Le bal des monstres du Tramway nommé culture

Festival | Pour sa 11e édition, le festival culturel interuniversitaire du Tramway nommé culture (le service culturel de la fac) a décidé de se faire, et de vous faire, peur avec un thème épouvantable : les monstres. Du théâtre à la musique, en passant par des visites terrifiantes, plongez en pleine horreur, et tout ça gratuitement.

Charline Corubolo | Mardi 21 mars 2017

Frankenstein, gobelins et bêtes fantasmagoriques : voici le cocktail monstrueusement délicieux cette année du festival culturel interuniversitaire porté par le Tramway nommé culture. Du 28 mars au 5 avril, le campus et Grenoble vont ainsi devenir le théâtre de rue des monstres, thème de cette 11e édition. Ciné-concerts, expositions, ateliers, déambulations, performances… Les formes seront aussi électrisantes que les trois sorcières du film Hocus Pocus. Alors, pour que vous ne vous perdiez pas dans les méandres de l'abominable parade, voici une petite sélection atrocement délectable.

  • Démarrons mardi 28 mars avec un ciné-concert à l'auditorium Grenoble INP où deux musiciens (dont Serge Teyssot-Gay croisé chez Noir Désir) revisiteront le chef-d'œuvre kubrickien 2001 : l'odyssée de l'espace.

  • Le mercredi, ça continuera avec la fameuse et incontournable Nocturne des étudiants du Musée de Grenoble qui s'annonce frissonnante avec des performances sur le parvis, des spectacles au milieu des œuvres des collections permanentes de l'établissement et un défilé monstrueux en fin de soirée.

  • Le jeudi, faites-vous peur à la "Horror party", visite terrifiante dans les espace d'Escape, l'un des bâtiments universitaires situés sur le campus Presqu'île scientifique.

  • Le vendredi soir, le Musée dauphinois se transformera en antre techno avec Antigone.

  • Le samedi sera quant à lui musicalement monstrueux à l'Espace vie étudiante (Eve) avec trois groupes.

  • Retrouvez également toute la semaine, sur le parvis de Eve, le camion-théâtre de la compagnie théâtrale La Fabrique des petites utopies dans lequel seront proposés divers spectacles, avec en point d'orgue le mercredi 5 avril à 17h30 le Rue des voleurs de la Fabrique qui avait eu droit à un PB d'or en 2015.

  • Et pour clôturer l'apocalypse, rendez-vous mercredi 5 avril au centre national d'art contemporain Le Magasin des horizons pour la soirée "Sabbat" où chamanes et autres sorcières vont vous jouer des tours.

Une semaine qui s'annonce monstrueuse, gratuite et donc ouverte à tous les farfadets.

Festival Monstre
Sur le campus et à Grenoble du mardi 28 mars au mercredi 5 avril


Zone libre revisite 2001, l'Odyssée de l'espace

Ciné-concert quand l'ordinateur rebelle défie l'homme, par Serge Teyssot-Gay (guitare) et Cyril Bilbeaud (batterie)
Auditorium Grenoble INP Parvis Louis Néel Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Une Nocturne en forme de jeu vidéo

Musée imaginaire des étudiants | Cette année, la Nocturne des étudiants du Musée de Grenoble prend la forme d’un jeu vidéo immersif accessible pendant plusieurs soirées. Les projets artistiques sont mis en scène dans un espace muséographique inédit que le visiteur peut parcourir à loisir depuis son ordinateur.

Hugo Verit | Mardi 23 mars 2021

Une Nocturne en forme de jeu vidéo

Décidément, la Nocturne des étudiants du Musée de Grenoble sait se réinventer en ces temps de pandémie. Après une édition 2020 numérique diffusée en streaming le 7 octobre dernier, les organisateurs creusent encore plus le concept de virtualité cette année en proposant, les 24, 25, 26 et 30 mars de 18h à 23h, le Musée imaginaire des étudiants (MIE). Le principe de la Nocturne reste le même : des étudiants grenoblois volontaires élaborent et présentent au public un projet artistique (danse, musique, théâtre, etc.) en lien avec une œuvre du Musée. En revanche, les spectacles s’intègrent cette fois-ci dans un jeu vidéo immersif inspiré de Second Life. Les équipes de la Nocturne travaillent depuis janvier avec l’entreprise Immersive CoLab qui met à leur disposition une plateforme virtuelle nommée Calypso 3D. « Cette société développe ce type d’outil collaboratif dans le domaine de l’éducation et de la formation. Ils n’avaient pas encore de projet artistique. Ils ont tout de suite été conquis par notre idée », raconte Alexis Chareyre, chargé de relation

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"Meurs, monstre, meurs" : promenons-nous dans l’effroi

ECRANS | Une mystérieuse créature sème la désolation dans la pampa en faisant perdre la tête au sens propre à des femmes et au sens figuré à des hommes. Bizarre, dérangeant, plastiquement costaud, ce premier long-métrage du réalisateur argentin Alejandro Fadel vaut le cou(p).

