"Je m'appelle humain" : apaisée Joséphine

Grande plume de la poésie innue, Joséphine Bacon fait l’objet d’un portrait documentaire encapsulant une part de l’âme de sa culture. À découvrir en exclusivité en VOD, pour le moment.

Québec, de nos jours. Poétesse reconnue et célébrée pour son écriture bilingue (en français et en innu-aimun, la langue des Premiers peuples du Canada), Joséphine Bacon évoque devant la caméra de Kim O’Bomsawin son parcours, de son passage au pensionnat à sa jeunesse semi beatnik à Montréal. Et comment, en maintenant vivace le souvenir de sa culture ancestrale faite d’oralité et de coutumes, elle a su en perpétuer l’essence à travers ses écrits…

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Paysages inspirants, lumière magique, palette harmonieuse… L’image de ce premier film est souvent flatteuse. Kim O’Bomsawin, pour son premier long-métrage, soigne son double sujet : le peuple Innu, survivant malgré l’entreprise d’acculturation destructrice menée par le gouvernement canadien depuis des décennies, et surtout Joséphine Bacon. D’ailleurs, si la réalisatrice ne convoque que si peu d’archives pour illustrer les souvenirs de sa charismatique interlocutrice, c’est sans doute par manque de matériau d’époque, témoignant du peu de cas accordé aux "Américains natifs". Parqués dans des réserves ou arrachés à leur famille, ils sont spoliés de leur identité quand ce n’est pas de leur terre, promis à la dissolution, l’oblitération…

Loin de hurler à la revanche furieuse, Joséphine Bacon n’a cessé par son itinéraire personnel d’édifier des passerelles entre les cultures, assurant ainsi la sauvegarde de la sienne propre. Son exemple apaisé mérite de faire école, en des temps où les victimes d’oppression semblent davantage chercher à renverser le rapport de force à leur profit qu’à abolir le principe délétère d’un antagonisme systémique.

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À noter que Je m’appelle humain trouvera un écho intéressantes dans la fiction Kuessipan, long-métrage également québécois adapté du roman de Naomi Fontaine (autrice innue évoquant les problématiques sociétales contemporaines des Premiers peuples des bords du Saint-Laurent). Mais il faudra attendre une date de sortie pour cela…

Je m’appelle humain de Kim O'Bomsawin (Qué., 1h18) Documentaire. À voir en VOD sur Les Alchimistes, Cinecenik, Lovemyvod

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