En vert et contre tous

CONNAITRE | Armés d’un bloc-notes en papier recyclable et d’un pantalon en toile de lin biologique, on est montés en tram sur le campus voir si le vert y était fluo, pomme ou plutôt pâle. Réponse mitigée. Aurélien Martinez

François Cau | Vendredi 2 octobre 2009

Pour quelqu'un qui débarque sur le campus grenoblois, le choc peut être rude : des grands bâtiments grisâtres rappelant des années où les architectes tentaient avec bonheur le tout béton, des parking ici et là remplis de voitures plus très fraîches, aucune poubelle pour le tri sélectif disponible ; mais des espaces verts conséquents, de nombreux transports en commun reliés à la fac, quelques panneaux solaires sur un toit… Le paradoxe saute aux yeux : on devine que le campus, vieux de cinquante ans, n'a pas été imaginé en priorité pour être écolo, mais que certains essaient tant bien que mal d'y remédier à l'heure où celui qui ne pense pas vert risque bien de finir totalement has-been. Parmi les têtes chercheuses écolos actives, on note une armada d'étudiants qui, par leurs différentes actions, espèrent bien faire évoluer les mentalités. En première ligne, agrégat de nombreuses initiatives, le syndicat Fac Verte, présenté par ses détracteurs (notamment certains de ses concurrents) comme une masse informe d'écolos bornés coupés des réalités étudiantes. Eux s'en défendent, évidemment, assurant que « tant que l'on peut mettre de l'environnement, on en met, mais on ne dira pas par exemple qu'il faut du bio à tout prix dans les restaurants universitaires si le prix du repas doit doubler » explique Jérôme, l'un des représentants. Il évoque ainsi une « écologie politique, où les questions environnementales sont indissociables des questions sociales ». Pour eux, le jugement sur la fac est sans appel : même s'ils reconnaissent des avancées (ils nous parlent du plan vert mis en place à l'université Joseph Fourier, en partenariat avec la junior entreprise du Département géographie), la volonté serait absente. Un exemple, cité par Davy (un autre membre du syndicat) : le plan campus décidé par le gouvernement, qui permet d'allouer des crédits supplémentaires à dix sites sélectionnés (dont Grenoble) en faveur de l'immobilier universitaire. « Les choix sont axés sur le neuf et beau, quitte à laisser des bâtiments mal isolés faire leur temps et polluer l'environnement » (même si le Plan Campus prévoit des rénovations obligatoires). Car le principal problème du campus vient de là : les anciennes constructions ne répondent plus du tout au normes environnementales actuelles. Certains étudiants mentionnent des salles de cours où, ne pouvant pas arrêter le chauffage, ils sont contraints d'ouvrir les fenêtres pour avoir moins chaud. Mais il y a aussi des problèmes de bonnes volontés : Davy nous cite l'exemple de l'UFR de physique qu'il voit sans cesse allumé, « même en pleine nuit ».

« Un modèle »

