Stendhal : un Beyle enfant du Dauphiné

CONNAITRE | « Au bout de chaque rue, une montagne » comme écrivait Stendhal au sujet de Grenoble. Une déclaration d’amour que sa ville natale lui rend toujours, avec notamment un musée inauguré en 2012. Thibault Copin

Thibault Copin | Mercredi 6 avril 2016

Henri Beyle dit Stendhal est né à Grenoble et y passera seize années d'une enfance partagée entre deux appartements, l'un synonyme de bonheur et l'autre de malheur, pourtant séparés d'à peine une centaine de mètres. Il voit le jour un 23 janvier 1783 dans une chambre « rue des Vieux-Jésuites [à présent Jean-Jacques Rousseau], la cinquième ou sixième maison à gauche en venant de la Grande-rue, vis-à-vis la maison de M. Teisseire » ainsi qu'il l'écrit dans son autobiographie. C'est la demeure de son père, alors avocat bourgeois au Parlement du Dauphiné – tout ce qu'il déteste.

L'autre, c'est l'appartement de son grand-père le Docteur Gagnon, « sur la place Grenette […] la plus belle place de la ville, les deux cafés rivaux et le centre de la bonne compagnie » détaille-t-il. Homme de sciences et de lettres, le médecin est à l'origine de l'éveil intellectuel du jeune garçon. C'est pourquoi ce dernier lieu est la clé de voûte du musée Stendhal (photo). Il permet, au moyen de textes, d'images et d'objets, de comprendre l'environnement familial de l'auteur. Actuellement, l'exposition temporaire Stendhal un républicain Rouge et Noir (jusqu'au 7 mai 2016) enrichit celle, permanente, en décryptant la naissance de ses convictions politiques.

Un musée mais pas que

L'appartement natal, visitable sur rendez-vous, a lui été converti en bureaux destinés aux équipes municipales du Printemps du livre, afin de soutenir l'effervescence littéraire de l'agglomération. L'écrivain serait heureux de l'apprendre ! Parallèlement, en collaboration avec les bibliothèques municipales, la Collection Stendhal, dont certains de ses manuscrits, est accessible, depuis le site du musée. On recommande notamment l'exposition virtuelle qui est proposée.

Mais le Musée Stendhal s'étend bien en dehors de ces murs puisque la ville entière est témoin de la vie du romancier : du Jardin de Ville à l'église Saint-Hugues, en passant par la collégiale Saint-André, des promenades guidées par un lecteur, au départ de l'appartement Gagnon, ou simplement par des plaques patrimoniales, font de Grenoble une ville à lire, voire un livre à visiter.


Stendhal, un républicain Rouge et Noir

L’exposition de peintures et dessins, d’éditions rares et de manuscrits s’attache à montrer l’importance du politique dans l’œuvre stendhalienne
Musée Stendhal / Appartement Gagnon 20 Grande Rue Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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"Désir et des espoirs" : la passion selon Stendhal

Exposition | Sujet brûlant, mais aussi puissamment créateur, le désir innerva l’œuvre du fameux écrivain Stendhal dans un siècle (le XIXe) prompt à le réprimer. Avec l’exposition "Désir et des espoirs", titre ô combien évocateur des paradoxes de la psyché humaine, la Bibliothèque d’étude et du patrimoine propose un dialogue avec Stendhal, entre histoire et art, pour une dialectique de l’esthétique amoureuse.

Charline Corubolo | Mardi 19 décembre 2017

Les passions humaines demeurent d’insondables mystères, génératrices de bien des maux. Mais c’est à travers les mots que Stendhal s’est emparé de l’une d’elles : le désir, pour une exploration qui « ne vise pas à le dominer, mais au contraire pour [s]’y soumettre ». À travers l’œuvre de l’écrivain, accompagnée de peintures, dessins et d’éditions rares d’autres artistes, l’exposition de la Bibliothèque d’étude et du patrimoine entend explorer les enjeux de ce vœu ardent formulé dans la société pudibonde du XIXe siècle. Des envies lascives étudiées par le prisme de deux formes qui s’opposent entre l’espoir et le désespoir, pour un délicat titre homophonique : Désir et des espoirs. Le parcours est ainsi ponctué d’interrogations telles que : le désir est-il dangereux ? Conduit-il au bonheur ? Des tentatives de réponses scénographiées avec sophistication entre écriture sensuelle, photographie séduisante et gravure grivoise. Stendhal et ses contemporains Et derrière le sensationnalisme scandaleux de l’époque se cache le génie littéraire de Stendhal dans les pages De l’amour en éditio

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Stendhal un jour, Stendhal toujours

ARTS | Après les esquisses et les dessins, l'Appartement Gagnon s'intéresse à la dimension politique de l'écrivain Grenoblois Stendhal, dans sa vie comme dans son (...)

