"Ôtez-moi d'un doute" : mes beaux pères

Ôtez-moi d'un doute
De Carine Tardieu (Fr, 1h40) avec François Damiens, Cécile de France...

Un démineur breton se trouve confronté à de multiples "bombes" intimes, susceptibles de dynamiter (ou ressouder) sa famille déjà bien fragmentée. Autour de François Damiens, la réalisatrice Carine Tardieu convoque une parentèle soufflante, qui a été nommée à la dernières Quinzaine des Réalisateurs cannoise.

Démineur de métier, Erwan a fort à faire dans sa vie privée : il vient d’apprendre que son père l’a adopté et que sa fille (qu’il a élevée seul) est enceinte. Alors qu’il enquête en cachette sur Joseph, son père biologique, Erwan rencontre Anna dont il s’éprend. Las ! C’est la fille de Joseph.

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Carine Tardieu a de la suite familiale dans les idées. Depuis ses débuts avec La Tête de Maman (2007) et Du vent dans mes mollets (2012), elle s’intéresse à cette sacro-sainte famille. Un microcosme à part, connu de chacun et cependant toujours singulier, ayant surtout la particularité d’être facilement chamboulé. Tant mieux pour qui veut raconter des histoires.

Plateau de fruits de père(s)

Pour Ôtez-moi d’un doute, la cinéaste conserve son approche favorite consistant à observer une petite tribu de l’intérieur et à hauteur d’enfant. L’enfant a ici quelque peu grandi, puisqu’il s’agit d’un – gigantesque – adulte, en situation de devenir grand-père de surcroît. Mais le scénario le replace justement dans la position d’un rejeton dans l’attente d’une reconnaissance émanant de la génération supérieure. Tant qu’Erwan n’aura pas résolu la question de ses origines, il se montrera incapable d’apaiser sa situation sentimentale ou d’effectuer la transmission avec sa propre descendance.

Difficile de trancher entre la comédie sentimentale ou dramatique : trame du film, l’émotion n’est heureusement pas surexploitée à des fins crapuleuses, et généreusement tempérée par le recours au burlesque. Carine Tardieu a su pour cela s’appuyer sur des comédiens à la polyvalence reconnue – exception faite du jeune Esteban, du groupe Naive New Beaters, que sa diction erratique et sa trogne semblant sortie des BD de Franquin abonnent aux seconds rôles comiques. Deux belles figures de paternels illuminent de leur bienveillance, de leur tendresse et de leurs rides l’écran : Guy Marchand et André Wilms. Deux acteurs qui s’effacent derrière leur personnage et rehaussent le film de leur métier. Deux acteurs hélas trop rares, également. Sans l’ombre d’un doute.

Ôtez-moi d’un doute
de Carine Tardieu (Fr., 1h40) avec François Damiens, Cécile de France, André Wilms…

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