Les "joujoux" du jubé

Festival de La Chaise-Dieu | Fier et altier, le promontoire de l'Abbatiale Saint-Robert domine le granit alentour. Par son imposante stature, musicale et symbolique, le phare de cet estuaire spirituel évoque la traversée de noirs rivages de l'Antiquité.

Alain Koenig | Mardi 2 juillet 2019

Photo : Damien Guillon © B.Pichène


Jean-Sébastien Bach, encore et toujours, convoquera les anges et démons de sa fulgurante Passion selon Saint-Jean. Le pathos, le symbolisme des nombres, l'envoûtant ostinato des cordes du chœur d'ouverture, la troublante sensualité de Jésus ou de la mort (Ruht wohl), l'efficacité et la concision du chef d'œuvre éblouissent autant qu'ils perturbent. Damien Guillon n'a de leçon à recevoir de personne. Il naviguera au sextant dans ce pacifiste océan, épaulé du chœur de chambre Mélisme(s) et de son toujours "Céleste Banquet". Les "Anges Musiciens" l'auront précédé en la Collégiale de Saint-Bonnet-le-Château - une première - juchée sur son piton exposé au septentrion. Josquin, Tallis ou Gibbons auront ainsi pavé la voie à cette édition 2019.

Éclectisme et fondamentaux

Si la musique sacrée reste l'acrotère du Festival de la Chaise-Dieu (Scarlatti, Haendel, Bach ou Brahms), les ornements viendront cette année du répertoire symphonique, jouissant en 2019, d'une "tribune" digne des orgues de l'abbatiale. La toujours grandiose Neuvième Symphonie de Beethoven dirigée par Jérémie Rhorer, l'inoxydable 40e Symphonie de Wolfgang, le voluptueux Concerto pour violoncelle de Haydn, ou le très arctique Concerto pour piano de Grieg. De plus, le geste musical baroque de la dévotion sera assis cette année "ad dexteram patris". Lauriers sur la croix, le Martirio de Santa Teodosia de Scarlatti donnera l'occasion d'entendre ou ré-entendre les sublimes voix d'Anthéa Pichanick, Emmanuelle de Negri, ou le très sensuel ténor, Emiliano Gonzalez-Toro. Les Larmes de la Vierge couleront aussi sur les fossettes des Talens Lyriques de Christophe Rousset, par le truchement de maîtres dits "mineurs", mais pourtant si enthousiasmants : Rossi, Perti, Ferrandini, Vinci.

Festival de La Chaise-Dieu, du 22 août au 1er septembre à La Chaise-Dieu (Haute-Loire) et dans divers lieux


Passion selon Saint-Jean


Abbatiale Saint-Robert La Chaise-Dieu
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Concerto pour piano de Grieg


Abbatiale Saint-Robert La Chaise-Dieu
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Les Larmes de la Vierge

Cathédrale Notre-Dame de l'Annonciation du Puy Centre Le Puy-en-Velay
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Santa Teodosia de Scarlatti

Abbatiale Saint-Robert La Chaise-Dieu
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Concerto pour violoncelle de Haydn

Abbatiale Saint-Robert La Chaise-Dieu
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Pascal Descamps dans l'Oeil du Petit Bulletin #33

Musique classique | Dans l'Oeil du Petit Bulletin, on s'attarde ce coup-ci sur de la musique classique "made in Sainté" avec le compositeur Pascal Descamps qui (...)

Nicolas Bros | Jeudi 10 octobre 2019

Pascal Descamps dans l'Oeil du Petit Bulletin #33

Dans l'Oeil du Petit Bulletin, on s'attarde ce coup-ci sur de la musique classique "made in Sainté" avec le compositeur Pascal Descamps qui vient de sortir un nouveau disque "Poèmes étoilés" où l'on retrouve l'Ensemble SyLF, Aude Extrémo ou encore Amélie Grillon.

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Design-moi un demi-ton !

Classique | Ayant longtemps réchauffé le coeur des amoureux, littéralement, "transis" de musique de chambre, la Petite Saison du SyLF pose ses bagages dans la très (...)

Alain Koenig | Mardi 5 février 2019

Design-moi un demi-ton !

