L'Empereur et son image

Histoire / Des tableaux, mais aussi une mèche de cheveux, des couverts, un bicorne... L’exposition du couvent Sainte-Cécile revient sur les dernières années de l’itinéraire singulier de Napoléon. Une belle collection d’objets et d’images, qui invite à une réflexion sur le rôle de la représentation.

Intitulée Autour de la route des Alpes, l’exposition est constituée de trois sections : « la route des Alpes », « le quotidien de Napoléon » et « de la gloire à l’exil ». Pour notre part on distingue surtout deux corpus d’œuvres : d’un côté les objets, de l’autre les images. Parmi les objets, certains valent le détour pour leur valeur historique ou esthétique. On pense à cet étonnant lit pliant, à l’élégant bidet de campagne ou encore au très complet nécessaire de toilette, qui laisse imaginer que Napoléon n’était pas du genre à se négliger.

D’autres objets pourront ravir les plus fétichistes des napoléophiles : une mèche de cheveux, une théière et des couverts en argent dont il a fait usage, et même l’un des fameux bicornes qu’il portait d’une manière volontairement reconnaissable. En effet, de même que Tintin a une houpette, Marylin Monroe une mouche et Mick Jagger une grosse bouche, Napoléon est indissociable de son bicorne.

Maîtrise de l’image

Napoléon avait une pleine conscience de la nécessité de maîtriser son image pour obtenir le plébiscite du peuple, dont on commençait à se soucier de l’avis (du moins, de celui des hommes). Dans les nombreuses œuvres que propose l’exposition on voit ainsi Napoléon tour à tour impérial dans sa tenue d’apparat, jupitérien chevauchant un cheval fougueux dans une reproduction de la fameuse peinture de David, proche de ses soldats lorsqu’il manie lui-même le canon sur un champ de bataille, intellectuel dans sa bibliothèque, éternel héritier des grands empereurs romains grâce au buste commandé à Canova et enfin défait et déconfit dans le portrait posthume réalisé par Delaroche… Ajoutons à cela quelques images d’Épinal dont la large diffusion contribuait à assurer sa renommée et enfin, en clôture de parcours, un masque mortuaire. Ultime trace de cet homme politique qui n’a pas connu la photographie, mais qui avait pourtant déjà compris le rôle essentiel que jouent les images dans la conquête du pouvoir.

Napoléon, autour de la route des Alpes, au couvent Sainte-Cécile, Fonds Glénat pour le patrimoine et la création, jusqu’au 31 décembre 2021

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