Bien sûr, loin de nous l'idée de tomber dans le pessimisme à outrance, car tout n'est pas gris sur le campus. Niveau transports, c'est même plutôt bon. Avec l'arrivée du tram au début des années 90, des parkings ont été détruits, remplacés par des nouveaux bâtiments (Maison des langues, IAE, Maison des sciences de l'homme…). Une seconde ligne relie le centre au campus depuis trois ans. On note aussi un réseau conséquent de bus, souvent bondés. Sur l'alimentation, quelques pistes sont explorées, notamment par le Crous : une des salles du resto U Barnave propose un menu en partie bio pour le même prix qu'un repas normal. Les facs elles-mêmes jouent le jeu (même si pas mal d'acteurs étudiants dénoncent un manque de moyens) : une personne s'occupe de ces questions dans chaque université (voir interview de Pierre Kermen). Pour ainsi conforter nos raisons d'espérer en l'avenir, on part du côté de l'Espace vie étudiante, inauguré en 2003, et devenu au fil du temps le fer de lance de l'écologie pratique sur le campus. On y rencontre Olivier Royer, le directeur des lieux qui essaie d'en faire « un modèle », malgré les défauts initiaux de la construction, « pas prévue pour l'ambition que l'association projette en elle ». Aujourd'hui, Eve consomme 8000 euros annuels en électricité, et 12000 en chauffage : « beaucoup trop ». Alors des initiatives sont menées, en concertation avec des étudiants. L'association l'Effet papillon a ainsi installé en 2007 des panneaux solaires sur le toit du bâtiment. Le bar fonctionne avec des gobelets consignés et réutilisables, le café est équitable et écolo… Olivier Royer souhaite aussi rejoindre l'opération Display menée par l'UE, qui donne des recommandations aux structures pour améliorer leur bilan carbone (« le nôtre est encore beaucoup trop élevé »). Et pourquoi pas ouvrir l'année prochaine, en partenariat avec une association de réinsertion, un point restauration pour proposer aux étudiants des produits bio et locaux. En espérant créer un véritable effet boule de neige verte sur le long terme.

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Blick Bassy et Dobet Gnahoré : l’Afrique et bien plus encore

MUSIQUES | Jeudi 22 octobre, on a rendez-vous à la Source avec deux artistes majeurs du paysage musical africain actuel.

Damien Grimbert | Mardi 20 octobre 2020

Blick Bassy et Dobet Gnahoré : l’Afrique et bien plus encore

C’est une création à ce jour inédite : d’un côté, deux artistes emblématiques de la diaspora africaine, Blick Bassy et Dobet Gnahoré, connus et célébrés aussi bien pour leurs talents de chanteurs et de compositeurs que pour leur paroles engagées et la fébrilité de leurs performances scéniques ; de l’autre, deux jeunes orchestres locaux regroupant près d’une cinquantaine de musiciens, Le Student Groove Orchestra et L’Orchestre des Campus de Grenoble, qui mettront leur talent en commun pour accompagner sur scène les deux artistes. Il faut dire aussi que les univers musicaux respectifs de ces derniers, riches d’un vaste chassé-croisé d’influences, se prêtent particulièrement bien à l’exercice. Grandi au Cameroun où il débute sa carrière dès les années 1990 avant de s’installer à Paris en 2005, Blick Bassy infuse ainsi volontiers ses compositions de teintes soul, folk, funk et pop, tandis que Dobet Gnahoré (en photo), née et élevée en Côte d’Ivoire avant de rejoindre la France en 1999, baigne sa musique dans un grand bain syncrétique où se rejoignent sonorités africaines mais également pop voire électroniq

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Où voir de la culture sur le campus grenoblois ?

ACTUS | Étudiants fraîchement débarqués à Grenoble ou installés depuis belle lurette mais pas très au fait de l'actualité culturelle locale, réjouissez-vous : le campus grenoblois regorge de salles et lieux culturels riches en propositions et disséminés un peu partout sur le domaine universitaire et au-delà. Rapide tour d'horizon.

Sandy Plas | Mardi 2 octobre 2018

Où voir de la culture sur le campus grenoblois ?

Sur le domaine universitaire L’Est On commence par la petite nouvelle, inaugurée l’an dernier, juste à côté d’Eve (l’Espace vie étudiant) : l’Est, pour Espace scénique transdisciplinaire. Un bâtiment qui dispose d’une salle de spectacle de 150 places afin d'accueillir des propositions étudiantes ou professionnelles, mais pas seulement. On y trouve également quatre studios de répétition, pour la danse, la musique et le théâtre, utilisés par les étudiants dans le cadre de leurs cours et par les assos étudiantes, dans leurs projets de création. 675 avenue centrale – campus / Tram B, C station Gabriel Fauré L’Amphidice

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Un Orchestre universitaire de Grenoble pour « donner aux jeunes l’occasion de reprendre confiance en la musique »

ACTUS | Alors que l'Orchestre universitaire de Grenoble continue de recruter de nouveaux musiciens amateurs pour 2018-2019, on a rencontré Patrick Souillot, son directeur musical. La saison s’annonce chargée, alors en avant maestro !

