Pour une poignée de cas barrés

La douzième édition du Cabaret Frappé démarre ce vendredi 9 juillet avec le concert de la funky Gizelle Smith au Parc Paul Mistral. En attendant de passer notre temps au Jardin de Ville, petite sélection des artistes les plus impatiemment attendus par nos soins. La Rédaction

Happy together
« Do you like my song? » nous demande le jeune groupe Elephanz sur son tube taillé pour pulvériser les ondes radiophoniques. « Yes, we like it very much, thank you » leur répondons-nous, un sourire indéfectible aux lèvres. Mi pop 60’s, mi pop bitchy, la musique de ces frangins Nantais sonne comme une grosse blague lancée à la gueule des plus grands, Bowie et les Beatles en tête. Car après tout, ces airs-là, d’une efficacité redoutable, évoquent une époque où la légèreté n’était pas forcément vue comme le mal absolu. D’ailleurs, on sent bien que l’architecture de leurs morceaux est basée autour de ces mélodies, le reste (les paroles, en anglais) n’étant là que pour donner du biscuit (en prenant parfois le contre-pied même du côté jovial). Certains de leurs titres se rapprochent ainsi de la pop américaine sous psychotropes, quand d’autres rappellent carrément les Kinks et leur fameux You really got me. A voir tout ce que cela donnera sur le long terme, mais pour l’instant, on valide ! AM
Mercredi 21 juillet à 19h, au Kiosque. Gratuit« What a lovely song »
Joseph Leon en impose, c’est un fait. Avec son étrange petit air de Verlaine – barbe touffue, regard droit – et sa voix chaleureuse, limpide et veloutée. Le folk à l’ancienne élaboré par ses soins n’est pas sans rappeler de grands noms (on pense surtout à Neil Young, Harvest Moon en tête), intégrant l’auditeur dans son cocon de douce nonchalance. Sous sa plume et dans ses cordes, de la mélancolie dorée, éclatante sans jamais être pesante. On dissimule mal notre hâte de découvrir en live son album « Hard as love », et ce même si la version studio nous semble difficile à égaler. La même soirée, le duo Okou viendra nous montrer son joli banjo. Sautillante et enjouée, leur musique s’apprécie malgré la relative monotonie du tout – la faute à un rythme réticent aux variations – et pour sa richesse instrumentale que nous saluons bien bas. LG
Joseph Leon + Okou
Vendredi 23 juillet à 21h, sous le chapiteau du Jardin de villeNés d’hier
Comme tous les ans depuis l’an dernier, pour la deuxième fois, donc, le Cabaret Frappé consacre une soirée à de jeunes artistes promis à des lendemains qui chantent, si tant est qu’il y ait une justice artistique. Après une mise en jambes avec les très boumants parisiens d’In the Club sous le kiosque, on pourra retrouver une locale de l’étape, Peau, dont le premier et très convaincant album Première mue évoque une Emilie Simon qui aurait enfin vomi ses Bisounours pour explorer les tréfonds de sa psyché. Vient ensuite le duo hype Lilly Wood & The Prick, qui derrière sa touche infiniment branchée aura su nous séduire au détour d’une renversante reprise du L.E.S artistes de Santigold. La soirée se clôturera avec notre coup de cœur, le quintet rockailleux Narrow Terence (photo) : on écoute en boucle leur Narco Corridos depuis sa sortie en mars dernier, avec une insistance mutine sur le fabuleux Weakness of the Sheep, dont l’énergie déglinguée convoque les spectres du western, de la country, du blues, du rock, le tout soutenu par un chanteur osant louvoyer avec le pourtant inimitable timbre de Tom Waits. De la musique à écouter en parcourant les plaines à cheval, en regardant le soleil jusqu’à pleurer du sang. FC
Soirée nouvelle scène
Samedi 24 juillet, sous kiosque et chapiteauAtomes crochus
C'était il y a un an à peine. Molecule sortait avec Climax l'album qui aura permis au dub français de quitter le monde du réseautage pour conquérir un large public. Venus poser leurs voix sur le son tantôt voluptueux tantôt minimaliste du musicien, Charlelie Couture, Zig Zag, Nemo, ou encore Arielle Dombasle (!). Leeroy, lui aussi, figurait au nombre de ces coopérations. On était restés quelque peu dubitatifs quant à sa prestation, un Bug au titre révélateur, mais Leeroy Kesiah reste une référence de la scène rap française, à laquelle il a payé son écot durant les années de gloire du Saïan Supa Crew. Aujourd'hui électron libre, il mêle son flow aux expérimentations de son camarade de remix depuis le Télérama Dub Festival 2008 - on l'a d'ailleurs retrouvé sur le dernier album de Molecule, Besides. La bonne nouvelle, c'est que les deux touche-à-tout remettront le couvert au Cabaret Frappé, lequel a en plus débauché Féfé, autre ancien du Saian... mais également un des nouveaux complices de Molecule. Il interviendra en deuxième partie de soirée... mais on peut raisonnablement espérer un petit bœuf rien que pour nos ouïes, pour une reformation 3.0 du “Crew“. QP
Molecule feat Leeroy suivis de Féfé
Lundi 26 juillet à 21h, sous le chapiteau Bruissements
Certaines mauvaises langues (que l’on sait nombreuses) pourraient reprocher au groupe Revolver un manque de punch qui le classerait parmi les résistants folk trop mous du genou pour faire honneur au genre. Notre amour déraisonné pour deux de leurs titres – « Get around town » et « Leave me alone » – fait de nous d’ardents défenseurs de leur charme feutré et ensoleillé. On espère survivre à l’atroce chaleur jusqu’au concert, histoire de nous laisser bercer par ce son chaloupé parfaitement frappé. D’autant que Lull, qui les précèdera sur scène, possède ce je-ne-sais-quoi qui fait qu’on ne demande qu’à l’écouter gratter sa guitare (ce qu’il fait très bien) au coin du feu, pardon, une boisson rafraîchissante à la main. A condition de faire abstraction de son accent, il est plus qu’aisé de tomber sous le charme. LG
Lull + Revolver
Mercredi 28 juillet à 21h, sous le chapiteau du Jardin de villeAu pays des merveilles
Pourquoi Louis Warynski, plus connu désormais sous le pseudonyme de Chapelier Fou, a donc intitulé son premier album 613 ? Et bien parce qu’il s’agit du nombre invariable de graines que l’on trouve dans une grenade – vous n’avez qu’à vérifier, si ça vous chante. De fait, en écoutant ce premier opus d’un bout à l’autre, bringuebalé entrer des productions toutes plus millimétrées les unes que les autres, l’on redoute le control freak, le laborieux de l’électro qui ne s’arrête qu’après 96 heures de travail non stop sur un morceau, jusqu’à ce que celui-ci lui semble enfin parfait. Cette relative froideur ressentie à l’écoute vole en éclat avec le titre Half of the time, sur lequel le grand Matt Elliott a posé sa voix, sépulcrale comme jamais. L’émotion nous submerge et nous fait même oublier nos primes réticences. D’autant que sur scène, le garçon, loin de se cacher derrière ses machines, se révèle être un violoniste chevronné, humanisant ses boucles électroniques avec une classe monstrueuse. Pas étonnant que le camarade Elliott l’ait embarqué dans sa future reformation de Third Eye Foundation…
Chapelier fou + DJ Oof
Jeudi 29 juillet à 21h, sous le chapiteau

