A fond les manettes - Octobre 2010

CONNAITRE | Chaque mois, la sélection jeux vidéo du Petit Bulletin. Octobre 2010 : du «vroum», du «uuuungh», du «clac clac clac», du «kaboom» et du «woosh». Tout cela, c'est dans notre sélection des jeux qu'il ne fallait pas manquer le mois dernier.

François Cau | Mercredi 13 octobre 2010

F1 2010
(Codemasters) – Sur PlayStation 3, Xbox 360 et PC

La dernière fois qu'un jeu de Formule 1 vous a vraiment fait vibrer, c'était quand ? Nous, en bons vieux cons, c'était en 1998 à la sortie de Grand Prix Legends. Non, pardon, c'était il y a une paire de semaines, lorsque l'on s'est lancé dans F1 2010. Il faut dire que son développeur n'est pas le premier venu puisqu'il s'agit de Codemasters, grand pourvoyeur de belles mécaniques de pixels avec les séries DiRT et GRID. Comme ces deux gammes, F1 repose sur un bel équilibre entre simulation pure et dure (désactivation des aides de conduite, nombreux réglages) et arcade décomplexée (déformations cosmétiques, menus intégrés). Graphiquement, l'Ego Engine maison fait des merveilles et, à grands renforts d'effets météo dynamiques et de circuits fidèlement reproduits, génère des sensations d'une crédibilité et d'une immersivité à toutes épreuves. Volant conseillé, cela va sans dire, d'autant que vous pourrez le rentabiliser avec le volet 2011, dont on espère qu'il exploitera à fond le prometteur volet «relations publiques» entrevu dans le mode Carrière.
http://www.youtube.com/watch?v=Sta8EfhrA2M

Dead Rising 2
(Blue Castle / Capcom) – Sur PlayStation 3, Xbox 360 et PC

Twilight n'en serait pas l'écume, on s'abandonnerait volontiers à la vague vampiresque qui déferle actuellement sur le monde. Pas tant par intérêt pour les canines aiguisées que parce que la figure du zombie mérite une relève tant son utilisation est de moins en moins pertinente, à deux ou trois exceptions prêts. Dead Rising 2 en est une. Ce n'était pourtant pas gagné, quand on sait comme il est corsé de donner une descendance honorable à une œuvre labellisée « culte ». En troquant le mall du premier épisode pour un ersatz de Las Vegas, Blue Castle s'en tire avec les honneur. Le studio a non seulement préservé le cynisme de son modèle (hérité du Zombie de Romero) et son urgence (6h pour dénicher le vaccin qui sauvera la fillette du héros), mais aussi, grâce à un admirable souci du détail et un système de customisation d'armes bien foufou (super soaker + essence, hélicoptère radio-commandé + machette, on en passe et des meilleurs), bâti un terrain de jeu fourmillant de possibilités. Pas original pour un jeton, mais incroyablement fun, surtout en multi.
http://www.youtube.com/watch?v=eg_-KW70grQ

Amnesia – The Dark Descent
(Frictional Games) – Sur PC

Oubliez la brume fantomatique de Silent Hill, la brutalité crasseuse de Condemned, ou les traques en vue subjective de Siren : le jeu le plus flippant de l'Histoire a pour nom Amnesia, et on le doit aux Suédois de Frictional Games, déjà auteurs de la remarquée trilogie Penumbra. Amnesia en reprend les teintes lovecraftiennes pour les pousser à leur paroxysme. Les amateurs de grosses ficelles en seront pour leurs frais. Ici, on ne vide pas de chargeurs en sursautant sous les assauts de violons stridents. On chancèle, sans défense et en proie à une folie se nourrissant de l'obscurité, sur les traces d'un occultistes aux desseins inavouables, tandis que la survie passe par la recherche d'allumettes, la fuite face aux dangers qui rôdent et la résolution d'énigmes. A mi-chemin entre le survival et le point'n'click, impeccablement réalisé (voir les jeux de lumière et les bruitages) bien que techniquement grossier, prenant bien que raconté sans originalité (flashbacks, notes) Amnesia est une expérience unique dont peu verront la fin.
http://www.youtube.com/watch?v=JEHPwAvrc_U

