Les instants T

Aurélien Martinez | Jeudi 27 juin 2013

Photo : Lionel Baboulin


Comme on l'a déjà écrit dans notre supplément festivals paru la semaine passée, nous avons une tendresse toute particulière pour l'Arpenteur, manifestation de qualité qui se déroule chaque début d'été dans la commune montagneuse des Adrets-en-Belledonne. Spectacles, concerts, déambulations... : l'équipe aux commandes (l'association Scènes obliques) propose toujours une programmation originale et exigeante, mêlant donc les esthétiques mais aussi les artistes, entre grands noms et découvertes. On ne fera pas la liste ici des réjouissances parce que 1/ l'agenda est fait pour ça, et 2/ nous n'avons quasiment rien vu en amont. On peut simplement vous conseiller le Premier amour du Grenoblois André Le Hir, d'après le texte de Beckett : un monologue d'une grande finesse campé par un comédien hypnotique. On retiendra aussi le concert que donnera Peau, autre régionale de l'étape. Elle sortira son deuxième album fin août, porté par le titre Instant T, bluette faussement naïve à la Émilie Simon (la référence qu'on lui fait toujours !). Mais on en reparlera plus longuement en temps voulu. 

 Aurélien Martinez


Peau

Chanson
Mairie - Les Adrets Adrets
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Premier amour

De Samuel Beckett, par André Le Hir. Ce monologue évoque la rencontre entre une prostituée et un homme perdu, du point de vue de ce dernier.
le Bivouac Salle Pelloux-Prayer Adrets
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Cimes artistiques avec le Festival de l'Arpenteur

SCENES | « Rien n'interdit de penser que tout se passera bien cet été », nous avait déclaré en avril Antoine Choplin, directeur artistique de l'Arpenteur, emblématique (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 2 juillet 2021

Cimes artistiques avec le Festival de l'Arpenteur

« Rien n'interdit de penser que tout se passera bien cet été », nous avait déclaré en avril Antoine Choplin, directeur artistique de l'Arpenteur, emblématique festival isérois (depuis 25 ans tout de même). Il avait donc raison ! Après une édition 2020 en modèle réduit, on retrouvera ainsi avec plaisir, début juillet, cet événement montagnard à la programmation souvent haut de gamme entre spectacles, concerts et à-côtés divers – banquet pentu, promenade littéraire, bivouac sous les étoiles... C'est que le village des Adrets-en-Belledonne, à 30 minutes de Grenoble, et ses alentours offrent un cadre absolument splendide pour ce genre d'expériences artistiques originales. Bien sûr, et c'est même le cœur de l'Arpenteur, il y aura également des formes plus classiques pendant la semaine de festival : un bd-concert (Là où vont nos pères d'après l’œuvre phare de l'Australien Shaun Tan, prix du meilleur album au Festival d'Angoulême 2008), un solo théâtral (Cl

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L’Arpenteur : « Rien n’interdit de penser que tout se passera bien cet été »

Festival | Alors que, faute de perspectives rassurantes, certains gros festivals d’été commencent à être annulés, d’autres, plus petits, veulent tout de même y croire. C’est le cas de l’Arpenteur, passionnante manifestation pluridisciplinaire dont la 26e édition est annoncée du 3 au 10 juillet aux Adrets-en-Belledonne, près de Grenoble. On a passé un coup de fil à son directeur Antoine Choplin pour en savoir plus.

Aurélien Martinez | Mardi 13 avril 2021

L’Arpenteur : « Rien n’interdit de penser que tout se passera bien cet été »

« Bonjour. Nous sommes heureux de vous confirmer que Scènes obliques maintient la 26e édition du Festival de l'Arpenteur qui se déroulera du 3 au 10 juillet 2021, aux Adrets-en-Belledonne (Isère). » Si le monde de la culture est toujours à l’arrêt du fait de la pandémie (avec un flou total quant à la date de la réouverture des lieux culturels), des festivals d’été pensent déjà à l’après. C’est le cas de l’Arpenteur donc, petite manifestation aux grandes ambitions (« théâtre pentu et parole avalancheuse », dixit son sous-titre) qui se déroule chaque été dans la montagne près de Grenoble. Même si cette annonce n’engage l’équipe qu’à l’instant T, comme nous l’a expliqué le directeur artistique Antoine Choplin. « Jusqu’à très récemment, j’ai travaillé avec naïveté et candeur en me disant qu’il n’y aura aucun problème cet été – contrairement à l’an passé [le festival avait été annulé, et un petit événement de remplacement organisé – NDLR]. Mais depuis quelques semaines et le nouveau confinement, on se dit que ça ne sera peut-être pas aussi simple. » Pourtant, il veut quand même y croire,

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Fenêtres sur Grenoble

Tourisme | Même s’il a provisoirement fermé ses portes au public, l’Office de tourisme de Grenoble Alpes Métropole n’a pas renoncé à mieux faire connaître la ville aux curieux. Plusieurs de ses initiatives récentes en témoignent. Revue de détail.