Alice Colmart | Mardi 2 octobre 2018

Un Orchestre universitaire de Grenoble pour « donner aux jeunes l’occasion de reprendre confiance en la musique »

Tous les mardis à 20h30, de doux airs musicaux s’échappent du 1 rue du Vieux-Temple à Grenoble, et plus précisément de la Salle Morillot où l'Orchestre universitaire de Grenoble répète. Créé en 1977 par des professeurs d’université et des chercheurs du CNRS, cet ensemble à l’origine destiné au personnel universitaire du campus a très vite conquis les étudiants. Car ici, ni le niveau, ni l’âge ne compte : chacun est libre de venir avec son instrument, et il n’y a pas de sélection à l’entrée. « L’idée principale était de donner aux jeunes l’occasion de reprendre confiance en la musique. Beaucoup ont abandonné pendant deux ans, lors de leur classe prépa par exemple. Travailler dans un collectif aide à reprendre plus facilement » explique Patrick Souillot, son chef d'orchestre également à la tête de la Fabrique Opéra (qui, chaque printemps au Summum, cherche à démocratiser l’opéra). Amateur, ouvert à tous mais pas laxiste, l’orchestre ne lésine pas sur l’exigence nous assure son patron. « C’est un orchestre avec une politique d’encadrement, des chefs professi

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Culture campus

CONNAITRE | Organisé depuis trois ans par l’association SEVE, Campus en Fête propose une semaine entière d’animations et de temps festifs sur le campus. On a sélectionné pour vous les incontournables, en nous penchant surtout sur les propositions musicales. Damien Grimbert

Damien Grimbert | Mardi 15 septembre 2015

Culture campus

Opportunité inégalable de repérer des associations dans lesquelles s’investir, de découvrir les principaux lieux de vie du campus ainsi que les nombreuses structures d’accompagnement mises à disposition des étudiants, et enfin (surtout) de lier connaissance et d’échanger avec de nouvelles personnes, la manifestation Campus en Fête propose également une flopée d’événements culturels dignes d’intérêt. Sans doute le plus fédérateur d’entre eux, le concert d’ouverture du jeudi à Eve, organisé en partenariat avec l’association Retour de Scène-Dynamusic, rassemble cette année encore une affiche des plus diversifiée apte à séduire le plus grand nombre. Après une première partie assurée par le très bon quatuor psych rock local Qasar et la jeune chanteuse reggae dancehall lyonnaise LMK, c’est la sensation groove The Buttshakers, déjà aperçue en 2011 au Cabaret frappé et plus récemment au Prunier Sauvage, qui se chargera de lancer les hostilités pour de bon. Portée par l’énergie incandescente de sa charismatique chanteuse Ciara Thompson, la soul rugueuse et teintée de rhythm’n’blues de la format

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La fac autrement

ACTUS | Quand on est étudiant, on se doit de travailler – un peu, beaucoup, passionnément ; c’est selon les envies ! On peut aussi nourrir son esprit différemment, en sortant au concert, au spectacle & co. Tour d’horizon des diverses possibilités proposées sur le campus.

