"Toy Story 4" : il faut savoir finir un rêve

Toy Story 4
De Josh Cooley (2019, ÉU, 1h40) avec Jean-Philippe Puymartin, Richard Darbois...

De Josh Cooley (ÉU, 1h40) animation

Quand Fourchette, la nouvelle arrivée dans la tribu des jouets de Bonnie, se fait la malle, Woody part aussitôt à sa recherche. Sa quête lui fera découvrir de bien étranges antiquités, mais aussi retrouver un amie depuis longtemps perdue de vue…

Réussir un départ n’est jamais chose aisée. Pourtant, on se prend à espérer : et si la série Toy Story s’achevait en apothéose, saisissant au vol la splendide occasion offerte par la conclusion de ce quatrième opus – c’est-à-dire en se refermant sur un sentiment de frustration en renonçant par avance (et par principe) à toute idée de spin off ou de préquelle ? Parlant autant de l’abandon, de la transmission que du deuil de l’enfance, ce quatrième épisode invite à une rupture raisonnable : lorsque les enfants sont trop grands pour continuer à s’inventer des histoires avec leurs jouets (et que ceux-ci sont encore aptes, donc peuvent éviter l’Enfer de Toy Story 3), ils les confient à de plus jeunes dans une boucle infinie. L’adulte reste avec ses souvenirs, qu’il peut réactiver à loisir, ou rematérialiser en se procurant une réplique de son doudou auprès d’un antiquaire – qui n’est rien d’autre qu’un magasin de souvenirs pour nostalgiques.

C’est de cette étoffe nostalgique qu’est tissé Toy Story 4, pour le meilleur comme pour le pire. D’un côté, on se réjouit et on se rassure en retrouvant une troupe, une qualité d’écriture et d’animation, en revisitant les "fondamentaux" – Andy (le premier enfant de la franchise) et même CharlÉlie Couture, interprète de la première B.O., sont ici convoqués pour une séquence ! De l’autre, on ne peut s’empêcher de se montrer un peu dubitatif devant cette vision idéalisée de l’enfance attachée aux jouets physiques, alors que le monde contemporain dégueule de virtuel. Peut-être que chez Pixar comme dans la Silicon Valley (où l’on dit que la progéniture des informaticiens est tenue à l’écart d’un usage trop précoce des écrans), les bambins jouent avec des poupées et figurines jusqu’à l’université…

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