Martin de Kerimel | Vendredi 13 novembre 2020

Fenêtres sur Grenoble

Des conférences… en ligne ! Il vous est déjà arrivé de déambuler dans les rues de Grenoble en suivant un guide qui vous raconte l’histoire de la ville et/ou vous dévoile les détails de son architecture ? Vous espérez pouvoir le refaire sans tarder ? Bonne nouvelle : même en confinement, l’Office de tourisme et son équipe s’organisent pour continuer à transmettre des connaissances sur notre environnement urbain immédiat. Depuis peu et pour quelques semaines encore, des conférences (gratuites !) sont ainsi proposées en ligne. Un ordinateur relié à Internet, idéalement doté d’une webcam et d’un micro, suffit pour mieux connaître les œuvres de street art présentes sur les murs grenoblois, mais aussi des œuvres plus anciennes, signées Jean-Baptiste Carpeaux ou

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Des prolos aux aristos

ARTS | Sculpture. Le Musée Hébert devrait rouvrir prochainement avec son exposition consacré à Jean-Baptiste Carpeaux. L'occasion de redécouvrir cet artiste important de la seconde moitié du XIXe siècle.

Benjamin Bardinet | Mardi 8 décembre 2020

Des prolos aux aristos

Si Jean-Baptiste Carpeaux est surtout connu pour avoir réalisé le fameux Génie de la danse qui orne la façade de l’Opéra Garnier à Paris, ce n’est pas un hasard : il a toujours excellé à retranscrire en sculpture l’énergie propre au mouvement qui traverse les corps. Consacrée à ses années de pensionnaire de l’Académie de France à Rome (la fameuse Villa Médicis), la première partie de l’exposition conçue par le musée Hébert (en partenariat avec le musée d’Orsay) permet d’en prendre la pleine mesure. On y découvre l’esprit frondeur de l'artiste qui, refusant les sujets historiques ou bibliques imposés par l’Académie, s’autorise à remettre des œuvres d’inspiration libre, dont le Pêcheur à la coquille présenté dans la première salle est un bel exemple. Plus intéressé par les sujets contemporains que par l’Antiquité, Carpeaux se nourrit de l’observation de la vie dans les quartiers populaires et les campagnes romaines. Il y croise de pittoresques paysans, des danseurs de tarentelle et surtout Barbara Pasquarelli dont la beauté du visage le hantera toute sa vie – une série de bustes en témoigne. Enfin, consacrée aux relations qu’entretenait l’artist

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L'Arpenteur : « Offrir une vision alternative du monde »

Festival | Niché dans la montagne près de Grenoble (aux Adrets-en-Belledonne pour être précis) et sous-titré « théâtre pentu et parole avalancheuse », l’Arpenteur est l’un des festivals les plus singuliers de la région, mêlant propositions culturelles classiques et formats plus atypiques en lien avec ce territoire géographiquement particulier. Zoom sur ce que nous réserve sa 24e édition en compagnie du directeur artistique Antoine Choplin.

Aurélien Martinez | Mercredi 19 juin 2019

L'Arpenteur : « Offrir une vision alternative du monde »

C’est un festival petit par la taille (logique, il est organisé dans la montagne, entre Grenoble et Chambéry, et dans des espaces à taille humaine – un parc, une salle de mairie, une cour d’école…) mais grand par ses ambitions. Car on l’écrit chaque année, mais l’équipe de l’association Scènes obliques qui le porte depuis plus de 20 ans construit son Arpenteur avec la même exigence qu’une scène nationale implantée en ville, là où l’on imagine plutôt (à tort sans doute) ce genre d’aventure. Un territoire particulier qui, forcément, joue sur la programmation comme nous le confirme Antoine Choplin qui pilote l’aventure. « Cette montagne, c’est ce qui fait l’ADN du festival depuis l’origine avec ce paysage à la dimension clairement poétique. Et même, parfois, un peu politique par cette capacité qu’ont nos montagnes à offrir à nos regards une vision alternative et différente du monde. L’altitude permet de prendre un peu de distance, de regarder les choses de loin et autrement. » Chemins de traverse La programmation de l’édition 2019, regroupée sous la thématique "(se) construire" (« avec ce pronom réfléchi

