Les films qui nous regardent : errances et trajectoires

Documentaires et ciné | Du mardi 18 au jeudi 20 décembre, on pourra découvrir ici (au CCN2) et là (à la Cinémathèque) trois films forts. On vous les présente.

Damien Grimbert | Mardi 11 décembre 2018

Cycle de trois films programmé à Grenoble par la cinéaste Alice Diop et la chorégraphe Latifa Laâbissi, Les films qui nous regardent propose une immersion intime et singulière au sein de différents microcosmes méconnus du plus grand nombre.

Vers la tendresse (2015) d'Alice Diop, visible mardi 18 décembre au Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2), questionne ainsi plusieurs jeunes hommes d'une cité de banlieue sur leur rapport à l'amour et l'intimité, dans un univers où la mise en scène de la virilité tient le double rôle de bouclier protecteur et de prison.

Brûle la mer (2014) de Nathalie Nambot et Maki Berchache, à voir mercredi 19 décembre au cinéma le Club, suit quant à lui les désillusions de jeunes Tunisiens ayant quitté leur pays pour le France après le renversement du président Ben Ali.

Enfin, seul film de fiction du lot, Simone Barbès ou la vertu (1980, photo) de Marie-Claude Treilhou, diffusé jeudi 20 décembre à la Cinémathèque, accompagne les déambulations nocturnes d'une ouvreuse de cinéma porno solitaire et désabusée partie retrouver son amante dans une boite de nuit lesbienne où s'entrecroise la faune interlope du Paris de la fin des années 1970.

Réunis par des questionnements communs sur l'errance, la solitude, l'individualisme et les rapports de domination, ces trois films remarquables, et rarement diffusés, partagent également une approche assez similaire, tendre et tranchante à la fois, qui renforce encore la pertinence de leur regard.

Les films qui nous regardent
Au CCN2 mardi 18 à 18h30
Au Club mercredi 19 décembre à 18h30
À la Cinémathèque jeudi 20 décembre à 20h


Vers la tendresse

D'Alice Diop, un film sur les rapports difficiles entre filles et garçons des “quartiers”
CCN2-Centre chorégraphique national 4 rue Paul Claudel Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Hautes tensions

SCENES | La nouvelle édition des Soirées, toujours coorganisées par la MC2 et le Centre chorégraphique national de Grenoble (dirigé par l’indéboulonnable Gallotta), est sous-titrée cette année "Sous tension". Un thème pas forcément fun qui nous offre néanmoins quelques propositions fortes. Aurélien Martinez

François Cau | Vendredi 28 mai 2010

Hautes tensions

Au fil des ans, les Soirées (ex-Soirées d’Émile, du nom de l’imaginaire Émile Dubois inventé par Jean-Claude Gallotta il y a de ça trente ans) gardent le même principe : à savoir, faire émerger le travail de nouveaux chorégraphes (néanmoins déjà confirmés, les Presk’îles d’Émile étant quant à elles destinées aux "novices"), et leur donner les moyens de le dévoiler dans des conditions professionnelles, devant un public. Cette année, la programmation se veut pointue, entièrement construite autour de l’idée de tension, avec notamment des corps jetés en pâture dans un monde jugé trop violent. Un thème qui place donc ce mini festival sous des auspices graves. Parmi les six créations dévoilées au cours des trois soirs de représentation, nous en retiendrons trois. Des formes courtes qui, si elles ne nous ont pas forcément toutes entièrement convaincus, ont le mérite de sortir des sentiers battus. Influx controls : I wanna be, wanna be L’influx control était une loi en vigueur en Afrique du sud restreignant la liberté de mouvement des personnes noires, pour les empêcher de se rendre dans les zones riches. Le chorégraphe Boyzie Cekwana a ainsi décidé de

Continuer à lire