Un festival bien "Bâtie"

Estival de la Bâtie (Loire) | Sous la bienveillante tutelle de leurs parrains attentifs, Emmanuelle Bertrand et Pascal Amoyel, l'Estival de la Bâtie-2017 égrène son chapelet sur le département : la chasse au trésor est ouverte.

Alain Koenig | Mardi 4 juillet 2017

Photo : L'OSSEL dirigé par David Reiland © Cyrille Cauvet - Opéra de Saint-Étienne


En couplant sur une même date, création ou "revival" de chefs d'œuvres avec des titres emblématiques, testés et éprouvés, l'édition fait preuve d'une sagacité digne de ses parrains... Après avoir habilement couplé la célèbre Sérénade de Tchaïkovski, parangon de la musique tonale, avec le très lyrique Requiem de Pascal Descamps, l'union de Méhul et de Beethoven paraissait, elle aussi, tomber sous le sens. Trop rare à l'affiche de nos orchestres symphoniques, l'auteur d'Euphrosyne ou le Tyran corrigé (dont il n'est pas inutile de mentionner que le Conservatoire Massenet possède un exemplaire de 1790) fut un fervent admirateur de Beethoven, et, en cette fin de 18e siècle, le plus grand compositeur français, le premier de nos Romantiques ! Sous la voûte étoilée, la cour du château sera le tube à essai de fascinants parallèles entre les deux compositeurs. L'évocation de Maria Callas, « drama queen assolutta » de l'opéra par une autre très grande voix, Béatrice Uria-Monzon, ne devrait pas non plus manquer de... piquant. Alain Duault, infatigable réincarnation musicale d'un autre Alain (Decaux ?), devrait faire de sa narration, une odyssée à la gloire de la grande tragédienne lyrique.

Remember me ! Remember me !

Mais comment l'oublier ? Puisque c'est Paul Agnew, chanteur-magicien au cœur tendre, fils spirituel de William Christie, qui dirigera cette production de Dido and Aeneas. Les jeunes pousses de la 22e Académie Musicale Baroque d'Ambronay restitueront, sous sa vigilante baguette, toute la poésie du livret de Tatum, son hypnotique et sensuelle prosodie, sur une musique de Purcell, sans rivale encore aujourd'hui. Le joyau d'une vraie couronne ! Elsa Moatti et Célia Oneto Bensaïd, pour leur part, ont vu beaucoup de fées se pencher sur leur jeune berceau musical. Leur récital administrera la preuve que la valeur n'attend pas le nombre des baguettes. En duo violon-piano, les pépites de Maurice Ravel ou César Franck devraient explorer toute leur part féminine...

L'Estival de la Bâtie, du 28 juin au 21 juillet 2017, au Château de la Bâtie d'Urfé et d'autres lieux du département

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5 grands classiques

Panorama classique/lyrique 20/21 | Soli Deo Gloria* Quelle fraternité unit le Concerto pour orgue de Francis Poulenc et le Requiem de Pascal Descamps? Poulenc répond (...)

Alain Koenig | Mercredi 9 septembre 2020

5 grands classiques

Soli Deo Gloria* Quelle fraternité unit le Concerto pour orgue de Francis Poulenc et le Requiem de Pascal Descamps? Poulenc répond en 1938, qu'il est « sur le point d'entrer dans les ordres ». Pour Pascal Descamps, la spiritualité, consubstantielle et libératrice de la condition humaine, le délivre de son carcan terrestre. Créé en 2014 aux Invalides, son bouleversant Requiem, interprété par quatre merveilleux solistes (Aurélie Ligerot, Anthéa Pichanik, Thomas Bettinger et Philippe-Nicolas Martin), apportera l'apaisement au doute spirituel de son célébrissime aîné. Seule certitude : les étoiles seront visibles depuis la nef de la cathédrale. "Fraternités", Concerto pour orgue de Francis Poulenc et Requiem de Pascal Descamps, dir. Jingkaï Sun, le 17 octobre 2020 à 20h, à la Cathédrale Saint-Charles. *"SDG" ou "Soli Deo Gloria" était un sigle utilisé par JS Bach pour signer ses œuvres signifiant: "à Dieu seul la gloire". Je suis resté fidèle... Bruno Mantovani, désormais à la tête de l'EOC, dirige son premier concert à l'Op

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Bach to basics...

MUSIQUES | Après quelques tâtonnements, le festival Baroque en Forez revient en force, en puisant à la source de son ADN. Qui d'autre que le grand Jean-Sébastien pouvait (...)

Alain Koenig | Mercredi 9 septembre 2020

Bach to basics...

Après quelques tâtonnements, le festival Baroque en Forez revient en force, en puisant à la source de son ADN. Qui d'autre que le grand Jean-Sébastien pouvait venir en aide aux programmateurs de ce délicieux festival d'altitude ? En gage d'éternelle reconnaissance, Florent Mayet collectionnera les pépites, grand public (Passion selon Saint-Jean le 11 octobre ou Suites pour violoncelle par Emmanuelle Bertrand le 10 octobre à Saint-Bonnet-le-Château), ou plus intimes, dépouillées (Variations Goldberg le 5 octobre à Marols, Sonates pour violon et continuo le 5 octobre à Périgneux, Fantaisies et Partitas le 7 octobre à Margerie-Chantagret). L'érudition se mettra au service et à la portée d'un public toujours plus avide de sens, avec les interventions du très compétent et sympathique Julien Garde. Soli Deo Gloria... Festival Baroque en Forez, du 3 au 11 octobre dans divers lieux du Forez (Monbrison, Saint-Bonnet-le-Château) Plus d'infos sur www.baroque-en-forez.fr

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Chausson aux clones

Classique | Hypnotique fascination qui envoûta toute l'Europe (ou presque) musicale, celle du maître de Bayreuth, le grand Richard W. Beaucoup d'appelés, mais peu (...)

Alain Koenig | Mercredi 5 février 2020

Chausson aux clones

Hypnotique fascination qui envoûta toute l'Europe (ou presque) musicale, celle du maître de Bayreuth, le grand Richard W. Beaucoup d'appelés, mais peu d'élus flirteront avec le cénacle de la gloire. Prélude et Mort d'Isolde est un tel tsunami émotionnel ! Peu de pages méritent, avec Bach, d'être expédiées dans l'espace pour incarner l'âme humaine. Les profanes ou réfractaires à la musique dite "classique" trouveront avec ce Wagner-là, l'antidote qu'ils appellent de leurs voeux. Les anti-Wagnériens (car il s'en trouve) vacillent dans les affres du doute, à l'écoute de cette incroyable musique. De ce côté-ci du Rhin, les élèves de César Franck lui vouent un culte "total" si j'ose dire. Les disciples de César se nomment Chabrier, Chausson, Duparc, D'Indy ou Lekeu et laissent à la postérité de superbes pages qu'on aurait tort de bouder. La magnifique Symphonie de Chausson est, au même titre que l'Ouverture de Gwendoline (Opéra d'Emmanuel Chabrier) une pépite que la direction d'Alexandra Cravero devrait magnifier. Wagner et ses héritiers français, concert symphonique, Opéra de Saint-Etienne, le 10 février à 20h

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Suites Royales

Classique | Alors que son CD consacré aux Suites pour violoncelle de Bach provoque quelques répliques sismiques, assurément prévisibles, Emmanuelle Bertrand, mue par le (...)

