A fond les manettes - Novembre 2010

CONNAITRE | Chaque mois, la sélection jeux vidéo du Petit Bulletin. Novembre 2010 : du post-apocalyptique, du science-fictif, du gothique, du fabuleux et de l'onirique. Tout cela, c'est dans notre sélection des jeux qu'il ne fallait pas manquer le mois dernier. Benjamin Mialot

François Cau | Jeudi 25 novembre 2010

Fallout : New Vegas
(Obsidian Entertainment / Bethesda Softworks) – Sur PC, PS3 et Xbox 360
Un miracle du niveau la résurrection de Lazare, voilà ce qu'est New Vegas. La comparaison n'est pas trop forte quand on se souvient dans quel état les branques de Bethesda Softworks avait laissé Fallout, franchise phare du jeu de rôle : vidée de sa substance, de sa subtilité et de sa maturité. Des scories dont les développeurs d'Obsidian, légitiment portés au pinacle l'an passé à la sortie d'Alpha Protocol, ont fait table rase. Univers post-apocalyptique d'une cohérence à toute épreuve, dialogues taillés aux ciseaux pour bonsaï, personnages crédibles et pas monochromes, mécanismes impeccablement huilés (quêtes à tiroirs, caractéristiques déterminantes, gestion de la survie et de la réputation), humour et sous-texte sociologique sophistiqués, toute la sève des deux premiers opus coule dans ce spin-off, au point que l'inévitable héritage du troisième (interface mal pensée, moteur graphique périmé, vue à la première personne injustifiée) en devient supportable. Passionnant en l'état, inépuisable quand les modders auront pris les choses en main.
Castlevania : Lords of Shadow
(MercurySteam Entertainment / Konami) – Sur PS3 et Xbox 360
Celui-ci, on aurait pu l'affubler de la distinction «sucker punch du mois». Manière de dire qu'on ne l'a pas vu venir et qu'il nous a cloué sur notre canapé. On n'y est pour rien : jusqu'à présent, Castlevania rimait avec jeu de plates-formes pour gothiques non allergiques à la couleur, alors le retrouver sous la forme d'un beat'em all empruntant à la fois au gigantisme contemplatif de Shadow of the Colossus et à la barbarie décomplexée de God of War... Ceci étant, les noces de ces inspirations un chouïa trop prégnantes et des canons de la franchise (bestiaire aux airs de traité de folklore horrifique, bande-son savoureusement emphatique, environnements dont la diversité n'a d'égale que l'unité de ton de leur addition, challenge à la hauteur de l'épopée narrée, progression par acquisition d'objets et techniques bien échelonnée) sont si réussies qu'on se demanderait presque pourquoi elles n'ont pas été célébrées plus tôt. Presque. Suivez notre regard jusqu'à la caisse enregistreuse la plus proche.
Vanquish
(PlatinumGames / Sega) – Sur PS3 et Xbox 360
Il est des personnes dont la capacité à changer tout ce qu'elles touchent en or ou, dans le cas de PlatinumGames, en platine, inspire autant l'admiration que la jalousie. Il faut dire que le studio affiche aujourd'hui l'un des plus beaux palmarès de l'industrie avec Bayonetta (plus grand beat'em all du vingt-et-unième siècle), MadWorld (titre le plus subversif de la gentillette Wii), Infinite Space (space opera aussi profond que confidentiel) et maintenant Vanquish, third-person shooter d'exception conçu par le papa de Resident Evil. Pourquoi d'exception ? Parce que son design SF est racé et ses animations d'une rare élégance. Parce que sa jouabilité, tout en tirant le meilleur du sempiternel système de couverture propre au genre, est enrichie de plein de petites choses (corps-à-corps, glissades à la Tribes, mode bullet time...). Parce qu'il est tout simplement d'une exigence et d'une intensité dont est incapable la concurrence. Oui, on parle de Gears of War et de ses héros à la mobilité et à la vulnérabilité de tanks embourbés dans un camp de chasseurs à sarbacanes.
Enslaved
(Ninja Theory / Namco Bandai) – Sur PS3 et Xbox 360
Enslaved ne pouvait être que nous séduire, pour la simple et bonne raison qu'il est, à l'instar du manga Dragon Ball ou de l'opéra Monkey to the West de Damon Albarn, librement inspiré du "Voyage en occident". Kézako ? L'un des quatre grands classiques du roman chinois («Les Quatre Livres extraordinaires»), écrit au XVIe siècle et contant les pérégrinations fantastiques d'un bonze en route pour l'Inde. Dans les faits, on incarne Monkey, colosse aux pieds agiles, embarqué malgré lui par une jolie rouquine dans une fuite en avant mouvementée à travers des ruines infestées de créatures mécaniques et dévorées par la végétation. Un postulat casse-gueules (de la complicité poétique façon Ico à l'assistanat lourdingue d'un Prince of Persia, il n'y a qu'un pas) dont Ninja Theory tire une belle épopée, familière dans son déroulé (alternance de baston et de galipettes à la prise en main intuitive) et atypique dans son rendu (cette luxuriance, ces couleurs, ça nous change des déserts caca d'oie dont se contente 95% de la production contemporaine).
