Août dans le Trièves avec le festival Mens alors

CONNAITRE | Entre le 8 et le 13 août, on croisera notamment le duo Arlt ou encore le spectacle "Le Petit cirque" de Laurent Bigot. Deux grands moments.

Aurélien Martinez | Lundi 18 juillet 2016

Treizième édition pour Mens alors, festival « d'échange et de création » situé à Mens (forcément), au sud de Grenoble. Et une édition qui, comme toujours, va sur plusieurs terrains, dont des passionnants. Ainsi du duo (et couple) Arlt, qu'on pourrait négligemment ranger dans la boîte chanson française, mais qui est plutôt à rapprocher de la famille des déglingueurs de langue. Arlt, ce sont ainsi des jongleries poétiques frémissantes voire bondissantes, lorgnant vers le folk, livrées en toute intimité, en mode trio pour leur concert du mercredi 10 août.

À noter que d'autres beaux noms de la musique d'aujourd'hui (le bluesman suédois Bror Gunnar Jansson, le flûtiste Joce Mienniel en mode quartette, le trio du très jazzy François Raulin...) se côtoieront pendant la semaine de festivités.

Côté spectacles, entre un ciné-concert pour orgue et une fantaisie théâtrale tout public, on aura notamment droit le vendredi 12 août à une nouvelle représentation du fameux Petit cirque du musicien électroacousticien Laurent Bigot, créé il y a plus de dix ans et qui tourne depuis partout dans le monde. Une miniature sonore (douze petits micros l'entourent) proche du théâtre d'objets (on trouve de tout sur sa piste) d'une grande inventivité pour un voyage immobile (et tout public) en tout juste trente minutes. Un véritable régal.

Mens alors
À Mens (38) du lundi 8 au samedi 13 août

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Soleil vert

Reprise | On s’en approche de plus en plus. En 1973, le film post-apocalyptique de Richard Fleischer apparaissait comme une dystopie du même acabit que La Planète (...)

Vincent Raymond | Mardi 6 octobre 2020

Soleil vert

On s’en approche de plus en plus. En 1973, le film post-apocalyptique de Richard Fleischer apparaissait comme une dystopie du même acabit que La Planète des Singes : on frissonnait pour rire sans y croire vraiment. Légèrement dépassé dix ans plus tard, Soleil vert revient comme un boomerang aujourd’hui, en particulier grâce sa visionnaire séquence d’ouverture résumant la course à l’abîme créée par la révolution industrielle. Pollution, désertification, famines, inégalités sur-creusées, ciel ocre et humains légalement asservis (coucou Uber). Ne manque qu’un élément faisant tout le sel de ce film se déroulant en 2022, c’est-à-dire demain, que le Pays Voironnais vous propose de découvrir gratuitement mercredi 14 octobre à 20h30 au Cap de Voreppe, dans le cadre du mois de la transition alimentaire. Bon appétit !

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Mens, une Limousine !

Festival | Entre concerts et ateliers, le festival Mens alors !, bien entré dans l'adolescence (on en est à la 16e édition), continue de faire voyager son public dans un mélange d'insouciance et d'exigence. L'occasion cette année, surtout, de s'offrir un chouette tour en Limousine, du nom du projet post-jazz mené par l'omnipotent Laurent Bardainne, l'une des rutilantes calandres de l'édition.

Stéphane Duchêne | Mercredi 19 juin 2019

Mens, une Limousine !