Alain Koenig | Mardi 5 novembre 2019

Suites Royales

Alors que son CD consacré aux Suites pour violoncelle de Bach provoque quelques répliques sismiques, assurément prévisibles, Emmanuelle Bertrand, mue par le zéphyr d'un mutin dieu lare, pose le pied sur sa terre natale pour un prestigieux concert symphonique. Après l'Elégie de Fauré, œuvre-phare dans laquelle son public sera déjà conquis, elle se prêtera au jeu du "revival" d'une pépite oubliée : le Concerto pour violoncelle, de l'ombrageuse mais résolument fascinante Marie Jaëll. Grande lisztienne, pianiste virtuose ayant légué à la postérité sa pédagogie de l'instrument, la compositrice est encore connue aujourd'hui pour sa célèbre "Méthode Marie Jaëll". L'air du temps médiatique élude parfois le discernement au profit de l'intriguant concept artistique de parité. Or, voici un corpus passionnant, cohérent et une compositrice au talent éblouissant, à qui il convenait indubitablement de redonner toute sa place dans la frise chronologique de la musique. Emmanuelle Bertrand saura bien sûr, faire éclater ce pur diamant, puis laissera la place à un tube planétaire, dont l'auteur, Maurice Ravel, dira lui-même : « Je n'ai écrit qu'un seul chef-d'œuvre, l

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Femme, femme, femme…

MUSIQUES | Fort heureusement, elles n’ont pas attendu les réseaux sociaux, le grand buzz des chaînes en continu, ni l'anathème porcin pour avoir du talent, avec (...)

Alain Koenig | Mardi 3 septembre 2019

Femme, femme, femme…

Fort heureusement, elles n’ont pas attendu les réseaux sociaux, le grand buzz des chaînes en continu, ni l'anathème porcin pour avoir du talent, avec fougue, passion et surtout dignité. Le très inspiré et passionné Concerto pour violoncelle de Marie Jaëll (1846-1925), superbe compositrice, sera magnifié par le sublime et mystique archet d’Emmanuelle Bertrand que l’on ne présente plus au lecteur. Un simple rappel pour les pousses du jour en mal de reconnaissance, de l’universalité du génie humain, hommes et femmes, mus par un même et grand geste artistique. Le violoncelle au féminin, Emmanuelle Bertrand (violoncelle) et OSSEL, dir. G.Grazioli, à l'Opéra de Saint-Étienne, mardi 19 novembre 2019 à 20h

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En passant par Niederschaeffolsheim

Classique | Composées sans doute lorsqu'il était au front, les Scènes Alsaciennes (1882) de Jules Massenet, trop rares au concert, évoquent la nostalgie de la délicieuse et (...)

Alain Koenig | Mardi 2 avril 2019

En passant par Niederschaeffolsheim

Composées sans doute lorsqu'il était au front, les Scènes Alsaciennes (1882) de Jules Massenet, trop rares au concert, évoquent la nostalgie de la délicieuse et âprement disputée province rhénane. Couplée à la Symphonie Fantastique de Berlioz, Victorien Vanoosten imprimera force et vigueur à ce menu de roi. Honneur à la musique française, jeudi 11 avril à 20h à l'Opéra de Saint-Étienne

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Pas d'Estival de la Bâtie cette année

ACTUS | La nouvelle a été rapportée par nos confrères du Progrès et d'Activ : L'Estival de la Bâtie, festival pluridisciplinaire se déroulant en juillet à la Bâtie d'Urfé, (...)

Nicolas Bros | Mercredi 9 janvier 2019

Pas d'Estival de la Bâtie cette année

La nouvelle a été rapportée par nos confrères du Progrès et d'Activ : L'Estival de la Bâtie, festival pluridisciplinaire se déroulant en juillet à la Bâtie d'Urfé, ne se tiendra pas en 2019. Invoquant des raisons économiques et un besoin de travaux afin d'accueillir davantage de public et de têtes d'affiche tout en facilitant l'accès "technique" au site, les élus du Département de la Loire (organisateur du festival) ont décidé de faire une pause cette année. En 2020, le festival, ayant accueilli plus de 10 000 spectateurs lors de son édition 2018, reprendra vie sous un nouveau format.

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Bach ? Chiche !

Festival classique | Mûri au soleil des éditions précédentes, le projet d'un festival dédié au Cantor aboutit enfin. Quelle fête ! Un rosaire de chefs d'œuvres et de têtes (...)

Alain Koenig | Mercredi 9 janvier 2019

Bach ? Chiche !

Mûri au soleil des éditions précédentes, le projet d'un festival dédié au Cantor aboutit enfin. Quelle fête ! Un rosaire de chefs d'œuvres et de têtes d'affiches ouvre le bal. Emmanuelle Bertrand partagera l'intériorité céleste des Suites pour violoncelle avec un public tout "ouïe", en tandem avec son complice organiste – compositeur : Thierry Escaich. Le duo vaut le Voyage à Leipzig, pardon, Saint-Genest-Lerpt, et rappellera aux anciens un pèlerinage enchanté. Anne-Catherine Vinay, claveciniste d'élite, contribuera elle aussi au rayonnement de son instrument, avec un ouvrage très intimiste du grand Jean-Sébastien. Carnet de notes, expérimentation harmonique, sonore, mélodique, tout a été dit sur ces Variations Goldberg, mystère des infinis. Lorsque Bach envoie à l'Électeur de Saxe sa Missa en 1733 - Kyrie et Gloria, ancêtres de la Messe en si -, avec le secret espoir de fuir la médiocratie municipale de Leipzig, se doute-t-il qu'il bouleverse l'ordre musical mondial ? Question à jamais sans réponse, pour un chef d'œuvre qui requiert de ses interprètes, une résilience esthétique exceptionnelle, des cordes vocales en titane, et l'humil

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Chasse gardée

Classique | L'OSSEL fait bourgeonner l'esprit romantique : de ses prémices avec l'Héroïque de Beethoven, à son incarnation avec la Symphonie Inachevée de Schubert, via sa (...)

Alain Koenig | Mercredi 31 octobre 2018

Chasse gardée

L'OSSEL fait bourgeonner l'esprit romantique : de ses prémices avec l'Héroïque de Beethoven, à son incarnation avec la Symphonie Inachevée de Schubert, via sa puberté avec l'ouverture connue comme La Chasse du Jeune Henri de Méhul. Mozart ne disait-il pas de ses contemporains français : « Tant de bonnes idées, si mal exploitées ». À vous de juger. Jeunes Romantiques, jeudi 29 novembre 2018 à 20h à l'Opéra de Saint-Étienne

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Solide comme un roc

L'Estival de la Bâtie (Loire) | L'Estival de la Bâtie deviendra en 2019 "Le Festival de la Bâtie". Mais avant ce changement de nom, le festival pluridisciplaine ligérien propose une programmation 2018 solide, mêlant accessibilité et exigence. En matière de musiques actuelles, c'est du côté de la sono mondiale que les belles oeuvres vont s'amonceler avec notamment quatre dates à noter.

