A fond les manettes - Septembre 2010

CONNAITRE | Chaque mois, la sélection jeux vidéo du Petit Bulletin. Septembre 2010 : une love story pleine de bourre-pifs, des vers de terre lourdement armés, le retour d'une archéologue à la détente facile et dont le prénom n'est pas Indiana, une quête de vengeance à faire baver de plaisir le tandem Tarantino-Rodriguez et des Siciliens arrondissant leurs fins de mois à coups de fusils à pompe Remington : tout cela, c'est dans notre sélection de «jeux vidéo qu'il ne fallait pas manquer le mois dernier». Benjamin Mialot

François Cau | Vendredi 17 septembre 2010

 SCOTT PILGRIM VS. THE WORLD
(Ubisoft Montréal - Ubisoft) – Sur Playstation 3

Alors que les Anglo-saxons se bidonnent depuis plus d'un mois devant l'adaptation au cinéma par Edgar Wright (Shaun of the Dead) du roman graphique de Bryan Lee O'Malley, nous, pauvres Français, allons devoir patienter jusqu'en décembre pour voir de quel bois se chauffe Scott Pilgrim. Heureusement pour les fans de ce gentil branleur obligé de botter le derrière des sept ex maléfiques de sa dulcinée, l'adaptation vidéoludique de ses mésaventures est d'ores et déjà jouable sous la forme d'un bon vieux beat'em all des familles, et on vous la recommande. Pas tant pour son gameplay, défoulant mais guère moins répétitif que celui de ses glorieux ancêtres (Final Fight, Streets of Rage...) en dépit de son arsenal indécent et de son système de progression emprunté aux jeux de rôle, mais pour sa réalisation délicieusement old-school. Laquelle, de gros sprites pixelisés en musiques MIDI survitaminées, excuse une maniabilité trop rigide et une difficulté limite rébarbative. Carton jaune en revanche pour le versant coopératif uniquement disponible en local.

 LARA CROFT AND THE GUARDIAN OF LIGHT
(Crystal Dynamics - Square Enix) – Sur PC, Xbox 360 et Playstation 3

Ce n'est pas une défaillance de votre écran. N'essayez pas de régler l'image. Vous n'êtes pas en 1996. Non parce que mine de rien, cela va bientôt faire quinze ans que la pulpeuse aventurière a révolutionné le jeu d'aventure, et elle se porte même comme un charme depuis que les zigues de Crystal Dynamics l'ont arrachée des mains moyennement expertes de Core Design. Ce dixième épisode ne dit pas autre chose, d'autant qu'il se permet une fantaisie bienvenue en troquant la sempiternelle vue à la troisième personne pour une 3D isométrique des plus séduisantes. Au-delà de ce coup de plumeau graphique et d'un système de levelling anecdotique, c'est du Tomb Raider pur jus que propose Lara Croft & the Guardian of Light : sur la foi d'un scénario indigent à base d'artefacts et de démons, il vous faudra explorer d'antiques ruines et d'hostiles jungles, résoudre quantité d'énigmes et dézinguer de la créature oubliée à tour de bras. Sauf que le mélange d'action et de réflexion est si bien dosé et le mode coopératif à 2 si différent de l'aventure solo que cela fonctionne encore.

 MAFIA II
(2K Czech - 2K Games) – Sur PC, Xbox 360 et Playstation 3

Prendre en main l'ascension criminelle d'une petite frappe, voilà ce à quoi vous invite Mafia II. Ça vous rappelle un certain Grand Theft Auto ? Normal, reste que c'est là l'une des rares caractéristiques que partagent les deux séries. Comme son aîné, cet opus se distingue en effet radicalement de la licence phare de Rockstar Games en misant tout sur le scénario et l'ambiance au détriment du sentiment de liberté et de la profusion d'activités propre aux sandbox games. Un choix judicieux tant la noirceur et la causticité de ce nouvel opus se révèlent rapidement, à grands coups de missions scriptées et de dialogues ultra-punchy, dignes des classiques ciné du genre. Revers de la médaille, on a à peine le temps de profiter de la magnificence d'Empire Bay, relecture minutieuse d'une mégalopole nord-américaine des années 40 puis 50, qu'il nous faut déjà la quitter, tandis que les phases de gameplay les plus excitantes ne consistent pas tant à rosser la racaille irlandaise ou à jouer au chat et à la souris avec la police mais à zoner au volant d'un ersatz de coupé Chevrolet Bel-Air au rythme du Mister Sandman des Chordettes. Des regrets donc, mais quand même, quel pied.

