteur-metteur en scène Marc Lainé se penche cette fois-ci sur l’esthétique du cinéma "d’horreur". Par les moyens du théâtre, il désire interroger au plateau la figure du loup-garou. Contrairement au cinéma qui privilégie souvent le spectaculaire à la réflexion, Marc Lainé, pour sa part, choisit de questionner tous les trucages. Par un dispositif "home made", il nous permet d’assister en direct à la transformation de la comédienne, par le jeu du maquillage et l’utilisation de prothèses. Loin de tout réalisme, Hunter se revendique comme « un conte contemporain radicalement pop », puisant dans les références cinématographiques et dans lequel il est question de désir. Du désir le plus destructeur et de ses représentations les plus monstrueuses. Hunter, du mardi 24 au jeudi 26 avril à 20h à La Co

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Au musée des vieilles !

Théâtre | Catherine Hiegel et Tania Torrens exhibent les affres de l’âge dans "La nostalgie des blattes", spectacle "beckettien" signé Pierre Notte. Une comédie qui donne un peu le cafard, avouons-le.

Houda El Boudrari | Mardi 6 mars 2018

Au musée des vieilles !

C’est un monde sans gluten, ni détritus, ni champignons, ni moucherons, ni sucre, ni cigarettes, un monde idéalisé, aseptisé, blanc, débarrassé enfin de tout ce qui pourrait faire tache. Dans ce monde parfait, elles, les deux vieilles, elles en viennent à regretter les abeilles, le miel, les vins, le roquefort, les pigeons et les rats, elles ont parfois la nostalgie des blattes. Concours des signes de la vieillesse : taches sur les mains, rides au front, paupières tombantes. Elles exhibent dans cette fête foraine désertée les effets du temps sans collagène, ni bistouri, ni Botox. Elles sont les seules, les ultimes vraies vieilles d’un monde où rôde une brigade sanitaire. Elles attendent un passant, un client, un sauveur. Rien ne vient. Elles se foutent sur la gueule au moindre centimètre carré volé par l’autre. « Il est bâclé votre Alzheimer » L’une, Tania Torrens, mime un parfait Parkinson dans un art consommé de la main branlante… L’autre, Catherine Hiegel, surjoue un Alzheimer que sa comparse juge peu crédible : « Il est bâclé votre Alzheimer. » Ces deux anciennes de la Comédie-Française ont sollicité Pierre Notte pour imaginer une pièc

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Variations

Danse | Les photographes, cinéastes, chorégraphes... tous les professionnels des arts visuels connaissent bien l'importance du regard dans l'échange qui (...)

Monique Bonnefond | Mardi 6 février 2018

Variations

Les photographes, cinéastes, chorégraphes... tous les professionnels des arts visuels connaissent bien l'importance du regard dans l'échange qui s'établit avec le modèle. Changer un élément, la prise, l'angle de vue modifie la perception initiale et la renouvelle. C'est cette notion de "variation" qui a amené Loïc Touzé, dans Forme Simple, à s'emparer d'une œuvre immense appartenant au panthéon de la musique classique : les Variations Goldberg de Bach, remarquablement interprétées par la prestigieuse claveciniste Blandine Rannou. Pour Loïc Touzé, cette oeuvre offre « un inépuisable territoire d'investigation pour le mouvement ». Le danseur et chorégraphe donne à voir ce qui, dans le même geste reproduit autrement, va créer un mouvement inédit et ouvrir de nouvelles perceptions. Ce spectacle propose une riche exploration visuelle tout en réconciliant geste et musique. On voudrait ainsi arrêter l'instant et la ligne au moment de la plus haute perfection. Forme Simple, du lundi 26 au mercredi 28 février, à La Comédie de Saint-Étienne Forme Simple, du lundi 26 au mercredi 28 février à La Comédie de Saint-Étienne

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De Sainté à L.A, même combat

Théâtre | Arnaud Meunier remixe l’Orestie dans une version "tour de Babel à l’américaine" pour questionner le vivre ensemble. Alors, pub Benetton ou comédie fracassante ?