La rédaction | Mardi 3 juillet 2018

Solide comme un roc

Lumineuse Encore peu connue en France, Rocio Marquez est pourtant la nouvelle perle du flamenco. Née dans une famille où l’omniprésence du chant n’est qu’évidence, la chanteuse andalouse donnait son premier récital à l’âge de neuf ans avant de parfaire son art aux contacts des grands maîtres espagnols. En osmose avec ses musiciens, la voix de Rocio Marquez exprime un sentiment de liberté ainsi qu'une émotion à l’état brut. Avec son troisième album (Firmamento, 2017), la cantaora s’affranchit de la noirceur habituelle du genre. Niko Rodamel Rocio Marquez, samedi le 7 juillet à 20h45 Racines Entre tradition et métissage, Souad Massi n’a de cesse de prôner, à travers la rencontre des cultures, la fraternité entre les peuples. Accompagnée sur un nouveau répertoire par le percussionniste Rabah Khalfa et le guitariste Mehdi Dalil, la chanteuse algérienne revisite avec une touche délicatement moderne un choix de poèmes arabes millénaires. A chacune de ses prestations, Souad Massi chante des thè

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Le Mahler des autres

Classique | Après l'EOC tout récemment, c'est à l'autre grande phalange ligérienne de se lancer dans la 4e Symphonie de Mahler. En première partie, le très médiatique (...)

Alain Koenig | Mercredi 2 mai 2018

Le Mahler des autres

Après l'EOC tout récemment, c'est à l'autre grande phalange ligérienne de se lancer dans la 4e Symphonie de Mahler. En première partie, le très médiatique violoncelliste virtuose, Edgard Moreau, interprètera Tout un monde lointain de Dutilleux, œuvre atonale, témoignage de l'écriture savante du XXe siècle. 4e Symphonie de Malher, mardi 15 mai à 20h à l'Opéra

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Les nuits sans Kim

Classique | Les clichés ont la vie dure, et pourtant. Quelques mesures au clavier par Sunwook Kim rappellent les heures enchantées des Argerich, Barenboïm, Perahia, (...)

Alain Koenig | Mardi 6 mars 2018

Les nuits sans Kim

Les clichés ont la vie dure, et pourtant. Quelques mesures au clavier par Sunwook Kim rappellent les heures enchantées des Argerich, Barenboïm, Perahia, interprètes fétiches de votre discothèque idéale. Mozart et Ravel ("Who else ?") au menu de cette rencontre au sommet, portée à la baguette par un autre Roi...David. Concertos pour piano / Mozart, Ravel, jeudi 29 mars à 20h à l'Opéra de Saint-Étienne

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Label "Hautbois-gourmand"

Classique | Amoureux d'une jeune fille - trop jeune, dirait-on aujourd'hui - âgé lui-même de 56 ans, la genèse de la 6e Symphonie de Bruckner aurait presque tout pour (...)

Alain Koenig | Mardi 31 octobre 2017

Label

Amoureux d'une jeune fille - trop jeune, dirait-on aujourd'hui - âgé lui-même de 56 ans, la genèse de la 6e Symphonie de Bruckner aurait presque tout pour évoquer un moment d'égarement. Dans un corpus dont le dénominateur commun est le doute, elle étonne par sa spontanéité, relative certes, et un lâcher-prise inhabituels. L'Angst toute germaine de l'organiste-compositeur semble apaisée, comme caressée par les ailes du désir. Un autre organiste, parangon de légèreté, Olivier Messiaen, passera lui, toute sa vie à essayer de couper le cordon qui l'unissait à sa mère, le grand poète Cécile Sauvage. L'Ascension, ou quatre méditations pour orchestre, reste une "ode à la joie très intérieure", voire égocentrée. Seul rayon de soleil au tableau de ce programme, le merveilleux Concerto pour hautbois de Richard Strauss. Interprété par le très talentueux Sébastien Giebler, ouvrage pourtant tardif dans la chronologie de l'immense compositeur, le concerto semble décoller, porté par de voluptueux papillons, au zéphyr d'un doux et alpestre printemps. L’œuvre est techniquement redoutable, et les Stéphanois pourront mesurer la chance qu'ils ont d'abriter en leu

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Messe du couronnement

Panorama Classique Lyrique 17/18 | Bouleversant, envoûtant, éblouissant pour certains, grandiloquent et bruyant pour ses détracteurs, le Requiem de la dernière époque du grand Verdi ne laisse (...)

Alain Koenig | Mardi 5 septembre 2017

Messe du couronnement

Bouleversant, envoûtant, éblouissant pour certains, grandiloquent et bruyant pour ses détracteurs, le Requiem de la dernière époque du grand Verdi ne laisse personne indifférent, embrasant tous les superlatifs. La postérité de l'oeuvre, écrite en mémoire de son grand ami Manzoni, a porté au Parnasse ce chef d’œuvre absolu de la musique. D'un lyrisme épique, à couper le souffle, il s'agit assurément là du plus bel opéra, oups, pardon, ouvrage sacré, du maestro. Qu'importe ! Requiem de Verdi, du 8 au 12 décembre à l'Opéra de Saint-Étienne

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Match point

Panorama Classique Lyrique 17/18 | Quelques mesures suffisent à repérer les troublantes similitudes qui unissent la Première Symphonie d’Étienne Nicolas Méhul et la Cinquième Symphonie de (...)

Alain Koenig | Mardi 5 septembre 2017

Match point

Quelques mesures suffisent à repérer les troublantes similitudes qui unissent la Première Symphonie d’Étienne Nicolas Méhul et la Cinquième Symphonie de Beethoven. L'intérêt musicologique est évident, à l'occasion du bicentenaire de la mort du compositeur-vedette de la Révolution Française. Pourtant, quelques cruelles minutes suffisent aussi à réattribuer la fulgurance du génie musical. La passion enivrante de David Reiland pour Beethoven, donne des ailes à l'orchestre, et fait de cette Cinquième"un moment de pure grâce. Concert d'ouverture de saison, mardi 3 octobre à 20h, à l'Opéra de Saint-Étienne

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Angélique Ionatos remplacée par Katerina Fotinaki

L'Estival de la Bâtie | En raison de problèmes de santé, la chanteuse grecque Angélique Ionatos, qui devait se produire à L'Estival de la Bâtie le samedi 8 juillet à 20h45, sera remplacée (...)

Nicolas Bros | Mardi 4 juillet 2017

Angélique Ionatos remplacée par Katerina Fotinaki

En raison de problèmes de santé, la chanteuse grecque Angélique Ionatos, qui devait se produire à L'Estival de la Bâtie le samedi 8 juillet à 20h45, sera remplacée par sa compratriote Katerina Fotinaki. Cette dernière sera accompagnée par Gaspar Claus (violoncelle) et Evi Filippou (percussions et marimba). L'horaire, la date et le lieu (Château de la Bâtie d'Urfé) ne changent pas. Katerina Fotinaki Trio, samedi 8 juillet à 20h45, au Château de la Bâtie d'Urfé

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Apprendre la perfection

Estival de la Bâtie (Loire) | Catherine Allard directrice artistique de la jeune compagnie catalane It Dansa composée de seize danseurs de 18 à 23 ans, porte un projet d'envergure qui (...)

