Valérie Lemercier : « Patrick Timsit, c'est l'homme idéal »

Marie-Francine
De Valérie Lemercier (Fr, 1h35) avec Valérie Lemercier, Patrick Timsit...

Cinquième long-métrage de Valérie Lemercier, "Marie-Francine" est sans doute le plus réussi. Et n’est pas (uniquement) une comédie. Rencontre avec la coscénariste/réalisatrice/interprète.

Est-il facile de signer une comédie romantique ?

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Valérie Lemercier : C’est ma première histoire d’amour au cinéma, et elle est venue malgré moi. À l’écriture avec Sabine Haudepin, je redoutais que ce soit "uc-uc". Le sujet était la résurrection de Marie-Francine, je ne voulais pas qu’elle soit trop victime : les victimes, on a envie de leur en remettre un coup, c’est humain. Alors j’ai beaucoup raccourci au montage.

Il y a une évidence entre Patrick Timsit​ et vous à l’écran. Comment est né ce couple ?

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Cette évidence était évidente pour moi ! Elle ne l’était probablement pas sur le papier, mais je savais que le choix de Patrick serait bon, car il me plaisait dans la vie – ce n’est pas plus compliqué que cela. Il a du charme, c’est l’homme idéal, il a l’âge du rôle, il pouvait faire portugais… Et je voulais qu’on voie ce que moi j’avais vu – même si je ne l’avais jamais vu sur scène avant de lui proposer le rôle.

Je voyais bien qu’il pouvait être Miguel et que ce serait bien, c’était différent. Mais j’ai l’impression que tout le monde le sait qu’il est comme ça. Il a eu l’humilité de ne pas se formaliser d’arriver page 40 ; sans que je lui demande, il est allé tout seul faire des tests dans des cuisines pour avoir les gestes pour être crédible en cuistot, alors qu’il n’est pas très manuel (rires). Quand j’entends les filles sortir du cinéma et le vouloir pour mari, je me dis que c’est réussi.

Marie-Francine vous ressemble-t-elle ?

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Elle n’a jamais été confrontée à la sévérité de la vie, elle est un peu plus dans la lune et naïve que je ne le suis. Personnellement, je devance plus les choses : j’aurais vu mon mari s’éloigner, mes filles grandir… Mais je ne suis pas pour autant sa jumelle, Marie-Noëlle [la bourgeoise – NDLR] !

Votre personnage porte des lunettes. Vous ont-elles aidée à composer le rôle ?

Elles ont été très importantes ! Pour moi, Marie-Francine a des lunettes : ça maquille sans maquiller ; c’est un accessoire de beauté. Et puis, les gens bigleux sont plus dans leur monde. Je n’étais pas Marie-Francine quand je ne les mettais pas. J’ai mis du temps à les trouver. Pourtant, ce sont des lunettes de rien, de pharmacie à 12€. Mais c’était le bon modèle qu’il ne fallait surtout pas perdre : il n’y en avait qu’une paire.

Ce type de détail est-il prévu dès l’écriture ?

Tout, mêmes les décors, est pensé et écrit dans les didascalies. Ce sont des détails, mais les gens les voient. Cela fait que l’on peut regarder deux fois le film, c’est important. Moi, je veux qu’on y croit. L’appartement est faux, tout est faux, c’est en studio. La boutique aussi. Mais sur le tournage, je pensais tellement qu’on était dans un vrai appartement avec des magazines qui traînent, un bouquet du monnaie du pape dans l’entrée, de la toile de Jouy dans la chambre des jumelles… que j’allais prendre l’air sur un balcon, face à un pauvre mur.

Je m’intéresse aussi beaucoup aux costumes. Il y a les musiques que j’écoutais enfant. Je mets beaucoup de moi-même. C’est très intime, un film, même si ça fait travailler 200 personnes. Ça n’est que le fantasme et l’obsession de quelqu’un. Et heureusement : je trouve parfois dommage que les metteurs en scène ne soient pas obsessionnels.

Parvenez-vous à avoir un regard sur vos films précédent ?

J’ai revu Quadrille il y a peu : j’ai voulu montrer un costume. Je n’ai pas trop crié. En fait, il n’y a quasiment que le jeu qui m’intéresse. Un travelling, un plan de grue, de drone ou des prouesses techniques, ça ne m’intéresse pas du tout. Je suis très heureuse d’avoir eu un chef-op’ qui a très bien éclairé tout le monde !

Parfois, je choure des trucs dans des films que je vois : les parents qui se parlent de chambre en chambre, j’ai vu ça dans Madame de… d’Ophüls, un de mes films préféré, ça m'a amusé. Et la crise de Marie-Francine est un peu copié sur L’Effrontée de Claude Miller. Les petites boutiques, avec la musique de Michel Legrand, ça fait un peu Jacques Demy je ne l’ai vu qu’après. Ce sont des choses qui me parlent et me nourrissent, c’est un peu inconscient. Les personnages et l’intimité des gens m’intéressent davantage. D’ailleurs, je remarque que beaucoup de mes films se passent dans les chambre et les cuisines.

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