Charline Corubolo | Mardi 19 mai 2015

Stendhal un jour, Stendhal toujours

Après les esquisses et les dessins, l'Appartement Gagnon s'intéresse à la dimension politique de l'écrivain Grenoblois Stendhal, dans sa vie comme dans son œuvre littéraire. À juste titre intitulée Stendhal, un républicain Rouge et Noir, l'exposition est découpée en cinq parties retraçant l'engagement politique de Stendhal de la naissance de sa conscience républicaine à Grenoble en 1783 à sa participation aux campagnes Napoléonienne en 1800, en passant par sa fonction au consul à Civitavecchia sous Louis-Philippe. Un parcours politique peu connu mais qui marque profondément ses écrits dont l'emblématique Le Rouge et le Noir, miroir des coulisses de la Révolution de 1830, dont le musée propose une édition illustrée. La visite présente également des peintures, dont plusieurs portraits de Stendhal mais aussi des gens qu'il a côtoyés, des dessins et des éditions rares. Documenté et historique, le parcours s'avère riche même s'il manque quelque peu de dynamisme pour intéresser un large public. Car si Stendhal est un personnage du XIXe siècle, nous sommes aujourd'hui au XXIe siècle et une scénographie moins classique donnerait plus d'énergie à la

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L’été au frais

ARTS | Quand l’été fait des siennes, soit le soleil est trop chaud, soit les nuages sont trop humides. Notre solution pour passer l’été à Grenoble sans intempéries : une bonne dose de musées. Et pour se faire, nous vous avons concocté un petit programme, avec un retour sur certaines expositions phares inaugurées ces derniers mois. Charline Corubolo

Charline Corubolo | Mardi 15 juillet 2014

L’été au frais

L’été sera patrimonial et historique dans les musées de la capitale dauphinoise, et si on s’en tient à la chronologie, ça commence avec le Musée Stendhal. L’exposition présentée à l’appartement Gagnon propose de découvrir deux facettes complémentaires du dessein de l’écrivain Stendhal : ses écrits et ses dessins, productions bien moins connues mais qui méritent la lumière. Intitulée Stendhal, traits pour traits, la manifestation tire ainsi le portrait de l’œuvre du Grenoblois, dévoilant ligne après ligne la personnalité de son créateur. Saut dans le temps de moins d'un siècle : non loin de l’appartement confortable de Stendhal, le Musée dauphinois célèbre le centenaire de la Première Guerre mondiale avec une exposition qui retrace les évènements et surtout dévoile tous les enjeux humains et économiques de ce drame. À l’arrière, comme au front est l’occasion de (re)découvrir le quotidien et le courage des populations mobilisées en Isère pour répondre à l’effort de guerre, ave

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Stendhal, portrait aux traits

ARTS | Certes, Stendhal a écrit Le Rouge et le Noir, mais la nouvelle exposition du Musée Stendhal consacrée à l’écrivain s’expose plutôt en noir et blanc. Intitulé (...)

Charline Corubolo | Mardi 20 mai 2014

Stendhal, portrait aux traits

Certes, Stendhal a écrit Le Rouge et le Noir, mais la nouvelle exposition du Musée Stendhal consacrée à l’écrivain s’expose plutôt en noir et blanc. Intitulé Stendhal, traits pour traits, l’événement propose de découvrir l’auteur à travers ses croquis selon deux axes : sa vie et son œuvre littéraire. Non destinés à la publication, les dessins qui accompagnent les essais stendhaliens dévoilent une nouvelle facette du processus créatif du romancier. Découpée en quatre sections chronologiques, l’exposition lève le voile sur la manière dont le Grenoblois pouvait rédiger ses romans, l’écriture visuelle précédant parfois l’écriture textuelle. D’un simple geste de plume, grossier mais élégant, Stendhal esquisse un lieu, un personnage. Sous ses traits se dessine en filigrane la personnalité de l’auteur, en quête de rêverie et de vérité. De son enfance dans l’Appartement Gagnon (l’exposition se tient dans l’ancienne chambre d’hôte) à ses activités de consul à Trieste (Italie), en passant par son expérience militaire, il ne cesse d’animer sa vie par le dessin. L’aisance de sa plume n’est pas sans rappeler des artistes de l’époque. Ce "laboratoire secret d

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Bal masqué

ARTS | Pseudo Stendhal, vrais ou faux portraits ? On peut se poser la question tant ces derniers pullulent et diffèrent les uns des autres. Jean Starobinski, (...)