Ayant longtemps réchauffé le coeur des amoureux, littéralement, "transis" de musique de chambre, la Petite Saison du SyLF pose ses bagages dans la très "conceptuelle" et bien chauffée Cité du design, ce dont vos membres inférieurs, assurément, vous sauront gré. Troquant l’autel de la consumation pour celui de la consommation, ce nouvel écrin conserve pourtant en lieu sûr, l’éclat de la gemme. Le brunch se met, lui aussi, au "goût" du jour. Il gagne en appétence conceptuelle ce qu’il perd en "agapes uderziennes ". Dans ses quartiers d’hiver, le concert intitulé Les grands designers de la musique établira les parallèles entre design et musique classique, où les précurseurs établissent un standard dans lequel s’engouffre l’armée des "suiveurs", créant ainsi modes et styles… La démonstration s’appuiera sur les célèbres trend setters incarnés en leur temps par Mozart, Haydn, Vivaldi ou Schubert. Dans leur sillon, les spin off d’antan furent légion, et leur musique, sans toujours atteindre le pinacle, mérite une ré-écoute attentive, dans sa forme comme son esthétique. Vous prendrez bien une petite coupe de Corelli ou de Salieri avant le brunch ?

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Cordes à gogo

Cordes en ballade (Ardèche) | Cordes en ballade, 20e édition ! Toute en joie, en étonnements multiples, en convivialité : le pari initial a dépassé les espérances.

Pascale Clavel | Mardi 3 juillet 2018

Cordes à gogo

Depuis 20 ans, Cordes en Ballade est devenu une référence auprès des amoureux d’une musique exigeante, diverse et subtile. La direction artistique, menée depuis l’origine par le Quatuor Debussy, reste terriblement inventive. Douze jours de balades en Ardèche au cœur d’une programmation en forme de patchwork élégant, où chaque festivalier part à la rencontre de musiques improbables. Le Teil, Viviers, Antraigues-sur-Volane, Cruas, Alba-la-Romaine, Privas… partons flâner ! Cette 20e édition s’ouvre à la cathédrale Saint-Vincent-de-Viviers avec un hommage appuyé à Claude Debussy pour le centenaire de sa mort. Suit une programmation riche en expériences décalées : nous entrons de plain-pied dans la cuisine d’Offenbach, avec un concert de parodies d’opérettes où le Quatuor Debussy et les chanteurs solistes d’Orphéon la Compagnie Vocale s’associent pour interpréter ses plus grands tubes. Pour fêter les 20 ans du festival, le Quatuor Léonis se lâche dans un spectacle fou : Éclisse totale. Les musiciens déroulent une musique dans tous ses états, passent du rock psychédélique le plus dingue aux mélodies de Gainsbourg les plus suaves. Les mélodies irlandais

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Annus volubilis

La Chaise-Dieu (Haute-Loire) | Le jubé jubile... calfeutré, à l'abri des alizés, de l'autan, et autres impertinents siroccos, il n'entendra souffler cette année, que la familière et rassurante (...)

Alain Koenig | Mardi 3 juillet 2018

Annus volubilis

Le jubé jubile... calfeutré, à l'abri des alizés, de l'autan, et autres impertinents siroccos, il n'entendra souffler cette année, que la familière et rassurante burle. On retrouvera le balisage menant le courageux randonneur à la Casa Dei, le réflexif Jérémie Rhorer, le très aimé Daniel Kawka, l'auvergnat - valencien Roberto Fores Veses, les inamovibles Nicole Corti et Laurence Equilbey, l'inoxydable Enrico Dindo, le désormais bien installé et impétueux Alexandre Bloch à la tête de l' Orchestre National de Lille, pendant qu'Emmanuelle Bertrand et Pascal Amoyel formeront un trio de surdoués avec leur fille Alma. D'autres stations imposées avec la Via Crucis de Liszt, le King's Consort ou la présence du tandem La Marca. L'édition 2018 réserve, « quoi qu'on die », quelques très belles surprises : la surnaturelle musicalité de Paul Daniel à la tête d'une phalange qu'il porte au firmament (Orchestre National de Bordeaux Aquitaine), ainsi que la programmation, tardive mais bienvenue, de Sébastien Daucé et de l'ensemble Correspondances, dans un très beau programme de petits opéras (« Oooh ! »)... sacrés (« Aaah ! ») de Marc-Antoine

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A bout de "brass"

MUSIQUES | L'hôtel Mercure reprend en octobre, sa formule des dîners-concerts. Vous pourrez littéralement "astiquer les cuivres" de votre orchestre préféré : l'OSSEL, (...)