Vincent Raymond | Mardi 14 mai 2019

Une bergère est retrouvée décapitée dans les Andes. En charge de l’affaire, l’officier Cruz arrête aussitôt l’époux de sa maîtresse, David, lequel accuse un monstre télépathe du forfait. Après un nouveau meurtre et une série de visions perturbantes, Cruz va adhérer à cette théorie… Cannes 2018. Une trop longue année après avoir été présenté sur la Croisette dans la section Un Certain Regard (dont l’intitulé lui va à ravir et où il côtoyait le précieux Border d’Ali Abbasi avec lequel il partageait mieux que des similitudes : une gémellité siamoise), le film de Alejandro Fadel, objet cinématographique insolite, est enfin délivré sur les écrans. On se trouve ici davantage fasciné par le brumeux labyrinthe du mystère que par son élucidation. Car si d’emblée il ne fait aucun doute pour le spectateur qu’une présence atypique, manifestement surnaturelle, est responsable des crimes imputés au malheureux accusé, le caractère monstrueux de cette entité déteint via l’enquête sur l’atmosphère globale du film...

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Festival des Maudits Films : la passion du bis

ECRANS | Onzième édition pour le Festival des Maudits Films, qui revient du mardi 22 au samedi 26 janvier au cinéma Juliet-Berto avec une équipe renouvelée mais un objectif inchangé : faire découvrir l’époustouflante richesse du cinéma bis à travers un vaste panorama d’œuvres souvent méconnues. Et passées au crible par nos soins ci-dessous, histoire de vous repérer au sein de cette programmation foisonnante.

Damien Grimbert | Mardi 15 janvier 2019

Festival des Maudits Films : la passion du bis

Les apparences sont parfois trompeuses : le plus ancien des films projetés cette année dans le cadre du festival, Les Chasses du comte Zaroff (1932 ; à voir mercredi 23 janvier à 20h) d’Irving Pichel et Ernest B. Schoedsack, est également l’un des plus rythmés et des plus palpitants. Tourné en même temps, dans les mêmes décors et par la même équipe que le mythique King Kong, cette aventure à mi-chemin entre thriller horrifique et récit d’aventure accumule en l’espace d’à peine 63 minutes les moments de bravoure avec une grâce infinie. On est donc là sur l'un des immanquables de cette nouvelle édition du Festival des Maudits Films. Tout comme cette autre pépite : Des monstres attaquent la ville (1954 ; vendredi 25 à 18h) de Gordon Douglas, avec sa colonie de fourmis géantes issues d’une mutation génétique, qui reste sans doute l’une des plus grandes réussites de la vague de films de science fiction surfant sur la peur du nucléaire en vogue dans les années 1950. Toujour

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Un Tramway nommé culture pour « susciter un certain étonnement »

ACTUS | Un Tramway nommé culture, la programmation culturelle des campus grenoblois, fête cette année ses 30 ans. L’occasion de revenir sur cette belle initiative qui ouvre en grand les portes des musées et des salles de spectacle au public étudiant.

Sandy Plas | Mardi 2 octobre 2018

Un Tramway nommé culture pour « susciter un certain étonnement »

En 30 ans, il a vu défiler à son bord une génération d’étudiants. Les faisant juste picorer une sortie culturelle pour certains, ou tomber les deux pieds dedans pour d’autres. Créé en 1989, Un Tramway nommé culture a en tout cas contribué à intéresser les étudiants à la culture proposée sur le domaine universitaire. Et a également permis de tisser de solides liens entre le campus grenoblois et les acteurs culturels du paysage local. Car à la fin des années 1980, une époque fort lointaine où la MC2 s’appelait encore le Cargo et où le Musée de Grenoble se visitait du côté de la place de Verdun, faire rimer public étudiant et culture n’allait pas vraiment de soi. « Les étudiants ne fréquentaient pas tellement les structures culturelles de l’agglomération. L’Université Pierre-Mendès-France a donc commencé à réfléchir à comment les faire entrer dans les salles ou dans les musées » nous explique Bertrand Vignon (à droite sur la photo), en charge de l’opération au sein de la Communauté Université Grenoble

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Culture en expérimentation avec la biennale arts-sciences Expérimenta

Festival | Changement de nom (Expérimenta à la place des Rencontres-i) et de dates (non plus en automne mais en hiver) pour la biennale arts-sciences pilotée par l’Hexagone de Meylan, qui conserve néanmoins l’originalité de son propos – favoriser la rencontre entre artistes, scientifiques, technologues et grand public via notamment des spectacles et un salon. Vu la densité du programme (il y en aura dans toute l’agglo pendant ces dix jours), on vous propose quelques repères pour ne pas vous perdre dans cette passionnante aventure.