Monique Bonnefond | Mardi 4 juillet 2017

Apprendre la perfection

Catherine Allard directrice artistique de la jeune compagnie catalane It Dansa composée de seize danseurs de 18 à 23 ans, porte un projet d'envergure qui vise, dit-elle, à « leur donner leurs ailes. » Au cours de leurs études, ils travaillent avec de très grands chorégraphes qui les aident à trouver leur voie pour que, sortis frais émoulus de leur école, sans savoir vraiment ce qu'est le métier, ils puissent déployer leurs ailes et s'envoler vers des destins prestigieux. Le spectacle qu'ils donnent à La Bâtie est composé de quatre œuvres néo-classiques très diverses des plus grands chorégraphes dont Sidi Larbi Cherkaoui et Jiri Kilian. Comment nos jeunes virtuoses vont-ils réussir à passer d'un fil à l'autre, à entrer dans une pièce drôle puis dans une autre plus dramatique ? C'est l'esprit des danseurs qui fait que le spectacle dont il émane une énergie très fraîche connaît un succès indubitable. Ce n'est pas parfait techniquement mais ces jeunes danseurs apportent quelque chose d'eux-mêmes qui est très sincère. C'est en outre un très bon spectacle pour qui veut voir comment combiner la musique et le mouvement. Soirée IT Dansa, jeudi 6 et vendredi 7 j

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Un peu plus près des étoiles

Classique | À la fois auteur-compositeur, pianiste et chanteur, Pascal Descamps est un artiste sensible et inspiré, aussi à l’aise dans l’univers de la chanson (...)

Niko Rodamel | Mercredi 7 juin 2017

Un peu plus près des étoiles

À la fois auteur-compositeur, pianiste et chanteur, Pascal Descamps est un artiste sensible et inspiré, aussi à l’aise dans l’univers de la chanson française que dans celui de la grande musique. Depuis quelques années le musicien se met corps et âme au service de la musique sacrée. Après l’encourageant Rivages créé en 2011, suivront un Pater Noster, un Ave verum corpus puis un vibrant Ave Maria. Pour autant, Pascal ne délaisse en rien la chanson, continuant d’écrire paroles et musiques pour la troupe Mosaïque (Starmania en 2011 et Marvin en 2018) dans la même veine french-pop-rock que ses deux albums sortis au début des années 2000. Le Stéphanois sera cette année à l’honneur de L’Estival de la Bâtie dont il fera l’ouverture avec son œuvre la plus aboutie, un Requiem de toute beauté, aussi flamboyant qu’envoûtant, créé à Paris en 2014 aux Invalides et depuis édité par Universal Music. Le 28 juin à 20h30, en la cathédrale Saint-Charles de Saint-Étienne.

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Des douceurs estivales très "classiques"

Festival | L'Estival de la Bâtie revient sur le devant de la scène du 28 juin au 21 juillet. Toujours pluridisciplinaire, le festival propose une soixantaine d'événements et spectacles pour tous mais avec une orientation marquée vers la musique classique avec le parrainage inédit de la violoncelliste ligérienne Emmanuelle Bertrand et du pianiste Pascal Amoyel.

Nicolas Bros | Vendredi 12 mai 2017

Des douceurs estivales très

Festival pluridisciplinaire qui égaie les journées et soirées de fin juin et d'une grande partie du mois de juillet, l'Estival de la Bâtie s'impose chaque année davantage. 2017 ne fait pas exception avec une programmation concoctée avec soin, notamment grâce à l'apport de deux figures du "classique français" : Emmanuelle Bertrand et Pascal Amoyel. « Nous avons conçu une programmation en musique classique que nous espérons riche et variée » assure le couple. Il semblerait que le pari sera réussi, non pas seulement en ce qui concerne le classique. Classique mais frais ! Certes, la patte des deux solistes apparaît distinctement dans la programmation du festival avec plusieurs moments d'exception en musique classique. Tout d'abord la représentation en ouverture en la cathédrale Saint-Charles-de-Borromée de Saint-Étienne (le 28/06) du magnifique Requiem du compositeur stéphanois de talent Pascal Descamps qui verra encore une fois la magnifique voix de Dominique Magloire venir faire résonner la beauté dans les tympans des chanceux spectateurs. Autre moment unique avec la venue de la soprano Béatrice Uria-Monzon

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Emmanuelle, toujours plus belle

Classique | Direction artistique de plusieurs festivals, sortie d'un nouveau CD, l'ambassadrice du violoncelle français, grande dévoreuse de kilomètres, mérite bien une pause sur la terre de son enfance, pas plus de 24 heures...

Alain Koenig | Mardi 2 mai 2017

Emmanuelle, toujours plus belle

Entre deux TGV, elle apparaît, lumineuse comme toujours, sourire radieux qui abat les montagnes et soulève les âmes, humble et vrai. L'occasion pour nous de retrouver la trépidante musicienne, qui ne s'égare jamais dans la flagornerie endémique et pailletée de la "planète classique". De son CD consacré à Saint-Saëns chez Harmonia Mundi, elle livrera au public de l'Opéra de Saint-Étienne le célèbre Premier Concerto. Toujours très impressionnant par sa redoutable virtuosité, il est aussi l'occasion pour les interprètes d'apposer leur sceau sur des enregistrements de légende. Interrogée sur ce "silence habité" précédent l'exécution d'une page aussi célèbre, elle confie : « La plupart des concertos débutent par une introduction de l'orchestre seul, un temps d'introspection pour le soliste, entrant peu à peu dans l'œuvre. Le Premier Concerto de Saint-Saëns, à l'inverse, commence à vif, sans aucune préparation. Il propulse interprète et auditeur dans le tumulte de l'œuvre, un concerto d'un seul tenant, sans interruption entre les mouvements. Un peu comme le déroulement d'une vie, comportant passion, errance ou émerveillement ! » La

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Le mépris de Godard !

Classique | Ayant enregistré cette Deuxième Symphonie de Benjamin Godard avec le magnifique Orchestre de la Radio Bavaroise de Munich, David Reiland réhabilite ce (...)

Alain Koenig | Mercredi 1 février 2017

Le mépris de Godard !

Ayant enregistré cette Deuxième Symphonie de Benjamin Godard avec le magnifique Orchestre de la Radio Bavaroise de Munich, David Reiland réhabilite ce compositeur français, à la postérité injustement fragile, et nous offre un très beau CD, vivement recommandé au mélomane. La veine créative est fluide, la sensibilité indubitablement romantique, et l'on s'étonne du peu d'intérêt pour cette musique de nos grands programmateurs institutionnels. Remercions donc le Premier Chef invité de l'Orchestre Symphonique Saint-Étienne-Loire de nous gratifier d'une vraie première musicale à Saint-Étienne. L'œuvre n'a pas à rougir d'être sur le podium aux côtés du Triple Concerto de Beethoven ou du poème symphonique de César Franck Le Chasseur Maudit. Cette "musique à programme", aux accents berlioziens, inspiré d'un poème de Bürger, relate les déboires et tourments spirituels du Comte du Rhin, parti pour la chasse, malgré les objurgations des cloches du village à respecter le sabbat dominical... Tout un programme donc ! AK

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Classique/Lyrique : 5 concerts d'exception

Panorama 16/17 | Hymne à la JOA Après avoir fait reprendre du service au juke-box, grâce aux concerts « à la criée », l'orchestre SyLF, décidément le plus inventif pour reconquérir (...)