Alain Koenig | Mardi 3 octobre 2017

A bout de

L'hôtel Mercure reprend en octobre, sa formule des dîners-concerts. Vous pourrez littéralement "astiquer les cuivres" de votre orchestre préféré : l'OSSEL, bien sûr ! Didier Martin, Jérôme Princé, Thierry Gaillard, Nicolas Vazquez et Joël Castaingts, seront vos compagnons, dans un wagon-restaurant très "cuivré".

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Aimons-nous vivants !

Festival classique | Depuis son austère belvédère de granit, sépulture d'intrigantes momies, la Collégiale de Saint-Bonnet-le-Château redevient l'épicentre de l'incontournable Baroque en Forez. Jean-Pierre Menuge y célèbre, cette année, "le vivant".

Alain Koenig | Mardi 3 octobre 2017

Aimons-nous vivants !

Que les bacchantes chenues de Jean-Pierre Menuge, tirage sépia d'un vieux daguerréotype, n'abusent pas le chaland ! Ce directeur artistique, ainsi que toute son équipe, connaît la musique... baroque, tout particulièrement. Cet ornement pileux tout acadien, trompeusement débonnaire, cache un redoutable virtuose de la flûte à bec, comme peut en témoigner le festivalier de 2016. « L'art baroque se définit comme un art du mouvement et de l'illusion, qui emprunte son langage à celui des émotions et des passions, des "affetti", comme disent les italiens », rappelle-t-il très justement. Et de citer Le Bernin : « L'homme n'est jamais plus semblable à lui-même que lorsqu'il est en mouvement. ». En mouvement, le festival le sera, qui investira les trésors patrimoniaux de la superbe "Route des balcons" : Montarcher, Marols, Saint-Jean-Soleymieux, Chazelles-sur-Lavieu, et Saint-Bonnet-le-Château. L'Orfeo di Cracovia, phalange ad hoc de talentueux instrumentistes d'époque, sera cette fois encore, bien vivant, assumant les programmes avec orchestre. Beau monde aux balcons Ce dernier accompagnera Bruno Cocset, violoncelliste de talent,

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Daniel Kawka, le contemporain qui "Ose"

Portrait | Éclectique et passionné, le célèbre chef d'orchestre aux modestes origines, moissonne aujourd'hui ses blés. Graal du sage ou désarmant truisme, ses rêves aujourd'hui reviennent à lui, tout naturellement ! Un labeur acharné et de belles cartes postales plein son viatique : Oural ou Toscane, Tibre ou Néva sont pour lui, autant de sensations à revisiter... en musique !

Alain Koenig | Mardi 2 mai 2017

Daniel Kawka, le contemporain qui

Toujours ponctuel, un physique imposant emplit l'entrebâillement de la porte. Les retrouvailles avec Daniel Kawka sont toujours précédées du petit pincement au cœur qui sied aux grands rendez-vous. Après les civilités d'usage, la tonalité passe très vite en ré majeur, avec une infinie simplicité. Ayant quitté deux postes de Premier Chef Invité, et pas des moindres, voici l'enfant du pays de retour dans l'Hexagone, où ses projets se concrétisent les uns après les autres. De son long séjour en Italie, à la tête de l'Orchestre de la Toscane, il a le sentiment d'avoir effectué ce qu'il nomme très justement ses « humanités », ce qui en langage " chef d'orchestre " signifie : jouer le grand répertoire du XIXe siècle : les Schumann, Mendelssohn, Beethoven... Un passage obligé pour ne pas être catalogué jusqu'à la fin de ses jours " Monsieur musique d'aujourd'hui " ! Daniel Kawka est un homme libre, et revendique ses choix musicaux sur une échelle de Richter, graduée de Wagner à Jimmy Hendrix. « À l'origine, j'ai fait ce métier parce que j'avais entendu Parsifal de Wagner à Orange. Je suis un amoureux fondamental de la musique ! » Dans une corporation, où l'on

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La "retraite" a 50 ans !