Aurélien Martinez | Mardi 7 octobre 2014

La fac autrement

Un aquarium tout beau tout neuf Adieu la salle Condillac, bonjour l'Aquarium : l’espace culturel situé au cœur de la résidence Condillac, sur le campus universitaire, a récemment fait peau neuve. Nouveau look, nouveau nom. Des retards sur les travaux ont repoussé son inauguration initialement prévue fin septembre. Si tout va bien, il devrait être ouvert avant les vacances de la Toussaint. Entièrement géré par le Crous, l'endroit se veut être à « 90 % par et pour les étudiants » explique Diera Radafiarijaona du service culturel. Théâtre, musique, danse, conférences, expositions... : à l'Aquarium, tout est permis (ou presque). Pouvant accueillir jusqu'à 400 personnes debout, l'espace est polyvalent donc entièrement modulable, réaménagé à chaque événement. La salle est aussi prêtée gratuitement, en fin de journée, aux associations étudiantes pour leurs répétitions artistiques. En contrepartie : s'investir dans la vie du campus en proposant, par exemple, des représentations. L’Aquarium sera donc complémentaire de la salle Berlioz, située dans la résidence du même nom. Celle-ci aura d'ailleurs droit à son relooking total et sera fer

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Aux arts, étudiants

ARTS | Étudiant, viens donc faire le plein de culture afin d'éviter que ton cerveau ne se transforme en marmelade anglaise. Pour cela, rendez-vous au Musée de (...)

Charline Corubolo | Mardi 7 octobre 2014

Aux arts, étudiants

Étudiant, viens donc faire le plein de culture afin d'éviter que ton cerveau ne se transforme en marmelade anglaise. Pour cela, rendez-vous au Musée de Grenoble le mercredi 15 octobre avec ta carte étudiante et zéro euro en poche pour la soirée gratuite "Osez le musée". L'idée est de partir à la découverte des différents métiers de ce temple de l'art, du conservateur au documentaliste en passant par le technicien, au gré de déambulations libres dans les différentes salles. Cet événement, coup d'envoi de la saison étudiante 2014/2015 du musée, se terminera autour d'un verre. Et puisqu'il vaut mieux prévenir que guérir, et que tu ne veux pas risquer que ta matière grise ne devienne du pudding, rendez-vous aussi sur la fac. Organisé par le service culture de l'Université Grenoble Alpes (renseignement au 04 76 81 61 90), "Campus des arts" propose à l'année des visites guidées et gratuites afin de découvrir les 40 sculptures dissimilées sur le campus. Tu pourras y croiser la trace de Venet, Morellet ou encore Leveque, qui ne sont pas des noms d'oiseaux mais bien des artistes contemporains.

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Les premières heures du 90.8

ACTUS | Comme beaucoup de villes en France (20 à l’heure actuelle), Grenoble possède son antenne de Radio Campus. Une station héritière des radios libres d’une grande richesse culturelle, où les émissions exigeantes et néanmoins accessibles à tous se succèdent. Et une radio loin d’être destinée qu’au seul public étudiant. On s'intéresse donc ici l’histoire de la fondation du 90.8, qui commença à émettre il y a tout juste 20 ans. Régis Le Ruyet

Aurélien Martinez | Vendredi 22 février 2013

Les premières heures du 90.8

L'embryon est presque une histoire personnelle. Début des années 90, Pedro Olivas a 19 ans. Bachelier, il quitte la campagne échirolloise pour le campus de Saint-Martin-d'Hères. « Au lycée, pour avoir de bonnes notes, tu fais ce que l'on te dit. Je suis fils d'ouvrier, je ne connais pas grand chose. D'un coup, la fac m'apparaît comme une ouverture. Je découvre la vie, je comprends qu'il y a plein de choses à faire et pas juste ce que l'on attend de toi. » Pedro cherche alors un endroit pour partager sa prise de conscience – pourquoi pas une radio ? – mais ne trouve rien. Jusqu’à ce qu’il tombe sur une annonce dans le journal du service orientation de l'UJF, l’université scientifique et médicale. Trois petites lignes qui disent en substance : "radio étudiante lyonnaise cherche personne sur Grenoble pour éventuel projet de radio". « Je suis un petit peu impressionné, je mets deux jours avant d'oser appeler. Je rencontre finalement Nicolas Croiset, l'un des responsables de Brume Lyon, la radio du campus lyonnais. » L’aventure s’enclenche. Dans la Brume électrique À l'époque, Brume Lyon est déjà affiliée à la jeune Fédération européenne de

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Radio Campus, collection 2012-2013

ACTUS | Lundi Dans le cadre d'un partenariat pédagogique, Radio Campus Grenoble ouvre son antenne le lundi matin dès 7h30 aux étudiants de l'Institut de la (...)