Alain Koenig | Mardi 6 septembre 2016

Classique/Lyrique : 5 concerts d'exception

Hymne à la JOA Après avoir fait reprendre du service au juke-box, grâce aux concerts « à la criée », l'orchestre SyLF, décidément le plus inventif pour reconquérir avec panache le public populaire, ressort de sa manche une arme d'effusion massive ! Le Violon Magique est un programme (gratuit) articulé autour des plus belles pages du répertoire consacrées à cet instrument. Le festival Montrond'n dièse donnera aussi sa soirée de gala au Casino JOA, avec l'immense violoncelliste Emmanuelle Bertrand, une vraie magicienne ! AK Emmanuelle Bertrand & l'Ensemble SyLF, mercredi 14 septembre à 20h30, au Casino Joa, dans le cadre du festival Montrond'n dièse Haute saison C'est sur un vol Venise-Buenos Aires que David Reiland nous propose d'embarquer avec ce premier volume de la saison symphonique de l'OSSEL. L'écossais post-minimaliste Max Richter, adepte du déphasage, revisite le tube mondial des Quatre Saisons pour en donner une version aux séquences répétitives hypnotiques. Un habile transit à Mar del Plata permettra d'entendre trois pièces du « bandonéoniste qui voulait être Bach », Astor Piazzola. Une s

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Le SyLF appuie sur dièse

MUSIQUES | "Style" musical déjà très actif dans la région en matière de festivals, la musique classique verra un nouveau rendez-vous pointer le bout de son nez dès juillet (...)

Nicolas Bros | Mardi 5 juillet 2016

Le SyLF appuie sur dièse

"Style" musical déjà très actif dans la région en matière de festivals, la musique classique verra un nouveau rendez-vous pointer le bout de son nez dès juillet 2016. Du côté du Casino Joa de Montrond-les-Bains, l'Ensemble SyLF (Symphonique Loire Forez) bousculera les codes établis avec un festival ouvert à tous, qui se déroulera en trois actes, intitulé #Montrond'n Dièse. Première date interactive et vivante le dimanche 10 juillet avec un concert à la criée où le SyLF jouera les pièces choisies par le public présent. Le 14 septembre, c'est avec une très grande soliste, la violoncelliste ligérienne Emmanuelle Bertrand, que l'Ensemble proposera un panel de pièces célèbres de Vivaldi à Britten en passant par Dvorak. Enfin, le 10 octobre, un événement un peu particulier se profile avec un concert/découverte d'un instrument, en l'occurence un violon, qui sera construit sous les yeux du public. Conçu comme un puzzle par le luthier Richard Gonon, ce violon sera le prétexte à un parcours musical allant de Mozart à Piazolla en passant par Brahms ou Bartok. Festival #Montrond'n Dièse, les 10 juillet, 14 septembre et 10 octobre au Casino Joa

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Le sens de la fête

SCENES | Et vous (re)découvriez le savoir-faire du Cirque Bouffon ? Cette émanation d'anciens membres du Cirque du Soleil consacrent la fin de la presse (...)

Nadja Pobel | Mardi 5 juillet 2016

Le sens de la fête

Et vous (re)découvriez le savoir-faire du Cirque Bouffon ? Cette émanation d'anciens membres du Cirque du Soleil consacrent la fin de la presse papier dirait-on, faisant d'un amas de journaux leur terrain de jeu. Mais fort heureusement le spectacle ne se résume pas à ce déclinisme (lucidité?). La troupe fait souvent corps enchaînant notamment un très beau numéro sur corde lisse à des portées queer. Continuellement mis en musique - ou presque - sur des airs balkano-andalous, Solvo s'appuie sur une dynamique collective évidente et un sens de la fête communicatif au cours duquel tous les agrès sont présentés avec dextérité. Bien sûr il manque cette noirceur que l'on a tant appréciée dans le Matamore du Cirque Trottola notamment, celui de l'inclassable Bonaventure Gacon. La touche la plus sombre émane peut-être de la Castafiore qui vient à plusieurs reprises entonner ses airs hauts perchés presque agaçants. Elle semble s'être enfuie d'un Starmania première version et casse un peu l'unité d'un spectacle de grands professionnels accessible pour les enfants dès 6 ans. Nadja Pobel Solvo, du 21 au 23 juillet, à L'Estival de

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La Belle Danse au bois dormant

Estival de la Bâtie | Avec "sa" Belle au Bois Dormant, Béatrice Massin nous fait voyager dans le temps et, de Versailles que Lully enchantait avec ses ballets, à la Vienne impériale de Mozart, elle nous emmène à la découverte de la danse baroque ou "Belle Danse" qu'elle veut réveiller et remettre au goût du jour.

Monique Bonnefond | Mardi 5 juillet 2016

La Belle Danse au bois dormant

Qui ne connaît pas l'histoire de la Belle au bois dormant ? Cette jeune princesse à qui la malfaisante fée Carabosse, pour se venger d'avoir été méprisée, jette un sort, la condamnant à cent ans d'un sommeil dont elle sera tirée par le baiser d'un prince charmant ? Parmi les différentes versions du célèbre conte, celle de Béatrice Massin, grande chorégraphe du baroque, vise à faire vivre cette danse qu'elle confronte à la danse d'aujourd'hui. La danse baroque ou Belle Danse pratiquée aux XVIIe et XVIIIe siècles, en particulier sous Louis XIV, se caractérise par un style qui applique les règles du classicisme : clarté, ordre, symétrie. Les chorégraphies sont essentiellement composées de pas glissés, marches, petits sauts. Cependant, par son goût du somptueux, cette danse du paraître s'inscrit dans la mouvance baroque. Béatrice Massin réveille la Belle Danse Elle nous ramène à la féerique cour du Roi Soleil. Dans la magie des lumières, vêtus de costumes d'époque somptueux, trois jeunes danseurs, par un séduisant jeu de travestissement, changent de personnages pour faire apparaître la sorcière puis le prince et nous offrent un florilège de danses baroques où i

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La Bâtie folle !

MUSIQUES | Le cru 2016 de l'Estival de la Bâtie allie à l'exigence artistique, une touche de xénophilie musicale raisonnée, démontrant que la " folie " n'est pas l'apanage (...)

Alain Koenig | Mardi 5 juillet 2016

La Bâtie folle !

Le cru 2016 de l'Estival de la Bâtie allie à l'exigence artistique, une touche de xénophilie musicale raisonnée, démontrant que la " folie " n'est pas l'apanage de nos amis nantais. Outre les merveilleuses prestations, déjà relayées, de Pascal Amoyel et Emmanuelle Bertrand, parions que Canticum Novum prouvera, par le dialogue interculturel, que tous les chemins mènent à Erevan, tandis que la Maîtrise de la Loire, entée du choeur Mikrokosmos de Loïc Pierre ne se contentera pas d'exalter l'ouïe, mais aussi la vue, en proposant un programme en 3D ! Toujours sémillante, la soprano Magali Léger, accompagnée de son ensemble Rosasolis, démontrera que Boccherini n'est pas le compositeur " léger " que l'on croit. Son Stabat Mater pour quintette à cordes et soprano solo est une pépite, digne d'un grand joaillier flamand. C'est une féline Marie-Christine Barrault, grande actrice multi-cartes, qui brossera un portrait touchant de la divine Colette, au son de Puccini ou Borodine... Catherine Lara, Lisa Simone ou Misia, parmi bien d'autres, élargiront l'horizon musical d'un festival en mode croisière. Alain Koenig L'Estival de la Bâtie,

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By the rivers of Babylon

MUSIQUES | Opéra-tremplin pour le jeune Verdi que ce Nabucco, créé à La Scala en 1842. De puissants ingrédients, savamment mêlés, projettent le jeune compositeur de (...)