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"Les Drapeaux de papier" : prison avec survie

ECRANS | de Nathan Ambrosioni (Fr, 1h42) avec Guillaume Gouix, Noémie Merlant, Sébastien Houbani…

Vincent Raymond | Mardi 12 février 2019

Charlie habite seule, entre ses rêves artistiques et son boulot de caissière, au seuil de la précarité. Débarque alors dans sa vie Vincent, son frère aîné libéré de prison. Une cohabitation de fait s’engage, d’autant plus difficile que Vincent doit se réinsérer et apprendre à gérer sa colère… Abordons d’emblée la question de l’âge du réalisateur Nathan Ambrosioni, puisque sa grande jeunesse (19 ans) n’a pas manqué d’être divulguée : entre l’"argument de vente" et la performance, elle constitue objectivement une curiosité, tant la précocité est monnaie peu courante dans l’industrie cinématographique. Elle permet également de rappeler la réelle proximité entre l’âge des personnage et celui de l’auteur, mais aussi d’expliquer – voire excuser – sa naturelle et sans doute inconsciente porosité aux atmosphères et/ou situations déployées par quelques devancier.es. Ainsi en est-il de ce frère dévoré par une rage incoercible, gâchant les chances qui lui sont offertes, cousin lointain de celui interprété par Viggo Mortensen dans Indian Runner (1991) de Sean Penn. Ou de ces scènes voulant "faire cinéma", à l’image des ambiances de Laetitia Mas

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"Le procès contre Mandela et les autres" : les voix de la liberté

ECRANS | de Nicolas Champeaux & Gilles Porte avec Winnie Mandela (Fr, 1h43) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 16 octobre 2018

À partir des seuls enregistrements disponibles (des bandes audios !) des témoignages des survivants, les documentaristes Nicolas Champeaux et Gilles Porte retracent la procédure qui vit les principaux leaders de l’ANC (Congrès national africain, fer de lance de la lutte contre l’apartheid) condamnés à la réclusion lors du procès sud-africain de Rivonia entre 1963 et 1964... La justice est, dit-on, aveugle. Quelle ironie justement nous offre ce film montrant comment un État la fait de surcroît loucher, infléchissant du glaive l’équilibre de sa balance, et ôtant la vue aux témoins du futur. Or confisquer l’image, c’est tenter d’empêcher la mémoire de cristalliser autour d’un élément tangible et indiscutable ; mais aussi limiter la possibilité pour les historiens de documenter la période et, par ricochet, favoriser la production de doctrines révisionnistes. À cette négation des individus, Nicolas Champeaux et Gilles Porte répondent par une autre ironie : ils comblent les "blancs" laissés par ce procès au moyen d’une animation en noir et blanc reprenant le principe de la carte à gratter et de la craie sur tableau noir. Résultat :

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Ascensions artistiques avec l'Arpenteur

Festival | Du vendredi 6 au samedi 14 juillet se déroulera la 23e édition du Festival de l’Arpenteur, situé là-haut dans la montagne, aux Adrets-en-Belledonne. Un événement comme chaque année exigeant dans ses propositions mais, surtout, généreux dans sa forme.

Aurélien Martinez | Mardi 19 juin 2018

Ascensions artistiques avec l'Arpenteur

C’est l’un des festivals pluridisciplinaires les plus audacieux de la région grenobloise qui, depuis 1996, propose spectacles, concerts, rencontres et autres sur les pentes du massif de Belledonne – d’où son sous-titre évocateur et poétique à la fois : « théâtre pentu et parole avalancheuse ». Car l’association Scènes obliques qui l’organise, et notamment son boss et auteur Antoine Choplin, est convaincue que la culture peut essaimer partout, même loin des gros centres urbains riches en établissements culturels et en artistes. À chaque édition la programmation s’en ressent donc, Antoine Choplin faisant se côtoyer formes artistiques participatives (une déambulation-découverte ici, un atelier d’écriture en marche là, une scène ouverte plus loin…) et spectacles plus classiques mais portés par des artistes haut de gamme, de ceux justement que l’on voit à l’année dans les gros centres urbains évoqués plus haut. Du neuf et des reprises Cette fois-ci encore, les spectatrices et spectateurs curieux auront droit à du qualitatif, comme à un duo flûte-violoncelle entre la flûtiste Sylvaine Hélary et la grande violon

