Pierre Salvadori « "En liberté !" est le film où Camille Bazbaz me complète et comprend le mieux mon univers »

En liberté !
De Pierre Salvadori (Fr, 1h47) avec Adèle Haenel, Pio Marmai...

L’accord entre un cinéaste et son compositeur est la clé invisible de nombreuses réussites cinématographique. Pierre Salvadori le confirme en évoquant sa collaboration harmonieuse avec Camille Bazbaz sur "En Liberté !". Avec, en prime, un solo de Pio Marmaï…

Ce n’est pas la première fois que vous travaillez avec Camille Bazbaz

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Pio Marmaï (surgissant) Quelle fripouille celui-ci. J’adore ! Il a une identité musicale ce film, c’est un chef-d’œuvre – César ou je meurs ! T’imagines, le roublard ? Je veux voir son costume ! Vous l’auriez vu, à Cannes. On avait un look…

PS : Moi je m’en fous de l’avoir, mais je prie pour que Camille retire un peu de gloire. Entre nous, c’est une vieille histoire.

Comment vous êtes-vous rencontrés ?

PS : Par la musique, dans les années 1990. Dans le XVIIIe arrondissement, il y avait un endroit qui s’appelait l’Hôpital Éphémère, un squat, avec des peintres où il avait son studio de répétition. J’allais voir ses concerts, j’étais un peu fan.

Quand j’ai appris qu’il adorait Les Apprentis, on s’est rencontrés. On a écouté beaucoup de musiques ensemble, de Lalo Schiffrin, de John Barry et de Blaxploitation, Curtis Mayfield, Shaft... C’était une amitié merveilleuse, instantanée… Je lui ai proposé de faire Comme elle respire. Et ça s’est prolongé. À un moment, on s’est disputés parce qu’il est infernal et compliqué (rires). Et puis on s’est retrouvés.

Qu’est-ce qui caractérise son travail sur ce film ?

PS : Pour moi, c’est le film où Camille me complète et comprend le mieux mon univers. Je jouis quand je l’entend en parler ! C’est comme si on trouvait une espèce d’alliance, de langage et la même idée de la poésie, de la fiction ; et de l’enchantement, de l’ironie et de la drôlerie. Camille a réussi ici à mélanger cette ironie avec les petits films dans le film, avec une musique Blaxploitation et une musique beaucoup plus premier degré à la Georges Delerue quand les personnages de Pio et Audrey se retrouvent.

Je ne dis pas que Camille c’est Delerue, hein : Camille, c’est Camille ; c’est Bazbaz ! (rires) Je n’ai jamais tourné une scène aussi jolie – je la revendique, j’en suis fier. Je n’ai jamais tourné quelque chose qui ressemblait autant à ce que je rêvais. Il a réussi à faire une musique émouvante, qui soit très très légèrement distanciée par rapport à la scène.

C’est merveilleux, vous savez, quand on commence à trouver ses alliés, ses partenaires et à se compléter, à s’aider. J’aime bien ces histoire un peu gracieuses de gens qui se rencontrent et qui peuvent fabriquer quelque chose ensemble : Simon qui rencontre Garfunkel, ou je sais pas quoi… Camille a l’air d’un fou-fou comme beaucoup d’artistes, mais au fond, il est très intelligent et il a une espèce de conscience hyper grave de son métier – et j’adore ça.

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