Bad boy du cool

Régis Le Ruyet | Vendredi 17 février 2012

Documentaire / Chet Baker restera comme la figure de l'ange trompettiste jusqu'à son grand saut inexpliqué depuis la fenêtre d'un hôtel d'Amsterdam en 88. Dans Let's get lost tourné quelques mois avant sa mort, Chet est vivant. 57 ans d'une vie opiacée de route et de déroute que racontent l'intéressé et des proches rencontrés par le photographe et cinéaste Bruce Weber. À l'origine, Chet est apparu sur la scène du jazz dans les années 50, artiste surdoué et physique d'apollon: musiques et photos le rendront immortel. Il est d'abord membre du quintet de Charlie Parker, le plus grand des saxophonistes, puis va rejoindre le jazz cool et west coast de Gerry Mulligan avant de voler de ses propres ailes. Sensuel et vaporeux à la trompette comme au chant, Chet a de nombreux atouts pour charmer les sirènes, les entretiens des épouses et maîtresses livrent d'ailleurs quelques sourds règlements de compte. Cependant, en prince de la déglingue, son jeu comme sa vie font des étincelles, de celles qui allument les étoiles bonnes et parfois mauvaises comme en 1966 à San Francisco où cinq dealers lui font sauter les dents. Proposé par l'association Dolce Cinema, ce film immanquable trace dans un noir et blanc enfumé la vie tumultueuse d'un cramé du jazz qui brûla les planches et son existence.
Régis Le Ruyet

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"Born to be blue" : de déchet à Chet (Baker)

ECRANS | de Robert Budreau (G.-B-E.-U.-Can., 1h37) avec Ethan Hawke, Carmen Ejogo, Callum Keith Rennie…

Vincent Raymond | Lundi 9 janvier 2017

1966. Vaincu par ses addictions, Chet Baker n’est plus ce James Dean du jazz qu’il a été. Mais la rencontre avec la belle Jane, à la faveur du tournage d’un film hommage, l’encourage à entreprendre une renaissance. Ce ne sera pas la première, ni la dernière… La douloureuse trajectoire torve de Baker appartient à cette mythologie du jazz faite de cycles de grandeur-déchéance, de caves enfumées et d’ivresses prolongées ; en cela, elle est éminemment cinématographique. Encore faut-il savoir y prélever les éléments les plus saillants, et confier cette réelle mission à un comédien inventif, capable de surcroît d’éviter l’odieux piège de la surcomposition. Ethan Hawke, décidément abonné aux vieilles gloires éthyliques (voir Les 7 mercenaires), se révèle excellent pour interpréter la partition du bugliste à la voix d’ange et au visage de jeune premier désespéré. Dans cette élégie élégante et délicate, jouant parfois avec sa propre structure et faisant fi de toute prétention, il don

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