 SHANK
(Kei Entertainment - Electronic Arts) – Sur Xbox 360 et Playstation 3

Les amateurs de scrolling horizontal, de 2D à la papa et de pif paf boum dans la face avaient une deuxième raison de se réjouir le mois dernier, et celle-ci s'appelle Shank. Shank est, en quelque sorte, au jeu vidéo ce qu'un film grindhouse est au cinéma : un truc outrancier et un peu con mais franchement fun. Shank, c'est avant tout le nom du héros de ce défouloir haut en couleurs, un type badass comme pas deux lancé à la poursuite des ravisseurs de sa dulcinée la tronçonneuse au poing. Ce n'est bien entendu pas le seul outil que maîtrise le bonhomme, le titre de Kei Entertaniment brillant par la variété d'outils et combos qu'il met à disposition du joueur. Cependant, comme dans le cas de Scott Pilgrim Vs. The World, cela ne l'empêche pas de sombrer rapidement dans la redite et la «bourrinitude». Une fois n'est pas coutume, l'esthétique de l'ensemble permet de s'affranchir de ces défauts. Diamétralement opposée à celle de son concurrent, celle de Shank repose sur une animation exemplaire, de somptueux environnements façon gravures et des compositions rock'n'roll sous influence mexicaine du plus bel effet. Bref, yabon.

 WORMS RELOADED
(Team 17) – Sur PC

Put*** dix ans ! Dix ans que l'on attendait que les développeurs de la franchise Worms reviennent aux fondamentaux qui firent du jeu originel paru en 1995 un indémodable de la stratégie au tour par tour : des équipes de lombrics sur le sentier de la guerre, pléthore d'armes et accessoires complètement loufoques (mouton explosif, bazooka, grappin, œuf surprise...), un graphisme 2D cartoony et coloré, et c'est tout. Pas de 3D illisible ou d'exploration spatiale, bref rien des tentatives hasardeuses qui, depuis la sortie de Worms World Party en 2000, faisaient grincer des dents les puristes, pour une fois à raison. Pour autant, Worms Reloaded n'est pas avare en nouveautés, principalement du côté du multijoueur, celui-ci disposant de toutes les fonctions communautaires que l'on est en droit d'attendre d'un titre aussi délirant et convivial en 2010 (éditeur de niveaux intuitif, chat vocal, classements...). Quant aux (vers) solitaires, ils peuvent passer leur chemin, le versant solo ne rivalisant pas une seule seconde question réflexion et rigolade.

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A fond les manettes - Novembre 2010

CONNAITRE | Chaque mois, la sélection jeux vidéo du Petit Bulletin. Novembre 2010 : du post-apocalyptique, du science-fictif, du gothique, du fabuleux et de l'onirique. Tout cela, c'est dans notre sélection des jeux qu'il ne fallait pas manquer le mois dernier. Benjamin Mialot

François Cau | Jeudi 25 novembre 2010

A fond les manettes - Novembre 2010

Fallout : New Vegas(Obsidian Entertainment / Bethesda Softworks) – Sur PC, PS3 et Xbox 360Un miracle du niveau la résurrection de Lazare, voilà ce qu'est New Vegas. La comparaison n'est pas trop forte quand on se souvient dans quel état les branques de Bethesda Softworks avait laissé Fallout, franchise phare du jeu de rôle : vidée de sa substance, de sa subtilité et de sa maturité. Des scories dont les développeurs d'Obsidian, légitiment portés au pinacle l'an passé à la sortie d'Alpha Protocol, ont fait table rase. Univers post-apocalyptique d'une cohérence à toute épreuve, dialogues taillés aux ciseaux pour bonsaï, personnages crédibles et pas monochromes, mécanismes impeccablement huilés (quêtes à tiroirs, caractéristiques déterminantes, gestion de la survie et de la réputation), humour et sous-texte sociologique sophistiqués, toute la sève des deux premiers opus coule dans ce spin-off, au point que l'inévitable héritage du troisième (interface mal pensée, moteur graphique périmé, vue à la première personne injustifiée) en devient supportable. Passionnant en l'état, inépuisable quand les modders auront pris les choses en main.

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A fond les manettes - Octobre 2010

CONNAITRE | Chaque mois, la sélection jeux vidéo du Petit Bulletin. Octobre 2010 : du «vroum», du «uuuungh», du «clac clac clac», du «kaboom» et du «woosh». Tout cela, c'est dans notre sélection des jeux qu'il ne fallait pas manquer le mois dernier.

François Cau | Mercredi 13 octobre 2010

A fond les manettes - Octobre 2010

F1 2010(Codemasters) – Sur PlayStation 3, Xbox 360 et PCLa dernière fois qu'un jeu de Formule 1 vous a vraiment fait vibrer, c'était quand ? Nous, en bons vieux cons, c'était en 1998 à la sortie de Grand Prix Legends. Non, pardon, c'était il y a une paire de semaines, lorsque l'on s'est lancé dans F1 2010. Il faut dire que son développeur n'est pas le premier venu puisqu'il s'agit de Codemasters, grand pourvoyeur de belles mécaniques de pixels avec les séries DiRT et GRID. Comme ces deux gammes, F1 repose sur un bel équilibre entre simulation pure et dure (désactivation des aides de conduite, nombreux réglages) et arcade décomplexée (déformations cosmétiques, menus intégrés). Graphiquement, l'Ego Engine maison fait des merveilles et, à grands renforts d'effets météo dynamiques et de circuits fidèlement reproduits, génère des sensations d'une crédibilité et d'une immersivité à toutes épreuves. Volant conseillé, cela va sans dire, d'autant que vous pourrez le rentabiliser avec le volet 2011, dont on espère qu'il exploitera à fond le prometteur volet «relations publiques» entrevu dans le mode Carrière.

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Qu’avez-vous fait de nos idoles ?

CONNAITRE | Jeux vidéos / La collusion entre cinéma et jeux vidéos se fait de plus en plus marquée. En témoignent ces titres, sortis récemment sur les principaux supports (PS2, X-Box, PC), dont le but est plus de fournir un compLément aux fans hardcore que de prolonger efficacement l’aventure visuelle. FC

Christophe Chabert | Mardi 3 janvier 2006

Qu’avez-vous fait de nos idoles ?

À l’époque de la sortie du film Silent Hill, on stigmatisait l’incapacité chronique d’Hollywood à donner une vie cinématographique à des franchises cultes dans la communauté vidéo-ludique. Mais que se passe-t-il lorsque l’émulation fonctionne dans l’autre sens ? Souvent le même effet de pure capitalisation d’un titre ancré dans l’inconscient collectif, en espérant que les clins d’œil appuyés à la légende effaceront les nombreuses scories du jeu. On commence par les pires : l’adaptation de la série 24 l’emporte haut la main. En dehors de la modélisation scrupuleuse des acteurs principaux (qui ont prêté leurs voix pour l’occase – sauf que quand on choisit bêtement de jouer en français, on subit une VF à se taper la tête contre les murs), 24 Heures Chrono le jeu vous embarque dans une intrigue linéaire au possible, truffée de cinématiques interminables et de mini-jeux aussi idiots que retors. Censé s’imposer comme le chaînon manquant entre les saisons 2 et 3, le produit ne fait que grossir de façon pas vraiment reluisante les défauts de la série. Autre trahison, et pas des moindres, le jeu Reservoir Dogs propose de reconstituer les ellipses du film. Vous pensiez que le premier chef-d’

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