Carmen en bigoudène

Florence Barnola | Mardi 5 janvier 2016

Photo : Romain Etienne


Micaela aime Don José qui aime Carmen qui aime le toréador lui-même aimé (enfin, peut-être !) par le taureau... La compagnie de théâtre d'objets Turak récidive dans le registre décalé et poétique. Leur dernière création, vue dernièrement aux Célestins, s'inspire très ouvertement de l'opéra en 4 actes de Bizet, Carmen. La troupe menée par Michel Laubu fait de l'œuvre du compositeur français et de l'histoire de Mérimée leur terrain de jeu follement loufoque. Sous leur lorgnette, le drame amoureux andalou devient une légende vaguement bretonne et terriblement Turaque. La fable se déroule au pied d'un phare breton, Ar-Men, originellement situé au large de l'île de Sein, ici en Turakie, pays imaginaire pensé il y a 30 ans par Michel Laubu. Pour le metteur en scène, comédien et manipulateur, « le théâtre d'objet réinvente l'archéologie. On récupère, on collecte des objets usés dont plus personne ne veut pour les transformer. Nous jouons à faire de même avec ces grands airs en organisant un collectage de ces musiques et images qui traînent dans notre mémoire collective. Carmen devient alors un extraordinaire chantier de fouilles imaginaires, un terrain de jeu d'images visuelles et sonores… » L'opéra, l'un des plus joués au monde, voit sa musique adaptée par Laurent Vichard et interprétée par des musiciens hippocampes, moules, crabes projetés sur grand écran depuis leur fosse marine. Présents sur le plateau, cArMen aux cheveux en vinyle et en robe de toile de tente a un "je-ne-sais-quoi" de Maria Callas. Les autres protagonistes valent aussi pour leur look, notamment le taureau à l'aura très féminine. La magie opère, plongeant les spectateurs, qui ne dissimulent pas leur plaisir, dans cette adaptation turaque de Carmen. FB

Une cArMen en Turakie, du 28 au 31 janvier à la Comédie de Saint-Étienne


Une cArMen en Turakie

De et av. Michel Laubu et M-P. Pirson, E. Hufnagel...
La Comédie de Saint-Etienne Place Jean Dasté Saint-Étienne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Florence Barnola | Mardi 22 octobre 2013

Bienvenus en Turakie !

Accidentellement, le pays sortit de terre dans les années 80 et tira naturellement son nom de la compagnie lyonnaise de son découvreur (qui lui est lorrain), Turak Théâtre. A partir de là tous les chemins mènent en Turakie, et partent de Paris, on peut dire même de Lyon, allant aujourd’hui jusque de l’autre côté de notre hémisphère nord, l’hémisphère sud. Revenons d’abord sur la conception de l’univers turakien à travers une anecdote, fondamentale puisque elle fut l’étincelle créatrice de ce monde imaginaire. Le Turak, groupe de chercheur(s) collecteur(s) rassembleur(s) d’objets en tout genre (ayant une très nette préférence pour l’usé), est basé dans la capitale des Gaules mais n’en est pas moins aventurier et curieux. Vers 1987, la date reste à déterminer, la compagnie se produisant à Paris, une ingénieuse idée laubuesque surgit. Faire un spectacle encore plus barré que d’habitude. Pique-nique sur le champs de fouilles a un objectif : « faire réellement des fouilles archéologiques avec les spectateurs ». Parce que chez Turak, tout est sincère et investi, c’est la raison pour laquelle leurs productions transportent, émeuvent autant le public.

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L’homme qui parlait à l’oreille des objets

Nous allons à nouveau en Turakie ?Toujours. Dans les îles Maginaires de Turakie. On s’est dit qu’on allait faire un spectacle pour donner des nouvelles de toutes petites îles. La contrainte de l’insularité nous a obligé à travailler sur l’isolement, la solitude. Ce sont aussi trois petites pièces. A chaque fois c’est l’histoire d’un insulaire, un personnage tout seul sur son petit bout de terre, sur sa petite courte pierre. Sur scène un manipulateur, vous, et deux musiciens…Ce sont vraiment deux partenaires. Ils sont pratiquement dans tous les spectacles, ils font partis de l’aventure d’une manière très intense. Fred (Roudet) joue de la trompette, du tuba, un peu tous les cuivres. Laurent Guichard est clarinettiste et joue dans ce spectacle de la guitare à repasser, guitare électrique avec un fer à repasser, il est le meilleur dans sa discipline (rires). Comment s’est passée la création ?Nous avons créé le spectacle il y a deux ans, je crois… je ne suis pas très fort dans les dates ! On a fai

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