Nanarland, connexion vers l'improbable du cinéma

CONNAITRE | Pour fêter la sortie de son premier ouvrage, le « site des mauvais films sympathiques » organise une soirée au Bauhaus ce samedi soir.

Damien Grimbert | Mercredi 21 octobre 2015

Photo : Label 619 (Ankama)


Faut-il encore présenter Nanarland, « le premier site web entièrement dédié aux nanars, ces films tellement nuls qu'ils en deviennent hilarants » ? C'est possible, mais comme on l'avait déjà fait de façon assez détaillée dans cet article, rentrons plutôt dans le vif du sujet.

Après pas moins de quatorze années à explorer sur son site web les tréfonds les plus honteux du cinéma mondial de troisième zone, la vaillante équipe de cinéphiles déviants émergée à Grenoble en 2001 a voulu passer à l'étape supérieure. Résultat des courses : après une dizaine de Nuits Excentriques dantesques organisées à Paris, 90 épisodes d'Escale à Nanarland sur Allociné et une poignée de coffrets DVD « différents », l'univers chamarré de Nanarland prend désormais (aussi) la forme d'un livre.

Il était une fois l'histoire parallèle du cinéma

Rédigé par différents membres de l'équipe sous la coordination de François Cau (lui même contributeur de la première heure, mais aussi ancien rédacteur en chef de l'édition grenobloise du Petit Bulletin pour ne rien vous cacher), Nanarland, le livre des mauvais films sympathiques réunit pas moins d'une cinquantaine de chroniques pour la plupart inédites, regroupées par thèmes de prédilection (chefs-d'œuvre du genre, remakes non officiels, monstres, super-héros, films d'horreur, films polissons et cinéma « d'auteur »).

Assorti d'une savoureuse section « Director's Cut » regroupant extraits d'interviews, répliques cultes et visuels inédits, l'ouvrage, somptueusement inconographié et présenté dans un packaging "VHS" du meilleur effet concocté par le Label 619 des éditions Ankama, ne se repose pas sur ses lauriers "collector" pour autant. Véritable plongée en apnée dans une histoire parallèle du cinéma où mannequins en mousse, ninjas hongkongais, punks italiens, mercenaires philippins, super-héros turcs, vigilantes américains, crocodiles géants thaïlandais, mafieux made in Bollywood et flics français en goguette se côtoient dans le chaos le plus total, il témoigne au contraire à chaque page d'une passion pour son sujet frôlant presque la dévotion.

Une bonne nouvelle ne venant jamais seule, l'ouvrage sera présenté ce samedi dans le cadre d'une soirée spéciale au Bauhaus, où seront diffusés en alternance montages d'extraits projetés lors des dernières Nuits Excentriques et bande son exclusivement composée de musique de nanars. On en salive d'avance.

Soirée de lancement de "Nanarland, le livre des mauvais films sympathiques" (Éditions Ankama), samedi 24 octobre au Bauhaus


Nanarland - Le livre des mauvais films sympathiques - épisode 1


Bauhaus 20 rue Chenoise Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Nanarland : ne jamais prendre un nanar à la légère

CONNAITRE | « Le site des mauvais films sympathiques » sort un deuxième volume de son « livre des mauvais films sympathiques » (logique). Pour l'occasion, deux événements (une rencontre et, surtout, une soirée cinéma) sont organisés samedi 5 novembre à Grenoble.

Damien Grimbert | Lundi 31 octobre 2016

Nanarland : ne jamais prendre un nanar à la légère

Bien sûr, il y a les purs, les vrais, les chevronnés. Ceux qui suivent le site Nanarland, ainsi que ses émanations diverses depuis des années, savent que l’aventure a commencé à Grenoble en 2001, connaissent la filmographie de Godfrey Ho sur le bout des doigts, et se marrent secrètement dès qu’ils entendent quelqu’un crier le nom « Philippe ». Et puis il y a les autres, ceux qui croient naïvement qu’un nanar est juste un film de série B un peu plus mauvais que la moyenne, réduisent leurs amateurs à une poignée d’étudiants potaches qui ne connaissent pas grand chose au « vrai » cinéma, et ont le plus grand mal à comprendre qu’on fasse un tel cirque autour du sujet. À ceux-là, on expliquera seulement qu’ils n’ont fait qu’au mieux entrapercevoir la partie émergée d’un iceberg cinéphilique aux proportions littéralement démesurées, et qu’un simple coup d’œil au tome 2 tout juste sorti de l’anthologie Nanarland leur démontrera tout le sérieux, l’érudition et la passion de ses auteurs pour le sujet en particulie