MUSIQUES | Voici tout juste un demi-siècle que la célèbre " retraite " bénédictine de La Chaise-Dieu, picotée par le zéphyr du septentrion, enivre esthètes et mélomanes. Pas du tout l'âge de la retraite...

Alain Koenig | Mardi 5 juillet 2016

La

Une édition 2016 en forme de pèlerinage, pour ce doyen des festivals, toujours rafraîchissant, ne serait-ce que par sa météo. Reconstitution historique du premier concert donné par Gyorgy Cziffra en 1966, Pascal Amoyel, son disciple, reprend le tabouret du maître, et diffuse son philtre pianistique à l'Orchestre National d'Île-de-France. La suite du programme donne le vertige. Cette année encore, on ne saura où donner de l'oreille : Hervé Niquet et Le Concert Spirituel, les sœurs Labèque, La Grande Écurie et La Chambre du Roy et J.-C. Malgoire, L'Orchestre National de Lorraine, Vaclav Luks et le Collegium vocale 1704, le Concert de la Loge (toujours dans une forme " olympique ", malgré l'inculte lobby, fossoyeur de l'idéal de paix portant son nom), l'Ensemble Pygmalion et Raphaël Pichon, toujours aussi magiques, l'Ensemble Clément Janequin, Renaud Capuçon, Vincent Larderet, le Gabrieli Consort et Paul McCreesh, Canticum Novum, sans oublier le trublion Sébastien Daucé et son ensemble Correspondances, l'Orchestre National de Lyon, le Banquet Céleste du pléonastique Damien Guillon, Raphaël Sévère et le Quatuor Prazak, le Berliner Symphoniker, Alexander Ghindin, la Maîtrise de la Ca

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Prospère, la Chaise-Dieu !

MUSIQUES | La «Casa Dei» ne connaît (presque) pas la crise. Aujourd'hui, le club des «grandes maisons» se mue en refuge d'altitude pour un public dérouté par la confusion des genres musicaux. Alors élitisme ou simplement culture de l'excellence ? Alain Koenig

Alain Koenig | Mardi 30 juin 2015

Prospère, la Chaise-Dieu !

Le festival renoue avec son ADN en confiant l'ouverture du bal au luxueux tandem Emmanuelle Bertrand – Pascal Amoyel. Ce dernier n'est-il pas en effet le disciple de György Cziffra, fondateur de ce grand rendez-vous en 1966 ? L'ambitus sonore impressionnant des deux complices dominera : Bach, Schumann, Chopin, rien de moins ! L'édition 2015 s'articule autour d'événements tous plus enthousiasmants les uns que les autres, et il faudra jouer des coudes pour faire partie des «happy few du jubé», expression d'une célèbre musicologue ! En convoquant Bach, Haendel et Scarlatti, tous trois nés en 1685, l'équipe du festival entrouvre la porte du Jardin d’Éden. Que serait, en effet, La Chaise-Dieu sans un hommage appuyé au compositeur dont la restitution du portrait a fait couler beaucoup d'encre: le Cantor de Leipzig ? Dans ce verger luxuriant, deux soirées seront consacrées à sa Messe en si, autre retour aux sources de la musique d'un Occident que l'on voit s'essouffler tous les jours un peu plus. Les "émergents" sont français ! Tout a été écrit sur cette "Pierre de Rosette", œuvre enivrante, déraisonnable

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L'île de Franz

MUSIQUES | Étymologiquement parlant, peu de destins sont aussi fulgurants que celui du grand Franz Schubert ! Emporté à 31 ans par une subséquence de la maladie dont (...)

Alain Koenig | Mardi 4 novembre 2014

L'île de Franz

Étymologiquement parlant, peu de destins sont aussi fulgurants que celui du grand Franz Schubert ! Emporté à 31 ans par une subséquence de la maladie dont il faut taire le nom, il laisse derrière lui d'innombrables pages, parmi les plus célèbres du répertoire romantique. Vivant dans l'ombre du grand Beethoven, peinant à s'émanciper de cette tutelle imaginaire, il ne lègue pas moins de six cents Lieder, genre dont on lui attribue la paternité, neuf (dix ?) symphonies, quinze œuvres lyriques, de la musique de chambre. Ses poètes de prédilection se nomment Goethe, Rückert, Müller voire Shakespeare. Souvent confinée au cercle intime, dont les Schubertiades sont la quintessence, sa musique explose véritablement à titre posthume. Il faut attendre 1828 - année de sa mort - pour que l'on donne un concert à Vienne intégralement composé de ses œuvres et 1865, pour que l'on joue sa Symphonie inachevée. Pour sa soirée Aimez-vous Schubert ?, l'O.S.S.E.L. demandera à l'excellent pianiste Jamal Moqadem d'accompagner des extraits du glacial cycle du Voyage d'hiver et de l'angoissant Roi des Aulnes. La symphonie Tragique et Inachevée

