Désenclaver

CONNAITRE | Entretien avec Sybille Sorrel de l’association Sasfé. Propos recueillis par François Cau

François Cau | Lundi 25 mai 2009

Petit Bulletin : Quel regard portez-vous sur les arts de rue à Grenoble ?
Sybille Sorrel : En termes de manifestations, la proposition est loin d'être énorme. Et pourtant, il y a du public, les gens sont demandeurs. Mais il y a une rupture qui se marque de plus en plus entre ceux qui vont au théâtre et ceux qui n'y vont pas. Il y a eu une période faste avec la Maison de la Culture hors les murs, mais désormais la frontière est plus affirmée. De notre côté, on essaie d'être une première proposition artistique, et de donner envie d'aller dans les salles aussi. C'est pour ça que les spectacles qu'on présente sont tout public, on souhaite qu'ils soient faciles d'accès, accrocheurs, qu'ils mélangent les disciplines.

Au cours du travail que vous menez tout au long de l'année via les ateliers, sentez-vous les participants plus à l'aise avec la pratique artistique ou demeure-t-il une défiance ?
On sent toujours cette défiance, c'est une réalité. Après, on est là pour proposer, en parler. On sent tout de même que les choses bougent, avec notamment le travail accompli par l'Espace 600 en ce sens, pas mal de spectacles sont montés avec des structures socioculturelles, il y a des amorces. Il ne faut pas oublier cependant que les habitants des quartiers ne vivent pas forcément dans cette réalité, il y a des problèmes économiques ou familiaux tellement présents et énormes… Il faut aussi prendre en considération tous ces éléments, relativiser, c'est un tout à prendre en compte.

Pourquoi avoir créé un festival off pour cette édition ?
Il y avait l'idée d'investir la ville plus largement, et aussi de marquer cette dixième édition, d'une part avec le retour de la compagnie Délices Dada (qui était présente la première année), et d'autre part avec une programmation vraiment foisonnante, avec pour objectif que les amateurs soient au même niveau que les professionnels, qu'il y ait ce mélange, que les artistes se rencontrent.

Avec une volonté d'enlever le côté parfois péjoratif de l'acception des arts de rue…
Peut-être… Il y a toujours cette éternelle opposition entre une culture d'élite et une culture accessible à tous. Encore une fois, nous restons vraiment dans la proposition, dans l'ouverture, les habitants peuvent nous suggérer des choses à mettre en avant. Dans l'idéal, on souhaiterait que tout le milieu culturel puisse se mettre en réseau, histoire de faire avancer les choses…

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Aurélien Martinez | Mardi 3 juin 2014

Quartiers libres, ici aussi

Pour la quatorzième édition du festival Quartiers libres, une nouvelle équipe se retrouve aux commandes de l’association Sasfé. Avec une volonté de changement, même si « l’idée de créer des dynamiques de pratiques artistiques, notamment dans les quartiers populaires, demeure plus que jamais » (extrait du programme). Quatre jours de festival sont prévus cette année entre le 4 et le 7 juin, avec plusieurs temps forts. On a ainsi rendez-vous le mercredi de 13h à 19h sur le plateau de Mistral, l’un des quartiers les plus enclavés de Grenoble, avec pêle-mêle une carte blanche offerte aux étudiants de Festiv’arts, un open graff avec Srek, figure grenobloise du street art... Le jeudi, ce sera à la Chaufferie (quartier à Abbaye-Jouhaux), entre 19h et minuit, que tout se passera, pour notamment un concert de deux membres du groupe de rap grenoblois Contratakerz et un open mic animé par Dee Nasty, DJ français axé hip-hop. Le vendredi de 20h à 1h, retour à Mistral, et plus précisément au Prunier sauvage (dont, au passage, on vous causera la semaine prochaine), pour là aussi une série de concerts. Et enfin, le samedi (« l’apothéose »), la Villeneuve sera à

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D’un quartier à l’autre

CONNAITRE | Arts de rue, concerts, banquet, parade : l’association Sasfé met les petits plats dans les grands cette année avec son festival Quartiers libres, voué à créer une émulation inter-quartiers par le biais d’une culture accessible et généreuse. Un treizième festival qui accompagne les 40 ans de la Villeneuve, avec un enthousiasme intact et une participation des habitants admirable. Rencontre avec Pauline Pipet, coordinatrice émérite. Propos recueillis par Laetitia Giry

Laetitia Giry | Vendredi 24 mai 2013

D’un quartier à l’autre

Parlez-nous de l’association…Pauline Pipet : L'association Sasfé est née en 1998 et organise le festival depuis 2000. Son objectif est de développer les échanges entre les quartiers avec la culture comme vecteur : à la fois avec les pratiques artistiques sous forme d’ateliers et le festival, ouvert à tous et gratuit. L’asso vit ainsi pour ces deux projets qui sont mêlés et se rejoignent le temps que dure le festival. Un projet, deux entités. Le but de ces deux entités étant toujours de rassembler ?Oui, on essaie de présenter des spectacles tous publics et sympathiques, décalés et poétiques, histoire d’offrir au public un autre regard sur le monde. L’objectif, c’est d’abord que ce soit un moment convivial, de fête, d’avoir des spectacles au pied de son immeuble. C’est aussi pour cela que l’on essaie de se déplacer de quartier en quartier et de tout présenter gratuitement dans les parcs et dans la rue. L’inscription dans le territoire est donc totale, tant géographiquement que socialement…

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Pas de quartiers !