Peut-être n'avez-vous jamais entendu parler de Laurent Bardainne, claviériste, saxophoniste et compositeur de jazz (du moins sur le papier) particulièrement demandé sur la place française. Pourtant, vous l'avez forcément déjà entendu, au mieux parce que vous suivez l'un des nombreux projets musicaux dont il est l'indispensable homme de l'ombre ou le cerveau discret (de Rigolus à l'excellent Poni Hoax, l'une des plus belles inventions de la scène française, en passant par Lost avec Camélia Jordana), au pire malgré vous en écoutant Doux Tam-Tam, le touchant album de reprises publié par Dave en 2004, Château Rouge d'Abd al Malik, Soft Power de Chilly Gonzales (2008), Bichon de Julien Doré (2011), Film of Life de Tony Allen (2014) ou les albums (et concerts) du Supersonic de Thomas de Pourquery. Mais si vous aimez le jazz, du genre qui dépoussière le genre justement, vous connaissez sûrement Limousine, cet engin formidable qui se fait le véhicule de toutes les idées brillantes de Bardainne, qui a cofondé le quatuor en 2005 avec Maxime Delpierre du groupe VKNG. Bonjour tristesse

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Noblesse de l'Arlt

MUSIQUES | Duo si singulier qu'il parvient à désosser la langue, qui est pourtant un muscle, Arlt invente dans la déconstruction une nouvelle chanson française dont la noblesse est dans la démarche, bancale et incertaine, réaliste et insensée. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 10 novembre 2015

Noblesse de l'Arlt

« Ça tremble et tout ce qui tremble est vrai » chantait le duo Arlt sur l'album Feu la figure. Ainsi est la musique d'Arlt : elle tremble et elle est vraie. Elle est vraie parce qu'elle tremble. Parce qu'elle vibre et saute comme un nerf sous la peau, parce qu'elle roule des galoches à la langue française mais sans salive, à sec, comme pour la râper autant que la faire déraper, bien décidée à casser le moule de ce boulet au pied de la chanson française qu'est le (néo-)réalisme. Ses paroles, Sing Sing (Florian Caschera, moitié masculine), les voit comme des riffs de langage. On pourrait tout aussi bien dire des rifts, séparant les phrases, coupant la narration comme on scinderait un continent d'un tremblement. Un art de la découpe et du rafistolage où Arlt manie les vents contraires du souffle, les paradoxes linguistiques et les filouteries de la lo-fi comme personne. En fait, la langue française intéresse moins le duo que la langue tout court et la musique qu'elle produit. Pas étonnant que le duo chante « Je ne sais plus de quoi on parle, si c'est de la mort qui vient ou bien si c'est du café qui brûle, si c'est de l'amour qui s'en va ou

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Les dix concerts immanquables de l'automne

MUSIQUES | Il y aura du monde les prochains mois dans les différentes salles de l'agglo grenobloise, dont beaucoup de très bons musiciens. Comme Jay Jay Johanson, Kraftwerk, Christophe, The Jon Spencer Blues Explosion, Socalled...

Stéphane Duchêne | Mercredi 16 septembre 2015

Les dix concerts immanquables de l'automne

Jay Jay Johanson « Hey ! Content de te voir, ça va Jay Jay ?! » Toujours bof apparemment à en croire la pochette d'Opium et son contenu. Jay Jay, ça va tellement que lors d'une interview sur France Culture, à la journaliste qui fait le bilan de sa carrière « Alors, vous avez 45 ans... », il répond sans rire « non j'en ai 50 » – alors qu’en fait, il en a 45. Bon. Mais Jay Jay, ça va tellement qu'il a sorti cette année – à 50 ans bientôt 68, donc, ne le contredisons pas – son dixième album studio en un peu moins de 20 ans. Sur la période, le Suédois aura à peu près tout fait, y compris s'afficher en Bowie capillairement attenté sur un disque qui flirtait parfois avec la grande époque de Steph de Monac' (Comme un ouragan, donc). Mais Jay Jay, ça va tellement, donc, qu'il nous revient avec un truc bien opiacé qui semble regarder directement dans le verre de Whiskey qu'il nous avait servi en 1996 et nous l'avait révélé en Chet Baker efflanqué aux cheveux blonds et à l'âme bleue faisant le sexe avec Portishead : une sorte de trip-hop jazz comme on aurait même plus l'idée d'en écouter en 2015, n'était

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L'été des festivals autour de Grenoble