A Shadow's Tale
(Hudson Soft / Konami) – Sur Wii
On a bien failli passer à côté de ce petit bijou et, si tel avait été le cas, on s'en serait mordu les doigts jusqu'à en faire des saucisses cocktail. Car A Shadow's Tale est l'archétype même de ce qu'on appelait amoureusement, avant que tout le monde n'y aille de sa bouse conceptuelle et de son bricolage viral, un jeu indé, soit un produit compensant un manque criant de moyens par de bonnes idées. Le titre d'Hudson Soft n'en manque pas et toutes découlent de son pitch : enfermé au sommet d'une tour, le héros se voit priver de son ombre et c'est elle que l'on va aider à retrouver son corps. Conséquence immédiate, on ne peut interagir qu'avec d'autres ombres, aidé en cela pour une fée capable de déplacer des objets physiques et de modifier la position d'une source de lumière. Autant dire qu'il convient de se creuser la caboche pour avancer, surtout que les énigmes et embuches parsemant l'ascension sont de plus en plus stimulantes. Finir le jeu à 100% relève quasiment du sacerdoce, mais l'ambiance unique du titre et l'ingéniosité de ses jeux de lumière suffisent à le surmonter.
Le remake du mois
NBA Jam
(EA Sports / Electronic Arts) – Sur PS3, Xbox 360 et Wii
On vous parle d'un temps, que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. Un temps où l'on passait des après-midi entiers à hurler «Boomshakalaka !» en enchaînant des dunks farfelus à base de plexiglas explosé et de rotations à 360°. On vous parle de NBA Jam, tout juste remis au goût du jour sans rien perdre de son fun (joueurs caricaturaux, commentaires enflammés) et de sa frénésie (2 contre 2, petite surface de jeu, bousculades impunies) mais avec un net gain d'équilibre et de fluidité. Malgré la licence officielle, les amateurs de ballons orange et de réalisme sportif passeront leur chemin jusqu'à l'indétrônable NBA 2K11 édité par 2K Sports. Les autres, ceux qui émulent régulièrement des parties du Street Hoop de la Neo-Geo, peuvent investir les yeux fermés. Et puisqu'on parle old-school, signalons en passant la disponibilité du premier épisode de Sonic the Hedgehog 4, pas original pour un sou mais assez jouissif pour patienter jusqu'à la sortie de Sonic Colours.
Et aussi...
Fable 3 (Lionhead Studios / Microsoft Games – Sur Xbox 360) : On ne change pas une formule qui gagne, ou si peu. Plus sombre, mieux doté sur le plan coopératif et (malheureusement) plus facile que ses prédécesseurs, Fable 3 est un chouette conte interactif, avec ce que cela comporte d'ambiguïté morale et de rebondissements épiques.Cities XL 2011 (Monte Cristo Multimédia / Focus Home Interactive – Sur PC) : D'une ambition inversement proportionnelle à son succès, Cities Xl a précipité la chute de ses créateurs. La version 2011 de ce city builder made in France, expurgée du mode multijoueur à abonnement et augmentée de bouts de gameplay qui faisaient cruellement défaut (les transports en commun en tête), est un chant du cygne de haute tenue.Drakensang : The River of Time (Radon Labs / DTP Entertainment – Sur PC) : Un excellent jeu de rôle à la teutonne, c'est-à-dire également touffu (règles complexes, durée de vie chiffrée en dizaines d'heures) et gratifiant. Ça ne vaut pas encore un bon vieux lancer de dés entre deux parts de pizzas froides, mais ça s'en rapproche.Professeur Layton et le destin perdu (Level-5 – Sur DS) : Troisième épisode du casseur d'énigmes le plus célèbre de la planète vidéoludique, et toujours aucun signe d'essoufflement à déplorer. Les personnages sont toujours aussi croquignols, les casse-têtes toujours aussi variés et nombreux, la réalisation toujours aussi soignée. Un vrai travail d'artisan.Rock Band 3 (Harmonix / Electronic Arts - Sur PS3, Xbox 360 et Wii) : La nouvelle référence du jeu musical, pour peu qu'on ait les moyens financiers de s'y adonner. En ajoutant le support d'un clavier et un mode pro rapprochant l'expérience d'un véritable apprentissage, Harmonix et EA enterrent définitivement la concurrence (à l'exception de DJ Hero, dont le deuxième volet vient de paraître et vaut le détour).

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A fond les manettes - Octobre 2010

CONNAITRE | Chaque mois, la sélection jeux vidéo du Petit Bulletin. Octobre 2010 : du «vroum», du «uuuungh», du «clac clac clac», du «kaboom» et du «woosh». Tout cela, c'est dans notre sélection des jeux qu'il ne fallait pas manquer le mois dernier.

