Dispel on you : portes ouvertes à couper le souffle

Événement | Site industriel à l’abandon à Saint-Martin-le-Vinoux réinvesti au fil des ans par une poignée d’associations défricheuses aux affinités artistiques communes, Dispel ouvre brièvement ses portes ce samedi 28 avril pour dévoiler un aperçu de son (phénoménal) potentiel créatif.

Damien Grimbert | Mardi 24 avril 2018

Photo : Culture-Ailleurs


Les apparences peuvent être trompeuses. A priori, comme ça, une journée "portes ouvertes" réunissant projections, installations et performances, ça ne tranche pas outre mesure avec le tout-venant. Mais les quelques centaines de curieux ayant eu la chance d'assister aux deux premières éditions en 2014 et 2016 peuvent en témoigner : avec Dispel on you, on est plus proche d'une gigantesque fête foraine artistique DIY hallucinée que d'une visite d'atelier un peu plan-plan.

En 2016, dans le jardin, un massif portail bariolé à l'envergure démesurée donnait ainsi accès à une cour accueillant un bateau reconverti en bar, autour duquel se déhanchaient des danseurs sur fond de musique brésilienne. Et dans le véritable dédale de pièces et de couloirs de l'entrepôt adjacent, chaque salle offrait une nouvelle découverte : concerts, librairie alternative, mur de télés, dispositif cinétique, projections sur le plafond à regarder couché, performances épileptiques sur pellicule et bien d'autres créations...

De l'autre côté du miroir

Qu'on ne s'y trompe pas pour autant : sorti de ces exceptionnelles ouvertures aux public (deux seulement en l'espace de 20 ans), Dispel est avant tout un lieu de travail, dont chaque mètre carré est investi à plein temps par cinq associations : Cinex, spécialisée dans le documentaire de création ; Laps, qui travaille sur des installations visuelles et sonores ; Octobre, dédiée à la micro-édition ; l'atelier MTK, laboratoire de cinéma sur pellicule unique en son genre ; et enfin Culture Ailleurs, qui crée des installations et performances monumentales.

Des domaines de création certes hétérogènes, mais néanmoins reliés par une même passion pour les expérimentations avec la matière. Autre point commun, une certaine habitude à travailler dans des conditions spartiates avec des moyens quasi-inexistants (système D et récupération règnent ici en maître), qui n'en permettent pas moins de donner naissance à des projets artistiques d'une ambition peu commune. Comme cette journée de portes ouvertes devrait, une nouvelle fois, en témoigner.

Dispel on you 3
À Dispel (Saint-Martin-le-Vinoux) samedi 28 avril de 18h à 22h


Dispel on you 3

Films, performances, installations...
Dispel 80 allée de la Casamaure Saint-Martin-le-Vinoux
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Grenoble à l’écoute, mais…

Dispel | Lucille Lheureux, l’adjointe aux cultures du maire de Grenoble, dit ne pas avoir de solution à proposer pour un relogement groupé des artistes du Dispel s’ils quittaient le bâtiment qu’ils occupent actuellement. Elle affirme cependant rester ouverte au dialogue. Ses explications.

Martin de Kerimel | Mercredi 27 janvier 2021

Grenoble à l’écoute, mais…

Lucille Lheureux l’affirme clairement : pour elle, la Ville de Grenoble n’est pas la seule interlocutrice possible pour le collectif Dispel, qui craint d’être expulsé de la friche industrielle qu’il occupe de longue date (lire notre article précédent). L’élue rappelle ainsi que le bâtiment est situé sur le territoire de la commune de Saint-Martin-le-Vinoux et que c’est la Métropole qui en est le propriétaire. « Nous avons écrit à la Métropole et dit que ce dossier ne nous regardait pas, indique-t-elle. Nous avons toutefois réaffirmé notre soutien au projet culturel. » L’élue confirme que la convention qui liait la Ville de Grenoble à la Métropole pour la mise à disposition des locaux est désormais caduque. Elle assure qu’au départ, l’installation du collectif Dispel sur le site actuel n’avait été envisagée qu’à titre provisoire. « Des propositions à faire » Aujourd’hui, l’élue assure être prête à discuter avec les différentes structures pour trouver une solution à Grenoble, à engagement budgétaire constant. « Nous aurons des propositions à faire au collectif s’il souhaite déménager, mais elles seront

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Et si le Dispel disparaissait ?