La rédaction | Mardi 30 janvier 2018

Culture en expérimentation avec la biennale arts-sciences Expérimenta

Digital Vaudou Le spectacle d’ouverture de la biennale aura lieu à l’Hexagone de Meylan et sera une création, dont on a pu découvrir un extrait la semaine dernière. Soit une proposition de l’artiste numérique et électro Nicolas Ticot et du danseur originaire du Bénin Vincent Harisdo, centrée sur la tradition vaudou d’Afrique de l’Ouest. Au vu de ce qui nous a été montré, ce Digital Vaudou semble mixer l’art ancestral le plus pur (les deux hommes savent visiblement de quoi ils parlent) et la modernité la plus moderne via notamment un dispositif circulaire entourant le danseur et permettant la projection d’images numériques. Intriguant… À l’Hexagone jeudi 1er et vendredi 2 février Artefact Voilà un spectacle parenthèse que Joris Mathieu a créé l'an dernier. Toujours en questionnement sur l'objet du théâtre et ses composantes, le metteur en scène familier des croisements arts et sciences a poussé le "vice" jusqu’à se débarrasser des

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Le Muséum et la Casemate à la recherche des monstres

ARTS | Des premiers monstres, imaginaires, à ceux du XXIe siècle créés par l'homme, la double exposition "Monstru'eux, vous trouvez ça normal ?" présentée à la Casemate et au Muséum propose un parcours interactif ponctué de spécimens étranges. Et tente de sonder la normalité, sans toutefois réellement apporter de réponse.

Charline Corubolo | Mardi 24 mai 2016

Le Muséum et la Casemate à la recherche des monstres

Si les "lolcats", ces images humoristiques de chats, ont envahi notre espace numérique au point de saturer notre flux quotidien, une autre espèce d'individu, bien plus variée, fascine également grandement les internautes et les autres : les monstres. Voici le leitmotiv de l'exposition Monstru'eux, vous trouvez ça normal ? découpée en deux lieux. Le Muséum se trouve être le théâtre d'une étrange déambulation entre animaux bizarres ou malformés, avec une partie réservée à l'homme dans toute sa folie psychiatrique. Quant à la Casemate, le monstre se robotise à travers une série d'installations et de machines prêtes à assaillir l'humanité. Autant d'inversions naturelles ou artificielles qui posent alors la question de la normalité dans un monde en perpétuelle mutation – question paradoxalement seulement effleurée par l'exposition, qui est plus dans la monstration que l'analyse. Pas si monstrueux Car pour tenter d'éclairer les esprits sur le sujet, les deux espaces présentent des spécimens hors-normes. Au Muséum, un mouton à tête renversée côtoie un veau empaillé à deux têtes et sept pattes, tandis qu'un bocal renferme un embryon cyclope. Fant

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Des étudiants au Centre d'art Bastille

ARTS | L'exposition "Infiltrations", actuellement au Cab, a été imaginée par quatre étudiants. On en a rencontré une.

Charline Corubolo | Mardi 2 juin 2015

Des étudiants au Centre d'art Bastille

L'exposition Infiltrations est le fruit d'une collaboration entre le festival universitaire annuel organisé par Un tramway nommé culture et le Centre d'art Bastille, tous deux cherchant chaque année à promouvoir les actions étudiantes pour la culture. Pour cette nouvelle édition, Vincent Verlé, salarié du Cab, a mené un workshop curatorial avec quatre étudiants : Raphaël Corsino et Laura Villena, deux élèves de l’École supérieure d'art et design Grenoble (Esad) ; Robyn Wilton de l'Univerisité de Leeds et Chloé Pommaret de l'Université Pierre-Mendès-France, section médiation art culture. Pour Laura Villena, l'objectif du projet était de proposer une « exposition qui avait un lien avec le thème du festival. Après nous être questionnés sur le sens de ce thème, nous en avons déduit qu'il parlait de la vie à travers l'idée de mort : "