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Le cinéma de quartier des Barbarins fait le grand écart

CONNAITRE | Choc des cultures en perspective pour la 40e édition du cinéma de quartier des Barbarins fourchus, qui oscillera d’un soir sur l’autre entre perles psychédéliques oubliées du cinéma bis des années 1970 et séries Z 80’s ineptes d’un hallucinant mauvais goût. Damien Grimbert

Damien Grimbert | Mardi 19 avril 2016

Le cinéma de quartier des Barbarins fait le grand écart

Loin de l’uniformité aseptisée dont souffre une part conséquente du cinéma contemporain, l’univers du cinéma bis offre a contrario une infinité de possibles. Ce dont témoignent justement ces deux soirs de projection organisés à la Salle Noire par l’équipe des Barbarins fourchus, qui regrouperont successivement le meilleur et le pire de ce cinéma méconnu. Lors de la première soirée, c’est ainsi deux chefs-d’œuvre éblouissants du cinéma britannique du début des années 1970 qui seront à l’honneur. Réalisé par Robin Hardy en 1973, le fantastique The Wicker Man (en photo) suit ainsi le chemin de croix d’un sergent de police dévot, rigide et austère, parti enquêter sur la disparition d’une jeune fille dans une petite île d’Écosse coupée du monde, dont les habitants ont rejeté le christianisme pour s’adonner à des rites animistes païens ancestraux. Partageant avec ce premier film un goût affirmé pour le mystère et les atmosphères oniriques troubles teintées de surréalisme, Don't Look Now de Nicolas Roeg suit quant à lui le séjour mouvementé à Venise d’un jeune couple qui se remet avec difficulté de la mort accident

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Dofus - Livre 1 : Julith

ECRANS | D'Anthony Roux & Jean-Jacques Denis (Fr., 1h47) animation

Vincent Raymond | Mardi 2 février 2016

Dofus - Livre 1 : Julith

Exception notable dans la constellation des jeux de rôle en ligne ET des manga, Dofus est une création 100% tricolore – cela ne lui décerne pas d’office un brevet d’excellence, mais mérite que l’on s’intéresse à son cas. Déjà décliné avec succès dans une série animée télévisée, son univers heroic fantasy, aux arcs narratifs entre Star Wars (pour le côté orphelin à pouvoirs héritier de puissances maléfiques) et Dragon Ball (pour l’aspect quête en meute baroque et les acolytes grotesques dragueurs) passe au tableau supérieur en s’offrant le grand écran grâce Gebeka. Sans rivaliser avec ces vis sans fin (ont-elles d’ailleurs jamais eu un commencement ?) que sont Naruto ou One Piece, ce qui s’annonce comme un premier opus trouve sa place et son rythme ; il peut même se gagner un public plus adulte que la cible de base, ravi d’y trouver un second niveau de lecture. Un brin coquin, comme le veut la tradition, mais plus goguenard qu’égrillard…

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ACTUS | Après une première orientée spectacles et concerts (l’article est toujours en ligne sur notre site), voici notre deuxième (et dernière) sélection de cadeaux de Noël, cette fois dédiée aux livres culturels au sens large – BD, art, cinéma, musique, mode… Oui, il y en a pour tous les goûts. La rédaction

Aurélien Martinez | Mardi 15 décembre 2015

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Ceux qui sont encore des enfants Depuis la dernière édition du Mois du graphisme d’Échirolles, il a ravi nos yeux. Yann Legendre n'est pas seulement un graphiste de talent, c'est aussi un graphiste à l'âme d'enfant. Âme que l'on retrouve dans son ouvrage dédié aux contes des frères Grimm, avec une sélection d'une vingtaine d'histoires qui ravissent les yeux grâce à des illustrations poétiques. De quoi, selon l’expression consacrée, enchanter petits et grands. Grimm, contes choisis (Édition Textuel), 29€ Ceux qui aiment la BD de patrimoine Bientôt 70 ans que Lucky Luke tire plus vite que son ombre – ce qui fait un paquet de palissades endommagées (et d'enfants non reconnus). Pour fêter l'événement, Dargaud a passé commande d'hommages à des auteurs singuliers (dont l'hilarant Bouzard). Il a surtout édité cette indispensable monographie de Morris, le génial créateur de ce truculent western – auquel le prochain festival d'Angoulême consacrera une exposition. Morris qui fut

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