François Cau | Mercredi 13 octobre 2010

A fond les manettes - Octobre 2010

F1 2010(Codemasters) – Sur PlayStation 3, Xbox 360 et PCLa dernière fois qu'un jeu de Formule 1 vous a vraiment fait vibrer, c'était quand ? Nous, en bons vieux cons, c'était en 1998 à la sortie de Grand Prix Legends. Non, pardon, c'était il y a une paire de semaines, lorsque l'on s'est lancé dans F1 2010. Il faut dire que son développeur n'est pas le premier venu puisqu'il s'agit de Codemasters, grand pourvoyeur de belles mécaniques de pixels avec les séries DiRT et GRID. Comme ces deux gammes, F1 repose sur un bel équilibre entre simulation pure et dure (désactivation des aides de conduite, nombreux réglages) et arcade décomplexée (déformations cosmétiques, menus intégrés). Graphiquement, l'Ego Engine maison fait des merveilles et, à grands renforts d'effets météo dynamiques et de circuits fidèlement reproduits, génère des sensations d'une crédibilité et d'une immersivité à toutes épreuves. Volant conseillé, cela va sans dire, d'autant que vous pourrez le rentabiliser avec le volet 2011, dont on espère qu'il exploitera à fond le prometteur volet «relations publiques» entrevu dans le mode Carrière.

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A fond les manettes - Septembre 2010

CONNAITRE | Chaque mois, la sélection jeux vidéo du Petit Bulletin. Septembre 2010 : une love story pleine de bourre-pifs, des vers de terre lourdement armés, le retour d'une archéologue à la détente facile et dont le prénom n'est pas Indiana, une quête de vengeance à faire baver de plaisir le tandem Tarantino-Rodriguez et des Siciliens arrondissant leurs fins de mois à coups de fusils à pompe Remington : tout cela, c'est dans notre sélection de «jeux vidéo qu'il ne fallait pas manquer le mois dernier». Benjamin Mialot

François Cau | Vendredi 17 septembre 2010

A fond les manettes - Septembre 2010

SCOTT PILGRIM VS. THE WORLD(Ubisoft Montréal - Ubisoft) – Sur Playstation 3Alors que les Anglo-saxons se bidonnent depuis plus d'un mois devant l'adaptation au cinéma par Edgar Wright (Shaun of the Dead) du roman graphique de Bryan Lee O'Malley, nous, pauvres Français, allons devoir patienter jusqu'en décembre pour voir de quel bois se chauffe Scott Pilgrim. Heureusement pour les fans de ce gentil branleur obligé de botter le derrière des sept ex maléfiques de sa dulcinée, l'adaptation vidéoludique de ses mésaventures est d'ores et déjà jouable sous la forme d'un bon vieux beat'em all des familles, et on vous la recommande. Pas tant pour son gameplay, défoulant mais guère moins répétitif que celui de ses glorieux ancêtres (Final Fight, Streets of Rage...) en dépit de son arsenal indécent et de son système de progression emprunté aux jeux de rôle, mais pour sa réalisation délicieusement old-school. Laquelle, de gros sprites pixelisés en musiques MIDI survitaminées, excuse une maniabilité trop rigide et une difficulté limite rébarbative. Carton jaune en revanche pou

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Qu’avez-vous fait de nos idoles ?

CONNAITRE | Jeux vidéos / La collusion entre cinéma et jeux vidéos se fait de plus en plus marquée. En témoignent ces titres, sortis récemment sur les principaux supports (PS2, X-Box, PC), dont le but est plus de fournir un compLément aux fans hardcore que de prolonger efficacement l’aventure visuelle. FC

Christophe Chabert | Mardi 3 janvier 2006

Qu’avez-vous fait de nos idoles ?

À l’époque de la sortie du film Silent Hill, on stigmatisait l’incapacité chronique d’Hollywood à donner une vie cinématographique à des franchises cultes dans la communauté vidéo-ludique. Mais que se passe-t-il lorsque l’émulation fonctionne dans l’autre sens ? Souvent le même effet de pure capitalisation d’un titre ancré dans l’inconscient collectif, en espérant que les clins d’œil appuyés à la légende effaceront les nombreuses scories du jeu. On commence par les pires : l’adaptation de la série 24 l’emporte haut la main. En dehors de la modélisation scrupuleuse des acteurs principaux (qui ont prêté leurs voix pour l’occase – sauf que quand on choisit bêtement de jouer en français, on subit une VF à se taper la tête contre les murs), 24 Heures Chrono le jeu vous embarque dans une intrigue linéaire au possible, truffée de cinématiques interminables et de mini-jeux aussi idiots que retors. Censé s’imposer comme le chaînon manquant entre les saisons 2 et 3, le produit ne fait que grossir de façon pas vraiment reluisante les défauts de la série. Autre trahison, et pas des moindres, le jeu Reservoir Dogs propose de reconstituer les ellipses du film. Vous pensiez que le premier chef-d’

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