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La «Belle Famille»

MUSIQUES | Symphonia fête ses vingt ans: impressionnante réunion de famille mêlant concerts, conférences, création, ateliers, solistes stéphanois, grand chœur (Symphonia), chœur de chambre (Sinfonietta) Conservatoire Massenet, médiathèques... On n'a pas tous les jours vingt ans, ma bon' dame ! Alain Koenig

Alain Koenig | Mardi 4 novembre 2014

La «Belle Famille»

Ils se connaissent, se côtoient depuis longtemps, s'apprécient artistiquement autant qu'humainement, et sont ravis de construire enfin un projet commun. Pour Hervé Cligniez, soliste complice de l'E.O.C., qui, au-delà du Requiem de Mozart, interprètera le sublime Concerto pour clarinette, «le projet de jouer deux œuvres de la maturité de Mozart est excitant et rassurant à la fois, car nous l'avons concocté en famille». Jovial agrément de Jérôme Bertrand, directeur artistique de l'Ensemble SyLF qui est sollicité pour toutes les œuvres avec orchestre: «Ce sont des retrouvailles ! Tant d'immenses bonnes volontés et de talents réunis ne peuvent produire que quelque chose de très fort» ! Très fort également de la part de Yannick Berne, directeur musical de Symphonia, d'avoir commandité un Ave verum corpus à Pascal Descamps. Compositeur ligérien, sa messe Rivages et son Pater noster au lyrisme rayonnant ont fait grand bruit récemment: «Pascal a été un des premiers pianistes de Symphonia. J'ai beaucoup d'estime pour lui et sa musique. Je trouvais que c'était bien qu'un choeur ligérien lui fasse une commande.»

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Les archets d'alliance

MUSIQUES | Après un développement local, puis national, des collaborations artistiques majeures, des succès à l'étranger, le SyLF se concentre désormais sur son esthétique sonore, son identité musicale profonde. Le programme «Le violon merveilleux» confirme cette quête exigeante, apanage des grands. Alain Koenig

Alain Koenig | Mardi 4 février 2014

Les archets d'alliance

Quoi de plus fragile qu'un groupe de musiciens talentueux? Leur sensibilité les rend, plus qu'aucun autre, vulnérables aux excès d'une civilisation affairiste et indélicate. Les musiciens de l'Ensemble Symphonie Loire Forez (SyLF) l'ont bien compris, qui continuent à cultiver leur précieux jardin: l'amitié, le partage, la cohésion. La Petite Saison du SyLF traduit cette volonté qui, comme toujours chez les Gaulois, se termine autour d'un bon repas! Les bouleversants échanges entre solistes (violon et clavecin) du Concerto en ré mineur de Bach, donné en décembre dernier, la subtilité des phrasés dans le pianissimo, leurs tempi parfaits, la cohésion totale du son emplissent encore le cœur des stéphanois. Visages de spectateurs heureux, ou tout simplement émus! N'est-ce pas là la raison d'être de l'artiste? Rencontre d'un troisième type Membres à part entière du groupe, nos trois «violons solo» passent de la «lumière soliste» à l'anonymat «du rang» sans sourciller. La phalange s'appuie tout d'abord sur Louis-Jean Perreau, enfant du pays, violoniste titulaire de l'OSSEL, supplémentaire à l'ONL. Il a travaillé avec des musiciens prestigieux

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Le talent joue sur les thermes...

MUSIQUES | La cité thermale de Montrond-les-Bains continue son effervescence avec le dix-septième opus du désormais incontournable Festival Jeunes Talents. En fin (...)

Alain Koenig | Mardi 4 février 2014

Le talent joue sur les thermes...