CONNAITRE | La Villeneuve, outre le tristement célèbre discours que lui a consacré l’ex-président en 2010, s’illustre grâce au festival Quartiers Libres. Pour sa 12e édition, les festivités gagnent de nouveau le centre-ville, la caserne de Bonne et Saint-Bruno. L’occasion de revenir sur l’histoire de la manifestation avec Ségolène Clément, administratrice de l’association Sasfé et coordinatrice du projet. Benjamin Bultel

Aurélien Martinez | Vendredi 25 mai 2012

Pas de quartiers !

Sasfé a germé « dans les têtes de trois anciens habitants du quartier de la Villeneuve, en 1998 », raconte Ségolène Clément, membre de l’association depuis 10 ans et coordinatrice du projet. Face à la « carence culturelle du quartier par rapport au centre-ville », ils décident de « valoriser ses richesses » – les lieux mais aussi les habitants – autour de deux axes : un festival d’arts de rue et de musique, Quartiers Libres, et surtout la mise en place d’ateliers de sensibilisation aux arts tout au long de l’année. Faire entrer les arts dans les quartiers, voilà l’objectif que se donnent les membres de Sasfé en 2000 pour la première édition de Quartiers Libres. Au programme : spectacles, concerts et rencontres « au pied des immeubles, dans les parcs ou au coin des rues ». En plein air donc. « Notre volonté est de ne pas enfermer les gens », précise la jeune femme. Jolie formule à double sens qui résume bien cette volonté de faire sortir les habitants et de les ouvrir à toutes les formes de culture. Deux ans plus tard, le festival tente ses premiers pas en-dehors du quartier qui l’a vu naître et s’étend à Saint-Bruno et à Mistral, avec

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François Cau | Lundi 25 mai 2009

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Les têtes pensantes de l’association Sasfé ne s’en cachent pas, l’un des axes artistiques majeurs de Quartiers Libres réside dans la mise en avant de spectacles déambulatoires. L’occasion de mettre en valeur les travaux effectués par les habitants des quartiers tout au long de l’année lors des ateliers, of course, mais aussi de faire appel à des compagnies dont les spectacles, souvent génialement démesurés, font office de références en la matière. Cette année, on attend ainsi de pied ferme les spectaculaires marionnettes géantes de Babilonia, création de la compagnie Les Plasticiens Volants, les péripéties d’un homme voguant entre les sept merveilles du monde pour atteindre sa ville natale de Babilonia. Les quelques images qu’on a pu voir du show sont littéralement sidérantes, noient leur acteur dans l’ombre écrasante de superbes figurines grandiloquentes et, cerise sur l’opulent gâteau, le côté “machine de guerre“ des installations n’exclue nullement un caractère profondément poétique, bien au contraire – on ira tout de même confirmer cette première impression, histoire d’être sûr. Autre incontournable du festival, le spectacle proposé lui aussi en soirée de clôture, RUSHs, par

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CONNAITRE | Du haut de leurs dix années d’existence, le festival Quartiers Libres et l’association Sasfé restent plus que jamais fidèles à leur ligne conductrice : sensibiliser tous les publics aux joies intenses de l’émulation artistique. François Cau

François Cau | Lundi 25 mai 2009

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A la base du projet, la plus saine des utopies. Celle d’imaginer que la pratique artistique puisse être accessible à tous, en particulier dans les zones urbaines a priori les plus démunies en termes de propositions culturelles. Que cette initiation pragmatique puisse, si ce n’est forcément susciter des vocations à l’évidence frappante, du moins rassembler des énergies complémentaires, les encourager à se transcender à travers la création, et valoriser leurs efforts lors d’une manifestation annuelle mettant en valeur le travail de chacun. Pour ce faire, la démarche des membres de l’association Sasfé s’est ainsi divisée en deux temps : un travail mené tout au long de l’année dans des ateliers de sensibilisation (incluant des formations musicales de toutes sortes, des ateliers de création en tous genres, et cette année, un focus particulier sur l’écriture), qui trouvera son écho rêvé lors d’une manifestation annuelle faisant la part belle aux événements déambulatoires, le festival Quartiers Libres. Le tout faisant la jonction entre différents quartiers grenoblois, dans le but de créer une immixtion entre des populations pas forcément amenée à se croiser en dehors de ce cadre.

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