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Grand Rassemblement 4 : toujours plus haut

Événement | Samedi 16 et dimanche 17 juin, le Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2) et ses partenaires investissent la Bifurk pour un week-end de spectacles, ateliers, concerts, rencontres & co qui donne très envie. Le nom de l’événement ? Le Grand Rassemblement, dont c’est la troisième édition grenobloise. Soit l’une des aventures culturelles locales récentes les plus enthousiasmantes.

Aurélien Martinez | Lundi 11 juin 2018

Grand Rassemblement 4 : toujours plus haut

Après la MC2 fin 2016 et le Magasin des horizons en mai 2017, c’est à la Bifurk d’accueillir le troisième Grand Rassemblement grenoblois du Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2) – mais le quatrième du nom, une déclinaison ayant eu lieu à Annecy en mai dernier. Soit « une manifestation tout-terrain » conçue dans l’esprit du lieu investi. « Le choix d’espaces aussi variés permet de toucher différents publics. Avec ces GR, on est dans une nouvelle façon d’amener des gens à rencontrer l’art » nous avait expliqué l’an passé le chorégraphe Rachid Ouramdane, codirecteur du CCN2 avec le circassien Yoann Bourgeois. Cette imp

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La Cinémathèque projettera le "Peau d’âne" de Jacques Demy jeudi 12 avril

ECRANS | Il était une fois Jacques Demy, l'homme des Parapluies de Cherbourg et des Demoiselles de Rochefort, qui tournait au château de Chambord une adaptation (...)

Pierre Deroudilhe | Mardi 3 avril 2018

La Cinémathèque projettera le

Il était une fois Jacques Demy, l'homme des Parapluies de Cherbourg et des Demoiselles de Rochefort, qui tournait au château de Chambord une adaptation façon pop art du conte de Charles Perrault Peau d’âne, sur une musique de Michel Legrand. Le récit fantastique était porté par la jeune et jolie Catherine Deneuve, au tout début de sa carrière. Ils vécurent heureux et eurent beaucoup de spectateurs depuis 1970, qui chantent depuis à tue-tête la recette du Cake d'amour. Un film à (re)découvrir jeudi 12 avril à 16h30 au cinéma Juliet Berto grâce à la Cinémathèque.

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Didier Super : lui, moche et méchant

Festival | L’Arpenteur, qui se déroule chaque année début juillet aux Adrets-en-Belledonne, est l’un des festivals les plus intéressants de la région, pensé avec la même exigence que s’il se déroulait dans un grand théâtre – alors qu’on est plutôt ici en pleine montagne. Zoom sur l’une des propositions qui nous enthousiasme le plus (Didier Super le vendredi 14 juillet) et balayage rapide du reste de la programmation.

Aurélien Martinez | Mercredi 21 juin 2017

Didier Super : lui, moche et méchant

Ta vie sera plus moche que la mienne : ça c’est du titre de spectacle, sorti tout droit de l’imagination de Didier Super. Pour les néophytes, on est donc face à un personnage fort en gueule, qui livre des spectacles musicaux déglingués dans lesquels il prend plaisir à mettre le public mal à l’aise pour mieux le faire rire. Le soir où nous l’avons découvert, il s’est ainsi littéralement acharné sur un spectateur qui avait eu l’outrecuidance d’arriver avec cinq minutes de retard. « L’important pour nous, c’est que la marque "Didier Super" continue de toujours mieux vous satisfaire, vous tous qui en êtes réduits à devoir payer pour rire, tant votre vie est triste, et nous vous en remercions » (extrait de la note d’intention). Et sinon, ça parle de quoi au fait ce Ta vie sera plus moche que la mienne ? De tout et de rien, Didier Super sautant du coq à l’âne avec comme fil directeur l’idée de faire un spectacle pour enfant. D’où le plaisir qu'il prend à se plonger dans un humour régressif qui vire vers le politique mais sans faire dans le prêt-à-penser. Au contraire : il livre ici et là ses réflexions souvent agr

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Nicolas Devort "Dans la peau de Cyrano" pour une déclaration d’amour au théâtre

Théâtre | Seul en scène pendant un peu plus d'une heure, le comédien interprète différents personnages, et notamment des ados qui montent la fameuse pièce d'Edmond Rostand. En découle un spectacle à succès (quelque 400 représentations) généreux et accessible à tous, présenté à la Basse cour.