R.U.S.E.
(Eugen Systems / Ubisoft) – Sur PlayStation 3, Xbox 360 et PC

Superdupont a de quoi être fier : avec R.U.S.E., les petits frenchies d'Eugen Systems, déjà auteurs d'un Act of War ayant fait forte impression auprès des généraux en herbe, font souffler un vent nouveau sur la stratégie en temps réelle. Comment ? En s'affranchissant des caractéristiques ô combien cadenassées du genre, principalement via l'introduction de « ruses », des capacités spéciales qui, si elles sont judicieusement dégainées, peuvent renverser le cours d'une bataille. Détourner l'attention de l'ennemi avec des troupes factices, camoufler des usines en un point stratégique ou recourir au silence radio pour se dérober au regard adverse... Telles sont, parmi d'autres, les manœuvres qui, associées à des fondamentaux (collecte de ressources, gestion tactique des troupes) dosés sans excès et une réalisation de haute tenue (on pourrait passer des heures à zoomer de la vue d'ensemble affichant des pions sur une carte à celle collant au plus près de l'action) font le sel d'un jeu qui dévoile tout son potentiel dans dans son versant en ligne.
http://www.youtube.com/watch?v=Ugz1O7IqRMw

Civilization V
(Firaxis / 2K Games) – Sur PC

Oops, we did it again. Nous avons laissé filer sans nous en rendre compte, tels des grains de sable dans les mains d'un lépreux, de nombreuses heures de notre vie. La faute à Sid Meier et ses acolytes de Firaxis qui viennent de prouver une énième fois que c'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleurs confitures, du moment qu'on y passe un bon coup de chiffon. Car Civilization V ne fait pas table rase du passé, loin s'en faut. On s'y attache, comme dans l'excellent opus précédent, à faire prospérer à travers les âges l'une des dix-huit civilisations au choix (Aztèques, Perses, Iroquois...) selon nombre d'axes de développement (économie, sciences, diplomatie...). La différence se joue sur le plan de quelques amputations dommageables (rendez-nous l'espionnage) et, surtout, de raffinements plus que bienvenus : refonte du pan militaire à coups de cases hexagonales façon wargame, apparition de Cités-Etats aux desiderata déterminants, interface nickel de clarté... Des bidouilles a priori mineurs mais qui au final confèrent à cette cinquième déclinaison une profondeur vertigineuse.
http://www.youtube.com/watch?v=6z5WbNMRe_g

Le périphérique du mois : PlayStation Move (Sony)
Faire comme les autres, mais en mieux, a de tout temps été un bon moyen de briller au firmament. Sera-ce le cas pour Sony et son Playstation Move ? Il est trop tôt pour le savoir, mais il est certain que ce nouvel engin, tout comme le futur Kinect de Microsoft, doit beaucoup au succès des nouvelles formes d'interactivité proposées par la Wii et la DS de Nintendo. Pour autant, si le Motion Controller partage de nombreuses similitudes avec la Wiimote (air de télécommande, dragonne...), son utilisation est indissociable d'un autre accessoire, le Playstation Eye, une caméra qui une fois installée détecte les positions successives la boule lumineuse surmonter ledit Controller. Qu'est-ce que ça change ? Pas mal de choses. Déjà, en matière de précision dans la reconnaissance des mouvements, on y gagne nettement. Ensuite, le PS Move devrait permettre, du moins on le souhaite, d'explorer plus avant les horizons attachés à la notion de réalité augmentée (découvrir à l'écran son salon investi par des créatures de synthèse, ce genre de choses...). Et puis il y a l'ergonomie made in Sony, garante d'une prise en mains exemplaire (le Navigation Controller, petite manette qui s'additionne au Motion Controller, ne fait pas exception) Là où le bat blesse, pour le moment, c'est au niveau des jeux compatibles avec le bazar. EyePet Move ? La même chose que le jeu d'origine, à savoir un fascinant tamagotchi du 3e millénaire, le confort d'utilisation en plus. Start the Party! ? Des mini-jeux pas franchement fendards et exploitant assez mal les propriétés du produit. Kung-Fu Rider ? Un postulat amusant (dévaler des rues sur une chaise de bureau) mais une jouabilité abominable. Sports Champion ? Pas grand chose à redire, mais on attend plus audacieux que du mime d'activités sportives. Le potentiel est donc bel et bien là. Plus qu'à espérer que des développeurs talentueux s'en emparent pour autre chose que de simples adaptations, aussi prometteuses soient-elles (Heavy Rain Move Edition, Dead Space Extraction).