pour aller plus loin

vous serez sans doute intéressé par...

Vendredi 3 juin 2022 « Bonjour. Malheureusement nous ne disposons pas de captation. » C’est dommage. Car à défaut d’avoir pu le découvrir en présentiel, on aurait beaucoup aimé, (...)
Lundi 9 mai 2022 Trois ans après sa dernière “édition normale“, le Festival du cinéma italien de Voiron est enfin de retour au printemps en salle. Avec un programme dense, des invités et… sa désormais célèbre pizza géante. A tavola !
Lundi 9 mai 2022 Quand un couple de danseurs (Kaori Ito et Théo Touvet) se met à nu devant le public afin d’évoquer son amour, ça donne une proposition déroutante et captivante baptisée "Embrase-moi". À découvrir à l’Hexagone de Meylan.
Vendredi 22 avril 2022 Récemment enrichi de trois nouvelles sorties, le label grenoblois Stochastic Releases accueille depuis quinze ans divers projets musicaux pointus aux esthétiques musicales radicalement différentes, que seule réunit la sensibilité artistique de son...
Lundi 9 mai 2022 Déjà en terrain conquis lorsqu’on entend pâtes fraîches fabriquées sur place, alors imaginez quand ce savoir-faire est offert en continu à la vue d’une clientèle (...)
Vendredi 22 avril 2022 Envie de faire la fête et danser ? On a pour vous deux recommandations le 29 avril, et une le 7 mai. C'est parti !  
Vendredi 22 avril 2022 Installées sur le glacis du fort de la Bastille, face à Belledonne, quatre petites cabanes conçues par des étudiants en architecture doivent permettre au public néophyte d’expérimenter le bivouac en montagne. Du 2 mai au 2 octobre, des gardiens se...
Vendredi 22 avril 2022 Orfèvre dans l’art de saisir des ambiances et des climats humains, Mikhaël Hers ("Ce sentiment de l’été", "Amanda"…) en restitue ici simultanément deux profondément singuliers : l’univers de la radio la nuit et l’air du temps des années 1980. Une...
Vendredi 22 avril 2022 Il y a deux ans, on avait découvert le travail de Marion Massip et on avait été plutôt emballés par la poésie qui émane de ses photos du trois fois rien. En effet, (...)
Vendredi 22 avril 2022 Remis en service l’année dernière, le petit train de La Mure vient d’ouvrir sa saison 2022. Comme on est curieux, on est allé voir si ça valait le coup et on en a profité pour visiter la Mine Image.
Vendredi 22 avril 2022 Sur les planches, au cinéma ("Au poste", "Problemos"...), Marc Fraize est un artisan auteur, acteur, humoriste, clown tendre et jubilatoire et, sans nihilisme, il porte le rire loin des standards de l’enchaînement de blagues surfant sur l’actualité....
Vendredi 15 avril 2022 Les gentils rappeurs toulousains sont les têtes d’affiche du prochain Vercors Music Festival, qui se tiendra du 1er au 3 juillet. Pas seulement, parce qu’ils ont carrément composé eux-mêmes une partie de la programmation (encore inconnue). Sinon, on...
Vendredi 22 avril 2022 Avec "Roda Favela", le metteur en scène Laurent Poncelet s’attaque à Jair Bolsonaro, ce président d’un Brésil qu’il aime depuis quinze ans. Au plateau, douze artistes multifacettes invitent le spectateur dans leur favela, un condensé d’énergie brute...
Vendredi 15 avril 2022 Organisé avec les éditions Glénat du 15 au 17 avril, le rendez-vous des amateurs de BD est de retour à l’Alpe d’Huez après deux ans d’absence. Pas moins de 18 auteurs viennent à la rencontre des publics, parmi lesquels Jul ou Pénélope Bagieu.
Vendredi 22 avril 2022 Avec l’exposition "Fait main, quand Grenoble gantait le monde" le musée Dauphinois revient sur une aventure locale de prestige international, celle de la ganterie grenobloise. Un parcours remarquable, riche de nombreuses pièces de collection et...