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La mort leur va si bien

CONNAITRE | Avec un Tramway nommé culture, structure qui s'occupe de la vie culturelle du campus, on est certains d'être transportés à chaque fois dans de nouvelles contrées. Et ce n'est pas la neuvième édition de son festival thématique annuel, gratuit et ouvert à tous, qui va déroger à la règle. Encore plus frissonnant qu'un livre de "Chair de poule", l'événement 2015 s'annonce "Mortel" ! Charline Corubolo

Charline Corubolo | Mardi 24 mars 2015

La mort leur va si bien

Mardi 24 mars, le campus grenoblois et une partie de la ville risquent fort bien de se retrouver dans les limbes, mais de façon artistique et amusante. Pour sa neuvième édition, le festival thématique du service culturel de l'Université Grenoble Alpes a décidé d'être "mortel". Il y a de quoi grincer des dents et être ébahi de ne pas avoir vu passer ces neuf années. Julien Wegner, chargé de l'organisation (à gauche sur la photo) : « Le festival est né en 2006. À l'époque, l'idée était que la programmation culturelle de l'université, assurée par le Tramway nommé culture, soit complétée par une proposition qui permettrait aux étudiants de participer par le biais d'appel à projets. La forme festival s'est vite imposée avec l'envie que l'événement soit thématique. » Voilà donc quasiment une décennie que la joyeuse équipe du TNC organise chaque année son festival, en passant par différents thèmes (la folie, le poil, l'interdit...), avec l'objectif de créer une émulsion artistique sur le campus et ailleurs. Mais au-delà du simple appel à projets, l'événement offre une véritable opportunité aux élèves en les mettant en lien avec les différe

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Monstres academy

ECRANS | Déception pour le nouveau Pixar : la greffe entre l’univers de "Monstres et Cie" et celle du film de campus ne prend qu’à moitié, et le scénario paraît bien attendu par rapport à celui du précédent "Rebelle". Christophe Chabert

Christophe Chabert | Dimanche 7 juillet 2013

Monstres academy

On se souvient avec émotion de Monstres et Cie, peut-être le film qui a fait basculer Pixar dans la cour des grands. L’allégorie sur l’entertainment hollywoodien s’y déployait à travers un récit mené tambour battant et passant par toutes les émotions possibles – la moindre des choses pour un film où le carburant était justement une émotion, en l’occurrence la peur. Plutôt que de lui donner une suite, le studio a choisi de retourner aux origines de ses héros et de greffer l’univers des terreurs d’élite sur celui du teen movie. Sully et Bob «retournent» donc à l’université, avec un antagonisme fort : le premier n’est que le descendant un peu glandeur d’une légende de l’effroi, le deuxième est un gringalet qui veut réussir malgré ses maigres atouts et met toute son énergie dans un bachotage effréné. Le campus est à peine différent de ceux qui forment l’ordinaire du cinéma adolescent américain : des nerds et des bullies, des confréries et des soirées entre étudiants… C’est la première déception du film : plutôt que de renouveler les codes ou d’en fournir une critique, Monstres academy se contente la plupart du temps de les reprodui

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Un monstre à Paris

ECRANS | De Bibo Bergeron (Fr, 1h29) animation

François Cau | Lundi 10 octobre 2011

Un monstre à Paris

Après avoir roulé sa bosse à Hollywood pour finir par piloter Gang de requins, Bibo Bergeron revient au pays dans l'espoir de signer une œuvre personnelle avec Un monstre à Paris. Prenant ses quartiers dans une ambiance 1900, le film n'ose pas l'originalité la plus folle, mais a de l'allure. Fluidité de l'animation, élégance des corps, somptuosité des décors, Bergeron fait dans le bel ouvrage et témoigne d'un vrai souci de virtuosité. Hélas ! sa maîtrise technique du récit n'est pas la même. Il souffre de trop d'habitudes balisées dans les attitudes des personnages ou l'évolution de l'intrigue. Le rythme, à la fois lent et elliptique, n'est pas assez attentif à l'histoire de cette chanteuse se prenant d'amitié pour une puce géante mélomane et traquée par un politicien véreux. Trop nombreux aussi, les personnages se diluent et noient tout enjeu ou motif. Le projet musical réunissant M et Vanessa Paradis (au doublage et via des figures qui leur ressemblent) n'étant alors qu'un bel écrin succinct n'ouvrant jamais vers une émotion ou une idée à investir. Bergeron manque d'ambition et son style n'est pas assez riche, spectaculaire ou racé pour y voir l'identité troublante d'un au

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L’illusionniste old school

SCENES | « Il était une fois un royaume fait de vieux objets à la splendeur déchue, inventé par un homme pour peupler sa solitude. Mais dans les méandres de ce royaume à (...)