Et aussi...
Darksiders (Vigil Games / THQ – Sur PC) : portage d'un bâtard de God of War et Zelda paru à l'origine sur Xbox 360 et PlayStation 3. Une réussite aussi inattendue que magistrale. Nerveux, , épique, exigeant et porté par le design over the top du dessinateur Joe Madureira, Darksiders connaitra une suite en 2011. Vivement.
Halo: Reach (Bungie / Microsoft – Sur Xbox 360) : un First-Person Shooter solide (multi varié et bien pensé, campagne solo engageante) mais surestimé (design Playskool, feeling mollasson), qui enchantera les accrocs de la série et fera hurler ses contempteurs. Un Halo quoi.
Last Window: Le secret de Cape West (Cing / Nintendo – Sur DS) : où l'on se demande pourquoi le jeu ne s'appelle pas Hotel Dusk 2. Même rendu rough inimitable des personnages, même maniabilité irréprochable, même focalisation sur le récit au détriment du gameplay. Même conclusion : un jeu d'aventure moyen mais un chouette polar interactif.
Metroid: Other M (Team Ninja / Nintendo – Sur Wii) : Une nouvelle preuve que Nintendo a le chic pour interdire à ses personnages iconiques (Mario, Link et ici Samus) le port des pantoufles. Impressionnant de frénésie, Other M trace une voie médiane entre les épisodes 2D d'antan et la série Prime et, malgré un scénar neuneu à s'en immoler au bec Bunsen, s'impose comme un sommet de l'action SF.

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A fond les manettes - Novembre 2010

CONNAITRE | Chaque mois, la sélection jeux vidéo du Petit Bulletin. Novembre 2010 : du post-apocalyptique, du science-fictif, du gothique, du fabuleux et de l'onirique. Tout cela, c'est dans notre sélection des jeux qu'il ne fallait pas manquer le mois dernier. Benjamin Mialot

François Cau | Jeudi 25 novembre 2010

A fond les manettes - Novembre 2010

Fallout : New Vegas(Obsidian Entertainment / Bethesda Softworks) – Sur PC, PS3 et Xbox 360Un miracle du niveau la résurrection de Lazare, voilà ce qu'est New Vegas. La comparaison n'est pas trop forte quand on se souvient dans quel état les branques de Bethesda Softworks avait laissé Fallout, franchise phare du jeu de rôle : vidée de sa substance, de sa subtilité et de sa maturité. Des scories dont les développeurs d'Obsidian, légitiment portés au pinacle l'an passé à la sortie d'Alpha Protocol, ont fait table rase. Univers post-apocalyptique d'une cohérence à toute épreuve, dialogues taillés aux ciseaux pour bonsaï, personnages crédibles et pas monochromes, mécanismes impeccablement huilés (quêtes à tiroirs, caractéristiques déterminantes, gestion de la survie et de la réputation), humour et sous-texte sociologique sophistiqués, toute la sève des deux premiers opus coule dans ce spin-off, au point que l'inévitable héritage du troisième (interface mal pensée, moteur graphique périmé, vue à la première personne injustifiée) en devient supportable. Passionnant en l'état, inépuisable quand les modders auront pris les choses en main.