Collectif | Le collectif artistique installé allée de la Casamaures, à Saint-Martin-le-Vinoux, craint d’être expulsé avant le printemps. Qu’est-ce que la culture aurait à perdre à son démantèlement ? On s’est rendu sur place pour en parler avec les premiers intéressés.

Martin de Kerimel | Lundi 25 janvier 2021

Et si le Dispel disparaissait ?

Pas de panneau indicateur. Aucune enseigne. Simplement, sur un bout de grillage, une boîte aux lettres commune qui rappelle que, derrière le portail en partie ouvert, il y a toujours du monde. Les structures qui composent le Dispel cultivent-elles la discrétion ? Non : l’accueil qu’elles nous ont réservé témoigne du contraire. Simplement, elles n’organisent que très rarement des événements ouverts à tous. Et, quand c’est le cas, il se peut qu’une partie du public "consomme" sans se poser de question et ignore totalement le nom des créateurs. Au Petit Bulletin, on garde cependant un bon souvenir de l’Excentrique Cinéma, par exemple, ou d'une journée portes ouvertes étonnante, de nature à titiller bien des curiosités. Le Dispel, on le perçoit comme un lieu à part, au sens noble du terme. C’est pour cette raison que, fin décembre, lorsque l’on nous a

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Penser l’avenir autrement

Connaissance | Les collapsologues craignent d’un effondrement de notre système, mais cherchent à imaginer des solutions collectives. À Grenoble, un groupe a pris l’habitude de se réunir dans un bar de l’hyper-centre. Présentation.

Martin de Kerimel | Mardi 7 janvier 2020

Penser l’avenir autrement

Leur présence répétée dans nos agendas a titillé notre curiosité : nous avons voulu savoir ce que sont les Cafés Collapsologie, fréquemment organisés au Tonneau de Diogène, place Notre-Dame. « De petites conférences scientifiques », nous a répondu Nicolas Géraud, à leur initiative depuis un peu plus d’un an. Mardi 21 janvier, à 19h, Florian Alberto propose la première de deux rencontres consacrées à la bioiversité. Face aux mauvaises nouvelles liées à l’évolution du climat, des réseaux financiers et des menaces qui pèsent sur la biodiversité, les collapsologues s’efforcent d’établir des faits objectifs et de réfléchir à de possibles solutions, pour parer à l’effondrement (collapse, en anglais) du système. L’idée est que tout est plus ou moins interdépendant. « Il est assez déprimant d’y réfléchir seul, admet Nicolas. Le risque est alors de devenir prosélyte ou de voir nos relations sociales se dégrader. » Le tout premier intérêt des Cafés est précisément d’éviter cet écueil. Ouverts à tous (sur réservation), ceux de Grenoble font le plein en attirant régulièrement une soixantaine de personnes. Un optimisme raisonné Le pr

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La pellicule sous toutes ses formes avec le festival La Buissonnière

Cinema | Première édition pour le festival "La Buissonnière", qui, du jeudi 28 au samedi 30 novembre, mettra en avant une éclectique sélection de films réalisés au sein de laboratoires argentiques indépendants. Au 102 et sur le campus de l'UGA, une proposition passionnante, loin, très loin de la standardisation à marche forcée auquel le format numérique nous a habitués.

Damien Grimbert | Mercredi 27 novembre 2019

La pellicule sous toutes ses formes avec le festival La Buissonnière

Un peu de contexte pour commencer, comme le propose Colas Gorce, l’un des (nombreux) organisateurs du festival : « Dans les années 90, l’industrie du cinéma est passée massivement au format numérique et s’est débarrassée de toutes sortes d’outils liés au format pellicule. Pour beaucoup de personnes qui travaillaient déjà sur ce format, s’est créée une sorte d’effet d’aubaine, avec la possibilité de récupérer tous ces ustensiles désormais relégués au rang de déchets par l’industrie. Cela a donné naissance à de nombreux laboratoires indépendants, souvent sous une forme associative, comme c’est le cas du laboratoire MTK à Grenoble, qui se sont ensuite mis en réseau pour créer du cinéma expérimental ». Le décalage entre cette approche très artisanale, voire ludique, du cinéma et les fabuleuses possibilités créatives qu’elle ouvre, c’est ce qu’a souhaité mettre en avant l’équipe de La Buissonnière à travers ce festival. Sans négliger pour autant sa dimension très politique : « Parler de ces modes de production, complètement en dehors des circuits industriels, et basés en grande partie sur un imaginaire de récupération des "déchets" de l’industr