ACTUS | Certes, on a sorti fin juin notre supplément consacré au festivals en Rhône-Alpes, mais ce n’est pas une raison pour ne pas reparler de ceux prévus autour de Grenoble en juillet et août ; qu’ils soient branchés musique, spectacle vivant ou les deux ! Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 7 juillet 2015

L'été des festivals autour de Grenoble

10 – 12 juillet Le Vercors Music Festival Pour la première édition de ce nouveau festival prévu à Autrans, les organisateurs (et notamment le programmateur Jean-Philippe Bruttmann, compositeur et guitariste de son état) se sont offert quelques têtes d’affiche, sans doute pour marquer les esprits. Les excellents Moriarty, groupe au folk tendrement barré et bricolé, et la pimpante Yael Naim seront de la partie. Tout comme l’Américaine Ilene Barnes, à la voix impressionnante, et le guitariste américain de jazz fusion Al Di Meola. « Toutes les esthétiques musicales seront présentes autour des deux scènes du festival, mais auront toutes pour point commun de placer la guitare au centre des attentions. » Ça se tient. 15 – 19 juillet Merci, Bonsoir ! Encore un nouveau festival ! Dans le cadre de la première édition de l’événement spectacle vivant (versant arts de rue) et musique Merci, Bonsoir ! organisé à Grenoble (à la Bifurk et au parc Flaubert) par l’association

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Chappie

ECRANS | Déroute intégrale pour Neill Blomkamp avec ce blockbuster bas du front, au scénario incohérent et à la direction artistique indigente, où il semble parodier son style cyberpunk avec l’inconséquence d’une production Luc Besson. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 5 mars 2015

Chappie

S’il fallait une preuve que la politique des auteurs a des limites, Chappie jouerait à merveille ce rôle : on y voit un cinéaste, le Sud-Africain Neill Blomkamp, dont on a pu apprécier la cohérence de ses deux premiers films (District 9 et Elysium), commuer sa rage punk en une grotesque parodie sur un scénario écrit à la va-vite, incapable d’élaborer le moindre discours et même pas foutu d’assurer le minimum syndical en matière de blockbuster futuriste. Pourtant, tout est là : l’alliance entre l’humain et la machine (ici, un robot policier doté d’une intelligence artificielle est récupéré par des gangsters très méchants pour lui faire commettre un braquage permettant d’honorer leurs dettes), un futur proche qui ressemble à une extrapolation de nos ghettos sociaux contemporains, un goût de la destruction et des ruines urbaines… Cet effet de signature n’est qu’un trompe-l’œil : Blomkamp ne retrouve jamais la substance politique, même maniché

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La boîte à musique

SCENES | C’est un spectacle qui, depuis sa création il y a dix ans, tourne un peu partout dans le monde, et qui revient à Grenoble pendant les vacances – du (...)

Aurélien Martinez | Mardi 25 février 2014

La boîte à musique

C’est un spectacle qui, depuis sa création il y a dix ans, tourne un peu partout dans le monde, et qui revient à Grenoble pendant les vacances – du mercredi 5 au vendredi 7 mars à l’atelier l’Œil et la Main. Revient car Laurent Bigot, le concepteur de ce Petit cirque, est grenoblois. En tout juste 30 minutes, il matérialise dans un espace réduit (une sorte de table) toute une ménagerie de bric et de broc (gadgets, jouets and co) qui s’anime par divers stratagèmes. Tout est manipulé à vue, avec une inventivité débordante, et un travail sur le son remarquable – Laurent Bigot est un musicien électroacousticien. Divers micros sont ainsi disposés pour capturer les frottements, grincements et autres petits bruits : de la musique improvisée et ludique ! Si on n’a pu découvrir le résultat qu’en captation vidéo, on imagine que la puissance visuelle de ce Petit cirque doit être décuplée par la proximité forte entre l’artiste et le public. AM

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Andrevon au pays du soleil vert

ECRANS | Il le dit lui-même : c’est un « monstre » dont il va accoucher, et comme souvent dans ces cas-là, l’accouchement n’est pas facile ! L'écrivain (mais pas (...)