Houda El Boudrari | Mardi 6 février 2018

De Sainté à L.A, même combat

Une pièce écrite par une slameuse afro-américaine, jouée –in english please - par une équipe mixte d’étudiants de la Comédie de Saint-Étienne et de l’École CalArts de Los Angeles, dans un melting-pot des origines et des couleurs digne d’une pub Benetton… Arnaud Meunier a fait Fore !, ou le cri qu’on pousse au golf pour avertir les imprudents qu’une balle risque de leur fracasser la tête. Le directeur de la Comédie de Saint-Étienne nous avait habitués à dénicher de nouveaux talents venus d’ailleurs. Que ce soit avec Stefano Massini, l’auteur italien qu’il a révélé avec Les Chapitres de la Chute en 2013, ou avec l’auteure néerlandaise Lot Vekemans et son truculent Truckstop la saison dernière. Cette fois-ci, il pousse l’exercice un peu plus loin avec cette première création franco-américaine, sous la plume de la jeune Aleshea Harris. Une grande Orestie contemporaine Performeuse de "spoken word" (un équivalent du slam), l’auteure afro-américaine compose dans Fore ! une grande Orestie

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La fin du salon russe

Théâtre | Dans "Un mois à la campagne", Alain Françon nous offre un condensé du théâtre émotionnel de Tourgueniev, dans une mise en scène au plus près du texte écrit en 1850, serti dans l’écrin d’une nouvelle traduction de Michel Vinaver.

Houda El Boudrari | Mercredi 3 janvier 2018

La fin du salon russe

L’engouement que suscite le théâtre russe sur les planches françaises a gagné la Comédie de Saint-Etienne qui a programmé cette saison une étonnante adaptation des 3 sœurs de Tchekhov par la metteure en scène brésilienne Christiane Jatahy (What if they went to Moscow ?), suivie de la fusion de ces mêmes Trois sœurs avec Ivanov sous la talentueuse direction de Julie Deliquet (Mélancolie(s) ). Cette fois-ci, retour au classique, à la place du texte et au respect du contexte historique avec Un mois à la Campagne de Tourgueniev mis en scène par Alain Françon. Dans ce "récit dramatique" écrit en 1850, Ivan Tourgueniev explore les conduites amoureuses de ses contemporains. La paisible vie de famille des Islaïev est bousculée par l’arrivée de Beliaev, étudiant moscovite engagé pour l’été comme précepteur. Le côté rustique du jeune russe tranche avec la sophistication vaine et les conventions corsetées de cette aristocratie en déclin. « Cette pièce raconte la fin du salon, un peu comme dans le théâtre d’Ibsen » résume Alain Françon. On découvre chez Tourgueniev une imbrication entre désir amoureux et

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La Comédie recherche des figurants

Appel à participation | Dans le cadre de sa campagne de communication réalisée par Jean-Antoine Raveyre de la saison 18/19, La Comédie de Saint-Étienne recherche des (...)

Nicolas Bros | Jeudi 14 décembre 2017

La Comédie recherche des figurants

Dans le cadre de sa campagne de communication réalisée par Jean-Antoine Raveyre de la saison 18/19, La Comédie de Saint-Étienne recherche des figurants pour une photo de groupe réunissant 100 à 140 personnes. La séance se déroulera dimanche 19 décembre de 9h30 à 12h à la Bourse du travail de Saint-Étienne, dans le quartier des Ursules. Pour participer, il faudra s'habiller en vêtements contemporains dans les gammes couleurs énoncées haut : chemise, pull, t-shirt : brun, gris, ocre, marron, jaune (non vif) et vert (non vif) bas : un jean bleu ou noir, pantalon gris ou noir. Au préalable à la séance, il faut également envoyer un mail à dvallon@lacomedie.fr