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L’Excentrique Cinéma : « On est très loin du documentaire classique »

Festival | Du jeudi 3 au samedi 5 octobre, l’association grenobloise Cinex présentera, dans trois lieux distincts, l’Excentrique Cinéma, une passionnante sélection de documentaires "de création", loin des clichés et conventions habituelles du genre. Histoire de vous mettre l’eau à la bouche, on vous présente tous ceux que l’on a déjà pu voir ; puis on échange avec l'un des organisateurs.

Damien Grimbert | Mardi 1 octobre 2019

L’Excentrique Cinéma : « On est très loin du documentaire classique »

Si vous n’habitez pas le quartier de l’Esplanade, n’êtes pas un supporter de la Juventus de Turin et ne faites pas partie de la communauté italienne de Grenoble, il y a de grandes chances que le bar grenoblois La Tonnelle (« Chez Angelo » pour les intimes) ne vous évoque rien. Ce que capte brillamment le film Un Solo Amore, réalisé in situ par Yoann Demoz et Fabien Fischer, c’est pourtant à quel point la tension, la fébrilité et la vaste gamme d’émotions contradictoires qui traversent le visage des clients du bar les soirs de match constituent non seulement un spectacle de cinéma hypnotique, mais également un portrait en creux d’un microcosme socioculturel d’une richesse et d’une justesse infinies. Évidemment, on ne cite pas cet exemple au hasard : allier geste cinématographique et immersion dans un contexte bien particulier à travers un point de vue inattendu, c’est justement le trait commun qui réunit une bonne partie des films projetés dans le cadre de l’Excentrique Cinéma. Points de vue multiples On aurait ainsi aussi bien pu citer

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Un Microsaloon pour « donner un bon panorama de l’univers de la microédition »

Événément | Cinquième édition ce samedi 25 mai pour le salon de microédition à ciel ouvert au succès sans cesse renouvelé, organisé à Grenoble dans les rues Lakanal et Aubert-Dubayet (quartier Championnet) par l’asso RbGp. L’occasion de faire le point avec ses deux fondateurs, Gaëlle Partouche et Richard Bokhobza.

Damien Grimbert | Mardi 21 mai 2019

Un Microsaloon pour « donner un bon panorama de l’univers de la microédition »

Ce n’est pas une mince affaire que de fédérer un public aussi large autour d’une pratique aussi confidentielle que celle de la microédition. C’est pourtant la gageure remportée depuis cinq ans par le Microsaloon, porté à bout de bras par Gaëlle Partouche et Richard Bokhobza. Une manifestation aujourd’hui bien inscrite dans le paysage, comme l’explique le duo. « Ça reste un événement singulier, mais le fait que ça se passe dehors, dans la rue, en accès libre et gratuit, permet de limiter le risque d’entre-soi. Le public est très passant, très familial, et ça crée un brassage, des discussions, qu’on ne pourrait pas avoir dans un lieu fermé : beaucoup tombent dedans à la sortie du marché des créateurs, on les voit arriver, et 1h30 plus tard, ils sont encore là. C’est là qu’on se dit que c’est gagné. » Un succès que l'on doit aussi à la programmation. « Il y a du renouveau dans les exposants, on accueille des gens de Grenoble mais aussi de Lyon, de Turin, de Bordeaux, de Lille, de Paris, de Belgique… Certains reviennent d’année en année, d’autres viennent pour la première fois, il y a des jeunes de 20

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Microsaloon : quand la microédition tient salon en pleine rue

Événement | Organisé pour la quatrième année consécutive dans les rues Lakanal et Aubert-Dubayet par l’association RbGp, le Microsaloon, prévu ce samedi 26 mai, est désormais un événement bien établi… qui n’en reste pas moins parfois un peu mystérieux pour le néophyte. Explications.