Alain Koenig | Mardi 31 mai 2016

By the rivers of Babylon

Opéra-tremplin pour le jeune Verdi que ce Nabucco, créé à La Scala en 1842. De puissants ingrédients, savamment mêlés, projettent le jeune compositeur de l'ombre à la lumière. Sur un livret de Solera se déroule le drame de l'exil des hébreux à Babylone, sur fond d'amours entrelacées, de filiations trahies et de conversion subite à l'humanisme de Nabuchodonosor. Rencontre d'un compositeur avec l'humeur de ses congénères, l'ouvrage deviendra vite l'étendard derrière lequel se rallieront les partisans de l'unité italienne. Le chœur des esclaves hébreux, se remémorant leur tendre Jérusalem - « Va pensiero » - incarnera l'hymne de toute une nation pour se libérer du joug autrichien. Dans un casting de haute tenue (A. Heyboer, N. Cavallier, M. Karall, J.-N. Briend), Cécile Perrin, absente de Saint-Étienne depuis 2009, nous revient en Abigaïlle aux forces vocales décuplées. Elle redéfinira avec musicalité le terme puissance lyrique pour les oreilles parfois somnolentes des abonnés du parterre. Cet opéra, qui n'est pas sans receler quelques invitations à la pause apéritive, dévoilera, sous la baguette magique de David Reiland, ses plus beaux atours. Alain Koen

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Fleurs de Liszt...

MUSIQUES | Bling-Bling et Lang-Lang n'ont qu'à bien se tenir ! C'est un "sacre du printemps" pour Pascal Amoyel, grand félin du clavier : un CD des Polonaises de Chopin, un nouveau spectacle musical, une actualité préfigurant une hausse du mercure dans la Loire, voire en Haute-Loire.

Alain Koenig | Mardi 31 mai 2016

Fleurs de Liszt...

Après Cziffra, son mentor, Pascal Amoyel esquisse un nouveau portrait : autre Hongrois, autre immense virtuose, le plus grand peut-être... Avec Le jour où j'ai rencontré Franz Liszt, ce nouveau "voyage en musique" trouvera une étrange résonance personnelle par l'aspect spirituel et ascétique de ce qu'il qualifie de « période du retrait de la gloire et des paillettes » de Liszt. Chaîne invisible et intemporelle, le plus racé des pianistes français actuels incarnera cet artiste auréolé, adulé, séducteur, ayant pourtant su faire taire son ego, et renoncer aux vanités terrestres, « après avoir connu un succès équivalent à celui d'une rock star aujourd'hui ! » explique-t-il. Du grain à moudre... Fil rouge dans l'actualité de l'artiste, comment ne pas évoquer Chopin lorsqu'on incarne Liszt, fût-ce sur scène ? Les intersections de ces deux vies méritaient bien un nouvel enregistrement. Voilà qui est fait, avec la sortie sous le label Dolce Vita du CD Polonia. Fuyant la Pologne envahie par les russes, Chopin évoque à travers ses Polonaises son amour du pays natal. Contrairement aux Nocturnes, enreg

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Quand l'Estival (s')emballe

CONNAITRE | L'Estival de la Bâtie marquera sa sixième édition cette année, du 30 juin au 23 juillet, avec un programme équilibré et intéressant entre musique classique, jazz, sono mondiale et spectacle vivant. Revue de spectacles. NB

Nicolas Bros | Vendredi 29 avril 2016

Quand l'Estival (s')emballe

Avec des résultats 2015 encourageants (13 000 spectateurs accueillis au cours d'une cinquantaine de spectacles pour un taux de remplissage de 92%), l'Estival de la Bâtie a véritablement pris sa place dans le paysage festivalier ligérien. Boosté par le Département de la Loire, cet événement prenant place principalement dans la cour et les jardins du château de la Bâtie d'Urfé à Saint-Étienne-le-Molard - mais pas seulement - voit cette année sa programmation continuer sur sa lancée. De la musique classique, du jazz, de la variété, du nouveau cirque, du jeune public, ... bref il y en a réellement pour tout le monde dans ce festival aux allures de rencontres familiales estivales, en décontraction et sérénité. Car c'est bien cela qui se dégage de ce festival se déroulant au mois de juillet, une bouffée de fraîcheur lorsque le soleil est au zénith. Une programmation qui se tient Avec un équilibre entre les différentes disciplines, nous retiendrons pourtant quelques noms qui marqueront cette sixième édition. En premier lieu, un couple d'habitués des représentations dans le département : la violoncelliste Emmanuelle Bertrand - née dans la Loire - et son acolyte de

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À la frontière des pensées

SCENES | Loin d'un simple spectacle de magie au "lapin blanc qui sort du chapeau", Thierry Collet propose d'aller bien plus loin en sa compagnie. N'hésitant pas à (...)

Nicolas Bros | Mardi 30 novembre 1999

À la frontière des pensées

Loin d'un simple spectacle de magie au "lapin blanc qui sort du chapeau", Thierry Collet propose d'aller bien plus loin en sa compagnie. N'hésitant pas à provoquer et évoquer les influences de la société et de ses acolytes marketing et propagande sur notre condition humaine, nos pensées, nos freins, nos envies, ... À l'aide d'une magie totale, Thierry Collet s'amuse à nous faire balancer entre utopies et réalités, entre songes et souvenirs, afin de déclencher une quête de sens. Si l'illusionisme et le mentalisme ont pour référence dans l'imaginaire commun Messmer, Thierry Collet est un magicien mentaliste un peu à l'écart. Proposant de découvrir les rouages et les outils utilisés par les magicien, dans une succession d'expériences étonnantes, le mentaliste nous fait voyager dans nos cerveaux afin de découvrir les mécanismes de nos choix, comment ils peuvent être dictés et/ou manipulés. Presque un spectacle en manifeste politique en quelque sorte afin de nous éveiller aux manipulations auxquelles nous pouvons êtres pris. Parfois dérangeant, surtout étonnant et drôle, ce spectacle évoque nos libertés et leurs limites. NB

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À la frontière des pensées

SCENES | Loin d'un simple spectacle de magie au "lapin blanc qui sort du chapeau", Thierry Collet propose d'aller bien plus loin en sa compagnie. N'hésitant pas à (...)

Nicolas Bros | Mardi 21 juillet 2015

À la frontière des pensées

Loin d'un simple spectacle de magie au "lapin blanc qui sort du chapeau", Thierry Collet propose d'aller bien plus loin en sa compagnie. N'hésitant pas à provoquer et évoquer les influences de la société et de ses acolytes marketing et propagande sur notre condition humaine, nos pensées, nos freins, nos envies, ... À l'aide d'une magie totale, Thierry Collet s'amuse à nous faire balancer entre utopies et réalités, entre songes et souvenirs, afin de déclencher une quête de sens. Si l'illusionisme et le mentalisme ont pour référence dans l'imaginaire commun Messmer, Thierry Collet est un magicien mentaliste un peu à l'écart. Proposant de découvrir les rouages et les outils utilisés par les magicien, dans une succession d'expériences étonnantes, le mentaliste nous fait voyager dans nos cerveaux afin de découvrir les mécanismes de nos choix, comment ils peuvent être dictés et/ou manipulés. Presque un spectacle en manifeste politique en quelque sorte afin de nous éveiller aux manipulations auxquelles nous pouvons êtres pris. Parfois dérangeant, surtout étonnant et drôle, ce spectacle évoque nos libertés et leurs limites. NB

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Collégiale Attitude

MUSIQUES | En invitant les étudiants de l'Académie baroque européenne d'Ambronay à se produire à la collégiale de Montbrison, l'Estival de la Bâtie offre au concerto baroque (...)

