Festival Holocène : quatre soirs quatre ambiances

Davodka + Lord Esperanza + XTRE Tour

La Belle Électrique

ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement

Du mardi 27 février au samedi 3 mars aura lieu dans plusieurs salles de Grenoble et de l’agglomération la deuxième édition du festival Holocène, créé par la société de production grenobloise Le Périscope. Avec un programme varié au possible (au risque de s’y perdre ?) qui enchaîne les têtes d’affiche et les découvertes. On détaille tout ça avant de poser quelques questions au maître d’œuvre de l’aventure.

Un mardi hip-hop

Gros contrastes en perspective pour la date rap du festival. En tête d’affiche, on retrouve ainsi Davodka, MC du XVIIIe arrondissement parisien autoproduit et figure de proue d’une certaine forme de rap français "à l’ancienne", peu médiatisée mais bénéficiant d’une base de fidèles inaliénables. "Kickeur" de premier plan en activité depuis bientôt 15 ans, Davodka, grandi à l’école des "freestyles" et "open-mics", rappe vite et bien, dénonçant les injustices et les tracas du quotidien sur des instrus "boom-bap" traditionnelles construites autour de samples mélancoliques. Pour l’originalité et l’innovation, on repassera, même si en dépit d’une certaine tendance à enfoncer les portes ouvertes dans ses textes, le talent est bel et bien là.

À l’opposé du spectre, on retrouve les trois rappeurs suisses Di-Meh, Makala et Slimka, incarnations flamboyantes d’un rap "new-school" électronique et tapageur taillé pour les clubs, entièrement basé sur le charisme, l’énergie et la spontanéité. À vous de choisir votre camp ! DG

À la Belle électrique mardi 27 février à 20h


Un mercredi chanson

Ben Mazué, tête d'affiche de cette soirée chanson française, c'est un peu, dans le paysage de cette dernière, le nom que tous les jeunes aspirants chanteurs ont à la bouche. Peut-être du fait de son talent transversal qui manie les genres avec habileté et déborde souvent les clôtures de la chanson ; peut-être du fait de sa vocation et réussite tardive ; peut-être pour son écriture que tout le monde s'arrache, de Patricia Kaas à Grand Corps Malade – c'est dire la capacité de grand écart.

Écriture qu'il a entre autres offerte à la jeune Pomme, également de la partie ce soir-là. Or la Lyonnaise est également, à son échelle, un petit phénomène un peu plus que naissant (elle a déjà multiplié les Zénith lors de premières parties), officiant dans le domaine de la chanson À peu près folk (comme pourrait l'indiquer le titre de son album et un morceau comme Pauline) dans laquelle flotte une folie douce et faussement ingénue qui n'est pas sans rappeler la Québécoise Klô Pelgag – en plus smooth. Le fait que le rockeur underground Don Cavalli, puriste s'il en est, lui ait écrit une chanson (A Lonley One), en dit long sur la capacité de rassemblement d'une jeune femme qui mûrit de chanson en chanson. SD

À l’Heure bleue mercredi 28 février à 20h


Un jeudi métal

C’est peu de dire que le festival n’a pas fait les choses à moitié pour composer le plateau de sa date métal. Aux côtés de la formation lyonnaise In Arkadia, en charge de la première partie, on retrouvera sur scène rien moins que deux groupes parmi les plus iconiques de la constellation death-metal, soit l’une des déclinaisons les plus extrêmes, brutales et sans concession du genre. À commencer par Cannibal Corpse, formation apparue à la fin des années 1980 dans l’État de New York et désormais basée en Floride, dont les pochettes d’albums incroyablement gores et la technicité légendaire ont amplement défrayé la chronique au début des années 1990.

Plus mélodique, mais tout aussi intense, le groupe The Black Dahlia Murder, originaire du Michigan, s’est de son côté rapidement imposé comme l’un des plus prometteurs héritiers du genre à son apparition au tout début des années 2000. Autant dire que la réunion sur scène de ces deux poids lourds fait d’ores et déjà figure d’événement incontournable pour tous les amateurs de "headbanging". DG

À la Belle électrique jeudi 1er mars à 20h


Un samedi électro

C’est la grosse soirée du festival, et peut-être même sa raison d’être – d’ailleurs, il devrait y avoir plusieurs soirées de ce type lors des prochaines éditions comme nous l’a confié le patron du festival (voir ci-dessous). Soit, de 20h à 6h du matin, trois scènes découpées par genre : une principale très électro et techno, une deuxième plus hardcore et une troisième elle aussi techno.

Avec des grosses têtes d’affiche (presque qu’exclusivement masculines) du genre, comme le jeune (il est né en 1999) Petit Biscuit qui, il y a quelques jours, a carrément reçu la Victoire de la musique de l’album révélation grâce notamment à son tube Sunset Lover, mais aussi Fakear, fer de lance de la nouvelle scène française oscillant entre électro planante et revival trip-hop, ou encore l’intrigant Prequell, Français qui réconcilie musique électronique et orchestration classique. Eh bien dansez maintenant. AM

À Alpexpo samedi 3 mars à 20h


« L’éclectisme d’Holocène est naturel »

Qu’est-ce qu’Holocène ?

Sylvain Nguyen : C’est un festival que nous [Le Periscope, tourneur, bookeur et producteur grenoblois – NDLR] avons décidé d’organiser sur Grenoble l’hiver, comme on est une région touristique à cette saison et qu’en France, il n’y a pas de gros événements de ce genre sur la période. Là, on en est à la deuxième édition, donc on est encore en phase de rodage, pour essayer de voir ce qui marche, ce qui ne marche pas ; là où l’on est bien, là où l’on est moins bien…

Hip-hop, chanson, métal et électro : le festival est on ne peut plus éclectique…

Chasser le naturel, il revient au galop ! Car au Périscope, on est hyper éclectiques. Et en plus, sur Holocène, on est deux coproducteurs [le deuxième est Allo Floride, basé à Paris – NDLR], avec donc autant de sensibilités que de gens différents. Du coup on ne s’est pas trop posé la question : cet éclectisme, ce n’est pas un choix, c’est naturel !

Mais ça ne rend pas l’identité du festival très lisible…

J’entends tout à fait ces remarques que l’on nous fait depuis la première édition. Mais mon idée de départ, c’était vraiment d’être dans la diversité, de faire tous les styles de musique – même si cette année comme l’an passé, on a dû faire des choix.

Cette année, il n’y a que quatre soirs, ce qui est beaucoup moins que lors de la première édition. Pourquoi ?

Parce que la première édition a été hyper éprouvante ! Onze jours pour une petite équipe comme la nôtre, c’était titanesque. Surtout que le festival n’est pas notre activité principale. Et puis il ne faut pas se le cacher, ça a été dur de tenir l’attention du public et des médias sur une si longue période.

Quel bilan avez-vous fait de la première édition ?

On a fait 12 000 entrées sur sept concerts. Mais au-delà des chiffres, on a senti un énorme potentiel et une grosse bienveillance du public, avec une petite notion de fierté : un événement comme ça à Grenoble, ça peut fonctionner.

Comment voyez-vous le festival évoluer à l’avenir ?

On a quelques idées. Notamment faire plusieurs soirs à Alpexpo, comme j’aime bien le côté un peu nouveau du site et que ce genre d’événement mobilise beaucoup l’attention. Et faire encore d’autres styles musicaux. Mais laissons passer la deuxième édition d’abord !

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