Damien Grimbert | Jeudi 24 mai 2018

Microsaloon : quand la microédition tient salon en pleine rue

Véritable vivier artistique d’une créativité peu commune, l’univers de la microédition regroupe d’innombrables créations imprimées de façon indépendante et le plus souvent artisanale par le biais de multiples procédés comme la sérigraphie, la photocopie, la risographie, la ronéotypie… pour n’en citer qu’une poignée. Permettant d’expérimenter tant sur le fond (ce qu’on imprime) que sur la forme (la façon dont on imprime), elle offre ainsi une infinité de possibilités dont se sont emparés au fil des années une pléiade d’artistes et de (micro-)éditeurs adeptes de l’autoproduction. Émanation de la culture "Do It Yourself" qui permet de créer par ses propres moyens sans reposer sur le bon vouloir des réseaux de production établis, elle a de ce fait attiré en premier lieu dans son sillage des artistes oscillant le plus souvent dans les marges de la création artistique officielle et des cultures populaires. Une scène essentiellement "underground" donc, qui peut aujourd’hui, grâce à des initiatives telles que le Microsaloon, s’exposer au grand jour et à la découverte de publics non-initiés.

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"Octobre" de Sergueï Eisenstein sera projeté mercredi soir au Ciné-Club de Grenoble

ECRANS | Techniquement, la Révolution d’Octobre de 1917 démarra le 7 novembre dans notre calendrier grégorien. Mais dans la Russie impériale, soumise au Tsar et au (...)

Vincent Raymond | Mardi 31 octobre 2017

Techniquement, la Révolution d’Octobre de 1917 démarra le 7 novembre dans notre calendrier grégorien. Mais dans la Russie impériale, soumise au Tsar et au calendrier julien, sa date officielle fut le 25 octobre – voilà pour l’explication de cette discordance apparente qui interroge des générations de lycéens. En programmant mercredi 8 novembre à 20h Octobre, le classique de Sergueï Eisenstein datant de 1927 et célébrant l’avénement du bolchévisme dans ce qui allait devenir l’URSS (que d’enthousiasme et d’utopies dans ce film…), le Ciné-club de Grenoble s’approche donc au plus près du centenaire de l’événement. Toutes considérations politiques mises à part, l’œuvre demeure un monument autant qu’un témoignage d’illusions évanouies.

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Le Microsaloon défend « une édition qui prend son temps »

Événement | Le Microsaloon, manifestation couteau suisse consacrée à la microédition, revient ce samedi 20 mai pour une troisième édition grenobloise. Temple à ciel ouvert de la sérigraphie, du fanzine et du "do it yourself" de l’édition, ce "saloon" prône un artisanat de qualité. Rencontre avec Gaëlle Partouche et Richard Bokhobza qui l'organisent.

Charline Corubolo | Mardi 16 mai 2017

Le Microsaloon défend « une édition qui prend son temps »

Samedi 20 mai aura lieu quartier Championnet à Grenoble la troisième édition du "saloon" de la microédition. Quelle est votre définition de la microédition ? Gaëlle Partouche et Richard Bokhobza : Il s'agit de la fabrication d’objets papier, que ce soit l’écriture, le dessin, le graphisme…, par des passionnés, qu’ils soient éditeurs indépendants, artistes ou pratiquants amateurs. Des objets produits ​de façon autonome et bien souvent artisanale. En résumé : livres, fanzines, affiches, tracts, dépliants... Les techniques tournent autour de la main : photocopie, sérigraphie, collage... C’est donc une édition qui prend son temps, qui a peu d’argent et qui favorise l’expression libre et les expérimentations, dans une idée de partage et de transmission des savoirs et des moyens de production.​ Quel est le but de ce "saloon" ? Il a pour vocation de présenter un large panel des productions papier d’ici et de maintenant, de faire découvrir la ​formidable (sur)

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En attendant le Microsaloon...

Preview | En amont de la troisième édition du salon de la microédition de Grenoble (le désormais fameux Microsaloon, qui se déroulera samedi 20 mai rue Lakanal et (...)

Damien Grimbert | Mardi 2 mai 2017

En attendant le Microsaloon...

