"Un poisson sur la Lune" : David Vann, l'être au père

David Vann

Librairie Arthaud

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Littérature / rencontre / Le romancier américain David Vann sera mercredi 3 avril à la librairie Arthaud pour présenter son dernier roman, récit noir, sec et profond sur ce qui nous fait tenir – ou non – à la vie.

À sa famille, dans un élan lyrique, Jim Vann raconte la légende d’un flétan transporté sur la Lune par des astronautes de la Nasa. En apesanteur et hors de l’eau, le gros poisson s’envole vers le néant dans une palpitation sans effort… « Ce n’était pas prévu qu’il survive. Il était juste voué à faire un seul vol magnifique, rien d’autre. C’est tout ce à quoi on est destinés, nous autres. Aucun de nous ne survit. On ne peut être, au mieux, que des expériences. »

Parmi ses auditeurs, il y a son fils David Vann, treize ans, qui, quarante années plus tard, reprend ce récit dans son propre roman autobiographique Un poisson sur la Lune. Soit une métaphore de son père suicidaire, où l’on peut déceler la capacité du fils, devenu écrivain, à s’emparer d’un accès maniaque du paternel pour en faire une force d’écriture et une trace mémorielle de ses angoisses et désarrois juvéniles. Entre fiction et réalité, au fil de pages au style précis et abrupt, le livre de David Vann nous immerge littéralement dans la psyché maniaco-dépressive de son père : l’écriture y est tout à la fois une quête de sens, un baume pour les blessures d’enfant, une force qui s’appuie et s’entremêle à une autre force… Celle qui, parfois, émerge en sursaut de la plus profonde et bilieuse mélancolie.

La maladie de la vie

On savait l’œuvre de David Vann hantée par la figure du père, jusqu’à faire de cette figure, dans Sukkwan Island (2010), un matériau sensible, un gaz toxique et culpabilisant qu’inhale peu à peu le fils. « Observant l’ombre noire qui bougeait devant lui, il prit conscience que c’était précisément l’impression qu’il avait depuis trop longtemps ; que son père était une forme immatérielle et que s’il détournait le regard un instant, s’il l’oubliait ou ne marchait pas à sa vitesse, s’il n’avait pas la volonté de l’avoir là à ses côtés, alors son père disparaîtrait, comme si sa présence ne tenait qu’à la seule volonté de Roy. »

Dans son septième roman publié en France, David Vann rend ce père beaucoup plus concret, tant sur le plan physique que sur le plan psychique. Et, à travers lui, au-delà de lui, l’écrivain pousse jusqu’en leurs ultimes retranchements des questions valables pour chacun d’entre nous : qu’est-ce que ressent un corps ? Qu’est-ce qui le pousse à vivre ou à s’y refuser ? Comment se construit ou se consume un esprit ? De quoi est faite l’étoffe de ce qui nous relie aux autres ?

David Vann
À la librairie Arthaud mercredi 3 avril à 18h30

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