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Horizon voilé

Théâtre | En adaptant le puissant roman du Prix Nobel de littérature Orhan Pamuk, Neige, Blandine Savetier met en scène une lecture subtile des tiraillements de la société turque entre laïcité et islamisme, traditions et modernité

Houda El Boudrari | Mardi 3 octobre 2017

Horizon voilé

Le poète Ka, revenu de son exil à Francfort, est recruté par un journal stambouliote pour enquêter sur des suicides de jeunes filles voilées à Kars, ville de l’extrême est de la Turquie et suivre les élections municipales qui vont s’y dérouler. Dans cette ville frontière coupée du monde par une tempête de neige et en pleins troubles liés à cette élection à haut risque, il se retrouve pris entre les autorités kémalistes laïques et les islamistes, qui tous veulent instrumentaliser les filles voilées, les suicides et le poète qu’il est. Ka est venu aussi à Kars pour retrouver la belle Ipek, jadis connue à l’université. La neige qui nimbe la ville lui confère une poésie mélancolique, propre aux lieux oubliés du monde, où se répondent avec une intensité fiévreuse le vide existentiel et la recherche du sens. Ka y retrouve surtout son inspiration poétique perdue. Il traverse comme un "derviche" les évènements extraordinaires qui secouent la ville, la roue de l’histoire se met en branle et finit par le happer à son tour. Deux thèmes, deux mouvements Le travail dramaturgique de la metteure en scène Blandine Savetier, artiste associée au Théâtre National de

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La ministre de la Culture à Saint-Étienne

Info | Mme Françoise Nyssen, actuelle ministre de la Culture, a confirmé au maire de Saint-Étienne, M. Gaël Perdriau sa participation à l'inauguration de la (...)

Nicolas Bros | Mardi 29 août 2017

La ministre de la Culture à Saint-Étienne

Mme Françoise Nyssen, actuelle ministre de la Culture, a confirmé au maire de Saint-Étienne, M. Gaël Perdriau sa participation à l'inauguration de la nouvelle Comédie, le 16 octobre prochain. Situé dans le quartier Manufacture/plaine Achille, à proximité du Fil et d'une surface totale de 8 000 m2, cet équipement culturel accueille notamment deux salles de spectacles avec des capacités de 700 et 300 places. L'après-midi, elle rendra visite à l'équipe du Nouveau Théâtre Beaulieu, qui a subi un incendie de leurs locaux en juin dernier.

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Arnaud Meunier : « Rendre vivant le théâtre populaire »

SCENES | Directeur de La Comédie de Saint-Étienne depuis 2011, Arnaud Meunier a fait de l’ouverture à la diversité et de la programmation d’auteurs vivants sa marque de fabrique. Il nous explique comment La Nouvelle Comédie lui donne les moyens de plus grandes ambitions.

Houda El Boudrari | Mardi 12 septembre 2017

Arnaud Meunier : « Rendre vivant le théâtre populaire »

Que symbolise cette nouvelle Comédie pour la ville, sa politique culturelle et son rayonnement national, voire international ? Cette nouvelle Comédie s’inscrit pleinement dans le renouveau de l’image de Saint-Etienne à travers trois grands marqueurs que sont le design, le sport et la culture, avec sur ce dernier volet une importance singulière pour le théâtre. Car il ne faut pas oublier que la ville a été pionnière dans la politique de décentralisation menée après-guerre avec la création par Jean Dasté de La Comédie de Saint-Etienne en 1947, juste après le CDN de Colmart. La visibilité du théâtre stéphanois se mesure au nombre de représentations des spectacles produits par La Comédie de Saint-Étienne et au prestige des lieux qui les accueillent. Truckstop 1, a été programmé l’année dernière au In du festival d’Avignon pour la première fois depuis 45 ans. Grâce aux moyens techniques de notre nouveau bâtiment, nous pourrons désormais produire des spectacles de plus grande envergure, qui représenteront dignement le théâtre stéphanois. Ma

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45 occasions de sourire

Théâtre | Avec la pièce écrite par Tanguy Viel pour la promotion 27 de la Comédie, on est transportés dans l’ambiance de tournage d’un film d’action. Des scènes truculentes mêlant auto-dérision et sensibilité poétique.

