Entrez dans le jeu au Magasin avec "Briser la glace"

Briser la glace

Le Magasin des Horizons

ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement

Se réapproprier le centre d'art par le jeu afin de décloisonner les rapports parfois austères entre l'art contemporain et le public, tel est le dessein de la nouvelle exposition du Magasin. Avec ses œuvres interactives et accessibles, "Briser la glace" va au-delà des clichés habituels et replace le spectateur au cœur du sujet.

Pour Briser la glace au Centre national d’art contemporain de Grenoble, la session 25 de l’école du Magasin, composée de 6 curatrices, a conçu un espace ouvert, interactif et évolutif. Une proposition qui ne se contente donc pas d’être sémantique mais qui tend véritablement à abolir la distance entre le public et le monde institutionnel contemporain en proposant une réappropriation du lieu. Un projet décomplexé de toute volonté nihiliste grâce à l’expérimentation d'œuvres qui dialoguent directement avec la vie quotidienne.

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En réunissant 15 artistes, l’équipe de commissaires a pensé l’ensemble comme un moment de partage et d’échange le long d’un parcours segmenté en modules dynamiques et actifs afin que le visiteur puisse habiter l’art et créer un interstice vivant. La scénographie enclenche ainsi des mécanismes qui permettent une réactivation des pièces, proposée par le biais du jeu. Le ludisme rejoint les interrogations premières soulevées par cette exposition, dont celle de la pratique curatoriale. Un changement de temps et d’espace se déploie alors au cœur du Magasin, visant à questionner la position du regardeur qui prend, ici, pleinement part à l’épreuve artistique.

Dispositifs interactifs

Dès le début du parcours, un double jeu s’instaure entre la configuration du centre d’art et l’espace public. Prenant en compte l’outil de monstration dans sa genèse avec le lexique qui lui est lié, les curatrices ont ouvert l’exposition sur le dehors pour faire rentrer la rue à l’intérieur. La pièce d’Emmanuel Louisgrand, présentée en devanture du Magasin, est ainsi une invitation à pénétrer l’enceinte. Répondant à l’architecture en fer avec des échafaudages, l’œuvre se présente comme un micro-jardin évolutif. Un laboratoire vivant qui mène à The wonderful world of abstraction de Jacob Dahlgren. Une sorte de rideau cubique fait de tissu que le visiteur doit traverser pour continuer la déambulation.

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S’ensuivent des pièces où l’implication est totale et seule la participation active l’œuvre. Le mur de fléchette de Jacob Dahlgren répond à la cuisine mobile de Matteo Guidi. Ce dernier explore à travers cette installation les sons du quotidien avec une visée sociologique et anthropologique. Une démarche que l’on retrouve également dans Ideal Reading de Julien Villaret. Véritable salon de lecture, la proposition fait sens dans son ensemble en invitant le visiteur à manipuler les livres. L’artiste propose un échange de savoirs et une approbation de son espace artistique pour créer une nouvelle géographie.

Le quotidien exposé

Le reste des œuvres dessinent une géographie contemplative faite de fragments de mémoire collective. The Babel Series plonge dans la culture pop avec des vidéos de Madonna et de Freddie Mercury. Face à cette installation de Candice Breitz, les pièces de Ceal Floyer et de Martin Vitaliti évoquent également la culture de masse avec un micro détourné et une BD déconstruite où l’absence de linéarité dans la narration offre une lecture personnelle. Quant au néon d’Alicia Eggert et Mike Fleming, il questionne avec un jeu de mots la position du visiteur dans sa condition intrinsèque, tel un sous-titre à l’ensemble de l’exposition.

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En fin de parcours, l’immersion dans les vidéos présentées est totale. L’œuvre de Pipilotti Rist devient un moment de relaxation qui se vit au creux d’une structure enveloppante établie pour le Magasin. Dans l’installation vidéo de Laura Gozlan, l’image se déploie dans l’espace grâce à un dispositif de plaques et de miroirs réfléchissant des archives de films dont le découpage raconte une nouvelle histoire. Au centre de la scénographie, un amphithéâtre a été pensé comme le point névralgique de Briser la glace, faisant de cet espace un interstice vivant où performance, projection et conversation rythmeront l’exposition tout l’été.

Briser la glace
Au Magasin jusqu'au dimanche 4 septembre

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