La cité thermale de Montrond-les-Bains continue son effervescence avec le dix-septième opus du désormais incontournable Festival Jeunes Talents. En fin stratège, Gérard Chassagneux a sollicité pour la cinquième année consécutive, le parrainage complice et bienveillant de l'immense Pascal Amoyel. La soirée de clôture-le 20 novembre-permettra aux retardataires de (re)voir Le pianiste aux cinquante doigts, spectacle-hommage à son maître Cziffra. Le coup d'envoi sera donné le 14 février par Hervé Billaud, talentueux pianiste, qui comme son homologue, préfère le contact direct du public et la pédagogie aux vanités du bling-bling. On anticipe déjà l'intérêt de son interprétation d'extraits d'Iberia et de la Suite Espagnole d'Isaac Albeniz, dont il a enregistré l'intégrale sous le label Lyrinx. Après la géniale Rhapsodie in blue de Gerswhin, il s'attaquera au vagabondage onirique de George Crumb A Little suite for Christmas AD 1979. Le marqueur-temps est sans équivoque, ainsi que l'aridité du Noël, qui cède les pleins pouvoirs au talent de l'interprète...Entre ces deux dates, le festival égrènera son chapelet de jeunes talen

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Alias Demillac...

MUSIQUES | Enyss Djemil, alias Francis-Paul Demillac reste une des figures marquantes de la musique à Saint-Étienne. Monsieur de presque cent printemps, il a su (...)

Alain Koenig | Lundi 18 novembre 2013

Alias Demillac...

Enyss Djemil, alias Francis-Paul Demillac reste une des figures marquantes de la musique à Saint-Étienne. Monsieur de presque cent printemps, il a su imprimer son style en tant que musicien. Pédagogue bienveillant, violoniste, chef d'orchestre mais aussi compositeur. Sa musique, dans la lignée de Debussy, digne héritière de la tradition de ses deux maîtres Guy Ropartz et Louis Aubert, sait utiliser le système tonal élargi avec un très grand raffinement. Elle sera mise à l'honneur par le Conservatoire Massenet dont il fut directeur de 1976 à 1981 et où il a formé deux bonnes douzaines de professeurs toujours en poste aujourd'hui. L'établissement s'est enthousiasmé à l'idée de rendre hommage à cet homme, à la biographie étonnante, par une série de concerts. Le premier, donné le 4 décembre au Conservatoire par les classes de guitare, piano et saxophone, sera consacré à de petites pièces pédagogiques qu'il a dédiées à ses élèves. Le second, le 11 décembre, galvanisera les forces de l'orchestre symphonique du Conservatoire. Au programme, le Concerto pour guitare, créé pour une diffusion radiophonique avec Alexandre Lagoya en soliste. Le Concerto pour saxophone, dont

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Il tempo di "Martial"

MUSIQUES | Rares les dimanches matins, où l'on peut ouvrir les yeux en se purifiant l'âme à la source de vie qu'est Jean Sébastien ! Plus rare encore, que le Concerto (...)

Alain Koenig | Lundi 18 novembre 2013

Il tempo di

Rares les dimanches matins, où l'on peut ouvrir les yeux en se purifiant l'âme à la source de vie qu'est Jean Sébastien ! Plus rare encore, que le Concerto pour clavier en ré mineur BWV 1052, nous tire de nos voyages oniriques. Comme un prolongement naturel du dialogue avec les étoiles. Trop rare et modeste également, le grand monsieur du clavecin, Martial Morand, à qui le premier mouvement du concerto évoque «Les Esclaves de Michel-Ange, dont la beauté et la force sont déjà triomphantes. L'orchestre ne se cantonne pas à l'accompagnement du clavecin. Orchestre et soliste avancent farouchement vers un objectif commun. C'est un privilège d'entrer dans ce jeu, avec un orchestre d'excellents musiciens - le Sylf -, qui sont aussi de chaleureux amis !» dit-il. En effet, comment ne pas évoquer l'état d'anxiété atypique dans lequel Bach nous plonge ? Est-ce l'empreinte d'un lointain violon pour lequel il aurait été initialement écrit ou l'introduction d'une glaciale Saint Jean ? Pour Martial, «la partie de clavecin, dans le deuxième mouvement, semble improvisée. Bach est inspiré sans jamais recourir à des ficelles de compositeur. Le dernier mouvement est u

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