Aurélien Martinez | Mardi 13 juin 2017

Nicolas Devort

Voilà un spectacle qui parle de théâtre de manière généreuse et non intimidante, en prenant cet art pour ce qu’il est : un formidable vecteur d’émotions (et non un truc pour intellos poussiéreux). Soit l’histoire d’un gamin mal dans sa peau qui, fortement incité par sa nouvelle école, se met à suivre le cours de théâtre que dispense l’un de ses profs. Et qui va alors rencontrer une jeune fille d’abord insensible à ses charmes – elle préfère le bellâtre. Sauf que la magie du théâtre va opérer et renverser la donne… Il y a un petit côté Cyrano de Bergerac dans cette histoire, du nom de ce personnage au nez disgracieux de la pièce d'Edmond Rostand qui tombe amoureux de la jeune Roxane (qui, elle, préfère Christian). Un petit côté plus qu’assumé par le comédien et auteur Nicolas Devort, puisque la référence se retrouve jusque dans le titre – Dans la peau de Cyrano. Nicolas Devort a ainsi imaginé un seul-en-scène drôle et touchant dans lequel il campe tous les rôles avec une aisance remarquable : le héros bègue, ses camarades (garçons comme filles), le prof charismatique qui décide de faire jouer Cyrano de Bergerac à ses é

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Fantin-Latour, le classique inclassable "à fleur de peau"

Musée de Grenoble | Presque deux siècles après sa naissance en terre iséroise, Henri Fantin-Latour se dévoile (à nouveau) au public avec une rétrospective "À fleur de peau". Connu pour ses natures mortes florales et ses portraits, le peintre a surtout construit une œuvre picturale hors de l’histoire de l’art tout en l'ancrant dans son temps. Un parcours riche mis en lumière avec sensibilité par le Musée de Grenoble.

Charline Corubolo | Mardi 21 mars 2017

Fantin-Latour, le classique inclassable

Classique sans être académique, Henri Fantin-Latour (1836 – 1904) a composé tout au long de sa vie une œuvre picturale singulière, détachée des codes artistiques d’alors pour privilégier une approche intime et vivante. Né à Grenoble, le jeune artiste apprend le dessin sous la tutelle de son père avant de voguer vers la capitale française en 1850 afin d’intégrer l’atelier Horace Lecoq. Intéressé par ses contemporains comme Delacroix mais aussi marqué par les maîtres du XVIIIe siècle qu’il passe son temps à copier au Louvre, il développe une touche particulière qui ne répond à aucun code. Amoureux de la nature, il réalise ses premières natures mortes dans les années 1850 et s’adonne en parallèle à l’exercice du portrait avec satisfaction. Également mélomane invétéré de mélopées allemandes et admirateur du corps féminin, ce sont toutes ses inclinaisons qui influencent sa peinture, offrant une forme classique emprunte de modernité. Le Musée de Grenoble propose ainsi une déambulation sensible avec Fantin-Latour, à fleur de peau, rétrospective chronologique qui met en lumière l’esthétique vibrante de l’artiste au gré de 150 œuvres dont un

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"Qui veut la peau de Roger Rabbit ?" mercredi au Ciné-Club

ECRANS | Qu’il soit encensé ou victime de traversées du désert (c’est un peu le cas en ce moment), Robert Zemeckis demeure un auteur touche-à-tout et un authentique (...)

Vincent Raymond | Mardi 13 décembre 2016

Qu’il soit encensé ou victime de traversées du désert (c’est un peu le cas en ce moment), Robert Zemeckis demeure un auteur touche-à-tout et un authentique précurseur, qui pourrait en remontrer à pas mal de jeunes (ou de moins jeunes) arrogants. Certaines de ses œuvres ont dès leur sortie gagné l’éternité, tel Qui veut la peau de Roger Rabbit ? (1988), mariage hallucinant de live-picture et d’animation, d’un polar grand style et d’une screwball comedy ; d’une histoire de discrimination entre toons et humains et d’un hommage délirant à Hollywood. Un excellent choix du Ciné-Club de Grenoble pour conclure l’année. Rendez-vous mercredi 14 décembre à 20h, au cinéma Juliet-Berto.

