Hoghe entre tension et attention

Si la danse est a minima une succession de poses et de mouvements dans l’espace, Raimund Hoghe, sur les pas de Pina Bausch (dont il fut 10 ans le dramaturge), y insuffle une dramatique supplémentaire fondée sur une idée-sensation simple : la tension. Les marches lentes de ses interprètes en ligne, leurs figures frontales face au public, les gestes minimalistes pris dans l’épaisse durée d’un rituel font de tout spectacle de Hoghe un moment des plus singuliers. L’hypnose y est parfois déchirée par un solo effréné, une course folle, des hurlements. C’est encore l’ambivalence, le basculement du désir à la haine, d’une ambiance à une autre, d’une Passion de Bach à un morceau de Dalida, qui trament Si je meurs, laissez le balcon ouvert. Créée en 2010, cette pièce pour neuf danseurs (avec Hoghe lui-même et son corps bossu) est un hommage à Dominique Bagouet (1951-1992) dont Hoghe ne copie pas la gestuelle, mais tente de garder l’esprit, « notamment cette tendresse des rapports humains qui traverse ses pièces, cette façon particulière de prendre contact avec l’autre, de le toucher, sans qu’il soit question directement de sexe ». La tendresse, l’humour et la délicatesse de ce rituel – pourtant funéraire –, ajoutent une dimension nouvelle au travail de Hoghe, qui tend ici à la perfection scénographique et à l’acmé des émotions.

Jean-Emmanuel Denave

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