Houda El Boudrari | Mardi 6 juin 2017

45 occasions de sourire

Vous n’étiez pas à Cannes ? La Comédie vous offre une séance de rattrapage avec une montée des marches à l’Usine. L’occasion de faire des adieux grandioses à la salle avenue Emile Loubet avant l’inauguration de la nouvelle Comédie à la rentrée. Écrite pour la promotion 27 par Tanguy Viel et mise en scène par Pierre Maillet, 45 possibilités de rencontres raconte l’histoire d’un tournage. Et de l’envers du décor... Une équipe de cinéma séjourne dans un hôtel en Bretagne pour un projet ambitieux mené par un jeune réalisateur en vogue : un film d’action en forme de comédie musicale, adaptée d’un roman policier (L’absolue perfection du crime d’un certain Tanguy Viel). L’argument du film : une famille mafieuse, un braquage, une trahison, une poursuite. Cascadeuse philosophe La pièce raconte la vie commune de l’équipe entre le plateau et l’hôtel. Dans une mise en perspective inversée, le tournage en arrière-plan sert l’action qui se passe dans les coulisses. Une manière de mettre en lumière ces personnages de l’ombre : les petites mains du monde du spectacle. Où l’on découvre la voix intime de la maquilleuse (Elsa Verdon), dont la prof

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Danse avec les pixels

Danse | Mourad Merzouki, c'est une signature forte que l'on reconnaît d'emblée sur scène : celle d'un hip hop généreux et parfaitement maîtrisé renforcé par des (...)

Aurélien Martinez | Mardi 2 mai 2017

Danse avec les pixels

Mourad Merzouki, c'est une signature forte que l'on reconnaît d'emblée sur scène : celle d'un hip hop généreux et parfaitement maîtrisé renforcé par des apports variés – notamment la danse contemporaine et les arts du cirque. Son nouveau spectacle Pixel ne déroge donc pas à la règle, et la suit même parfaitement. Mais la grande réussite de cette aventure, et plus largement de la plupart des précédentes, vient des mariages que le chorégraphe invente : récemment avec la musique classique du Quatuor Debussy (Boxe boxe), avec des danseurs cariocas (Käfig Brasil) ou encore avec les prodiges des arts numériques que sont Adrien Mondot et Claire Bardainne pour ce fameux Pixel. Un spectacle créé à six mains d'une grande fluidité où aucun des deux arts a priori éloignés ne dévore l'autre, chacun sortant renforcé par ce contact. Sur scène, les (excellents) danseurs jouent ainsi avec les formes abstraites qui envahissent le sol ou les murs, plongent en elles, les envoient valser. Fascinant. Pour la beauté du geste Adrien Mondot : un nom connu notamment à Grenoble, cet ancien informaticien devenu artiste à temps plein ayant

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La Comédie de Saint-Etienne en ses nouveaux murs

Lieu culturel | 70 ans après que Jean Dasté ait inventé cette Comédie de Saint-Étienne, fleuron du théâtre décentralisé, voilà qu'elle s'apprête à quitter son quartier populaire de Beaubrun pour renaître à côté du Fil et de la Cité du design.

Nadja Pobel | Mercredi 5 avril 2017

La Comédie de Saint-Etienne en ses nouveaux murs

C'est un chantier comme il y en a peu dans le domaine théâtral en France : si les réhabilitations sont monnaie courante (dans la région : le TNP il y a peu, le Cargo/MC2 à Grenoble précédemment...), la construction ex-nihilo est rare. Installée à Beaubrun depuis 1969, la salle aurait pu être rénovée mais les travaux de mise aux normes étaient trop importants. Voici donc qu'en septembre, la Comédie de Saint-Étienne ouvrira ses portes à la Plaine Achille juste à côté du Fil (la SMAC), du Zénith et à une rue de la Cité du design actuellement en pleine effervescence avec sa Biennale. Toutefois, dans ce quartier récent, ce bâtiment a déjà une histoire, celle de la société stéphanoise des constructions mécaniques (qui s'étendait alors jusqu'à la gare sur un terrain marécageux). Dans cette ancienne usine de fabrication de matériel pour les mineurs, des rails pour le transport de matériaux et des charpentes apparentes dont les chemins de ponts pour transporter des charges lourdes ont été immobilisées, subsistent encore. Construit et agrandi au gré des besoins entre les guerres, ce site en briques présente des volumes impressionnants que les architectes du Studio Milou (concept

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Dedienne, trois fois plutôt qu'une

Humour | Vincent Dedienne, qui a (presque) débuté avec Le Petit Bulletin à Grenoble et passé par l'École de la Comédie de Saint-Étienne, revient en terres stéphanoises cette (...)

Nicolas Bros | Vendredi 24 février 2017

Dedienne, trois fois plutôt qu'une

Vincent Dedienne, qui a (presque) débuté avec Le Petit Bulletin à Grenoble et passé par l'École de la Comédie de Saint-Étienne, revient en terres stéphanoises cette année avec son seul-en-scène S'il se passe quelque chose. Déjà complets le 14 avril à La Ricamarie et le 18 octobre à la salle Jeanne d'Arc, une nouvelle date vient d'être programmée le lundi 18 septembre dans cette même salle. Vincent Dedienne dans S'il se passe quelque chose, vendredi 14 avril au Centre culturel de La Ricamarie (complet), mercredi 18 octobre à 20h30 (complet) et lundi 14 septembre à 20h, à la salle Jeanne d'Arc à Saint-Étienne

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Le club des 5

Naming du site de la future ex-Comédie | Le départ de la Comédie de Saint-Étienne de son site historique de Loubet va laisser place à un nouveau pôle culturel. Mais ce dernier n'a pas encore de nom (...)

Nicolas Bros | Mercredi 15 février 2017

Le club des 5

Le départ de la Comédie de Saint-Étienne de son site historique de Loubet va laisser place à un nouveau pôle culturel. Mais ce dernier n'a pas encore de nom définitif. Après avoir lancé un appel à participer à la population stéphanoise pour le choix de l'appellation de ce futur équipement, la Ville de Saint-Étienne a retenu cinq propositions : Les Tréteaux, La Comète, La Scène, Le Panassa et L'Alpha. Dès le 16 février et jusqu'au 31 mars, les Stéphanois sont appelés à voter pour leur nom favori en se connectant sur le site de la municipalité (www.saint-etienne.fr). Pour rappel, le calendrier des travaux prévoit une démolition du coeur de l'îlot concerné de mai à juillet 2017, puis une préparation et un début des travaux en octobre 2017 pour une ouverture du nouvel équipement prévue au cours du premier semestre 2019. Le budget total du projet est de 7, 64 M€ (dont 4, 85 M€ de travaux HT), cofinancé par la Ville de Saint-Étienne et la Région Auvergne-Rhô

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Dérapage à bord d’un routier

Théâtre | Présenté dans le "IN" du festival d’Avignon cet été, Trusckstop est un polar social poignant servi par l’écriture saccadée de l’auteure néerlandaise Lot Vekemans et la mise en scène sans fioriture d’Arnaud Meunier.