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Ce dimanche, c'est la journée des enfants aux Pathé

ECRANS | Deux fois par an, le circuit Pathé concocte pour le jeune public un marathon cinéma, avec un classique et deux avant-premières. C’est déjà les grandes (...)

Vincent Raymond | Mardi 28 juin 2016

Ce dimanche, c'est la journée des enfants aux Pathé

Deux fois par an, le circuit Pathé concocte pour le jeune public un marathon cinéma, avec un classique et deux avant-premières. C’est déjà les grandes vacances avec la livraison de ce dimanche 3 juillet : en amuse-bouche à 11h, la comédie musicale Peau d’Âne (1970) de Demy avec son affiche et ses décors signés par Jim Leon, ainsi que sa fameuse recette chantée par Catherine Deneuve. Puis à 14h Le BGG, adaptation du Bon Gros Géant de Roald Dahl réalisée par Spielberg (sortie prévue le 20 juillet). Et enfin à 16h30 L’Âge de glace : les lois de l’Univers, cinquième opus de la franchise des studios Blue Sky (sortie le 13 juillet). Même les adultes demanderont la permission d’être accompagnateurs au Pathé Chavant et au Pathé Échirolles !

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Avant l’oubli

SCENES | Quel est le prix d’une vie se demande l’auteur Laurent Mauvignier dans son court roman Ce que j'appelle oubli ? Un caddie rempli de bières ? Un pack de (...)

Aurélien Martinez | Mardi 30 septembre 2014

Avant l’oubli

Quel est le prix d’une vie se demande l’auteur Laurent Mauvignier dans son court roman Ce que j'appelle oubli ? Un caddie rempli de bières ? Un pack de 12 ? De 6 ? Dans le cas précis qu’il a choisi, d’une seule canette, qu’un homme a ouvert dans un supermarché pour se désaltérer, ce qui n’a pas été du goût des quatre vigiles qui l’ont tabassé à mort. De ce fait divers survenu à un SDF à Lyon en 2009, Mauvignier livre un texte fort où le déroulement des événements seconde par seconde mène à la fin tragique. Un long souffle (il s’agit d’une seule phrase de soixante pages) adressé au frère de la victime que le comédien et metteur en scène André Le Hir fait sien, seul sur le plateau nu. Il choisit une interprétation au plus près des émotions, emplissant le récit d’hésitations et d’intonations affectées (il finira à genoux), qui peut parfois donner l’impression d’un manque de confiance dans le texte. Mais sa présence et sa voix magnétiques finissent par captiver sur la durée, donnant à un drame trop vite oublié une puissance romanesque indélébile. Aurélien Martinez Ce que j’appelle oubli, jusqu’au samedi 4 octobre au

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Peau d’âme

MUSIQUES | Lorsqu’on évolue sur les crêtes, il faut avoir le sens de l’équilibre, la démarche subtile mais assurée, se jouer du vertige et des gouffres. C’est donc en (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 11 mars 2014

Peau d’âme

Lorsqu’on évolue sur les crêtes, il faut avoir le sens de l’équilibre, la démarche subtile mais assurée, se jouer du vertige et des gouffres. C’est donc en équilibriste qu’évolue Peau, perchée là-haut sur la montagne du Vercors. Cavalant avec la grâce d’une ballerine d’altitude, aussi déroutante que séduisante – ce qui n’est pas loin d’être sa profession de foi musicale –, Peau n’a cessé depuis ses débuts en solo de tracer de nouveaux chemins, d’ouvrir de nouvelles voies. Au point de faire de ces rochers qui l’environnent (il n’y a qu’à prêter attention à la pochette et, au titre, d’Archipel) des îles flottantes qui ne sont pas sans rappeler les rochers volants des Na’vi d’Avatar. Son premier album, Première mue, sorti en 2010, s’avérait plus farouche, plus rock, autant que puisse l’être en tout cas la production de cette jeune femme à la voix évaporée, encline au murmure mais qui s’affichait volontiers en sauvageo

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« Inventer mon propre son »

MUSIQUES | Depuis ce Vercors où elle vit « accrochée à la montagne », Perrine Faillet aka Peau poursuit, avec "Archipel", sa mue de musicienne et d’artiste visuelle, se plaisant à explorer toutes les voies possibles en quête de la vérité qui gît sous la Peau. Rencontre et critique de ce deuxième album avant son concert à la Bobine.