Alain Koenig | Mardi 30 juin 2015

Collégiale Attitude

En invitant les étudiants de l'Académie baroque européenne d'Ambronay à se produire à la collégiale de Montbrison, l'Estival de la Bâtie offre au concerto baroque un écrin à l'acoustique généreuse. Le très émoulu Enrico Onofri, dont les accréditations baroques sont immaculées, sera le mentor de jeunes musiciens avides de conseils techniques bienveillants. Après une tournée triomphale avec l'Orfeo de Monteverdi en 2013, l'Académie dans un programme « Violino fantastico » passera au microscope un style que se disputèrent jadis Français, Allemands, et surtout les grands maîtres italiens. La bataille entre styles italiens, allemands et français s'évanouit, à la simple écoute du 3ème concerto brandebourgeois de Jean-Sébastien Bach. Corelli, Pachelbel ou Telemann, malgré d'irrésistibles moments de grâce, peineront à égaler Bach, tant l'euphorie créatrice de sa période Cöthen nanise leurs galantes tentatives. Le célèbre Canon, du non moins célèbre Pachelbel sera enfin suivi de son inséparable Gigue, tandis que le Concerto pour trois violons RV552 de Vivaldi redonnera au maître vénitien l'occasion de rivalise

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Prospère, la Chaise-Dieu !

MUSIQUES | La «Casa Dei» ne connaît (presque) pas la crise. Aujourd'hui, le club des «grandes maisons» se mue en refuge d'altitude pour un public dérouté par la confusion des genres musicaux. Alors élitisme ou simplement culture de l'excellence ? Alain Koenig

Alain Koenig | Mardi 30 juin 2015

Prospère, la Chaise-Dieu !

Le festival renoue avec son ADN en confiant l'ouverture du bal au luxueux tandem Emmanuelle Bertrand – Pascal Amoyel. Ce dernier n'est-il pas en effet le disciple de György Cziffra, fondateur de ce grand rendez-vous en 1966 ? L'ambitus sonore impressionnant des deux complices dominera : Bach, Schumann, Chopin, rien de moins ! L'édition 2015 s'articule autour d'événements tous plus enthousiasmants les uns que les autres, et il faudra jouer des coudes pour faire partie des «happy few du jubé», expression d'une célèbre musicologue ! En convoquant Bach, Haendel et Scarlatti, tous trois nés en 1685, l'équipe du festival entrouvre la porte du Jardin d’Éden. Que serait, en effet, La Chaise-Dieu sans un hommage appuyé au compositeur dont la restitution du portrait a fait couler beaucoup d'encre: le Cantor de Leipzig ? Dans ce verger luxuriant, deux soirées seront consacrées à sa Messe en si, autre retour aux sources de la musique d'un Occident que l'on voit s'essouffler tous les jours un peu plus. Les "émergents" sont français ! Tout a été écrit sur cette "Pierre de Rosette", œuvre enivrante, déraisonnable

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Comme par magie

SCENES | La magie mentale a l’honneur des deux festivals ligériens par une seule et même compagnie de cirque finlandaise. De l’Estival de la Bâtie avec « Une séance peu ordinaire » aux 7 Collines avec « Intimus Stimulus », le Circo Aereo créera l’illusion. Florence Barnola

Florence Barnola | Mardi 30 juin 2015

Comme par magie

Où classer la prestidigitation ? Dans le cirque ? Le théâtre ? Difficile de définir cet art qui semble aujourd’hui prendre le même chemin que le clown, devenant un art théâtral à part entière. Bien qu’au XIXe siècle déjà l’illusionnisme avait ses théâtres... C’est dans cette lignée de prestidigitateurs que s’inscrit Jani Nuutinen du Circo Aereo. Vêtu d’un costume trois pièces très XIXe, barbe et cheveux mi-longs sur le cou, l’illusionniste semble tout droitsorti d’un film. Son léger accent finlandais, son regard bleu acier et son débit de paroles très posé l’entoure d’un certain mystère. Le circacien, jongleur et magicien a créé sa compagnie Circo Aereo en 1996 en Finlande, avant d’intégrer le Centre National des Arts du Cirque dont il sortira diplômé en 2001. Deux solos de la compagnie figurent à la programmation de deux festivals ligériens importants en juillet : l’Estival de la Bâtie et les 7 Collines. Dans la grange ou sous chapiteau Circo Aereo répond aux deux programmations. Pour l’Estival de la Bâtie, Jani Nuutinen présentera une petite forme, Une séance peu ordinaire. On peut d’ores et déjà révéler que le titre n’est pas usurpé. Quant aux 7 Collines

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CharlÉlie Couture : «J'ai le sentiment d'avoir été un peu mis à l'écart»

MUSIQUES | Avec "I m M o r t e l", CharlÉlie Couture a sorti à la rentrée 2014 son dix-neuvième disque studio. Une épreuve où, pour la première fois, il a confié les clefs de sa réalisation à un autre artiste, à savoir Benjamin Biolay. Un peu boudé par les médias français, le dandy blues-rock, à qui l'on doit notamment le célèbre "Comme un avion sans aile", vient en ce mois de juillet faire résonner sa voix nasillarde si particulière à la Forge dans le cadre de l'Estival de la Bâtie. Propos recueillis par NB.

Nicolas Bros | Jeudi 18 juin 2015

CharlÉlie Couture : «J'ai le sentiment d'avoir été un peu mis à l'écart»

Comment est intervenu Benjamin Biolay sur I m M o r t e l ? Benjamin Biolay s'est occupé de la réalisation de l'album. Comme un metteur en scène va travailler sur un scénario existant, il a apporté une couleur particulière à l'album, sa patte. C'était une nouveauté pour moi. J'ai été ravi de faire cette expérience du fait de la complicité avec Benjamin. Sur les vingt disques que j'ai faits, c'est vraiment la première fois que je « laisse les clefs » à quelqu'un. Je suis ravi du résultat. Est-ce que votre live a évolué depuis le début de la tournée I m M o r t e l ? En fait, je suis sans cesse en train d'expérimenter différentes formules. Hier soir, j'étais par exemple en concert à Harlem en duo avec Karim (NDLR : Karim Attoumane, guitariste complice de longue date de CharlÉlie Couture), deux jours auparavant j'étais en quartet à Alphabet City dans un club avec deux musiciens américains en plus ave

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Vers de nouveaux horizons

MUSIQUES | Du 1er au 25 juillet, le Château de la Bâtie d'Urfé, dans la Plaine du Forez, sera le théâtre de la 5e édition du festival pluri-disciplinaire (musique, danse, (...)