Régis Le Ruyet | Lundi 4 février 2013

Radio Campus, collection 2012-2013

Lundi Dans le cadre d'un partenariat pédagogique, Radio Campus Grenoble ouvre son antenne le lundi matin dès 7h30 aux étudiants de l'Institut de la communication et des médias, basé à Échirolles. Comme c'est un peu tôt pour un début de semaine, la demi-heure de Microcité est une rediffusion du direct enregistré le vendredi de 13h30 à 14h. À 13h, le relais de l'information est pris par les apprentis journalistes de l'Institut d'étude politique qui promettent d'être Radioactif au moins jusqu'à 14h chaque lundi. Au menu de ces deux programmes: de l'actualité, des dossiers, des débats et des invités. À 19h, place à This is Music, co-animé par Steven, Victor, Kevin et Quentin, le quatuor inspiré imprime à l'antenne leurs (The) "Verve" indie-pop. 20h: Antoine et Gabriel reprennent pour une heure et demi les micros dans Ces années rap, une émission sur..! Second duo, Thomas de Dig it et David de Louder alternent tous les quinze jours les prises de micro, mais souvent les deux compères se retrouvent pour distiller ensemble pépites funky et hip hop jusqu'à 22h30. Mardi

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Le pourcent qui fait mouche

ACTUS | Le campus a cinquante ans, et à l’époque de la "livraison" des constructions, il a pu bénéficier du "1% culturel", une procédure mise en place par l’État en (...)

Laetitia Giry | Lundi 8 octobre 2012

Le pourcent qui fait mouche

Le campus a cinquante ans, et à l’époque de la "livraison" des constructions, il a pu bénéficier du "1% culturel", une procédure mise en place par l’État en 1951 qui prévoit de consacrer à la création artistique 1 % du coût de construction d’un bâtiment public. C’est ainsi qu’une trentaine d’œuvres habite les lieux, de la Cornue de Calder (1974, photo) sur l’esplanade de la bibliothèque, à la sculpture Front (1971) de Pierre Székély face à l’entrée de l’UPMF. Un projet qui, on l’imagine bien, en a fait douter plus d’un en son temps, comme l’illustre l’anecdote que rapporte Jean-Louis Quermonne, ancien président de l’UPMF : « Je me suis retrouvé avec ma femme dans l’atelier de Calder en Touraine, et il nous a proposé la Cornue. Je me souviens de la réponse d’un éminent scientifique lorsque j’en ai parlé aux autres universités : "ferraille pour ferraille, faites ce que vous voulez !" » De fait, on les croise sans forcément les identifier, elles font partie du paysage – certaines, si on les regarde, si on les remarque, s’offrent sans conteste comme des œuvres d’art, d’autres se dévoilent de manière plus discrète et subtile. Les "utiles" par exemp

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Habeas campus

ACTUS | Le domaine universitaire de Grenoble fête ses 50 ans et c’est un événement. Avec ses 180 hectares et ses 40 000 étudiants et enseignants, c’est l’un des plus importants de France. Construit sur le modèle des campus américains, le campus, notre campus, est unique à plus d’un titre. Orlando Fernandes