Houda El Boudrari | Mercredi 1 février 2017

Dérapage à bord d’un routier

Des vies minuscules emportées par un grand drame. Ça se passe dans un Truckstop, un relais routier au carrefour des grandes routes marchandes européennes où vivent une mère et sa fille. Un jeune camionneur s’y arrête régulièrement pour grignoter et boire un café. À la manière d’un film d’Inarritu (Babel, 21 grammes...), dans une dramaturgie morcelée et non chronologique, l’auteure néerlandaise Lot Vekemans nous raconte de manière très singulière une histoire très simple. Sur fond de mondialisation galopante où l’on transporte les cochons de Pologne et les poulets de Belgique, où il faut constamment gagner du temps et économiser de l’argent, où il y a peu de place pour ceux qui sont plus lents ou différents, Truckstop met en scène trois personnages presque ordinaires à travers leurs rêves et leurs désirs d’échapper au quotidien pour se projeter dans de meilleurs lendemains. Un puzzle de 21 morceaux Les acteurs, dont les talentueux Manon Raffaelli et Maurin Ollès, issus de l’école de la Comédie, et la remarquable Claire Aveline qui joue le rôle de la mère, sont bouleversant

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L’argent et Moi

Théâtre | Dans Mon Fric, David Lescot écrit le récit d’une vie, celle de Moi, à travers le prisme de son rapport à l’argent, entre 1972 et 2040. Un Moi, auquel on (...)

Houda El Boudrari | Mardi 10 janvier 2017

L’argent et Moi

Dans Mon Fric, David Lescot écrit le récit d’une vie, celle de Moi, à travers le prisme de son rapport à l’argent, entre 1972 et 2040. Un Moi, auquel on s’identifie très vite. L'enfance, avec les premières étrennes, encore empreinte d’URSS, de culture marxiste, d’argent de poche et de rock. L'âge des possibles, où l'on apprend à dépenser l’argent qu’on n’a pas toujours, avec les copains ; y défilent le chanteur Renaud, l’Inde, Darty. Enfin, le fric qu’on gagne vraiment, pour assurer son ménage, une enfant, c’est l’avènement du libéralisme sauvage. Puis le divorce, les pensions alimentaires, l’espoir des économies alternatives, et avec l’âge, un certain détachement. Mon Fric balaie ces soixante-dix ans d’existence, à cheval entre deux siècles, durant lesquels les paradigmes changent à l’instar de la monnaie, avec une belle énergie, et semble nous raconter notre histoire intime, tant l’argent nous révèle aussi. Mon Fric est une épopée musicale, chorale, drôle et légère. Après nous avoir enchanté la saison dernière avec Les glaciers grondants, comédie scientifico-romantique sur le climat, David Lescot signe encore une fois un texte

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Des mythes en mouvement

Danse | Puisant dans la mythologie grecque, François Veyrunes trouve dans les figures d'Achille, Antigone et Sisyphe matière, et chair, à explorer. Au-delà de l'histoire, le chorégraphe sonde la puissance du vivant par le mouvement au gré d'un triptyque, dont les deux premiers volets se dévoilent samedi 21 janvier au Théâtre du parc.

Charline Corubolo | Mercredi 4 janvier 2017

Des mythes en mouvement

Dans la mythologie grecque, Achille incarne la puissance du héros de guerre, Antigone le caractère intrépide en désobéissant au roi de Thèbes et Sisyphe la figure fondatrice du mythe de Corinthe. Trois incarnations emblématiques aux trajectoires divergentes. Mais ce qui intéresse le chorégraphe de la Cie 47•49 François Veyrunes, au-delà du récit, ce sont les archétypes véhiculés par ces histoires antiques. Chair Antigone, deuxième volet du triptyque amorcé en 2014 avec Tendre Achille et qui se termine en 2017 avec Sisyphe heureux, se compose tel un corps-à-corps physique pour trois danseuses tandis que celui consacré à Achille met en mouvement trois danseurs à travers un exercice où la lenteur dilue le geste. Une opposition narrative qui permet au chorégraphe d'ausculter l'engagement individuel, et collectif. Le point de convergence se déployant dans la dernière partie avec Sisyphe, où les six interprètes sont réunis. En chair et en combat Un troisième volet à découvrir courant 2017, tandis que les deux premiers se dansent samedi 21 janvier au Théâtre du parc. Antigone, fille d'Œdipe et de la reine Jocaste, désobéit à un ordre de

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