Marlène Thomas | Mardi 12 mai 2015

Vers de nouveaux horizons

Du 1er au 25 juillet, le Château de la Bâtie d'Urfé, dans la Plaine du Forez, sera le théâtre de la 5e édition du festival pluri-disciplinaire (musique, danse, cirque, théâtre) : L'Estival de la Bâtie. Dans un souci de proximité avec le public, le festival innove sur le plan géographique en décentralisant, cette année, certains de ses spectacles dans dix communes ligériennes (Saint-Étienne, Feurs, Roche-la-Molière, ...). À l'occasion de ces «Escapades musicales», la mezzo-soprano Karine Deshayes se produira avec l'Ensemble Contraste le 6 juillet en l'église de Feurs, tandis que la Collégiale de Montbrison sera l'écrin de la musique de l'Académie Baroque Européenne d'Ambronay et son Ensemble Radio Antiqua dirigé par Enrico Onofri. Concernant les autres côtés musicaux du festival hors classique, signalons que la Forge (Chambon-Feugerolles) accueillera une seconde date ligérienne pour CharlÉlie Couture et son nouvel album ImMortel après son passage dans un Théâtre du Parc andrézien archi-complet en novembre dernier. La sulfureuse Élodie Frégé, rescapée de la télé-réalité, envoût

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Mozart : un maître de lumière

MUSIQUES | En composant «Die Zauberflöte» au printemps 1791, Wolfgang, dont la longévité n'excèdera pas six mois, semble plus préoccupé par la santé de Constance, son épouse enceinte, partie prendre «les eaux» à Baden. Et pourtant, décrire «La Flûte Enchantée» comme le pinacle de son œuvre serait un lieu commun ou une dérisoire litote ! Genèse d'un chef d'œuvre. Alain Koenig

Alain Koenig | Mardi 31 mars 2015

Mozart : un maître de lumière

Génial trublion de la musique, agitateur d'harmonie, créateur transcendant et intemporel, que dire de cet homme qui, avec Bach, ne se laisse pas incarcérer dans nos geôles lexicales ? La biographie de ces deux génies fondateurs laisse toujours perplexe, tant l'absence de corrélation entre leurs vies terrestres et l'infini de leur héritage paraît troublante. Peut-être faut-il retourner quelque pierre, pour accéder à un tracé biographique de Mozart plus satisfaisant pour l'esprit, en cette fin de siècle traumatisé par la Révolution Française. Son grand mécène, l'empereur Joseph II vient de mourir, et c'est Léopold II, frère de la future décapitée Marie-Antoinette qui lui succède. Sans intérêt particulier pour les arts, tenant pour responsable du cruel destin de sa sœur, l'idéal maçonnique du Siècle des Lumières, Léopold augure de funestes lendemains pour Mozart. Aussi n'est-il pas surprenant que ce dernier s'allie à son ami majuscule, Schikaneder, directeur du Theater auf der Wieden et dont il fréquentait assidûment la troupe, pour écrire un quatre mains, inspiré du recueil de contes de Wieland, La Flûte Enchantée. Et de sagesse Composant d

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Un symbole d’accomplissement

SCENES | Conte parmi les plus marquants pour les petites filles mais pas seulement, Cendrillon continue de faire rêver. A la Bâtie d'Urfé du 24 au 27 juillet, Thierry Malandain et son Malandain Ballet Biarritz viendra proposer une version ultra-moderne mais fidèle de ce conte qui traverse les âges sans prendre une ride. Monique Bonnefond

Monique Bonnefond | Mardi 1 juillet 2014

Un symbole d’accomplissement

Comme le montrent les analyses éclairantes de Bruno Bettelheim dans Psychanalyse des contes de fées, Cendrillon parle des souffrances de la rivalité fraternelle, de désirs qui deviennent réalité, de l’humble qui est élevé, du vrai mérite qui est reconnu même s’il est caché sous des haillons, de l’enfant maltraité et repoussé par ses aînés... C’est pourquoi sous une simplicité apparente, Cendrillon éveille un profond intérêt qui explique son succès auprès de millions de personnes à travers les siècles et les multiples représentations qui en sont données. Thierry Malandain, avec le Malandain Ballet Biarritz et Prokofiev pour compagnon de route, nous conduit dans un lieu magique, le château de la Bâtie d’Urfé, pour y rencontrer « sa » Cendrillon qui, rejoignant l’Astrée, nous emmène sur le chemin de l’accomplissement. Pour suivre ce parcours d’une étoile qui danse, pas d’artifices. Un seul décor très sobre, chargé de symbolisme avec une envolée d’escarpins noirs, métamorphose de la pantoufle de vair. Avec Malandain, priorité est donnée au corps dansant. Vingt danseurs chez qui on perçoit une belle formation class

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Une famille en or...

MUSIQUES | On ne les présente plus: ils sont tous musiciens, et quels musiciens ! Chez les Bertrand, même si l'on pratique beaucoup le second degré, on ne plaisante (...)

Alain Koenig | Mardi 1 juillet 2014

Une famille en or...

On ne les présente plus: ils sont tous musiciens, et quels musiciens ! Chez les Bertrand, même si l'on pratique beaucoup le second degré, on ne plaisante pas avec la musique... Du travail, encore du travail, beaucoup d'humilité, voilà une recette familiale qui a fait ses preuves, et leur ouvre toutes les portes. Aussi quelle merveilleuse idée pour l'édition 2014 de l'Estival de la Bâtie, que de réunir la Rolls Royce des duos -Emmanuelle Bertrand au violoncelle et son complice Pascal Amoyel au piano- avec l'ensemble instrumental SyLF, dont le directeur artistique, et contrebassiste, n'est autre que Jérôme...Bertrand. Voici quelques lunes, le duetto de Rossini interprété par le frère et la sœur, après une Truite de Schubert d'anthologie (toujours avec Pascal Amoyel au piano) laisse augurer d'une réunion de famille au sommet ! Les festivaliers seront particulièrement chouchoutés cette année. Le 8 juillet, dans une mise en scène de Jean Piat, le duo E.Bertrand/P.Amoyel nous fera partager la terrible expérience des musiciens des camps de la mort, sauvés par la musique, dans un poignant spectacle : Les notes de l'Espoir. Le lendemain à Saint-Just-Saint-Rambe

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Emmanuelle comme un soleil...

MUSIQUES | Sortie d’un nouveau CD consacré à Chostakovitch, une tournée en France et dans le monde, le concert d’ouverture du festival "Jeunes talents” de Montrond-les-Bains... Il était temps de faire le point avec la plus envoûtante des violoncellistes françaises, Emmanuelle Bertrand, la ligérienne... Propos recueillis par Alain Koenig

Alain Koenig | Vendredi 18 janvier 2013

Emmanuelle comme un soleil...

Vous étiez récemment au coeur d’un documentaire consacré au “violoncelle des tranchées” sur France2, d'où vient votre intérêt pour cet instrument? Maurice Maréchal était, avec Rostropovitch, un des plus grands violoncellistes du XXème siècle, pour moi le plus grand! J'avais connaissance de l'existence de ce violoncelle de guerre, car Maréchal était le maître de mon maître Jean Deplace, professeur au CNSM de Lyon. Les années passant, ayant une meilleure connaissance de ce qu'était le jeu de Maréchal, j’ai compris qu’il y avait une filiation innée. Dans la généalogie de l’instrument, cette branche-là me fait chavirer, me fait fondre... Il était devenu urgent pour moi de témoigner, car les jeunes violoncellistes savent à peine qui est Maréchal! Et puis, il y a cette expérience ahurissante puisque, en 1914, il est mobilisé. Ses copains de régiment, Neyen et Plicque, ébénistes, lui disent: “un violoncelle c'est en bois, on va t'en fabriquer un avec les moyens du bord”. Ils l'ont baptisé le «poilu» et Maréchal l'a joué pendant toute la guerre. Il y tenait autant qu'à son violoncelle de concert. Jean-Louis Prochasson, mon luthier, m’en a confectionné une copie, d

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