Orlando Fernandes | Lundi 8 octobre 2012

Habeas campus

La lumière diurne du ciel de Saint-Martin d'Hères couvre l’espace estudiantin telle une nappe de soie, au-dessus des montagnes environnantes. Étudiants et enseignants avaient rendez-vous jeudi 4 octobre pour assister à la soirée de clôture des festivités du 50e anniversaire du campus de Grenoble. Stands artistiques, discours des représentants des universités, bar loufoque, pièce de théâtre… Les animations ne manquaient pas. Dès sa création en 1961, ce lieu de vie a été pensé et aménagé comme un campus à l’américaine. Année ô combien charnière puisque c’est également le moment où fut envoyé le premier homme dans l’espace, où fut lancé le premier jeu vidéo de l’Histoire et où la médaille d’or fut attribuée à Le Corbusier par l’American Institute of Architects. Cette année-là, Louis Weil sollicite le ministère de l’Éducation nationale afin d’ériger un campus sur la partie est de Grenoble. À l’époque, le domaine se limitait à quelques arbres, des bâtiments en construction et des champs à la ronde. Louis Néel, Prix Nobel de physique en 1970, directeur du Centre d’études nucléaires de Grenoble et Louis Weil, alors doyen de la faculté des sciences, sont hautement engagés dans l

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La nouvelle Eve

ACTUS | La Seve est la nouvelle association qui a été désignée en juillet dernier par les universités pour gérer Eve, l’Espace vie étudiante solidement implanté sur le campus. Retour sur un long feuilleton, toujours source de tensions, notamment du côté d’Éponyme, l’association historique qui s’était battue pour conserver la délégation de service public un temps menacée. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Lundi 8 octobre 2012

La nouvelle Eve

Un gros bordel : on peut résumer ainsi l’année universitaire que vient de vivre l’Espace vie étudiante. Lors de notre dernier numéro spécial étudiant (en septembre 2011), on titrait « Eve, couche-toi ? ». Notre dossier portait sur les déboires que rencontrait le lieu, dont le mode de gestion étudiant, unique en France, était remis en cause par le Pres (le Pôle de recherche et d’enseignement supérieur de Grenoble, regroupant les différentes universités en une même entité). Était envisagé « un mode de fonctionnement qui puisse allier plus facilement et efficacement l’implication et la responsabilisation des acteurs étudiants avec l’engagement de l’institution universitaire dans ce domaine » (communiqué du Pres). En ligne de mire, l’association Éponyme, aux commandes du bâtiment depuis 2004, en mode délégation de service public. Une délégation contestée par les présidents d’universités, qui se demandaient par exemple s’il était logique que des étudiants dirigent un bar – le Crous fut envisagé un moment pour tenir ce rôle à leur place. Levée de boucliers chez les membres d’Éponyme. « C’est déposséder les étudiants d’un projet qu’ils ont construit de le

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Charlot aux violons

MUSIQUES | L’idée d’un ciné-concert pour ouvrir différemment à la musique classique, Pierre Escudier et Frédéric Bouaniche, respectivement président et chef de l’Orchestre (...)

Régis Le Ruyet | Vendredi 23 mars 2012

Charlot aux violons

L’idée d’un ciné-concert pour ouvrir différemment à la musique classique, Pierre Escudier et Frédéric Bouaniche, respectivement président et chef de l’Orchestre des Campus de Grenoble, y songeaient depuis le printemps 2011. Après avoir un temps rêvé sur les trésors du cinéma russe, c’est finalement la musique du Cirque de Charlie Chaplin qui sera interprétée par les quatre-vingt musiciens de l’ensemble symphonique universitaire et amateur, lors de deux séances au cinéma Pathé Chavant, la seule salle pouvant accueillir un tel effectif sous l’écran. Dans ce film muet qui date de 1928, Charlot est pris pour un voleur par un agent de police. Pour lui échapper, l’auguste sans nez rouge se réfugie dans un cirque, où sa maladresse involontaire vient perturber le numéro du clown et réjouir le public. Mais la romance du vagabond avec l’écuyère et par ailleurs fille du patron annonce la valse aux déboires. Violoniste et pianiste, Charlie Chaplin écrivait lui-même la musique de ses films, des mélodies inspirées d’œuvres classiques ou d’airs populaires. Un marathon musical d’une heure douze préparé depuis la rentrée par les musiciens de cet orchestre qui fut créé en 2002 sous l’impulsion de

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Du côté des assos

ACTUS | Qu’est-ce qu’une délégation de service public ? Selon le droit français, il s’agit d’un « contrat par lequel une personne morale de droit public confie la (...)