Stéphane Duchêne | Mardi 11 mars 2014

« Inventer mon propre son »

D'où vient le nom Peau ? Perrine Faillet : Quand j'ai décidé de me lancer dans un projet solo, j’avais envie de faire davantage appel à l'imaginaire qu'à la réalité de qui je suis en tant que Perrine. Et puis c’est un mot qui a plusieurs facettes : intimiste, sensible, féminine, sensuelle, mais aussi organique. Cette dualité m'intéresse parce que j'ai envie de faire une musique à la fois agréable et abordable tout en cherchant des formes un peu plus surprenantes et dérangeantes. La peau, c'est à la fois ce qui nous met en contact avec l'extérieur et ce qui nous en protège... Oui, j'aime cette idée de l’interface entre notre monde intérieur et le monde extérieur. Ce rapport à l'enveloppe de notre propre identité me parle beaucoup. Au départ, vous vous destiniez au cinéma. Comment-êtes vous passée à la musique ? En réalité, j'ai toujours été intéressée par l'art en général plus que par un domaine en particulier. J'avais démarré des études en arts du spectacle à Bron [près de Lyon – NDLR], plus par intérêt pour le spectacle vivant et le théâtre. Mon intérêt pour l

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Qui est sur la Cuvée grenobloise ?

MUSIQUES | Zoom sur les 17 que l’on peut écouter depuis le mercredi 26 février grâce à l'asso Dynamusic / Retour de scène. Certains seront même sur la scène de l'Ampérage le samedi 1er mars.

Aurélien Martinez | Mercredi 26 février 2014

Qui est sur la Cuvée grenobloise ?

Peau – Instant T Un morceau pop et synthétique nappé d’électronique d’une subtilité remarquable, à l’image de l'univers musical de Peau. À découvrir en une du Petit Bulletin du 12 mars – Peau, par le morceau !   Léonid – Le Rebord de la vie Duo piano et chant, la partie vocale étant assurée par l’ancien guitariste de Sinsemilia.   Animali – The Alchemists De la pop grenobloise aux accents irréels et envoûtants. Un EP est annoncé pour cette année. Ils seront à l'Ampérage pour le concert de lancement de la Cuvée.

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Deuxième mue

MUSIQUES | Un clavier qui dégouline comme le mur d’eau d’une cascade derrière lequel on se serait brièvement caché, une rythmique myocardique, une voix flottante hantée (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 10 janvier 2014

Deuxième mue

Un clavier qui dégouline comme le mur d’eau d’une cascade derrière lequel on se serait brièvement caché, une rythmique myocardique, une voix flottante hantée d’allitérations et le charme de ces belles choses qui ne demandent même pas à être regardées et/ou écoutées: L’Instant T de Peau (Perrine Faillet) fut l’un des titres français qui nous a le plus mangé la cervelle en 2013. L’album Archipel qui l’héberge est à l’avenant, bourré d’électronica fureteuse et évaporée, de petits îlots craquants et craquelés, de litanies entêtantes énoncées d’une voix aussi enveloppante qu’autoritaire, aussi inspirée qu’asphyxiante. La demoiselle est du Vercors. Sans doute est-ce pour cela qu’elle est adepte des sauts dans le vide dont on ne retombe jamais et qu’on appelle envols. Après Une première mue remarquée, la seconde est d’autant plus réussie qu’elle semble complète. SD Peau, vendredi 14 mars à 20h30, à la Bobine 

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Awards 2013 musique

MUSIQUES | L’award du meilleur single made in Grenoble : Instant T de Peau En juin dernier, la Grenobloise Perrine Faillet, alias Peau, sortait le beau clip de (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 19 décembre 2013

Awards 2013 musique

L’award du meilleur single made in Grenoble : Instant T de Peau En juin dernier, la Grenobloise Perrine Faillet, alias Peau, sortait le beau clip de son single Instant T annonçant son second album – Archipel, qui fait suite à Première mue. Un morceau pop et synthétique nappé d’électronique d’une subtilité remarquable, à l’image de son univers musical (proche de celui d’une Émilie Simon). Et une voix en français, presque susurrée par moments, qui offre une innocence aérienne à cet Instant T. Un petit bijou dont on reparlera plus longuement en mars prochain à l’occasion du concert que donnera Peau à la Bobine, où elle sera accompagnée sur scène d’Olivier Depardon à la guitare et de Damien Litzler à la batterie.    L’award de la soirée de l’année qui a failli tomber à l’eau : celle des 20 ans du Petit Bulletin Mercredi 18 septembre, 17h. Dans une heure, nous allons fêter nos 20 ans place Vict

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Cet amour-là

SCENES | Théâtre / Le (Petit 38), minuscule théâtre situé quartier Saint-Laurent, offre un cadre de jeu idéal pour certaines formes de spectacle. C’est le cas du (...)