En amont de la troisième édition du salon de la microédition de Grenoble (le désormais fameux Microsaloon, qui se déroulera samedi 20 mai rue Lakanal et sur lequel on reviendra plus en détail le moment venu), la librairie Les Modernes, co-organisatrice de l’événement avec l’Atelier Octobre, propose une pléiade d’animations en relation tout le mois de mai. Outre une infra-librairie éphémère in situ, qui réunira les œuvres "Do It Yourself" d’une soixantaine de micro-éditeurs, on vous recommande aussi chaleureusement le vernissage d'Il Paraît, exposition des collages d’Audrey La Delfa (photo) le jeudi 4 mai à 19h, qui sera ponctué d’une lecture collage. Le mardi 9 mai à 18h, place à une rencontre-dégustation avec Antonin Iommi-Amunategui, auteur du Manifeste pour le vin naturel et du Manuel pour s'initier au vin naturel. Le jeudi 11 mai entre 12h et 14h, c’est l’École Supérieure d’Art de Grenoble qui prendra le relai avec une « cantine Fanzing » qui permettra de découvrir en avant-première un échantillon du Microsaloon. Enfin, retour aux Modernes le samedi 13 mai où le professeur Draw Draw viendra dévoiler son alléchant « m

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Le documentaire loin des clichés avec L’Excentrique Cinéma

Mini festival | Du mardi 2 au jeudi 4 mai, au Club, à Mon Ciné et au 102 aura lieu un festival de cinéma particulier. Où l'on pourra découvrir des films sortant des carcans classiques du documentaire traditionnel.

Damien Grimbert | Mardi 25 avril 2017

Le documentaire loin des clichés avec L’Excentrique Cinéma

Défenseur d’un cinéma « où les auteurs affirment des points de vue pour penser et comprendre le monde environnant », le méconnu collectif grenoblois Cinex (Atelier du cinéma excentrique) propose au grand public un accès à son univers par le biais de son événement L’Excentrique Cinéma. Au programme, trois documentaires de création projetés dans trois lieux distincts (et accompagnés de rencontres avec leurs réalisateurs respectifs). Des films liés non pas par une thématique commune mais par des préoccupations socio-politiques convergentes ainsi que des modes de narration libres et non-formatés sortant des carcans classiques du documentaire traditionnel. Pas comme des loups (le mardi au Club, photo) de Vincent Pouplard accompagne ainsi deux jeunes frères d’une vingtaine d’années en rupture avec les normes sociétales, mais dont le mode de vie marginal s’accompagne d’une autodiscipline peu commune. 300 hommes d’Emmanuel Gras et Aline Dalbis (le mercredi à Mon Ciné) se

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Collapse, le rêve lucide

Scène locale | Après "Collapse" (2011) et "The Fall" (2013), les Grenoblois de Collapse reviennent avec un troisième album, "The Sleep In Me", qu'ils dévoileront sur la scène de l'Ampérage. Un opus abouti, empruntant autant au post-rock qu'au métal et au prog'. Une belle découverte.

Gabriel Cnudde | Mardi 31 janvier 2017

Collapse, le rêve lucide

Si ce n'est pas au vieux singe qu'on apprend à faire la grimace, ce n'est certainement pas aux membres de Collapse qu'on va apprendre à nous surprendre. La recette, Vincent, Erwann, Anthony et Sébastien la connaissent par cœur depuis un bout de temps : une batterie, une basse, une guitare, un clavier, quelques samples et beaucoup d'imagination leur suffisent à créer un post-rock hypnotique unique en son genre. « On a commencé à faire de l'instrumentale pour avoir un peu plus de liberté dans les compositions. On voulait éviter le schéma classique couplet-refrain-pont » confie Sébastien, le guitariste. Concept album et parasomnie Voilà que les Grenoblois dévoilent un troisième album, The Sleep In Me, jouant avec les codes comme un enfant avec ses crayons de couleur. « Le post-rock est souvent associé à des morceaux lents, qui suivent un thème précis. Nous, on évolue peut-être vers quelque chose de plus progressif, avec aussi quelques apports du métal. » Cette diversité, les membres de Collapse vont la puiser dans leurs influences diverses, allant de Porcupine Tree à Archive en passant par Meshuggah. En résulte un

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Microsaloon : la micro-édition prend la rue

CONNAITRE | Dédié aux "objets-papiers" de toutes formes (fanzines, livres, posters, collages…) fabriqués et édités de manière artisanale par des artistes indépendants, le Microsaloon de la petite édition revient ce samedi dans deux rues grenobloises pour une nouvelle… édition. On a rencontré les organisateurs.