Vendredi 22 avril 2022 La Cinémathèque de Grenoble propose une visite guidée passionnante sur les traces des anciennes salles obscures du centre-ville. Place Grenette, avenue Alsace-Lorraine, rue de Palanka… une petite promenade instructive mêlée d’anecdotes amusantes.
Lundi 9 mai 2022 Les équipes d'ARC-Nucléart, le laboratoire grenoblois qui met le rayonnement gamma au service du patrimoine, nous ont ouvert leurs portes pour une délicieuse immersion scientifique au sein de ce lieu expérimental grenoblois, unique en France, qui...
Mardi 12 avril 2022 Longtemps vouées aux gémonies, les mélodies synthétiques naïves, clinquantes et mélancoliques de l’italo-disco ne cessent d’être réhabilitées depuis maintenant une (...)
Lundi 11 avril 2022 Qualité du son, qualité du verbe : ce n'est pas pour rien que le concert de Dinos, jeudi 14 avril à la Belle Électrique, affiche complet.
Mardi 12 avril 2022 Une autre façon de répondre au devoir de mémoire : dimanche 8 mai, après la cérémonie au monument aux morts, le Département organise une course sportive sur les traces des Résistants.  
Lundi 11 avril 2022 Alors que quelques-unes de ses œuvres de jeunesse bénéficient actuellement d’une ressortie dans des copies restaurées en 4K grâce au travail toujours (...)
Lundi 11 avril 2022 Né en 2016 autour des compositions de Jc Prince, le trio grenoblois The French Bastards s’apprête à fêter son tout nouvel album en grande pompe (au moins du 45), avec deux concerts très attendus entre Isère et Rhône.
Mardi 12 avril 2022 Un film de 8 heures qui raconte l'histoire d'activistes débutants, qui s'attaquent, à Grenoble, à des sites techno-industriels... C'est la projection que propose le 102, dimanche 17 avril.
Vendredi 22 avril 2022 Empreint d’une aura vintage, flashback des eighties, le bob a reconquis podiums et dressings de modeuses. Vraisemblablement, le couvre-chef (...)
Mardi 12 avril 2022 Les personnes sont les mêmes, mais les statuts changent. Au lieu d’être exploitée en délégation de service public par l’association MixLab, la Belle Électrique sera gérée par une SCIC (Société coopérative d’intérêt collectif), Musiques Actuelles...
Lundi 11 avril 2022 Piochés dans une carrière où l’éclectisme des genres le dispute à la maîtrise formelle et à l’élégance visuelle, les trois films de Mankiewicz proposés par le Ciné-club rappellent combien moderne (et essentiel) demeure son cinéma. On fonce !
Mardi 12 avril 2022 Né sous les auspices de la Cinéfondation cannoise, coproduit par Scorsese, primé à Avignon, "Murina" est reparti de la Croisette avec la Caméra d’Or. Une pêche pas si miraculeuse que cela pour ce premier long-métrage croate brûlé par le sel, le...
Mardi 12 avril 2022 Le Midi / Minuit propose une soirée électorale plutôt originale pour le second tour de la présidentielle. Un cabaret drag agrémenté de petits fours et de Prosecco, histoire de rire un bon coup, quel que soit le résultat…
Mardi 12 avril 2022 On a assisté au show d’Orelsan, il y a quelques jours au Zénith d’Auvergne, pour le plaisir et aussi pour vous en parler avant sa venue au Palais des Sports de Grenoble le 16 avril. On vous raconte cette bonne soirée, sans rien divulgâcher !
Mardi 12 avril 2022 Quelque peu dissimulé au cœur du quartier de l’Alma, l’ancien couvent des Minimes s’apprête à devenir un espace foisonnant du centre-ville, entre coworking, habitat et pôle culturel. Un projet social et expérimental porté par deux Grenoblois.

restez informés !

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter