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Shellac : made in Albinie

Shellac + Décibelles

La Belle Électrique

ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement

Rock / Figure radicale d'un rock qui meurt mais ne se rend pas, producteur culte de classiques du rock bruitiste, l'Américain Steve Albini est aussi le leader depuis deux décennies de Shellac, un groupe où s'étalent ses conceptions musicales tranchées et minimalistes. Et qui cultive la rareté sur tous les plans. Autant dire que ce concert grenoblois a tout d'un événement.

À l'heure de la promo à tout crin ; des tentatives de l'industrie musicale d'en redevenir une justement, de celles de certains labels indés de devenir de mini-major et de faire de l'indépendance une indé-tendance, il est encore quelques irréductibles qui n'ont pour seul objectif que le travail bien fait dans un esprit frondeur et réfractaire aux modes, se souciant à peine des chiffres de ventes ou de l'écho médiatique qu'engendrera leur production.

De cette école, Steve Albini est sans doute le grand inspirateur, l'ayatollah le plus incorruptible, la statue du commandeur, à l'origine, d'ailleurs, d'un paradoxe : en s'érigeant contre le système, en cultivant une épure sonore et des méthodes de travail bien à lui, Albini a permis à nombre de groupes d'en devenir des figure indéboulonnables sans pour autant perdre leur âme.

Des Pixies à Nirvana, de PJ Harvey à Godspeed you ! Black Emperor, tous ont eu le pied à l'étrier après qu'un passage dans le studio du producteur chicagoan leur a permis d'accoucher d'œuvres marquantes mais sèches comme des coups de trique. L'une des raisons pour laquelle, au-delà de la pureté musicale fournie par ce producteur en bleu de chauffe, fervent défenseur de l'enregistrement analogique, nombre de groupes n'ont cessé de venir frapper à sa porte pour produire un album estampillé "Made in Albinie".

Anti-rock star

Lui, bien sûr, se moque autant de la gloire qu'il pourrait en retirer que des royalties de ses ouailles. S'agissant de ses propres formations, le musicien Albini applique les mêmes méthodes mais avec plus de radicalité encore, comme en témoigne le trio Shellac (un modèle pour tous les partisans du noise rock) : une production erratique (mélodies réduites à leur plus simple expression, rythmiques martiales entre post-rock et math-punk, guitares catatoniques ou grinçantes), un refus de toute forme de promotion voire de se montrer, et la volonté farouche, malgré sa réputation, de ne pas entrer dans la peau d'une rock star.

Le groupe est en effet connu pour sa rareté tant discographique (5 albums en 25 ans) que sur scène – aucune tournée n'est jamais programmée, tout juste quelques concerts, sans crier gare, histoire de s'aérer la tête. Rien de mieux, pour faire naître, à son corps défendant, un mystère qui fait tout le sel de Shellac et d'un Albini qui, s'il refuse à tout crin d'être une star du rock, en incarne l'esprit dans sa forme la plus pure par sa manière, jamais revendiquée, d'être anti.

Shellac + Décibelles
À la Belle électrique lundi 5 juin à 20h30

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