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A fond les manettes - Septembre 2010

CONNAITRE | Chaque mois, la sélection jeux vidéo du Petit Bulletin. Septembre 2010 : une love story pleine de bourre-pifs, des vers de terre lourdement armés, le retour d'une archéologue à la détente facile et dont le prénom n'est pas Indiana, une quête de vengeance à faire baver de plaisir le tandem Tarantino-Rodriguez et des Siciliens arrondissant leurs fins de mois à coups de fusils à pompe Remington : tout cela, c'est dans notre sélection de «jeux vidéo qu'il ne fallait pas manquer le mois dernier». Benjamin Mialot

François Cau | Vendredi 17 septembre 2010

A fond les manettes - Septembre 2010

SCOTT PILGRIM VS. THE WORLD(Ubisoft Montréal - Ubisoft) – Sur Playstation 3Alors que les Anglo-saxons se bidonnent depuis plus d'un mois devant l'adaptation au cinéma par Edgar Wright (Shaun of the Dead) du roman graphique de Bryan Lee O'Malley, nous, pauvres Français, allons devoir patienter jusqu'en décembre pour voir de quel bois se chauffe Scott Pilgrim. Heureusement pour les fans de ce gentil branleur obligé de botter le derrière des sept ex maléfiques de sa dulcinée, l'adaptation vidéoludique de ses mésaventures est d'ores et déjà jouable sous la forme d'un bon vieux beat'em all des familles, et on vous la recommande. Pas tant pour son gameplay, défoulant mais guère moins répétitif que celui de ses glorieux ancêtres (Final Fight, Streets of Rage...) en dépit de son arsenal indécent et de son système de progression emprunté aux jeux de rôle, mais pour sa réalisation délicieusement old-school. Laquelle, de gros sprites pixelisés en musiques MIDI survitaminées, excuse une maniabilité trop rigide et une difficulté limite rébarbative. Carton jaune en revanche pou

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Qu’avez-vous fait de nos idoles ?

CONNAITRE | Jeux vidéos / La collusion entre cinéma et jeux vidéos se fait de plus en plus marquée. En témoignent ces titres, sortis récemment sur les principaux supports (PS2, X-Box, PC), dont le but est plus de fournir un compLément aux fans hardcore que de prolonger efficacement l’aventure visuelle. FC

Christophe Chabert | Mardi 3 janvier 2006

Qu’avez-vous fait de nos idoles ?

À l’époque de la sortie du film Silent Hill, on stigmatisait l’incapacité chronique d’Hollywood à donner une vie cinématographique à des franchises cultes dans la communauté vidéo-ludique. Mais que se passe-t-il lorsque l’émulation fonctionne dans l’autre sens ? Souvent le même effet de pure capitalisation d’un titre ancré dans l’inconscient collectif, en espérant que les clins d’œil appuyés à la légende effaceront les nombreuses scories du jeu. On commence par les pires : l’adaptation de la série 24 l’emporte haut la main. En dehors de la modélisation scrupuleuse des acteurs principaux (qui ont prêté leurs voix pour l’occase – sauf que quand on choisit bêtement de jouer en français, on subit une VF à se taper la tête contre les murs), 24 Heures Chrono le jeu vous embarque dans une intrigue linéaire au possible, truffée de cinématiques interminables et de mini-jeux aussi idiots que retors. Censé s’imposer comme le chaînon manquant entre les saisons 2 et 3, le produit ne fait que grossir de façon pas vraiment reluisante les défauts de la série. Autre trahison, et pas des moindres, le jeu Reservoir Dogs propose de reconstituer les ellipses du film. Vous pensiez que le premier chef-d’

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