Aurélien Martinez | Lundi 19 mars 2012

Cet amour-là

Théâtre / Le (Petit 38), minuscule théâtre situé quartier Saint-Laurent, offre un cadre de jeu idéal pour certaines formes de spectacle. C’est le cas du monologue, expression théâtrale plus dure qu’il n’y paraît, qui demande des comédiens solides… et des textes qui le sont tout autant ! Premier amour de Samuel Beckett est de ceux-ci : une nouvelle composée directement en français par l’auteur irlandais, présentant un homme venant tout juste de perdre son père, et qui rencontre une prostituée qui se prend d’affection pour lui. « Je ne me sentais pas bien à côté d'elle, sauf que je me sentais libre de penser à autre chose qu'à elle, et c'était déjà énorme (...). Et je savais qu'en la quittant, je perdrais cette liberté. » Une œuvre brute, désabusée et dérangeante par ce qu’elle convoque en sous-texte, que le comédien André Le Hir transpose sur scène avec justesse (et humour), en se l’appropriant véritablement. Il donne à son personnage une certain malaise inhérent à sa situation ; malaise qu’il exprime dans un jeu paradoxalement très physique, comme si l’implosion enfouie (et inconsciente) semblait toute proche. Sans décor ni accessoire (comme l’auteur l

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Mamma mia !

SCENES | Dernière proposition du cycle de création consacré au monologue, organisé par l’Autre rive d’Eybens. Après Grégory Faive et son réussi Pourvu qu’il nous arrive (...)

Aurélien Martinez | Lundi 30 janvier 2012

Mamma mia !

Dernière proposition du cycle de création consacré au monologue, organisé par l’Autre rive d’Eybens. Après Grégory Faive et son réussi Pourvu qu’il nous arrive quelque chose (d’après un texte de Philippe Torreton sur les coulisses du théâtre), puis Philippe Saint-Pierre et sa relecture fidèle d’une nouvelle de Beckett (Premier Amour), place à Nicole Vautier et son Stabat Mater. La comédienne interprète ainsi une œuvre de l’auteur italien contemporain Antonio Tarantino où il est question d’une femme désœuvrée, toute en gouaille et en alcool. Une mamma italienne aux propos radicaux (euphémisme !) qui déblatère sa colère contre un homme absent et une société qui la rejette, tout en s’inquiétant pour son fils en prison. Il en faut de la présence pour ne pas emmener ce personnage haut en couleur dans la caricature. Dans un subtil numéro d’équilibriste, à l’image d’une actrice comme Yolande Moreau, Nicole Vautier habite littéralement le plateau, 1h20 durant. À découvrir jeudi 2 et vendredi 3 février à 20h30, ainsi que le samedi 4 à 19h

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La peau bleue

SCENES | Après Émotions chimiques (2008) et Élans plastiques (2009), le chorégraphe grenoblois Jean-Pierre Bonomo revient avec sa nouvelle création : La Peau Bleue (...)

François Cau | Lundi 11 octobre 2010

La peau bleue

Après Émotions chimiques (2008) et Élans plastiques (2009), le chorégraphe grenoblois Jean-Pierre Bonomo revient avec sa nouvelle création : La Peau Bleue (jusqu’au samedi 16 à la Salle noire du Théâtre de Création, à 19h30 et 21h). Un spectacle qui se veut atypique tant dans son dispositif que dans ce qu’il raconte. Au milieu de la Salle noire, une petite scène surélevée. Estrade pour bête de foire, podium de discothèque – voire de peep show –, le chorégraphe laisse aux spectateurs le soin d’imaginer ce que bon leur semblent. Des spectateurs lovés autour de la scène donc, à quelques centimètres de la danseuse. Avec ce projet, Bonomo souhaite ainsi mettre en avant une certaine culture underground, en la confrontant à l’esthétique butô. Si, au vu des longs extraits que l’on a pu découvrir vendredi dernier, il nous fut difficile de nous faire un avis (malgré le discours très intéressant et référencé de l’artiste), certaines images nous ont néanmoins paru percutantes, comme cette scène où le corps de Vanessa Tadjine (la danseuse) est utilisé comme écran de projection pour des images évoquant l’art du tatouage.

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