François Cau | Vendredi 28 janvier 2011

L’illusionniste old school

« Il était une fois un royaume fait de vieux objets à la splendeur déchue, inventé par un homme pour peupler sa solitude. Mais dans les méandres de ce royaume à l’architecture tordue, sa folie lui échappa doucement… » Le public rentre sur un air joué au piano, pour une plongée dans une époque non définie mais que l’on devine plutôt ancrée dans les temps anciens. Un jeune homme se fait maître de cérémonie d’un soir, perdu dans un bric-à-brac qui hypnotise l’assistance en moins de deux. Un maître de cérémonie terré au milieu des ombres de son antre – splendide création lumière d’Elsa Revol, collaboratrice – entre autres – d’Ariane Mnouchkine et Adrien Mondot. Première scène : assis dans un fauteuil usé, armé d’une pince, notre hôte conçoit des balles en fil de fer. Puis, plus tard, il jonglera avec, avant un final littéralement splendide. Avec Le Soir des monstres, Étienne Saglio, artiste de vingt-six ans fraîchement diplômé du Centre national des arts du cirque de Châlons-en-Champagne (une référence en la matière), a conçu un spectacle étrange et fascinant, entre cirque et magie. Le tout en s’inventant un personnage baroque et gauche (on rit souvent pendant la r

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Monstres & cie

SCENES | MUSIQUE & DANSE / Lionel Daméi revient en terres iséroises pour présenter de nouveau son spectacle Des Monstres d’infinie solitude, créé à l’Heure Bleue début 2009, et retravaillé depuis.

François Cau | Vendredi 10 décembre 2010

Monstres & cie

Lionel Daméi ? Pour les néophytes, il s’agit d’un artiste multiple, mais plus connu comme chanteur. Un chanteur très chanson française pour l’univers lettré, qui dénote néanmoins par l’utilisation originale de sa voix, aiguë et évanescente, ce qui peut en rebuter plus d’un (on a été très surpris à la première écoute, entre agacement et intérêt). Qu’importe semble clamer notre homme, sûr de sa voie… Pour Des Monstres, il a composé une douzaine de chansons, qu’il interprète sur scène avec quatre musiciens, et surtout deux danseurs : Sylvie Guillermin (la chorégraphe du spectacle) et Smaïn Boucetta, parfaits dans leurs rôles très loin de la simple illustration. Entre eux sept, l’osmose se fait naturellement, avec évidemment la figure de Lionel Daméi comme cheville ouvrière. Un artiste non pudique qui explique ainsi s’être construit en opposition à la crainte de sa mère de le voir finir comme un petit monstre. Comprendre que les désirs de danse de Lionel ne correspondaient pas à la norme masculine en vigueur à l’époque (et toujours maintenant ?). Il fut donc chanteur, sans toutefois nier une certaine frustration. Sur scène, dans ce cabaret dansé, il se fait ainsi maître de cérémonie se

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Les Nouveaux Monstres

ECRANS | REPRISE / Encore plus monstrueux que leurs prédécesseurs, les protagonistes de ces 12 sketchs témoignent de l’atmosphère délétère qui rongeait l’Italie de la fin des années 70. Une charge politique, sociale et comique dont l’admirable férocité fait toujours un bien fou, surtout en ces temps de consensus cinématographique mou. FC

| Mercredi 14 mars 2007

Les Nouveaux Monstres

Le film n’entretient a priori aucun rapport narratif avec Les Monstres, réalisé en 1963 par Dino Risi. Mais le but est le même : capter les travers caractéristiques de l’époque, à travers une suite de sketchs mettant en scène de bien piètres représentants du genre humain. Selon deux des co-scénaristes du film (le tandem Agenore Incrocci et Furio Scarpelli), cette nouvelle mouture fut réalisée à la base pour venir en aide financière à l’un de leur collègue gravement malade. Mais que cette noble origine ne vous abuse pas : cette fausse séquelle surpasse le premier film en termes d’exploration des tréfonds de la bassesse humaine. L’Italie, plongée dans le marasme des années de plomb, est au cœur d’un bouleversement socio-politique particulièrement trouble et douloureux. Le cinéma de genre italien est en train de livrer ses œuvres les plus barrées. Les Nouveaux Monstres, fruit de l’énergie commune des plus grands satiristes nationaux (Risi, Scola, Monicelli, Ruggero Maccari, Age et Scarpelli…), sera forcément plus virulent. Non par défiance ou par simple provocation, mais par la volonté inébranlable d’artistes talentueux, conscients que l’humour offensif est une arme destructrice. Et l

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