Damien Grimbert | Mardi 24 mai 2016

Microsaloon : la micro-édition prend la rue

Pratique artistique peu médiatisée et encore souvent confinée à l’underground, la micro-édition ne cesse pour autant de gagner en influence (et en affluence) avec les années. « À l’origine, il y a ce besoin, ou cette volonté, de créer un objet imprimé par soi-même, avec des moyens très limités » expliquent Gaëlle Partouche et Richard Bokhobza, à l’origine de la manifestation. « Pendant longtemps, ce sont les systèmes de production qui ont influé directement sur l’objet : il y a eu une explosion dans les années 1980 avec l’apparition de la photocopieuse, qui s’est ajoutée à la pratique de la sérigraphie depuis les années 1960 et 1970, et à la ronéotypie encore avant. Tout ça s’est un peu atténué à la fin des années 1990, mais là, il y a vraiment une résurgence depuis quelque temps. » Rançon de la gloire, le champ de la micro-édition, déjà pas évident à circonscrire, s’est encore complexifié. « Avant, les créateurs de fanzines ou d’affiches démarraient avec des contraintes fortes, tout en aspirant au savoir-faire du graphisme ; il y avait une volonté de tirer les choses vers le haut. Maintenant, c’est un peu l’inverse, certains éditeurs ou graphiste

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On n’est pas des moutons

CONNAITRE | L’association Cinex se décrit comme un « atelier du cinéma excentrique » et soutient « des projets de cinéma singuliers » depuis désormais vingt ans. Films (...)

Laetitia Giry | Jeudi 1 novembre 2012

On n’est pas des moutons

L’association Cinex se décrit comme un « atelier du cinéma excentrique » et soutient « des projets de cinéma singuliers » depuis désormais vingt ans. Films documentaires, expérimentaux ou de fiction, toutes les formes sont permises et conseillées. Pour fêter cet anniversaire, Cinex organise trois soirées de projection dans trois lieux (le 102, le Méliès et la Bifurk) : trois identités et trois projets. L’une consacrée à des documentaires évoquant l’Algérie contemporaine qui frappent par leur terrible réalisme. Des récits filmés avec patience dans lesquels les déclarations tragiques se succèdent. Harguine Harguine suit par exemple des rescapés ayant tenté de fuir leur pays en bateau : « on n’est pas libres, on préfèrerait rester, ne pas aller vers la mort », « un être humain ne devrait pas être humilié de cette façon »… La seconde soirée s’intéresse à des films réalisés cette année par des cinéastes et amateurs grâce à l’atelier de l’association. Des productions plus rêches, comme Match et ses images sur-pixélisées d’un match de rugby avec arrêts, coupes et répétitions, le tout enrobé d’une musique lancinante redoublant la ten

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Le grand débâchage

SCENES | Festival d’Avignon (5) / Markus Öhrn, Marie Rémond et Lapsus

Aurélien Martinez | Mardi 17 juillet 2012

Le grand débâchage

À Avignon, le théâtre s’est emparé du sport. Une fois de plus, bien lui en a pris. Marie Rémond, issue de la formation du Théâtre national de Strasbourg, est devenue… André Agassi ! S’appuyant sur la biographie du champion de tennis, elle fait en 1h15, et avec deux autres comédiens, un portait au vitriol des enfants programmés à être les meilleurs au détriment de leurs envies. Agassi ne voulait pas être le meilleur de sa catégorie, ne voulait pas aller s’entraîner dans l’académie quasi militaire du coach gourou Nick Bolletieri, ne voulait pas se marier à Brooke Shields (ses agents se chargeront d’écrire des lettres d’amour à sa place !), ne voulait pas être chauve et portait une tignasse-perruque qui ont façonné son image de "kid de Las Vegas". Tout était dans la représentation. Comme au théâtre. Et c’est ce parallélisme que Marie Rémond rend avec justesse dans un travail remarquable mais pas aussi émouvant que les passing long de ligne d’un des plus grands artistes que compte l’histoire du tennis. « Bücher » Sinon, il est peut-être temps de laisser l’affaire Fritzl là d’où elle est n’aurait jamais dû sortir : la chronique des faits divers. En 2008, El

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