François Cau | Lundi 10 octobre 2011

Du côté des assos

Qu’est-ce qu’une délégation de service public ? Selon le droit français, il s’agit d’un « contrat par lequel une personne morale de droit public confie la gestion d’un service public dont elle a la responsabilité à un délégataire public ou privé, dont la rémunération est substantiellement liée au résultat de l’exploitation du service. Le délégataire peut être chargé de construire des ouvrages ou d’acquérir des biens nécessaires au service.» Est-ce le meilleur moyen pour gérer l’Espace vie étudiante ? Le Pres n’en semble pas convaincu. Du côté des associations utilisatrices du bâtiment, on est « évidemment inquiets », au vu de la situation assez floue. Certaines regrettent notamment le délai très « court » des six mois de sursis, à la fin duquel il faudra trouver une solution, craignant des emballements possibles si les parties n’arrivent pas à communiquer sereinement durant ce laps de temps. Pourtant, « on ne se crispe pas autour de la DSP » explique-t-on par exemple du côté de Radio Campus. « D’autres formes peuvent être imaginées ; reste à savoir lesquelles ». Mais ce que les associations redoutent le plus, ce serait une pos

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« D’autres formes de partenariat »

CONNAITRE | Du côté des universités, l’argumentaire est rodé, diffusé via communiqué. Il ne s’agit pas de remettre en cause Eve, « lieu d’animation, de culture, de rencontre (...)

François Cau | Lundi 10 octobre 2011

« D’autres formes de partenariat »

Du côté des universités, l’argumentaire est rodé, diffusé via communiqué. Il ne s’agit pas de remettre en cause Eve, « lieu d’animation, de culture, de rencontre et d’engagement incontournable pour les étudiants grenoblois », mais de constater que « les difficultés organisationnelles et financières rencontrées ces dernières années montrent que des ajustements doivent probablement être opérés sur ces aspects de gestion du bâtiment et des services associés » – des difficultés que l’association Éponyme réfute catégoriquement (voir ci-contre). Concrètement, le Pres souhaite trouver, en concertation avec tous, « un mode de fonctionnement qui puisse allier plus facilement et efficacement l’implication et la responsabilisation des acteurs étudiants avec l’engagement de l’institution universitaire dans ce domaine ». Comprendre qu’il désire reprendre la main sur Eve, notamment sur le volet financier. Car la délégation de service public confiait la gestion totale du lieu aux étudiants. Or, pour le Pres, ces derniers ne sont pas censés développer une activité de cafetier, d’où le souhait de voir un opérateur privé entrer dans le jeu – le Crous sans doute.

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Eve couche-toi ?

ACTUS | Depuis sa création en 2003, l’Espace vie étudiante (Eve) est géré par une association d’étudiants. Mais les universités grenobloises envisagent aujourd’hui de remettre en cause cette délégation de service public, pour reprendre la main sur le bâtiment. Ce qui ne plaît pas, mais alors pas du tout, aux principaux intéressés. État des lieux pour comprendre tous les enjeux. AM

François Cau | Vendredi 7 octobre 2011

Eve couche-toi ?