Laetitia Giry | Lundi 15 octobre 2012

Bal masqué

Pseudo Stendhal, vrais ou faux portraits ? On peut se poser la question tant ces derniers pullulent et diffèrent les uns des autres. Jean Starobinski, essayiste, médecin et grand critique littéraire, confiait récemment à Télérama : « Je m’étais passionné pour Stendhal, pour son côté tout à la fois dénonciateur des masques et amateur de pseudonymes. » C’est bien cet aspect-là qui est mis en valeur dans l’exposition à découvrir jusqu’au 12 janvier à la Bibliothèque d’étude et d’information : l’auteur semble se dévoiler mais il se cache. Plus il se montre, plus son moi est dissimulé. Les frontières de sa personne se dissolvent dans la profusion des manuscrits, des signatures… Un éparpillement savamment mis en scène par le photographe Éric Hurtado : des miroirs (dont les reflets déformés intègrent et interrogent le spectateur), une disposition aérée des multiples portraits, dessins et gravures, et un rideau de velours rouge au fond de la pièce soulignant l’idée de spectacle et de tromperie. Un buste de Stendhal fait face à ce dernier, nous refusant son visage – miroir de l’âme… LG

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A droite, à gauche

CONNAITRE | L’ouverture du musée Stendhal, musée dit « en réseau », divisé en plusieurs lieux et plusieurs activités, propose de multiples visites et des activités temporaires. En voici un florilège… LG

Laetitia Giry | Lundi 10 septembre 2012

A droite, à gauche

En plus de l’appartement Gagnon… Les parcours Stendhal Le côté le plus ludique du musée Stendhal est sans doute celui qui propose au visiteur de parcourir le centre-ville sur les pas de l’écrivain. Si des visites guidées utilisant cet itinéraire sont effectuées par l’Office du tourisme depuis déjà plusieurs années, la nouveauté réside dans l’autonomie du marcheur-découvreur. Douze plaques (en français et en anglais) ont été posées dans Grenoble pour constituer un parcours historique, et permettant de se promener seul avec son plan (et à partir de 2013 avec des audio-guides pour qui le souhaite). Placées sur des lieux que Stendhal a aimés, ou en tout cas évoqués dans ses écrits, elles correspondent à des éléments marquants de sa vie. Dans son œuvre autobiographique Vie de Henry Brulard, il parle ainsi de l’église Saint-Hugues, où a eu lieu l’enterrement de sa mère, du son des cloches de la collégiale Saint-André… Autant de lieux désormais marqués, distingués par un texte offert au regard de tous. Les « collections Stendhal »

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Place à Stendhal

ARTS | La ville de Grenoble est fière de nous annoncer la naissance de son dernier né : le musée Stendhal, qui ouvrira ce week-end. Un musée en réseau gravitant autour de l’appartement Gagnon (grand-père de l’écrivain), cœur vibrant de l’entreprise. On a rencontré Christine Carrier, directrice du réseau des bibliothèques municipales et en partie en charge du projet, pour mieux comprendre ce dernier. Propos recueillis par Laetitia Giry

Laetitia Giry | Lundi 10 septembre 2012

Place à Stendhal

Pourquoi un musée Stendhal à Grenoble ?Christine Carrier: D’abord, historiquement, il y en a toujours eu un. Depuis 1934, suite à une grande exposition organisée par la Ville qui avait décidé de laisser un lieu ouvert au public avec une présentation des pièces iconographiques : tableaux, gravures, dessins… Le musée a fermé en 2004 après avoir été déplacé dans différents endroits. Le projet scientifique ne correspondait plus à celui d’un musée. Il était vieillot, il fallait revoir toute la scénographie. Comment a démarré le nouveau projet ?Se sont posées les questions suivantes : que fait-on de Stendhal à Grenoble ? Comment lui consacre-t-on un lieu ? Comment remplit-on toutes les missions scientifiques dévolues à un musée ? Comment accueille-t-on les publics : individuels, groupes, scolaires ? En réponse à ces questions, on a abouti à un concept totalement novateur, celui d’un musée en réseau. Plutôt que de s’installer dans un lieu qui fera tout, le musée Stendhal se compose d’éléments séparés qui forment le musée : l’appartement natal, rue Jean-Jacques Rousseau (lieu dédié à la littérature contemporaine), le

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