Il était une fois…

CONNAITRE | COMICS / Figure emblématique de l’univers des comics, Spider-man n’a eu de cesse d’en révolutionner les codes depuis sa création il y a maintenant 45 ans. Damien Grimbert

| Mercredi 9 mai 2007

Photo : Marvel Comics Entertainment Group Inc.


Né en 1962 de l'imagination fertile de Stan Lee et Steve Ditko, respectivement scénariste et dessinateur, Spider-man est sans doute le personnage qui illustre le mieux la démarche de sa maison-mère Marvel (rappelons qu'au même titre que l'industrie hollywoodienne, celle des comics est basée sur la toute-puissance des studios, possesseurs des droits des franchises au détriment de leurs créateurs). Jusqu'alors, le marché des comics était en effet dominé par la firme DC, dont les personnages phares comme Superman et Batman avaient avant tout pour vocation de servir d'exemple à leur jeune lectorat, tant par leur âge respectable que par leur position sociale haut placée. À l'opposé, Stan Lee décide de faire du personnage de Spider-man un super-héros adolescent auquel peuvent directement s'identifier les lecteurs, ce d'autant plus facilement que l'alter ego de ce dernier, Peter Parker, est en permanence confronté à des problèmes qui entrent pleinement en résonance avec les leurs : premiers amours, découverte de la maturité... Principale raison du phénoménal succès de la série (et plus largement de l'éditeur Marvel), cet ancrage “réaliste” allait quelques années plus tard aboutir à une nouvelle révolution… Spiderman Vs The CCA Né à la suite des écrits du docteur Fredric Wertham, qui condamnaient vertement l'influence néfaste des comics sur la jeunesse, le Comics Code Authority (CCA), comité de censure à peine masqué, garantissait jusqu'au début des années 70, la lisibilité des comics par l'apposition de son logo sur leurs couvertures. Logo dont Stan Lee décide de se passer pour publier l'un des épisodes les plus marquants de la série, qui voit la compagne de Spider-man Gwen Stacy mourir dans ses bras, la colonne vertébrale brisée par le fil envoyé par ce dernier pour empêcher sa chute du Brooklyn Bridge… Un traumatisme sans précédent pour Spider-man, mais également pour le CCA, contraint de rendre les armes suite au succès sans appel de l'épisode en question. Pour finir, difficile de ne pas évoquer la fabuleuse saga La dernière chasse de Kraven (initiée en 1987 par le scénariste DeMatteis), autre traumatisme phare pour l'homme-araignée qui se verra enterré vivant 15 jours durant par un ennemi lui-même au bord de la folie, dans ce qui restera sans conteste comme l'un des moments les plus noirs et les plus forts de la série.

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The Amazing Spider-Man

ECRANS | Après un ravalement de casting, Spider-Man revient pour raconter à nouveau ses origines. Entre faiblesse des enjeux, mise en scène approximative et acteurs sous-employés, était-ce vraiment nécessaire ? Jérôme Dittmar

Aurélien Martinez | Lundi 2 juillet 2012

The Amazing Spider-Man

Hollywood a toujours pratiqué l'amnésie forcée. Suites, remakes et désormais reboot, recycler ou faire table rase est une pratique courante. Dix ans après le premier film de Sam Raimi, Sony remet donc les compteurs à zéro de Spider-Man pour relancer sa licence. Mais comment tout recommencer avec si peu d'intervalle entre les films ? En ne changeant rien. The Amazing Spider-Man n'a pas la prétention de raconter autre chose que l'histoire de son héros adolescent, et tant pis si elle est connue. Tout ou presque ce qui fait la mythologie du personnage est donc rapatrié ici : la figure du geek transformé en justicier, la découverte des pouvoirs et la jouissance qui en découle, la perte de l'oncle Ben et la fabrication d'une icône héroïque populaire. Si le film se veut malgré tout une variation (le Lézard remplace le Bouffon vert ; Gwen Stacy devient la première amoureuse de Peter Parker), il suit les mêmes traces que son aîné, sauf que le casting a changé, et ce n'est qu'une partie du problème. Aucun motif ni regard La différence entre

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Spider-man 3

ECRANS | Critique / Disons-le tout de suite : Spider-man 3 n’est pas aussi enthousiasmant que son prédécesseur. Il lui manque le swing et la grâce qui permettaient (...)

| Mercredi 9 mai 2007

Spider-man 3

Critique / Disons-le tout de suite : Spider-man 3 n’est pas aussi enthousiasmant que son prédécesseur. Il lui manque le swing et la grâce qui permettaient au 2 de slalomer sans accrocs entre les genres, et sa volonté de boucler la trilogie le pousse parfois à faire rentrer au forceps des péripéties qu’on aurait bien vu prendre un peu plus d’espace. Mais ce que Spider-man 3 perd en plaisir immédiat, il le gagne en folie conceptuelle, si bien qu’on y repense longtemps après la projection, un rien frustrante. Sam Raimi a voulu mettre le paquet à tous les niveaux : trois méchants plutôt qu’un, des thématiques à foison, des doubles lectures constantes, des effets spéciaux d’une grande puissance de suggestion… Et aussi une multiplication des registres, jusqu’au hors-jeu : si la comédie est parfois hilarante (géniale séquence avec Bruce Campbell en serveur français), elle n’évite pas toujours un deuxième degré gênant. Bryce Dallas Howard transformée en potiche nunuche, ce n’est pas très gentil, et Peter Parker faisant son Travolta dans les rues, ça n’est pas franchement tordant… C’est quand il cherche à englober tous les visages de ses personnages que le cinéaste s’en sort le

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Une araignée au plafond

ECRANS | "Spider-man 3" prolonge une série qui détonne et étonne dans le paysage des blockbusters hollywoodiens par son ambitieux mélange des genres, ses surprenantes visées théoriques et la personnalité de son auteur, Sam Raimi. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 9 mai 2007

Une araignée au plafond

La redécouverte par Hollywood des comics américains n’aura pas fait que des miracles. Si Bryan Singer a réalisé deux grands films avec ses X-Men, il a carrément planté son Superman returns, pendant que le tâcheron Brett Ratner massacrait dans le même temps la franchise avec un X-Men 3 honteux. Pour un Guillermo del Toro s’accomplissant pleinement en adaptant Blade puis Hellboy, des usurpateurs sans talent faisaient n’importe quoi avec les héros emblématiques de Marvel Comics (Elektra, Punisher, Daredevil, Ghost Rider…). Et on ne va pas revenir sur 300, dont les commentaires élogieux de certains geeks sur les forums français éclairent mieux que les analyses de Jean-Michel Apathie le score actuel de Nicolas Sarkozy. Pierre angulaire de cette mode durable mais guère fructueuse et parfois douteuse, la série Spider-man a tout de suite fait la différence, cas à part et cas d’école en même temps. Son réalisateur Sam Raimi revisite l’esprit des comics depuis son premier film, le fameux Evil Dead. Cinéaste du cadre tordu, du mouvement de caméra impossible, de l’image-icône et de la plasticité des corps, il marie cette influence initiale avec u

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