Au cœur du campus, un lieu atypique déborde d’énergies, proposant un bar, des activités culturelles, des services pratiques… Cet eldorado, c’est Eve, doux acronyme féminin pour Espace vie étudiante. Olivier Royer, son directeur depuis le début, retrace l’historique avec nous. « C’est un projet qui remonte au milieu des années 90, au moment où Jospin est ministre de l’éducation nationale. Il constate un problème de locaux dans les universités du fait du passage de un à deux millions d’étudiants. Il met donc massivement de l’argent dans la construction de bâtiments, avec une petite somme allouée pour la réalisation de maisons des étudiants. C’est à ce moment-là qu’à Grenoble, un collectif d’associations – Les Rêveurs – se crée, pour travailler en relation avec les autorités universitaires afin d’imaginer ce que pourrait être cette maison des étudiants. » Rapidement, l’idée suscite l’intérêt des collectivités territoriales, et fin 2002, on arrive à l’édification d’un bâtiment de 900 m2, dédié dans la forme à la vie étudiante… mais dont personne ne sait encore réellement à quoi il va servir. « Les universités décident alors de partir sur un modèle de gestion de type dél

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Grenoble : le campus est-il de gauche ?

Numéro étudiant | Ce serait une évidence : si Lyon III ou Strasbourg sont des facs de droite, celle de Grenoble est colorée à gauche, pour diverses raisons (historiques, politiques…). Mythe ou réalité ? On a pris nos petites jambes, et on est montés sur le campus pour vérifier s’il était rouge, rose ou simplement gris.

Aurélien Martinez | Lundi 4 octobre 2010

Grenoble : le campus est-il de gauche ?

Mercredi 29 septembre. Le campus grenoblois s’offre à nous. Ou plutôt ses étudiants, que l’on s’empresse d’alpaguer. « Votre fac vous semble-t-elle colorée politiquement ? » Après quelques réponses interloquées (« il nous veut quoi, lui ? »), on rencontre deux étudiantes en histoire qui nous livrent le discours que l’on attendait. « Bien sûr, le campus grenoblois est à gauche. Ça s’est vu au moment des grèves étudiantes, extrêmement suivies à Grenoble, plus que dans les autres facs je pense. D’ailleurs, il n’y a qu’à voir les syndicats étudiants : ils sont quasiment tous à gauche. » Vérifications faites, on se rend compte en effet d’une prédominance locale des syndicats de gauche, et notamment de l’Unef, mastodonte national extrêmement bien implanté à Grenoble (ils revendiquent 700 adhérents). Gilles, secrétaire général adjoint de l’Unef Grenoble, justifie cet état de fait par une évidence : « Les étudiants, à mon avis, ont un problème quand ils sont de droite, ils n’ont pas compris quelque chose ! Être de gauche, c’est intrinsèque au milieu étudiant, on le voit à travers l’ensemble des campus : lors des élections universitaires, c’est to

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Pour dégriser l’avenir

CONNAITRE | Pierre Kermen, l’ancien adjoint à l’urbanisme de Michel Destot, est devenu chargé de mission développement durable au sein de l'université Joseph Fourier. C’est-à-dire ? Propos recueillis par AM

François Cau | Lundi 5 octobre 2009

Pour dégriser l’avenir

Petit Bulletin : En quoi consiste votre mission ?Pierre Kermen : C’est avant tout une volonté politique du Président de l'UJF Farid Ouabdesselam et de son équipe avec une nouvelle méthode. On essaie de mettre en œuvre une politique de développement durable qui touche toutes les compétences de l’UJF, et qui associe l’ensemble du personnel et des étudiants. Car ce n’est pas une idée qui doit partir d’en haut, chacun des acteurs de l’université devant se sentir impliqué dans cette démarche. Quelle était la situation lors de votre prise de fonction, il y a un an ?Dans le domaine des recherches et des formations, beaucoup de choses se font sur les questions du développement durable. On a de nombreuses recherches liées aux thématiques de l’environnement, comme avec notre laboratoire de glaciologie et géophysique de l’environnement, qui a participé à révéler les causes du dérèglement climatique. Certains chercheurs de l’UJF participent également au Giec [Groupe d'experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, NDLR]. Dans les domaines de l’expertise, on a donc une présence très forte, sur l’analyse de l’air,

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