Christophe Chabert | Mercredi 30 octobre 2013

Andrevon au pays du soleil vert

Il le dit lui-même : c’est un « monstre » dont il va accoucher, et comme souvent dans ces cas-là, l’accouchement n’est pas facile ! L'écrivain (mais pas que) isérois Jean-Pierre Andrevon s’apprête en effet à sortir aux éditions Rouge profond une somme de plus de 1000 pages retraçant cent années de cinéma fantastique et de science-fiction, et il devait fêter sa naissance ce 7 novembre à la Cinémathèque. Mais voilà, la sortie a pris du retard – mi-novembre, a priori ; la soirée est toutefois maintenue, et c’est tant mieux car Andrevon y présentera le formidable Soleil vert de Richard Fleischer. Joyau du cinéma d’anticipation américain des années 70, Soleil vert raconte, dans un futur pas si lointain, comment un flic – Charlton Heston, pas encore icône de la NRA mais acteur-producteur dans des films plutôt progressistes – découvre en enquêtant sur un meurtre que le gouvernement règle le problème de la surpopulation en nourrissant les pauvres avec… leurs propres congénères, transformés en barres protéiniques. C’est le «soleil vert» du titre, même si en Anglais, le mensonge est plus explicite

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À la Arlt

MUSIQUES | On avait découvert Arlt avec le bien nommé La Langue, où celle-ci – organe comme idiome – était travaillée à la laine de verre d'une drôle de chanson française, (...)

Aurélien Martinez | Mardi 29 janvier 2013

À la Arlt

On avait découvert Arlt avec le bien nommé La Langue, où celle-ci – organe comme idiome – était travaillée à la laine de verre d'une drôle de chanson française, bancale et fantasque, râpeuse et joueuse, précieuse et dilettante. Cela donnait des titres comme La Rouille, Les Dents ou Après quoi nous avons ri, dont il était bien difficile de se défaire. Feu la figure, la deuxième saillie du duo, pour l'occasion soutenu par The National (!), est à l'image de son prédécesseur et à vrai dire on n'en demandait ni n'en attendait pas davantage. On y trouve toujours ces guitares tordues et dissonantes, ces rythmiques cinoques au bord de la syncope et cette poétique de la terre (langue ?) brûlée. D'emblée l'hypnose opère avec Le Pistolet dans le chevauchement d'une poignée de phrases équivoques et de quelques vocalises de plaisir : « tu as la bouche pleine, tu as les dents froides, tu m'aimes bien ça se voit - Tu m'as pris pour un p

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Made in France

MUSIQUES | Depuis le temps – 20 ans de carrière quand même ! – on aurait pu se lasser de Dominique A. De sa production métronomique, du fait qu'il ne cultive pas la (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 7 septembre 2012

Made in France

Depuis le temps – 20 ans de carrière quand même ! – on aurait pu se lasser de Dominique A. De sa production métronomique, du fait qu'il ne cultive pas la rareté en concert, des rééditions de ses albums. Du moins pourraît-il avoir la décence, de temps à autre, d'avoir un coup de moins bien. Mais c'est peine perdue et ce n'est pas le sublime dernier album du Nantais qui continue sa route Vers les lueurs qui commencera de donner les signes d'un affaissement. Dominique A n'apparaît pas pour rien en toute première place du dictionnaire virtuel du rock français : il restera à jamais le premier, le pionnier de cette chanson française qui alla fureter avec le rock, entraînant plusieurs générations nourries au Lithium, du nom de ce fielleux label où il débuta avec quelques autres guérilleros chantants à la langue fendue par leurs propres mots (Mendelson, Diabologum, Françoiz Breut, Bertrand Betsch). Une influence qui continue aujourd'hui de faire des émules comme en témoigne le duo Arlt, dont le nom résonne comme un raclement de gorge et les chansons tragi-comiques et dépouillées, comme une craie écrasée sur le tableau noir de notre époque. SD Do

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